03/10/2008Union sacrée
Un couple. Je les surprends par la fenêtre. Ils s’embrassent et se caressent. Je ne distingue pas leur visage. Les bras de la femme autour du cou de son homme ; un dos légèrement cambré qui me laisse penser qu’il est sportif.
Ils vont faire l’amour. Et moi pas. Cette vision intime réveille un désir. Je suis, ces dernières semaines, entré dans une nouvelle phase de célibat : celle qui pousse à sortir, de chez soi et de sa zone de confort, celle qui donne envie de surprendre. J’ai donc osé plus souvent, accompli de nouvelles choses, allant jusqu’aux limites de moi-même.
Alors oui, j’aimerais être une pute, sucer des bites dans des cabines d’essayage, gober des inconnus en soirée, consommer le sexe comme n’importe quel autre produit essentiel, jouir sans entraves et profiter de la liberté qui m’est due. Etre un pédé comme les autres, en somme. Mais ce n’est pas moi. Si la vision me séduit, c’est qu’elle me transmet une image idéalisée, sans barrières – soit l’opposé de ce que je suis vraiment. Et bien que certaines soient difficiles à vivre, d’autres sont mises en place pour me protéger et me permettre d’avancer plus sûrement. Malgré le poids d’une génération (?) qui banalise la sexualité, je suis dans l’incapacité de céder à cette culture – pour moi, l’attirance n’est pas innée, elle se construit. Il convient donc de continuer à sacraliser le corps sans pudeur abusive, en adéquation avec mes valeurs. Débauché, enivré, désinhibé, je peux gober un village people lors d’une fête. Mais ce n’est pas parce que je le peux, que je le veux et que je le dois. Je n’ai pas à me travestir pour me prouver quoi que ce soit.
La vraie liberté n’est pas d’enchaîner les conquêtes ; c’est accepter de faire ce dont j’ai envie, au moment où cela se présente, avec la personne qui convient. Même si cela apporte des surprises.
La liberté n’est pas que dans le corps, elle est aussi dans le cœur. Progressivement, je m’autorise de nouveau à aimer. C’est effrayant et douloureux mais en m’affranchissant des systèmes préconçus je prends de nouveau contact avec mon âme, me sens vivre. Or, n’est-il pas plus sain d’être régulièrement en soi-même que dans les orifices de nombreux inconnus ? 14/09/2008Six trouillesCendrillon profite du bal. Parée comme tout un chacun en pareille occasion, elle danse, tournoie, se fond dans la masse. Elle qui pourtant a plus que quiconque conscience de sa différence parvient, l’espace de quelques instants, à avancer sur le même rythme que ses congénères. C’est la dernière fois qu’elle frémit. Car quand frappent les douze coups de minuit, elle est rattrapée par son tristement banal destin. Sa parure fond comme neige au soleil, dans une humidité difficile à cacher aux autres invités. Adieu robe, bijoux et maquillage, il n’y a dès lors plus ni prince, ni marraine, Cendrillon rejoint les milliers d’anonymes véhiculés par la métallique modernité plus que par de magiques cucurbitacées. Ne lui reste alors plus qu’à profiter de la fonte pour nettoyer son intérieur. 13/09/20080.00Ne pas regarder l’heure. Malgré la tentation, détourner les yeux, placer des objets entre nous, ou déambuler sans mes lunettes pour provoquer une cécité me maintenant dans l’ignorance du temps qui passe. Ces aiguilles qui avancent et qui me narguent, inflexibles. Mais plus je pense à elles et moins je vis ma vie. Il est temps de les ignorer, de les oublier et d’avancer à mon propre rythme.
Demain, elles auront gagné, elles auront avancé ; moi je serai pétrifié par la fatigue et je ne ferai rien, attendant qu’elles reviennent et m’emportent dans leur course infinie. 09/09/2008Discussion entre pédés« J’ai enculé un jeune de seize ans dans la cave de ses parents et après je lui ai fait une éjac’ faciale. Il voulait avaler mais je lui ai dit non, quand même… »
Et après on s’étonne que je parle crûment. 08/09/2008Se conformer ou se rebeller ?Bien que mes conditions de travail soient plutôt agréables, la question de l’insertion sociale me préoccupe toujours autant. Tout me rappelle que je ne fais pas encore totalement partie de ce monde et qu’il est encore temps de choisir une autre voie. Le fait est que j’adore le monde de l’entreprise. J’aime la sensation du travail accompli, j’aime les interactions engendrées, j’aime avoir des fournitures, les trier, les ranger, obtenir des responsabilités, me sentir utile. Ce que j’aime par-dessus tout, c’est avoir une position quelque peu décalée et observer ce drôle de monde. En un sens, l’entreprise, c’est un huis clos, un univers fermé avec pour chaque société ses propres codes. J’aime les regarder sans trop y prendre part, m’en moquer et tenter de trouver des solutions pour améliorer le quotidien de chacun. Mais le souci c’est que viennent des moments où il faut se mouiller et quitter la place de l’ethnologue pour rejoindre celle du salarié. Les règles, quand elles sont perçues de l’extérieur, sont bien plus faciles à vivre que lorsqu’il faut les subir. J’ai ainsi toujours du mal à accepter la hiérarchie, que je trouve souvent injuste. Encore plus de mal à accepter tout ce qui est fait au profit de la communauté, en niant l’individualité. Les horaires, par exemple. Pour le commun des mortels, se lever tôt est acceptable. Pour moi, c’est intolérable, une torture quotidienne. Je rêve d’un monde où je pourrais me lever naturellement, quelle que soit la position du soleil, et accomplir mes tâches sans la fatigue qui m’accable à chaque instant.
J’ai bien pensé à me mettre à mon propre compte. Mais plus j’y pense et plus je crois que cette solution ne me conviendrait pas. D’une part, j’y perdrais ma place d’observateur pour être en permanence celui qui agit. D’autre part, les relations sociales qui me motivent tant seraient nettement plus rares. Enfin, cela impliquerait une autodiscipline de fer (qui me manque cruellement) et qui m’empêcherait de me lever à n’importe quelle heure. Etre mon propre patron, d’accord, mais pour quoi faire ? Quelle activité me motiverait assez pour que j’y consacre autant d’heures par jour ? En réalité, je voudrais travailler quatre après-midi par semaine. Ca, ouais, ce serait sympa, je pourrais dormir le matin et conserver plusieurs demi-journées pour accomplir tout ce dont j’aurais envie, tout en continuant ma petite observation des travailleurs.
Ou alors, je deviens pute de luxe. C’est une façon comme une autre de joindre l’utile à l’agréable. 04/09/2008Touche-pipi ?Il touche mon caleçon qui dépasse, alors que je suis penché sur la photocopieuse.
Je passe négligemment mes mains sur ses épaules devant son bureau. Il me dit de continuer, ce à quoi je réponds que je ne sais pas masser. « C’est pas grave, c’est agréable quand même ».
Je glisse un doigt sur son ventre, devant mon bureau ; j’entraperçois un peu de peau, un peu de poils.
Puis nous sommes convoqués auprès de la rédac chef parce qu’il aurait dit des méchancetés sur moi dans mon dos. Elle l’engueule devant tout le monde. Et surtout, elle a cassé mon coup. 03/09/2008To bite or not to bite ?Faut-il coucher pour coucher ? Faire l’amour comme on s’essuie le cul, pour éviter les fuites et les dommages collatéraux ? Baiser, sport hygiénique.
