Le Journal des inscrits - 30 juillet 2014
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Par General-Lee le 30/07/2014 à 18:03

ça devient gavant ces chanteurs modernes qui massacrent les bonnes chansons. En plus, ils sont ignares, ils croient que Ring Of Fire est une chanson de Johnny Cash alors qu'elle a été écrite par sa future femme June Carter et Merle Kilgore et que la première version a été enregistrée par Anita Carter (la sœur de June) qui elle avait vraiment une très jolie voix

Par Felix-Culpa le 30/07/2014 à 18:01

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Katsushika Hokusai, Le mont Fuji à travers les pins de Hodogaya sur la route du Tôkaidô, suite des Trente-six vues du mont Fuji, 1831-34, 26.5x38.4 cm

Hier, Je suis allé voir une très belle expo au Musée Départemental Breton, à Quimper : " Hokusai, Hiroshige, et Henri Rivière, l'amour de la nature "

Cette exposition présente jusqu'au 28 septembre prochain, plus d'une centaine de chefs d'oeuvre de l'estampe japonaise et française, qui eurent une profonde influence sur l'Impressionnisme.

Petit préambule : Une estampe japonaise se crée en trois étapes : l'artiste trace le dessin au trait noir sur un papier blanc et indique les couleurs qu'il veut mettre.

 Il donne le dessin à un artisan-graveur, qui va sculpter les blocs de bois, appelées matrices. Il y a un bloc par couleur. 

L'imprimeur enfin applique les couleurs sur les blocs en suivant les indications que l'artiste a laissé et applique le papier successivement sur chaque bloc.

On peut voir dans l'exposition les bois et les étapes d'impression de "La grande vague au large de 

Kanagawa",1831 de Hokusai qui fait partie des Trente-six vues du mont Fuji 

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Le terme "japonisme" est utilisé pour la première fois par le critique d'art Philippe Burty en 1872. Depuis 1858 et l'ouverture du Japon à l'Occident, l'influence de l'esthétique japonaise s'est répandue dans tous les arts. Un médium est prééminent dans cette transmission : l'estampe. C'est par les gravures des maîtres japonais de l'ukiyo-e ("images du monde flottant"), parmi lesquels Hokusai et Hiroshige, que l'art japonais, si neuf aux yeux occidentaux, s'est répandu dans les ateliers, posant les jalons d'une véritable révolution esthétique, et c'est auprès des graveurs français qu'il a trouvé un écho immédiat. La génération du graveur Félix Braquemond, à laquelle appartiennent Manet, Degas, Whistler redécouvriront l'eau-forte originale et celle d'Henri Rivière et des Nabis fera triompher l'estampe en couleur et la gravure sur bois originale. 

Si certaines oeuvres présentées à Quimper proviennent de la collection Charles Cartier-Bresson, conservée au Musée des Beaux Arts de Nancy, l'essentiel de l'expo est réalisé à partir de la collection de Rivière, constituée autour de 1900, qui compte 800 pièces magnifiques (749 estampes, 49 livres illustrés et deux pochoirs _katagami_) et est conservée au Département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque Nationale de France, qui l'a reçue en dation en 2006. ( Il possédait également des inro, laques et écritoires japonais, des agrafes et des céramiques chinoises). Rivière fréquentait trois marchands spécialisés dans l'art japonais : Siegfried Bing devenu Samuel Bing après sa naturalisation, véritable introducteur de l'art japonais en France, Florine Langweil et Hayashi Tadamasa qui accepta de le régler en oeuvres d'art pour des peintures murales réalisées pour sa maison de Tokyo. A titre de comparaison, la collection de Monet comptait 231 estampes, celle de Vincent van Gogh 477, et celle d'Auguste Rodin 288. 

La collection de Rivière comprend exclusivement des pièces créées entre 1765 et 1865, l'âge d'or de l'estampe japonaise, à la deuxième moitié de l'époque d'Edo. Elles appartiennent à l'école de l'ukiyo-e qu'Hayashi traduisait par "école du monde vivant ou de la vie vivante ou de la vie telle qu'elle passe sous nos yeux, ou de toutes les choses que nous voyons" L'exposition présente des images de paysage, correspondant à la plus grande partie de la collection de Rivière (550/750 estampes). Rivière possédait 455 oeuvres d'Hiroshige, et 130 d'Hokusai.

Dès 1889, Rivière emprunte aux japonais la technique de la gravure sur bois, ainsi que certains motifs.

Il s'en inspire pour graver sesPaysages bretons ( 33 xylographies + 7 en 1893-94), Le Beau Pays de Bretagne(20 lithos de 1898 à 1917), les Aspects de la Nature(14 lithos en 1897-1899 + 4 en 1908), Les  36 Vues de la Tour Eiffel(1902),  Paysages parisiens (8 lithos, 1902), La Féérie des Heures(16 lithos, 1901-1902), Au vent du Noroit(4 lithos, 1906)

L'exposition présente, parmi les oeuvres d'Hokusai,  quelques unes des  8 feuilles du Tour des cascades de diverses provinces, que j'ai découvert à l'occasion de ma visite mais aussi des feuilles de la série des vues du Mont-Fuji, et parmi celles d'Hiroshige plusieurs des feuilles des Cinquante-trois relais de la route du Tokaido, dont Rivière possédait la totalité, et des Cent vues de sites célèbres d'Edo.

Rivière naquit en 1864 rue Montmartre, il fréquenta l'atelier d'Emile Bin(1825-1897). Il fit partie avec Paul Signac(1863-1935), des Harengs saurs épileptiques baudelairiens et anti-philistins. Il fréquentait le Chat noir, et y créa et dirigea le Théatre d'ombres. Grâce à Paul Signac, il découvre la Bretagne en 1885, une véritable révélation ! il passera tous ses étés (de mai à octobre !) de 1885 à 1916 d'abord dans la région de Saint Briac puis sur la côte de granit rose, (il se fait construire une maison à Loguivy, près de Paimpol et en face de l'ile de Bréhat) ainsi qu'à Tréboul, Crozon, Camaret, Morgat. . Il mène une oeuvre de peintre, graveur, aquarelliste(+ de 700 aquarelles) et dessinateur, et se passionne pour l'art du Japon dans ces mêmes années 1880. 

Il lui revient d'introduire en France les procédés japonais de gravure et d'impression des couleurs, établis d'une part sur la taille d'une matrice pour chaque ton en plus du "bois de trait" (pour les contours du dessin) et d'autre part sur l'utilisation, au lieu d'encre grasse appliquée au rouleau, de pigments d'aquarelle délayés à l'eau et posés à la brosse, à l'éponge ou au tampon. La maîtrise atteinte par Rivière dans le procédé, alors complètement nouveau en Occident, de la gravure sur bois polychrome et de l'impression "à l'eau" fut révélée au public en 1892 par l'exposition de trente-trois de ses Paysages Bretons au salon des peintres-graveurs français, dans la galerie de Paul Durand-Ruel.

 Comme les maîtres japonais dont il s'inspirait, Rivière conçut presque toutes ses estampes en série, travaillant plusieurs années sur la même suite, déclinant à leur manière les différents points de vue d'un site,ou les variations de ses aspects selon l'heure, la météorologie et les saisons; Chacun des paysages bretons nécessita la gravure au canif et à la gouge de cinq à douze bois, soit un total de 436 matrices pour la série entière de 40 estampes. Le Pardon de Sainte-Anne-la-Palud, 38ème estampe des Paysages bretons, constitué de cinq feuilles juxtaposées, fut imprimé au moyen de cinquante bois et nécessita quatre mois de travail, suivi de deux mois pour l'impression !