Faut-il coucher pour profiter une fois de plus de notre amour perdu ? Faire l’amour une dernière fois, sentir son corps tout contre moi mais son cœur si loin. On a beau y aller de plus en plus profondément, non, je ne suis pas sûr que dans chaque trou il y ait un petit cœur qui batte. Monsieur le cœur s’est cassé et a emporté avec lui la tendresse et la compassion, dans un paquet cadeau, prêts à être offerts à un autre.
Faut-il coucher avec un inconnu ? Partager l’intimité d’une nuit, se révéler totalement à lui, l’ajouter au compteur de « ceux qui ». Mais cela en vaut-il la peine ? Serais-je vraiment attiré ? Serais-je à la hauteur ? Pourrons-nous profiter de cette douce illusion, en mimant l’amour comme une scène, entre cette tendresse qui me manque tant et l’excitante nouveauté ? Un inconnu saura-t-il faire jouir mon cœur grâce à toutes ses expériences et malgré toutes ses maladies ? En ressortirais-je purifié (du passé) ou sali (pour l’avenir) ? 02/09/2008Fabrique mécaniqueOn peut faire, sans amour. On peut aimer, sans faire. On peut baiser, être tendre, bestial, mécanique. Construire, détruire. Avancer, reculer. Mouiller, sécher. Vibrer, frotter. Tendre, libérer. Essuyer, recommencer. 31/08/2008Libération des émotions
Lorsque nous naissons, nous ne sommes que chair, sensation et émotion. Tout ce que nous vivons passe par notre corps et nous ressentons tout avec beaucoup de force. Nous l’exprimons avec autant d’intensité. J’ai ainsi été frappé, la dernière fois que j’ai vu un enfant, par l’expression de son visage. Lorsqu’il est heureux, le bébé sourit de toutes ses gencives. En deux minutes, il peut changer d’état et être envahi d’une immense tristesse ou d’une terrible colère. C’est cette colère, je crois, qui m’a le plus surpris. Son visage était totalement crispé et je pouvais percevoir à quel point il en voulait à ses parents de ne pas satisfaire immédiatement son besoin de nourriture.
Lorsque nous grandissons, le mental finit par prendre possession de nous. Allié aux règles sociales, il met des barrières face à tout ce que nous désirons naturellement faire. Un enfant n’hésite généralement pas à pleurer face à qui que ce soit ; mais plus l’on avance dans l’âge adulte et plus il convient de « prendre sur soi », de ne plus « faire l’enfant », de ne plus se laisser envahir par la tristesse ; même la joie est réprimée dans un groupe d’apprentissage ou de travail : il ne faut pas rire en classe tout comme le fou rire dans le monde professionnel peut vite être mal perçu. L’adulte doit couper le contact qui le lie à son corps et à ses émotions pour être uniquement dans une réserve sociale qui lui permet d’agir au mieux de la communauté.
Le mental n’intervient pas qu’à cause de nos interactions sociales, mais aussi pour nous protéger, alors enfant, des émotions ingérables pour nos petits cœurs. Etre séparé de ses parents (idée alors intolérable) est le lot de tous ; mais des événements plus graves peuvent survenir, moments qui nous forcent à mettre de côté toute la douleur afin de continuer à vivre. Refoulez l’expression la plus pure qui vous est offerte de vivre et elle se manifestera alors par des névroses, des infections, des maladies…
Je comprends ainsi, à force d’introspection, de lectures, que depuis quelques années je me fourvoie. Quand j’ai commencé à écrire ce blog il y a cinq ans, j’avais encore une part d’innocence qui me permettait de vivre pleinement mes émotions ; d’où les larmes maintes fois relatées. Mais j’avais déjà mis des barrières face à plusieurs éléments de ma vie, comme mes relations familiales par exemple, et ces barrières n’ont cessé de se multiplier à force de coups dans la gueule.
Or j’apprends qu’il n’y a en fait rien de plus naturel que d’être en colère. J’ai le droit d’être en colère contre mes parents de m’avoir parfois « abandonné ». J’ai le droit d’être en colère contre mes ex de leurs « mauvais traitements ». J’ai le droit d’être en colère contre mon entourage d’avoir été « trahi ». Et tous ont le droit de ressentir ces émotions également. Je me rends compte que, depuis des années, je n’acceptais pas toute cette colère. Que je ne trouvais pas normal d’en vouloir autant à mes parents de leurs erreurs (après tout, personne n’est parfait), que je ne trouvais pas normal d’en vouloir au garçon que j’aime. Mais en réalité, colère et amour ne sont pas incompatibles ; sauf que face à la douleur que cela me provoquait, j’ai, pour « survivre », préféré instaurer une barrière entre les autres et moi, une autre entre mon mental et mes émotions pour toujours analyser le moindre événement de ma vie, pour ne plus être touché par ce qui est impensable, pour ne plus souffrir des disputes quand bien même je rêve d’une harmonie relationnelle totale. En dressant de tels murs, je me suis coupé de tout et de tous, et surtout de moi-même. Je me suis interdit de ressentir, de vivre, d’aimer. Car finalement, c’est simplement là que réside le sens de la vie : celui de ressentir. Juste percevoir des émotions et les vivre pleinement, quelles qu’elles soient.
Tout mon développement personnel, mon travail introspectif entamé depuis plusieurs mois, tourne autour de ça : vivre le moment présent, et uniquement le moment présent, car c’est le seul moyen d’être en contact avec soi, d’être calme et serein. La peur, la rage, les remords, les rancœurs… ne sont que des vues de l’esprit hors du moment présent, focalisées sur le passé ou le futur. Etre dans le moment présent n’implique pas d’ignorer les autres temps. Mais craindre quelque chose qui n’est pas encore survenu, tout comme se lamenter sur un événement passé sont autant de moyens de fuir l’ici et maintenant. Et si des images viennent nous hanter, cela signifie que l’émotion, au moment où elle aurait dû être pleinement vécue, a été refoulée.
C’est un travail d’introspection difficile qui m’oblige à être faible. Je dois être moralement souple pour accepter toutes les sensations qui se présentent. Et passer rapidement de la joie à la tristesse. C’est même douloureux de devoir quitter vingt minutes son boulot pour prendre l’air et pleurer sur la dernière mauvaise nouvelle. Pénible de se rendre compte que ce que je peux vivre actuellement a autant de ramifications avec tout ce que je n’ai pas su gérer par le passé. Cela oblige à tout vivre plus fort, à accepter la tristesse de l’enfant bafoué, de l’ado secret et de l’adulte trahi que j’ai tour à tour été. Mais grâce à cette philosophie je vis également plus pleinement les petits bonheurs quotidiens, du temps passé avec des amis, faire des blagues pourries, des jeux en banlieue…
A force d’être à l’écoute de moi-même, j’arrive à situer, physiquement et moralement, où il y a un problème, une tension. Car si la théorie paraît simple, la pratique est bien plus ardue. Vouloir se libérer des peurs est magnifique ; y parvenir une toute autre histoire. Je reste paralysé par l’angoisse de mal faire les choses, de me tromper ; profondément blessé par la crainte d’être une fois de plus abandonné. Et ce vide, ce vide immense en mon sein, trou sans air que je ne pensais pas trouver et qui en réalité régit une partie de ma vie. Cette fêlure si grande qu’elle rayonne malgré moi. Cette faille régulièrement alimentée par mes relations…
Mais alors que dois-je faire ? Quelle est l’action juste ? De quoi ai-je réellement envie ? Faut-il s’obstiner à rester ? Faut-il maintenir un lien si douloureux ? Faut-il une fois de plus prendre sur soi et avancer avec l’autre ? Ou au contraire le fuir et tenter le chemin seul ?