Aussi après 1894, Rivière abandonne la gravure sur bois pour la lithographie qui permettait une meilleure  reproduction des couleurs et la capacité d'un tirage bien supérieur. Ce sont souvent de très grands formats, des "estampes murales" ou estampes décoratives devant servir de tableaux pour appartements, salles à manger, vestibules, chambres d'enfants, salonss de jeux, etc..."

Elles furent dessinées directement sur la pierre par Rivière, et imprimées ches l'imprimeur Verneau avec qui il s'était lié d'amitié.

Entre 1906 et 1916, Rivière travailla également sur métal,( des "Eaux-fortes" où l'on entame à l'acide le métal recouvert d'un vernis protecteur ) essentiellement sur zinc (non, pas sur le comptoir du Chat noir !...)


Si le paysage devint un thème majeur de l'art pictural japonais à l'époque d'Edo (1603-1867), il existait une tradition de représentation des "sites célèbres" (meisho) depuis le Moyen-Age et une peinture de paysage lettré, "des montagnes et cours d'eau (sansui), dans la tradition du paysage chinois au lavis d'encre qui concevait la montagne comme le refuge érémitique du lettré et lieu idéal. cette dernière école évolua au 18ème siècle en partie pour des "peintures de paysages réels (shinkei-zu)

L'estampe ukiyo-e apparut à la fin du 17ème siècle, liée à l'illustration des livres, et eut des sujets surtout urbains à l'origine.Elle prit longtemps pour thème exclusif les distractions de la classe bourgeoise : théatre kabuki et quartiers de plaisirs notamment. Cependant, sous l'influence des vues d'optique européennes_ ces gravures à l'eau forte coloriées à la main, destinées aux boîtes d'optiques ou zograscopes_ introduites au Japon par les marchands hollandais, la représentation des vues urbaines et des paysages naturels en perspective devint un sujet à part entièrede l'ukiyo-e dans la seconde moitié du 18ème siècle; ce genre prit le nom d'uki-e ou "image en relief".

Par ailleurs, l'émergence du paysage comme thème de l'estampe est inséparable du développement à partir de la fin du 18ème siècle d'un genre éditorial appelé meisho zue, les "albums de sites célèbres" dont le premier consacré à Kyoto, la capitale impériale, paru en 1780

Un autre facteur important dans l'essor de l'estampe de paysage est le développement des voyages. Le Japon de l'époque d'Edo dispose d'un réseau de grandes routes (kaidô) très bien aménagées et sûres, qui permettent une circulation aisée des personnes et des biens. Outre la circulation des cortèges des seigneurs feudataires en résidence alternée à Edo, les déplacements professionnels, se développa une sorte de tourisme, liée à la fréquentation des stations thermales et aux pélerinages aux lieux saints. Il existait des cartes routières et des guides de voyage (dôchûki). L'estampe de paysage fera souvent référence à ces mêmes sites célèbres.

Les grandes villes elles-mêmes deviennent des sujets pour la gravure qui ne se borne pas aux paysages naturels : auberges célèbres, patrimoine architectural ...

Il faut noter également qu'à partir de 1842, une grande réforme de l'ère Tenpô interdit de représenter acteurs et courtisanes, limite le prix et le nombre de couleurs des estampes.