Questions qui ne peuvent trouver de réponse que dans le moment présent, en tentant de mettre de côté les rancœurs et les peurs.
Inspiration, expiration. 25/08/2008Sanctuaire
J’ai réussi à faire de mon lieu de vie un havre de paix. Un lieu sûr où je me sens bien.
S’installer, aménager, nettoyer, ranger… Autant d’étapes qui m’ont permis, petit à petit, de me sentir chez moi. Mais à voir la hargne que j’ai mise à trier mes livres par taille et par genre, à refuser toute couleur au profit du blanc, à nettoyer le parquet et les murs pendant plusieurs jours… Quelle névrose cela cache-t-il ? D’où me vient cette obsession de pureté ?
Clef de voûte de mon lieu sûr : mon lit. Il m’a fait douter, mais je m’y sens bien. Je ne m’y allonge jamais la journée et je suis très content de le retrouver la nuit tombée. Les insomnies sont toujours présentes, mais après quelques heures d'attente mon sommeil est réparateur.
Mon sanctuaire me protège. Quand un coup dur survient, que les larmes montent, que la faille se creuse et qu’il apparaît de plus en plus difficile de répondre à la question « ça va ? », je suis bien heureux de retrouver la sérénité chez moi. 10/08/2008Les joies de l’indépendance ?Après la tornade du déménagement, le bazar de l’emménagement. Je suis perturbé par toutes les nouvelles odeurs de mon lieu de vie : la propreté de la cuisine et de la salle de bain, les cartons qui laissent une drôle de sensation sur les doigts, les draps qui ont passé des semaines dans du plastique et le bois des meubles Ikéa. Je ne peux d’ailleurs presque plus voir ce magasin en peinture. Quand on est petit, on monte les jouets Kinder. Quand on est grand, on monte les meubles Ikéa. Inutile de préciser que je n’ai jamais été très manuel.
Après une semaine, l’appartement commence à reprendre vie. J’ai enfin fini de vider mes cartons, dépensé trop de thunes en meubles, rideaux et autres accessoires si superflus mais si nécessaires. Je prends mes marques, petit à petit, mais je ne peux me défaire de l’impression que je ne suis que de passage. Finalement, être en location m’empêche de me sentir vraiment chez « moi ». Tout ce qui pourrait être amélioré dans l’appartement, je me dis que ça ne sert à rien de s’en charger vu que le bien ne m’appartient pas. Et en prime j’ai découvert que la caution, c’est encore un bon moyen de se faire entuber. Je pensais naïvement qu’on déposait un chèque qui ne serait encaissé qu’après le départ si problèmes il y avait. Mais non, on prête une grosse somme d’argent à l’agence, prêt qui doit être effectué à chaque location, donc au final c’est de l’argent qu’on ne peut jamais utiliser. Je veux être propriétaire… Il me faut un mec riche. Genre qui aurait gagné 7000 euros le mois dernier, ça c’est pas mal pour commencer.
L’indépendance a d’ores et déjà changé la relation que j’ai avec mes parents. J’ai eu des contacts avec eux tous les jours, soit au téléphone, soit parce que je suis passé récupérer quelques affaires et caresser mes chattes, soit parce que mon père m’a emmené chez les Suédois ou est venu réparer quelques conneries. C’est gênant d’obtenir toute cette aide mais je me sens à ma place lorsqu’ils s’occupent de moi. Et mon père, mis à part le soir de mon départ, est d’une étonnante sobriété.
Et puis je ne peux qu’apprécier de ne plus subir les poils de chats, la fumée du tabac, la toux de mon père… Agréable aussi de pouvoir enfin accueillir mes amis, d’avoir un nouveau point de ralliement. Depuis le temps que j’attendais ça.
En revanche, la solitude nocturne me fait un peu peur… Hier, alors que ma coloc’ découchait, j’ai pris conscience du volume de l’appartement et je me suis senti tout petit. Et pas si seul. J’ai toujours été terrifié par les fantômes et comme l’appart’ est vieux, il a dû y avoir des dizaines et des dizaines d’habitants ici… Du coup je ne suis pas si rassuré.
Bon. J’ai un très grand lit. Peut-être devrais-je le partager ? Comme disait mon père avec beaucoup de classe : « tu comptes faire des partouzes ? ». Pas besoin d’avoir plusieurs mecs dans mon lit. Juste un riche pour m’entretenir, bricoleur pour monter mes meubles et courageux pour combattre mes fantômes. 03/08/2008A la croisée des mondesTrès étrange à quel point tous les pans de ma vie, plus ou moins éloignés, se sont côtoyés aujourd’hui. J’étais particulièrement mal à l’aise d’imposer ce déménagement à mon père de 72 ans. Encore plus d’être aidé par son ouvrier marocain sans papiers. J’avais l’impression d’étaler mes richesses face à cet immigré qui ne pouvait que les toucher du doigt. Je me sentais comme une aristocrate d’un autre temps, avec une robe à cerceau et un grand chapeau, revenant des colonies avec un boy. Je déteste mettre des gens à mon service.
Paradoxal également de passer la journée entière avec ma mère, qui m’a aidé du début à la fin. Je n’ai jamais passé autant de temps avec elle depuis mes 12 ans. Etrange aussi d’être celui qui paye. Je paye à la caisse pour mes courses, je paye notre dîner. Les rôles sont inversés, je peux subvenir à mes besoins.
Perturbant de voir la famille de mon ex débarquer pour emporter ses dernières affaires. Une vraie tornade, une organisation militaire, malgré laquelle il y a tout de même eu un drôle de flottement : les « beaux-parents » ont fait connaissance. Sauf qu’ils n’ont aucune idée de leur lien réel.
Bizarre de dîner avec mon ex, un ami et ma mère. J’ai toujours mis un soin particulier à séparer ma « famille » de mes amis, tout simplement parce que je n’ai pas du tout le même comportement suivant le type de personne avec qui je me trouve. Je suis naturel, c’est-à-dire que je parle de cul à tout va avec tout le monde, sauf avec mes parents (pourtant ils sont très ouverts mais j’ai toujours trouvé ça gênant). Alors quand on se retrouve à finir d’enfiler mes grosses barres, les faire rentrer dans des trous avec des petites, devoir choisir entre dur et mou, se filer des petits bouts… la limite entre ma vraie vie et le rôle que je joue face à mes parents devient si ténue que je ne sais ni où me mettre, ni qui je suis.
Je ne sais plus trop non plus où je vis. J’ai l’impression de partir en vacances, sauf que non, cette fois c’est pour de bon. I’m not coming back.