Katsushika Hokusai nait en 1760 à Edo, apprenti xylographe de 14 à 19 ans il rejoint ensuite l'atelier du peintre Katukawa Shunshô (1726-1793), l'un des grands maîtres de l'ukiyo-e de la fin du 18ème siècle, réputé pour ses estampes d'acteurs de kabuki. Il reçoit alors le nom d'artiste de Katsu Shunrô, avec lequel il signe ses premières estampes dès 1779. Ses débuts sont consacrés essentiellement à la réalisation d'illustrations pour de petits récits populaires, dits "livrets à couverture jaune"(kibyôshi), mais aussi de portraits de courtisanes pour l'estampe. Il s'initie à la toute fin du 18ème siècle aux grands styles de peinture japonaise : écoles Kanô et Tosa, peinture à la chinoise. A partir de 1805, il prend le nom d'Hokusai, et commence à dessiner des paysages, genre qu'il sera l'un des premiers à traiter à part entière en gravure, en imitant tout d'abord la manière des eaux-fortes occidentales. Parallèlement, il réalise de nombreuses illustrations de romans historiques (yomihon) et de recueils de poésie. En 1814 paraît le premier volume de la Manga, un album de "dessins libres" destiné à servir de manuel d'initiation à la peinture, dont la publication se poursuivra jusqu'à sa mort, et contribuera beaucoup à sa notoriété au Japon mais aussi en Europe. d'innombrables ouvrages du même type suivront... Les grandes séries d'estampes de paysages qui feront sa renommée mondiale furent réalisées dans les années 1830. elles se focalisent sur un thème, décliné en de multiples variantes. A partir de la fin des années 1830, la peinture occupe une place plus importante dans son oeuvre, mais Hokusai continue jusque dans ses toutes dernières années à dessiner pour la gravure et l'illustration livresque.

La carrière de Hokusai est divisée en grandes étapes correspondant à ses principaux changements de style, marqués par l'adoption de nouveaux noms d'artiste : Shunrô (1779-1794), Shûri (1794-1804), Hokusai (1804-1810), Taito (1810-1820), Iitsu (1820-1834), Gakyô rôjin Manji ou "Manji le vieux fou de dessin" (1834-1849)

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Katsushika Hokusai : Bushû tamagawa, "la rivière Tama dans la province de Musashi" 1831-34, 25.7x37.8 cm, signé Hokusai Iitsu-hitsu, "dessin de Hokusai-Iitsu"


Je ne résiste pas à la tentation de redonner ici une citation célèbre de ce grand peintre : 

« Depuis l’âge de six ans, j’avais la manie de dessiner les formes des objets. Vers l’âge de cinquante, j’ai publié une infinité de dessins ; mais je suis mécontent de tout ce que j’ai produit avant l’âge de soixante-dix ans. C’est à l’âge de soixante-treize ans que j’ai compris à peu près la forme et la nature vraie des oiseaux, des poissons, des plantes, etc. Par conséquent, à l’âge de quatre-vingts ans, j’aurai fait beaucoup de progrès, j’arriverai au fond des choses ; à cent, je serai décidément parvenu à un état supérieur, indéfinissable, et à l’âge de cent dix, soit un point, soit une ligne, tout sera vivant. Je demande à ceux qui vivront autant que moi de voir si je tiens parole. Ecrit, à l’âge de soixante-quinze ans, par moi, autrefois Hokusai, aujourd’hui Gakyo Rojin, le vieillard fou de dessin. » Katsushika Hokusai, Postface aux cent vues du mont Fuji.

autre traduction :

« Depuis l’âge de cinq ans, j’ai la manie de recopier la forme des choses et depuis près d’un demi siècle, j’expose beaucoup de dessins ; cependant je n’ai rien peint de notable avant d’avoir soixante-dix ans. A soixante-treize ans, j’ai assimilé légèrement la forme des herbes et des arbres, la structure des oiseaux et d’autres animaux, insectes et poissons ; par conséquent à quatre-vingt ans, j’espère que je me serai amélioré et à quatre-vingt-dix ans que j’aurai perçu l’essence même des choses, de telle sorte qu’à cent ans j’aurai atteint le divin mystère et qu’à cent dix ans, même un point ou une ligne seront vivants. Je prie pour que l’un de vous vive assez longtemps pour vérifier mes dires. »

en résumé :

「百有十歳にしては一点一格にして生るがごとくならん。」
«Quand j’aurai cent dix ans, je tracerai une ligne et ce sera la vie.»