Ce soir, je ne dors plus chez moi. Je suis chez mes parents, et c’est pour la dernière fois. 01/08/2008Moving in, moving onJe me disais qu’à 25 ans, j’aurais un boulot bien payé - enfin ce que j’estime être payé normalement quand on a fait des études et qu’on a un minimum d’expérience professionnelle -, donc assez bien payé disons pour avoir un deux pièces dans Paris (dans un quartier ni trop bourge ni trop craignos). J’avais envisagé de faire de la colocation les premières années de travail histoire de ne pas me retrouver comme un vieux con que je suis déjà et pour éviter un loyer bien trop coûteux, pour éventuellement aussi mettre un peu de pépettes de côté dans l’optique, un jour peut-être si je me prostitue assez, d’acheter. Et puis de la coloc’, j’en ai fait à Londres, je me suis rendu compte que je ne supportais pas de vivre avec mes parents avec qui je fais une sorte de colocation, alors je me suis dit : quand je travaillerai, je prendrai refuge dans un petit deux pièces et on me foutra la paix.
Ca, c’était il y a quelques années. Depuis, j’ai vu que la vie était nettement moins chouette. Sachant qu’il faut gagner trois fois son loyer et qu’un deux pièces aujourd’hui ça vaut, quoi, entre 700 et 900 euros par mois (et encore je suis gentil), cela signifie qu’il faut donc un salaire net de… 2100 à 2700 euros par mois. Et là, je ris. Jaune, mais je ris quand même. Si on suit ma logique (quiconque a fait des études et a déjà bossé devrait gagner assez pour un deux pièces), alors je devrais gagner 2100 euros par mois… Et bien sûr j’en suis loin. Moins qu’en janvier, vu que j’ai renégocié mon contrat jusqu’à la fin de l’année, mais toujours en deçà du seuil fatidique. Il a donc fallu faire des concessions : choisir entre de la colocation, un studio ou un appart’ en banlieue. Sachant qu’en plus je suis en droit d’auteur et pas avec un vrai contrat de travail, ça compliquait encore la tâche. Alors j’ai pensé qu’il suffirait de trouver des amis qui connaissent des gens qui sont propriétaires et qui pourraient me louer leur bien sans trop me prendre la tête sur mon salaire et mon contrat pourri. J’ai visité un deux pièces à Charenton, j’avais l’impression d’être dans une cage à lapins à la campagne. J’étais prêt à mettre la moitié de mon salaire dans le deux pièces du père d’une copine jusqu’à ce que je me dise que j’allais peut-être un peu avoir du mal à vivre au final.
Alors la solution s’est présentée d’elle-même. Angelounet quittant son appart’, sa coloc’ s’est retrouvée toute seule et m’a d’office proposé d’emménager avec elle. J’ai à peine réfléchi vu que cela permettait d’échapper à des démarches très chiantes et que j’étais familier du quartier et de l’appart’ : du temps de notre couple j’étais tout le temps fourré là-bas.
La colocation n’est pas un choix de vie. Je souhaite savoir comment je me débrouillerais tout seul, comment je gèrerais la solitude et puis j’ai envie de liberté. C’est important de goûter à une indépendance totale et c’était approuvé par mon ancienne psy Mamie Vital. Mais plus le temps passe et plus l’idée d’être en coloc’ m’enthousiasme. Si j’étais tout seul, je me retrouverais chez moi sans jamais sortir ou voir personne ; rien que la présence de quelqu’un d’autre que mes parents pourrait m’empêcher de sombrer au plus profond de moi-même. Et puis c’est agréable d’apprendre à connaître un peu mieux sa future coloc’, d’avoir des projets à deux pour l’appart’… Bref, d’être un minimum sociable.
L’excitation est donc à son comble vu que j’emménage samedi. Excitation quelque peu entachée par les éprouvantes démarches à faire avant de s’installer. Même aller chez Ikéa est moins rigolo que prévu. Depuis des années j’y vais régulièrement en me disant qu’un jour, moi aussi j’aurai le droit de m’acheter des meubles, des draps, de la déco, et puis finalement c’est très banal. Et juste chiant d’aller à perpette-les-bains tous les deux jours pour acquérir un objet au nom imprononçable. Surtout quand c’est un lit qui ne rentre pas dans la voiture. Mais passons.
Ce qui est particulièrement désagréable, c’est l’impression de passer après quelqu’un d’autre, de finir les restes. Quand on emménage, il y a une sensation de nouveauté, de fraîcheur, de démarrage que j’ai peu vu que je débarque dans un appartement que je connais avec des meubles que je connais. Il est sûr que c’est plus simple et que ça évite bien des soucis de conserver les meubles ; mais quand même. C’est comme si Angelounet avait passé deux ans à manger dans une assiette orange (il en serait capable tellement il prend du temps pour se nourrir) et qu’il m’avait laissé sa bouffe dans un coin ; en « pauvre » que je suis, j’ai dû me résoudre à accepter son plat, comme un clochard de l’immobilier. Quand en plus cela vient de mon ex, je me demande aussi si je ne suis pas un peu taré d’accepter de vivre entre les murs où j’ai déjà vécu tant de choses…
Même mes affaires me narguent. Je soupçonne un troll, une malveillante Amélie Poulain ou Dieu himself de me jouer des tours. Plus je trie et plus mes affaires se multiplient. Tels des Gremlins qui prennent l’eau, j’ai beau jeter, donner, vendre des vêtements, des livres, des souvenirs, il y en a de plus en plus.
J’ai vu ma vie entière défiler. Retrouvé des vêtements du collège, des mots du lycée, de la déco de la fac, des cartes, des mails, des peluches et tellement de choses que j’avais oubliées. Retrouvé les prénoms d’anciens amis, les photos de mes amants. C’est si étrange de pouvoir résumer sa vie à quelques boîtes en cartons.
Enfin, « quelques », tout est relatif. J’ai envahi l’appartement de mes parents. A chaque fois que je pense en avoir fini avec les cartons, boum boum, je retrouve des sacs, des boîtes, des machins aux quatre coins de ma chambre (effet Gremlins again). Je vis sur les ruines de Tchenorbyl.
Quand je vois tout ça et le trop grand nombre de cartons qui attendent samedi pour revivre, je me demande à quoi cette matérialité peut bien servir. Pourquoi a-t-on autant d’objets ? Pourquoi on garde tout alors que ça va finir sur une étagère poussiéreuse jusqu’au prochain déménagement ? Ca me donne envie de tout jeter et de tout recommencer. Nouvelle partie.
Allez, il est temps de se délester du passé et de quitter le champ de bataille. 18/05/2008Labels
Malgré le manque de confiance qui m’envahit régulièrement, il y a certaines qualités que j’estime faire partie de moi. Je pense ainsi être quelqu’un d’authentique. Plus qu’un trait de caractère, c’est finalement une valeur à laquelle je ne pense pas toujours, mais qui me permet de garder une certaine forme d’intégrité et qui est, à coup sûr, une qualité que j’apprécie fortement chez les autres.
J’ai toujours détesté l’hypocrisie. Je ne comprends pas comment les gens faux peuvent se regarder dans la glace en se jouant des autres. Certes, la manipulation est jouissive ; on se sent maître du monde et supérieur. Mais on ne doit au final que lier des relations superficielles et être bien seul.
C’est bien beau de se vouloir entier en toutes circonstances, mais même le mec le plus sage du monde se retrouve un jour ou l’autre dans une position ambiguë. C’est bien connu, l’être humain n’est composé que de multiples facettes et il tente de montrer celles qui le mettent le plus en valeur en fonction de qui l’entoure. Je ne fais malheureusement pas exception à la règle.
Ainsi, je veux toujours montrer que je suis un garçon sérieux et organisé, mais qui sais aussi être taré. M’étant toujours senti très différent des autres (que ce soit pour la nourriture, la sexualité, la conception des relations…) j’ai pris le parti de faire une force de ma singularité plutôt que de la subir. Ce n’est pas toujours facile de clamer qu’on n’aime pas les enfants, qu’on n’absorbe ni alcool ni fromage, qu’on n’aime pas ses parents… Cela ralentit plus ou moins la possibilité de l’intégration dans une communauté. Mais je pars du principe que se changer soi-même pour mieux y parvenir ne me rendra pas heureux. J’ai déjà essayé, avec la sensation, à chaque fois, de me fourvoyer. Ca n’empêche pas de se dépasser et de se surprendre par moments, de faire comme tout le monde juste une fois de temps en temps ; mais seulement parce que le désir vient de moi – et de moi seul.
Malgré mon caractère bien trempé sur certains aspects, j’ai tout de même du mal à accepter les étiquettes. Je suis le premier à en mettre, à souhaiter que chacun ait une sexualité aussi claire que la mienne par exemple (stupide, j’en ai totalement conscience). C’est parfois un avantage : on dit parfois de moi que je suis cultivé. J’ai l’air tellement sérieux, je bosse dans la culture, j’ai fait de longues études, je fais peu de fautes, je porte des lunettes… A l’opposé, j’apparais comme une tapette volante superficielle qui n’aime que les musiques pour adolescents et les émissions de téléréalité. En fait j’ai une étiquette typique de pédé ! Bien que l’aspect cultivé de ma personne soit une supercherie (ayant grandi dans un foyer inculte jamais je ne pourrais considérer le peu de savoir que j’ai comme suffisant), je me complais dans cette double description : je veux être un garçon superficiel et profond à la fois. Quand les gens me font remarquer que j’ai des goûts de merde mais que mon sens de l’analyse est fin (tiens, ça n’est pas arrivé depuis longtemps), je me sens complet. Je me dis que la personne en face a su aller plus loin que la première impression qu’elle a eue et a su me cerner un minimum.
Cependant, on ne peut contrôler son image. A fortiori si on veut être authentique ! Je remarque que, plus les gens vieillissent autour de moi, et plus ils prennent un rôle. Je faisais le compte l’autre fois dans ma tête et je me suis aperçu que j’étais gêné par les grossiers traits de caractère de la plupart des gens que je côtoyais. Il y a les sérieux, les logiques, les maniaques, les râleurs, les superficiels, les fous, les sociables, les coincés, les dévergondés… Et malgré la richesse que je souhaite obtenir de toutes mes relations, chacun est devenu trop entier, indivisible, résumable. Fini. Une seule direction de caractère, totalement prévisible et donc nettement moins intéressant. Mais quand a-t-on cessé d’être fait de nuances ? Quand on se trouve soi-même, on cesse de tergiverser dans ses personnalités ? Ou au contraire est-ce parce qu’on a été incapable de savoir qui on était qu’on a dû adopter un rôle ? S’intégrer à une communauté suppose-t-il nécessairement la réduction à un seul trait caractéristique de l’individu ?
Tellement de gens deviennent ce que j’appelle des personnages de dessins animés. A mes yeux, ils en sont risibles tant ils sont une caricature d’eux-mêmes. Où est la limite entre soi et l’image de soi ? A vouloir parfois m’intégrer, parfois me démarquer, est-ce que je ne vais pas trop loin dans ce que je suis au point de me perdre ? Quand je râle sans cesse et que je refuse obstinément de faire la même chose que le commun des mortels, est-ce qu’à un moment je me suis vraiment demandé si c’était ce que je voulais ? Quand je suis sociable et flexible, ne vais-je pas à l’encontre de certaines valeurs ? Ne suis-je pas finalement devenu un personnage de dessin animé ? Un ersatz de moi-même ?
C’est la position que j’occupe au sein de la Ruche qui a fait germer cette interrogation. En effet, j’y suis à la fois assistant de rédaction et responsable éditorial. Pour mon premier poste, je dois jouer à la parfaite petite secrétaire et obéir à ma rédac chef. Pour le second, je dois gérer une petite équipe de stagiaires, prendre des décisions éditoriales, former les gens, les accompagner. Tout au long de la journée, je dois faire le grand écart entre ces deux fonctions et je sens que le regard des gens s’y perd. Il y a ceux qui me prennent un peu de haut, parce que je suis une lavette. Et ceux qui semblent impressionnés par ce qu’ils imaginent être une importance hiérarchique. Pour ne pas avoir à affronter le problème, et parce que depuis la Forteresse j’ai un souci avec cette débile grandeur qu’on attribue aux gens dans le cadre de l’entreprise, j’ignore la notion. Il n’y a pas de hiérarchie qui tienne ; seule la validation éditoriale compte. Ma rédac chef n’est pas une déesse et mes stagiaires ne sont pas des larbins. Si j’ai une maxime dans le travail, c’est celle-ci : faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux.
Mais à force de ne pas me prendre au sérieux, est-ce que les gens n’en viendraient pas à faire de même ? C’est moi ou ma stagiaire passe son temps à aller à l’encontre de mes décisions, au point d’aller directement voir le rédac chef adjoint pour faire accepter ce qu’elle veut au lieu d’en discuter avec moi ? Je suis parano où on ne me donne plus aucune responsabilité éditoriale ?
L’autre jour, je disais à une collègue que j’avais très bien vécu ma période de « chômage » parce qu’elle m’avait laissé le temps de faire plein de choses comme aller au musée. Et là, elle me rit au nez : « depuis quand t’aimes ça toi ? ». Dans la mesure où elle est entrée dans ma vie après ma révélation culturelle londonienne, je suis tombé des nues. Si quelqu’un que je pensais connaître (et vice-versa) me réduit à des paillettes, qu’en est-il des autres ? Artémis ne me propose plus jamais aucune critique ; et pour commenter la dernière réalisée, il m’a avoué qu’il avait peur que je m’enthousiasme trop pour des oeuvres qu’il jugeait peu dignes d’intérêt. En gros, il croit que je n’aime que les trucs de merde et que je n’ai aucune objectivité, moi qui ai toujours eu à cœur de modérer mes propos au maximum.
Ce n’est finalement peut-être pas à cause de mon potentiel culturel que le bât blesse. J’ai tellement eu l’impression de respirer et de pouvoir être moi-même au sein de la Ruche que j’ai bien trop mis en valeur un aspect de ma personnalité : celui du sexe. J’ai cette faculté d’avoir non seulement l’esprit très mal placé, mais en plus de le faire savoir à tout le monde. L’équipe étant particulièrement jeune, les mecs plutôt mignons, mon quotidien consiste à faire des propositions indécentes à tous les pantalons qui passent, à parler de ma vie sexuelle et amoureuse avec la même facilité (et dans les mêmes détails) que de mon dernier repas. Je suis le pédé obsédé de service. C’est ce rôle-là que je joue dans mon groupe d’amis aussi, mais on a tous tellement partagé de choses que je pense être plus reconnu pour mes autres qualités que pour celle-là. Alors que dans la Ruche, à force d’évoquer le cul, j’y suis resté coincé. J’ai même fait l’expérience d’éviter d’en parler ; tous y font alors référence à ma place, viennent vers moi dès qu’un jeu de mots douteux est possible. Je me suis transformé en guignol de service. Si la rédac chef est la reine du site, moi je suis son bouffon.