Le thème du paysage apparait très tôt dans l'oeuvre gravée de Hokusai. Dès sa première période dite Shunrô, dans les années 1781-1789, il réalise une dizaine d'uki-e ces gravures à effet de perspective centrale imitant les vues d'optiques européennes, en prenant notamment pour thème des sites célèbres d'Edo. trois séries d'estampes entre 1804 et 1816,  reproduisent la manière de la gravure à l'eau forte tout en étant gravées sur bois !...

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 Katsushika Hokusai : Le Fuji rouge dans une embellie, suite des 36 vues du mont Fuji, 1831-34, 25.6x36.2 cm

De 1820 à 1833, Hokusai prend le nom d'Iitsu et produit ses plus célèbres séries de gravures de paysage : les Trente-six vues du Mont Fuji (46 gravures, c.1831), les Huit vues des Ryûkyû (8 gravures, c.1832), le Tour des cascades de diverses provinces (8 gravures, c.1833), les Vues insolites de ponts célèbres de diverses provinces (11 gravures, c1833/34) ou encore La mer en mille images (10 gravures, c.1832/34). 

La caractéristique de ces séries est de décliner sous forme de variantes un même thème, qu'il s'agisse du Mont Fuji, de ponts, de cascades ou de vues marines. Hokusai utilise généralement des papiers de grand format (ôban : 26x39 cm), horizontalement ou verticalement selon la nature du sujet. Son travail associe l'observation sur le terrain : ce fut un grand voyageur ! et le recours à la docuimentation (par exemple  pour ses vues des Ryükyü, lointaines îles méridionales, royaume alors sous vassalité chinoise,  aujourdhui Okinawa).

Ce choix de la série relève d'une stratégie éditoriale, semblable au feuilleton, et la pression éditoriale pousse les artistes à produire parfois plus que ce qui était prévu ( les 36 vues du Fuji en comptent 46 et une publicité de 1831 annonce déjà qu"'elles iront jusqu'à 100), à moins que ce ne soit dû à l'emballement de l'artiste pour son sujet ?...

Ce principe de la série ne s'applique pas qu'aux gravures en feuille mais s'étend également aux albums xylographiques : les cent vues du Mont fuji, livre en trois volumes, imprimé en noir, paru entre 1834 et 1835, constitue l'un des sommets dans l'art du paysage chez Hokusai. La représentation du Mont Fuji est un thème qui connait à cette époque un engouement extraordinaire.

Ces gravures sont proposées comme modèles pour étudier la peinture de paysage.


Utagawa Hiroshige naît sous le nom d'Andô Tokutarô en 1797 à Edo ( l'actuel Tôkyô). Vers 1810, il entres dans l'atelier d'Utagawa Toyohiro(1773-1828), un peintre de l'école ukiyo-e réputé pour ses portraits de courtisanes, mais qui laissa aussi plusieurs séries de paysages qui annoncent les débuts de ce genre dans la gravure. Il reçoit à l'âge de 15 ans le nom d'artiste d'Utagawa Hiroshige. Ses premières oeuvres connues, l'illustration d'un recueil de poèmes burlesques (kyôka) et des estampes d'acteurs et de courtisanes, datent de 1818. Il cède à son fils adoptif sa charge héréditaire au sein de la brigade du feu pour se consacrer à l'art de l'estampe, et prend pour nom d'artiste Ichiryùsai.  Sa première incursion dans le domaine de l'estampe de paysage est la publication en 1831-32 des Sites célèbres de la capitale de l'Est, un ensemble de dix gravures de grand format représentant chacune un lieu fameux d'Edo à un moment particulier de l'année. les sites choisis sont tous des espaces naturels, situés à la périphérie de la ville, qui étaient depuis longtemps des lieux de distraction, de promenades appréciés pour leurs paysages bucoliques.La dimension maritime des paysages est par ailleurs dominante dans ces gravures, pour lesquelles Hiroshige utilise abondamment le bleu de prusse récemment importé d'Europe, à la suite d'Hokusai qui y avait eu recours peu avant dans ses Trente-six vues du Mont Fuji.  L'artiste déclinera ce même thème dans une soixantaine de versions différentes. Il mêle dans ses gravures des motifs puisés dans l'étude du paysage sur nature et des emprunts à des livres imprimés, répondant non à une logique paysagère, mais bien picturale et éditoriale propre à la série, à savoir l'alternance des saisons et des moments de la journée ou la diversité des points de vue, afin de ne pas lasser le regard. Mais Hiroshige se fait véritablement un nom comme paysagiste grâce à la série d'estampes des Cinquante-trois relais de la route du Tôkaidô (1833).

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 Utagawa Hiroshige : Yokkaichi, "le fleuve Mié", 1833-34, planche 43 de la suite Tôkaidô gojûsan-tsugi no uchi ,"Les 53 relais de la route du Tôkaidô"

Le 8ème mois de 1832, il aurait, dit-on, accompagné le convoi du Shogun d'Edo jusqu'à Kyôtô, en vue d'offrir des chevaux à la cour impériale, selon un rite qui se répétait chaque année. L'existence de tirages de qualité variable suggère le succès de cette série de nombreuses fois réimprimées et même regravée pour pallier l'usure des matrices. Il réalisera ensuite plusieurs variantes sur le thème de cette grande route de communication, de commerce et de pélerinage qui relie Edo, la capitale politique et militaire et Kyôtô, la capitale impériale. Il reprit et acheva une autre série consacrée aux Soixante-neuf relais de la route de Kiso (qui relie également Edo et Kyoto, mais par la montagne), initialement confiée à Keisai Eisen qui réalisa 24 gravures sur 72.

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Utagawa Hiroshige, planche extraite de la suite Kiso kaidô rokujûkyû-tsugi no uchi, " Les 69 relais de la grande route de Kiso ", 1835-37

La série dite du "petit Tôkaidô" parue vers 1840-1842 en est l'un des plus remarquables exemples. Hiroshige multipliera pendant un quart de siècle les estampes sur le thème du paysage, avec les Huit vues d'Ômi (c.1834) reprenant un thème du XVème siècle : huit sites pittoresques autour du Lac Biwa près de Kyôtô, les Sites célèbres de Kyôtô (c;1834) ou les Huit vues des environs d'Edo (c. 1837). L'Album des sites célèbres des soixante et quelques provinces, réalisé entre 1853 et 1856, comporte 69 gravures : une pour chacune des 66 provinces et trois autres pour Edo et les îles Iki et Tsushima, situées entre le sud du Japon et la Corée. Les estampes à l'origine en format vertical et vendues à l'unité sont rassemblées en un album présentant en double page des planches horizontales, classées par grandes régions, selon un ordre topographique, l'album est muni d'une table des matières. Sa dernière oeuvre majeure sera la monumentale série des Cent vues des sites célèbres d'Edo, réalisées de 1856 à 1858 et achevée par son disciple Hiroshige II (1826-1869). Croquées sur le motif après le grand tremblement de terre qui frappa la ville d'Edo le 2ème jour du 10ème mois de 1855, détruisant par les incendies une partie de la ville et causant la mort de 7000 à 10 000 personnes. Il y développe sur 119 planches un mode de composition original, en recourant à des vues à vol d'oiseau et en jouant sur le contraste entre l'arrière plan et un motif très agrandi au premier plan. Elles constituent un témoignage de la reconstruction d'Edo de 1856 à1859. Ses contemporains soulignaient le réalisme de ses oeuvres et en appréciait le caractère novateur. Aujourd'hui encore, ces paysages naturels élevés au rang de "sites célèbres"par hokusai et Hiroshige restent présents dans la mémoire collective des Japonais. Plusieurs planches des Cent vues d'Edo inspirèrent Van Gogh, qui en fit des copies à l'huile trente ans plus tard. Artiste prolifique, on attribue à Hiroshige environ 6000 oeuvres, partagées entre peintures, estampes de paysages et sur le thème des fleurs et des oiseaux, et des illustrations. Il meurt à Edo, en 1858, victime d'une épidémie de choléra.