Je ne supporte pas d’être cantonné à un rôle. Et je refuse également les étiquettes des relations. C’est très pratique de classifier les choses, de ranger les gens dans des petites boîtes, c’est rassurant : voici ma meilleure amie, mon ex, mon collègue. Sauf que les sentiments ne sont pas catégorisables et délimitables. On peut aussi être comme membres d’une même famille, bosser et s’aimer, coucher ensemble sans être en couple. Si j’aime l’ordre, j’apprécie encore plus les nuances. Mais les personnages de dessins animés ne les comprennent pas. La plupart des gens qui ont su, quand je me séparais d’Angelounet, que nous avions décidé de rester proches, ont pris un air de je-sais-mieux-que-toi-je-suis-passé-par-là : ça ne marchera jamais. Dans leur esprit, un couple qui rompt doit nécessairement voguer sur des eaux différentes. Ce n’est pas viable, le jour où l’un de vous refera sa vie, il faudra rompre une deuxième fois. Moi je dis fuck. Je me fous de savoir que les autres n’ont pas réussi à rester amis avec leur ex, qu’il faut une période réglementaire avant de se revoir, et pour autant je ne suis pas certain de la réussite de notre branlante décision ; mais je refuse de croire que les règles relationnelles sont immuables et scientifiquement prouvées.
Il faut gérer ses craintes, prendre des décisions, se justifier auprès des autres. C’est épuisant. Je devrais certainement apprendre à faire abstraction des avis de l’entourage. Me consacrer à moi plus qu’à leurs yeux. Etre indépendant sans pour autant me couper des autres. Encore une nuance.
Pour appliquer les conseils de mon nouveau psy et prendre mon indépendance, il va pourtant falloir que je montre patte blanche et que je colle une étiquette de recevabilité sur mon dossier d’agence : je compte emménager dans un appartement prochainement. Et c’est dans celui de mon ex. 17/05/2008Ecriture perdue ?
Qu’il m’est de plus en plus laborieux de tenir ce blog à jour. J’ai régulièrement des idées de sujets, des phrases qui me viennent à l’esprit, mais dès que je prends la plume, je bloque. Ce n’est alors qu’au prix d’un certain effort que je couche les mo rts sur le clavier, produisant un texte bancal, loin de mes idéaux. Je n’arrive plus qu’à écrire sur ce qui m’obsède, sur ce qui me rend triste, ce qui me touche au plus profond. En me fermant aux autres, ai-je également rejeté les muses ?
Je regrette ce temps où chaque jour je consacrais une heure pour narrer mon quotidien, je regrette le moment où j’ai touché du doigt une profondeur plus artistique, je regrette cette époque où je n’avais pas à me censurer.
Ca me fait plaisir de savoir que mes amis me lisent et suivent mes états d’âme, mais en gagnant ce contact écrit j’ai perdu ma liberté. J’aimais tant écrire pour personne, pour des inconnus. Je n’ai plus l’impression d’aller chercher au fond de moi mais d’écrire un mail pour mettre à jour le fil de ma vie. Surtout, je déteste cette sensation que parmi les lecteurs inconnus résident des gens connus. Que mon entourage me lise en secret est ce qu’il y a de pire à imaginer. Car malgré tout, cet espace reste mon journal intime, que je choisis de partager, certes, mais intime tout de même. Qu’on puisse profiter de mes confessions me fait peur au point de sombrer dans la parano et de parfois tenter des expériences pour que les voleurs d’âme se dévoilent à leur tour… 06/04/2008Un bruit dans la nuit de la vieLe corps de mon père chute lourdement sur le sol. J’entends le craquement de la chaise sur laquelle il a glissé pour se lever et paf. Un gros bruit de gros plein de vin qui s’éclate la gueule comme un clochard. C’est ensuite la voix de ma mère qui me parvient, un peu énervée d’être dérangée, un peu méprisante de voir une telle loque humaine à ses pieds. Quel retournement de situation, elle qui a été à sa place de si longues années. J’entends qu’elle marche jusqu’à ma porte. Je reste blotti dans mes draps Walt Disney, tentant de penser à autre chose ; je ne veux pas être mêlé à leur situation d’adultes.
Le lendemain matin, ma mère m’annonce, amusée et moqueuse, que mon père s’est vautré et qu’il a passé une partie de la nuit dans le salon parce qu’elle n’avait littéralement pas assez de force pour le relever. Non, moi je ne dormais pas, j’avais pris mes quatre quarts de Lexomil couplés à mon Stilnox alors je délirais complètement. Et tant mieux : s’il n’y a que ce moyen pour y parvenir, j’accepte la drogue qui me permet de rester un enfant quand les piliers autour de moi s’écroulent.
Mais le soir, en rentrant, j’ai trouvé des tâches de sang sur le sol. 03/04/2008Entremetteurs
Lorsqu’on bascule dans le célibat après des années de couple, les gens s’imaginent qu’on plonge du même coup dans la solitude, la tristesse, la dépression, et toute une panoplie de sentiments négatifs qui font passer les cimetières pour des dancefloors. Certes, on ne peut être heureux juste après une rupture. Mais ça ne veut pas pour autant dire qu’on veut de suite se remettre en couple. Beaucoup ont du mal à croire qu’on puisse s’épanouir seul. Pourtant, comme je le dis depuis toujours : pour être heureux à deux, il faut d’abord être heureux seul.
C’est dans cette optique que je suis, celle de me reconstruire comme un grand, afin de devenir meilleur et cesser de proposer à l’autre les plus sombres abysses de mon âme. Et bien que cela soit noble, les gens ne supportent pas cette vision de la solitude. Alors, à chaque fois qu’ils apprennent que je suis seul, ça ne loupe pas, ils veulent me caser.
« Et Artémis alors ? Il te plaît pas ? Hein ? »
Forcément, le plus beau de mes collègues est gay et on s’entend bien, alors les questions ne loupent pas à l’occasion. Même s’il ne me laisse guère indifférent, parce que j’aime la beauté en soi, je ne suis pas plus perturbé que ça… Son physique n’est pas aussi parfait qu’il semblait l’être au début et son tempérament, s’il s’accorde bien avec moi en tant que pote, ne m’attire pas en tant que mec. Ajoutez à cela le fait qu’il ait les yeux qui brillent dès qu’il parle de son copain et mon cerveau le classe de suite dans la catégorie « ami ». Bon, d’accord, je suis en manque et s’il dormait dans mon lit, je n’irais pas dans la baignoire, c’est vrai. Mais son amitié me convient. Et puis, il y a le stagiaire hétéro taciturne avec des lèvres de suceuse qui a détourné mon attention.
Au-delà de ces pseudo-crushs qui servent juste à pimenter la vie de bureau, il y a les copines qui veulent absolument vous présenter leur ami gay « super sympa » avec qui on s’entendrait « super bien ». Alors là ma cocotte, je t’arrête tout de suite : je n’ai pas renoncé à mon ange pour me lancer dans des dates aussi foireux que dans Sex and the City. Les gens comprennent-ils ce que signifie « je veux être célibataire » ?
Certaines sont tenaces. La semaine même où nous avons rompu, et alors que nous n’avions pas encore totalement officialisé la chose, je me suis retrouvé avec un couple de collègues et leur ami gay récemment célibataire. Et deux semaines plus tard, un dîner a été organisé avec, comme par hasard, le même garçon. Pourtant je les avais prévenus, mais je me suis trouvé un peu malgré moi embrigadé là-dedans.
Ledit garçon est très sympa et, effectivement, nous avons le même genre d’humour. Comprendre par là qu’il parle de cul sans arrêt, même plus que moi ; j’étais limite choqué par ses questions indiscrètes. Du genre, il évoque la sodomie en me demandant ensuite de préciser si je la pratique, et si l’anulingus me rebute ou pas ! Perturbant, car d’habitude c’est moi qui contrôle ce genre de sujet et qui mets les autres mal à l’aise. A travers ses questions et son comportement, je crois percevoir qu’il est intéressé. Du coin de l’œil, je remarque qu’il m’observe attentivement. Surtout, ses amis ne manquent de me demander le lendemain : « Alooooooooooors ? Il t’a plu ? Tu veux son numéro ? ».
Que je lui ai plu ou pas importe peu. Le fait est que, moi, non, je ne me suis pas senti attiré du tout. De toute façon, pour qu’un mec me plaise vraiment, il faut attendre un alignement planétaire. Alors d’ici-là, je reste confronté à tous ces couples qui vomissent leur bonheur éphémère sur vos chaussures et qui veulent absolument ne plus ressentir de pitié pour vous.
En fait, tout ce qu’ils veulent, c’est ne pas culpabiliser lorsqu’ils se lèchent la gueule devant vous, pauvre petit être solitaire. Parce que ça, c’est vrai que c’est très chiant. Casé ou pas casé, heureux ou déprimé, je n’ai jamais aimé les couples. Ca se bécote, ça se dit des mots doux, ça se colle l’un à l’autre et surtout ça perd son individualité au point de devenir des frères siamois ridicules, un monstre à deux têtes, incapable de se tenir en public. Si au moins ils baisaient devant mes yeux, m’offrant la seule expression intéressante de leur amour : une bonne bite en érection. Mais non, on vous montre qu’on s’aime, mais pas notre intimité. Super.
Je hais les couples. Et je les hais tout court. 30/03/2008Disneyland : 10 % de réduction sur votre passeport annuel
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On s’imagine toujours qu’en partant loin de chez soi, on va oublier son quotidien. En réalité on ne fait que fuir, et ce qui nous hantait à Paris nous poursuit plus ou moins à l’étranger. Difficile, malgré la bonne humeur, les découvertes, les amis, l’espagnol, de ne pas penser au boulot (est-ce qu’il s’en sortent ? Est-ce qu’ils s’en sortent trop bien, au point de penser que je ne sers à rien ? Est-ce que j’ai laissé plein de merdes sans m’en rendre compte ?), à l’autre (ça y est, il se l’est tapé si ça se trouve). Une nuit, j’ai même fait plein de cauchemars, vraiment angoissants, où un coup je ratais mon avion, un coup il m’annonçait qu’il sortait avec le futur nouveau. Je savais qu’en renouant avec le célibat, j’allais me confronter à ce que j’avais fui il y a trois ans – mais je ne m’attendais pas à pleinement ressentir de nouveau les angoisses de l’adultère, surtout quand techniquement il n’y a pas adultère. L’esprit humain est vraiment tordu parfois.
Tellement tordu que je parle de couple alors que je voulais parler boulot. Car j’ai officiellement atteint la moitié de mon contrat qui est censé se finir en juin. Avec, à la clé, un deuxième contrat d’auteur de six mois pour finir 2008 dans les mêmes conditions précaires et avec le même salaire. Youhou. Alors forcément, après les vacances à Grenade, l’idée de partir vivre quelques temps en Espagne pour un voyage linguistique a refait son chemin. Mais un tout petit chemin, il manque encore pléthore de cailloux avant que je ne me décide vraiment à traverser la frontière.
Il m’aura fallu trois mois pour vraiment prendre mon poste et enfin ne plus me sentir dans l’urgence. J’ai choisi pile ce moment pour mes vacances, comme ça lundi à mon retour j’aurai à nouveau des urgences et du stress. C’est sans fin.
Pendant cette première partie de boulot, j’ai compris pas mal de choses sur moi et la raison de ma présence à la Ruche (j’ai enfin trouvé un surnom à donner à ce site). Il y a un mois, juste après ma rupture, une soirée a été organisée chez une collègue. C’était très sympa, on a dansé, papoté et tout et tout. Tout le monde me disait que je n’avais pas l’air bien, ce qui était à la fois agréable dans le sens où j’appréciais la sollicitude de chacun mais en même temps j’avais envie de leur dire que, forcément, je ne pouvais pas être aussi gogol que d’habitude dans la mesure où je venais de me couper un bras. Et puis, de fil en aiguille, je me suis mis à discuter avec un mec du Marketing, à qui je n’avais jamais parlé. Pourtant il m’a tapé la discute comme s’il me connaissait bien, au point de me faire une tonne de compliments. J’ai halluciné. Peut-être était-ce pour me remonter un peu le moral ou je ne sais quoi, mais des premières discussions comme celle-là, j’en voudrais bien tous les jours. Déjà, j’ai appris qu’on avait beaucoup parlé de moi en amont, avant mon arrivée. Que la rédac chef faisait beaucoup référence à moi depuis longtemps et donc que tous m’avaient regardé comme une star. Qu’en plus j’avais, dès le jour de mon retour en janvier, été présenté comme quelqu’un d’important (ça, je l’avais remarqué et j’avais grave adoré sa race). Et là, le mec du Marketing d’ajouter à tout ça que je suis à la hauteur de ma réputation. Mais comment un mec qui ne fait pas partie de mon service et que je ne fais que croiser en est arrivé là ? Parce que, tous les matins, quand j’arrive, je lance un bonjour franc et enjoué. Moi qui suis facilement grincheux, en plus de la bise à chaque personne de la rédaction, j’aime bien dire bonjour aux gens que je croise, ça ne coûte rien, c’est cordial, mais lui ça l’a marqué. En plus, il est vrai que jusqu’à il y a quelques semaines, je recevais les candidats aux stages sous ses yeux ; il a apprécié la manière dont je parle aux gens dans ces moments-là. Bon. Et, surtout, il m’a dit que l’ambiance avait changé depuis que j’étais arrivé, que j’avais apporté un nouveau souffle à l’équipe, que j’avais une personnalité vraiment intéressante et que j’étais de compagnie agréable. Bref, le mec, que je ne connaissais quasiment pas, en quelques minutes, il m’a dressé un portrait comme jamais je n’aurais osé en rêver. J’ai compris que le temps de l’ado timide et complexé était loin et que l’alliance physique de jeune premier / parole crue avait un effet positif sur les gens, d’autant plus dans le milieu du travail où on ne va pas toujours oser parler de sexe autant que moi (après, tout dépend du contexte aussi bien évidemment).