Cet article est réalisé à partir du catalogue de l'exposition, rédigé par Philippe Le Stum, Conservateur du Musée départemental breton, Christophe Marquet, Professeur à l'Inalco et Valérie Sueur-Hermel, Conservateur au Département des Estampes et de la Photographie à la Bibliothèque Nationale

Par Karedig le 30/07/2014 à 17:38

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La décision du CSA concernant LCI soulève un tollé. Et pourtant...

La suite ici

Par Tron le 30/07/2014 à 17:31

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N.B. : C'était la première leçon d'anglais pour les débutants.

Par kirdis3 le 30/07/2014 à 16:47

 

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Photo: Fabien Engelmann, maire de Hayange, prostré dans le terrain vague, où
selon le passant qui l'a photographié, il aurait été "visité" (entendez "violenté") par un monolithe en forme d’œuf.
   

Par kirdis3 le 30/07/2014 à 15:15

 

Intéressants et forts inquiétants ces 5 billets de Paul Craig Roberts, traduits et publiés ici sur Les Crises.

Précision, Craig n'est ni un taliban, ni un poutiniste,  ni un extrémiste de gauche, encore moins un "complotiste". Voici ce que dit de lui Olivier Berruyer:

"Je rappelle que cet économiste et journaliste paléoconservateur américain a été sous-secrétaire au Trésor dans l’administration Reagan (1981-1982), et est un des pères fondateurs des Reaganomics. Il a également été rédacteur en chef adjoint au Wall Street Journal. Sa vision décape, en général…

Il emploi ici des mots très durs – on sent son inquiétude face au risque de guerre  grandir"

Accrochez-vous et bonne lecture ....


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Par Felix-Culpa le 30/07/2014 à 14:39

George Ezra : Budapest (Official Video)


My house in Budapest
My, my hidden treasure chest,
Golden grand piano
My beautiful Castillo

You
Woh, you
Woh, I'd leave it all

My acres of a land
Th' I hav' achieved
It may be hard for you to,
Stop and believe

But for you
Woh, you
Woh, I'd Leave it all

Woh, for you
Woh, you
Woh, I'd leave it all

Give me one good reason
Why I should never make a change
Baby if you hold me
Then all of this will go away

My many artifacts
The list goes on
If you just say the words
I I'll up and run

To you
Woh, you
Woh, I'd leave it all

Woh, to you
Woh, you
Woh, I'd leave it all

Give me one good reason
Why I should never make a change
Baby if you hold me
Then all of this will go away

Give me one good reason
Why I should never make a change
Baby if you hold me
Then all of this will go away

My friends and family
They, don't understand
They fear they'd lose so much
If, you take my hand

But, for you
Woh, you
Woh, I'd lose it all

Woh, for you
Woh, you
Woh, I'd lose it all.

Give me one good reason
Why I should never make a change
Baby if you hold me
Then all of this will go away

Give me one good reason
Why I should never make a change
Baby if you hold me
Then all of this will go away

My house in Budapest
My, my hidden treasure chest,
Golden grand piano
My beautiful castillo

You
Woh, you
Woh, I'd leave it all.