Ca m’a mis de très bonne humeur, c’est pas tous les jours qu’on a le droit à autant de compliments et qu’on comprend pourquoi les gens nous apprécient ; un mystère en moins à élucider. Sauf que, après avoir vu le verre à moitié plein, je me suis noyé dans le vide. Et comme dans un film policier où l’on revoit toutes les scènes ambiguës se recouper à la lumière de la révélation finale, j’ai compris que si la Ruche m’aimait, c’était pour ma personnalité. Et uniquement pour ça. J’en ai donc déduit que du point de vue des compétences, c’était pas top. Je ne suis pas celui qui écrit le mieux, ni celui qui a le plus de connaissances, loin de là. J’aimerais être le mieux organisé, mais c’est encore loin d’être le cas (sur ce point, je pense que j’avais besoin des premiers mois pour tout mettre à plat et j’ai bon espoir que ma maniaquerie me pousse à la hauteur de mes ambitions). Alors c’est donc pour ça, pour ce savoir-être, ce bon positionnement naturel que j’ai face aux gens que ma rédac chef m’a proposé de revenir depuis deux ans. Pas parce que mon boulot était excellent, mais parce qu’un tempérament qui s’accorde bien avec la boîte associé à quelqu’un qui essaye de faire de son mieux, c’est bien. Mais moi, du coup, je doute. Comme en plus j’ai trois fois trop de boulot, je ne peux pas être à 100 % dans chacun de mes « postes » et donc ce que je fais n’est pas aussi bien que je le voudrais. L’une de mes fonctions est de recruter les stagiaires, mais je n’en ai trouvé que sept en trois mois au lieu d’une quinzaine. Les chaises vides, c’est forcément l’une des choses qui se voit le plus et qui me rappelle quotidiennement que mon boulot n’est pas parfait.
Mais bon, après ces angoisses existentielles de travail, j’ai remis les choses à leur place dans ma tête et me suis dit que c’était normal de ne pas réussir à tout faire parfaitement tout de suite. Je manque cruellement de confiance en moi et si j’évitais de me poser trop de questions je gagnerais pas mal d’énergie mentale. Surtout, il faut éviter de penser à la suite et me concentrer sur mon boulot maintenant, qui me plaît beaucoup. Le moment présent me rend heureux, alors pourquoi se prendre la tête ?
Ne pas penser à la suite, ne pas penser à la suite…
Se concentrer sur ses beaux collègues. Et sur les stagiaires. Dont un qui n’est pas dégueulasse et que je ne suis pas peu fier d’avoir recruté. Mais ai-je le droit de violer les stagiaires ? 18/03/2008Au non du coeur
L’idée de notre rupture était qu’elle devait se faire pour le meilleur. Je me suis mis en couple avec Angelounet pour fuir le pire : B. et notre relation destructrice. Alors autant rompre pour enfin mettre en valeur toutes les qualités que mérite notre ancien couple.
Ah il y en a eu (et il y en a encore parfois) des larmes. Voir un ange ultra optimiste déprimé par ma faute, ça me brise le cœur. Puis le voir sortir du malheur, ça me rend heureux et libre d’assumer mon choix de célibat : je veux me reconstruire par et pour moi-même. Alors restons aussi proches qu’avant, voyons-nous souvent et imaginons quels projets nous pourrions faire dans le futur.
Mais je n’avais pas prévu de me sentir mal à l’aise en sa présence. Moi qui refusais tout contact amoureux puisque je n’assumais pas notre statut de couple, j’ai à présent l’envie de lui manifester mon affection nouvelle. Sauf que ce ne serait pas cohérent face à notre passé.
A cela s’ajoute ma métamorphose en ado de 15 ans. Je croyais le sexe révolu, genre « j’ai tout fait, tout vu, tout sucé ». Alors que je ne le voyais plus que comme un bon éclair au chocolat à prendre de temps en temps, je suis maintenant excité comme une puce avec l’envie de me boulotter toute la boulangerie. Sauf que, comme j’ai un esprit féminin, j’ai tendance à vouloir parler des heures avec la boulangère avant d’oser effleurer ses chouquettes. Pour peu que le délicieux gâteau au chocolat qui me tend les bras ait déjà été emporté par un client, il ne me reste plus que mon crémeux gland.
Pour achever de me retourner le cerveau, il a fallu qu’un mec mette déjà le grappin sur Angelounet. Au départ, je me suis dit : « pourquoi pas ? ». Tout ce que j’espérais, c’était qu’il sorte de la déprime. Manque de pot pour moi, il est carrément devenu heureux et on sait très bien qu’en matière de rupture, une bataille universelle fait rage : plus l’un est épanoui, plus l’autre se morfond dans son lit.
Moi qui rêvais d’un quotidien entre anciens amis-amants nouveaux amis, je me retrouve à supporter les jérémiades de mon ex qui sont d’autant plus douloureuses qu’ils se tournaient autour depuis des années. A mon sens, c’est limite adultérin. Je n’aime pas non plus la réaction de mon remplaçant qui, à peine ayant eu vent de notre rupture, a sauté sur la viande fraîche alors qu’il ne le calculait même pas avant. Si Angelounet m’avait séduit, c’est qu’il m’avait montré un intérêt amical bien avant ma rupture avec B.
De plus, j’en ai marre de tous ces gens qui me disent que devenir amis juste après une rupture, ce n’est pas possible ; j’ai tendance à leur dire que lui et moi n’étions pas comme les autres, on voulait être les plus forts, les plus fous… mais je me demande s’ils n’ont pas un peu raison. L’amitié qui suit le couple est en réalité ambiguë tant qu’aucun autre amant n’est entré en jeu. C’est une période transitoire, probablement agréable pour certains (le beurre, l’argent du beurre…). Mais dès qu’un nouveau beau mec entre en scène, c’est la fin des haricots. L’autre prend conscience du fossé qui sépare alors les nouveaux amis. Car je n’ai pas franchement envie qu’il me parle de lui. Je comprends qu’il ait besoin de ça pour avancer, je préfère ça que de le savoir en larmes sous la couette, mais je n’approuve pas la rapidité de la chose.
Lorsqu’on déprimait sur notre rupture, qu’on se demandait ce qu’il allait advenir de nous, de nos amis (l’idée de leur annoncer à eux aussi était très déprimante), on a décidé d’agir en fonction de ce qui nous faisait du bien. Rompre, sur le long terme, c’est pour le mieux. Fantasmer, à court terme, c’est agréable. Désirer quelqu’un d’inaccessible, amusant puis douloureux. Voir son ex en passe de se recaser après à peine trois semaines et m’en donner tous les détails ou presque, c’est perturbant et déprimant.
Rien ne se passe jamais comme prévu. Finalement, quand je ne le vois pas, je crois que je me sens mieux. Quelle conclusion en tirer ? Faut-il nécessairement une pause pour digérer cette affreuse syllabe, EX, coincée dans la gorge ? Faut-il se taper le premier mec mignon qui frappe à notre slip ?
Je ne sais pas ce que je veux faire, ce qu’il va se passer ensuite. Ma seule certitude, c’est qu’agir de manière binaire est peut-être plus épanouissant. Ca va, je continue ; ça ne va pas, j’arrête tout.
Et là, ma vie va vraiment se retrouver réduite à mon boulot. Heureusement que je pars en vacances en Espagne pour me ressourcer. Si la nuit m’apporte des conseils étranges et me fait écrire des textes comme celui-ci, les pauses me permettent de trouver des solutions. Loin de tout, et surtout, loin de lui.  |
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Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.
Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.  |