Woh, for you
Woh, you
Woh, I'd leave it all

          
Cassy O'

Cassy's got a new plan
Gotta get herself away
Well, I'd better act quick
Yeah, I'd better change my ways

Oh, maybe I'm wasting
Maybe I'm chasing time
Oh, come on, let's face it
I'm only ever lost in mine

Well, I got my tracing paper
So that I could trace my clock
And the bastard face kept changing
And the hands, they wouldn't stop

I was ripping out the battery
I received myself a shock
And to add insult to injury
I could still hear tick & tock

[Hook]
CASSY O'
CASSY O'
Please don't leave
CASSY O'
CASSY O'
Please don't leave

Cassy's got a new plan
Gotta give herself a break
And I try, I try, I try
For heaven's sake

Well, I traveled to Australia
And I traveled there by train
This something might sound strange to you
But on the way I gained a day

And I wrote to tell my family
And I wrote to tell my friends
I arrived home, it was lost again
And this torture never ends

[Hook]

Inspector, fix me, my Cassy O's burnt out
We're losing memories that I can't replace
She says she's tired of me running in circles
She says it's time that we took a break

[Hook]
                                    
Par Felix-Culpa le 30/07/2014 à 14:09

J'aime vraiment beaucoup Julien Doré !... je le suis depuis sa participation à Nouvelle Star sur M6 !...

 

Julien Doré et Micky Green : "Chou Wasabi", extrait de son album Love.

c'est bien il ne se croit plus obligé de faire des rimes ...



Baby I love you less and less
Because of what you've done to me
Baby I love you less and less
Because of what you've done to me

Le ciel se couche
Sur ta peau de louve
Les oies sont rouges
Ta mémoire est trouble

On a vu l'Espagne
La rive et les larmes
L'amour a ses failles
Et ses coeurs nomades

Baby I love you less and less
Because of what you've done to me
Baby I love you less and less
Because of what you've done to me

I'll be your soul
Baby just don't let me go
I'll be your soul
Baby just don't let me go

Se promettre ma douce
L'Enfer et ses sources
Où les vipères rousses
Se meuvent en eaux troubles

Je deviens sauvage
Mon torse se décharne
Pour que Paris s'enflamme
De nos retrouvailles

Baby I love you less and less
Because of what you've done to me
Baby I love you less and less
Because of what you've done to me

Baby I love you less and less
Because of what you've done to me
Baby I love you less and less
Because of what you've done to me

We used to be, we used to be, we used to be,
we used to be very happy
What lies all night
Remember we feel so alive

Now all that there is
The sweet souvenir
I walked down on the river, I put my feet in the water
I remember I remember we used to come here together

I need you so,
Baby just don't let me go
I need you so,
Baby just don't let me go

Baby I Love you less and less
Baby I Love you less and less
Because of what you've done to me 


Par dropofsoul le 30/07/2014 à 13:23

Mon article ...

Par mues le 30/07/2014 à 11:56

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Ce moment à forte teneur érotique vous est offert par ryan goslin
( scène coupée au montage de " the place beyond the pines " )


Par LLD le 30/07/2014 à 08:45

Les affrontements de lundi au Xinjiang, région musulmane du nord-ouest de la Chine, ont fait "une centaine" de morts et de blessés, selon un groupe de défense des Ouïghours, principale ethnie de la région.

Un gang d'assaillants "armés de couteaux" a attaqué lundi matin un poste de police et des bâtiments officiels dans le district de Shache - ou Yarkand dans la langue ouïghour -, selon des informations diffusées mardi soir par l'agence officielle Chine Nouvelle.

Les forces de police ont alors "abattu des dizaines" d'assaillants "qui s'en prenaient aux civils et aux véhicules", avait ajouté le média d'Etat, parlant d'une "attaque terroriste préméditée".

"L'affrontement a fait une centaine de morts et de blessés", a affirmé mercredi Dilxat Raxit, porte-parole du Congrès mondial ouïghour, une organisation basée en Allemagne, citant des sources locales.

Par kirdis3 le 30/07/2014 à 01:12

 

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Par Felix-Culpa le 30/07/2014 à 01:12

"Boat Song",  "Brooklyn" et "The Golden Age " Live à France Inter, quintet version , 2013...

" I Love You " (Quintet version, 2013)

" Do You Love Me After All ? " - 07/2014