01/01/200522Je ne pensais pas que ça m'arriverait. Certes, ça m'avait traversé l'esprit. Rencontrer un mec en Espagne, c'est folklorique ! Mais nan, je ne suis pas du tout ce genre de gars, je suis là-bas pour passer du temps avec ma meilleure amie et je suis encore avec Bertrand avec qui je veux passer les vacances de Noël, pour (probablement) la dernière fois.
Et puis finalement... Le lendemain de notre arrivée, Manu, ses amis, et moi, sommes sortis dans les bars gays de Saragosse. C'est là que nous avons retrouvé Esteban. Un grand brun à la peau blanche, qui s'habille merveilleusement bien, un putain de charme. Sur le coup, je n'avais pas imaginé tout ce qui allait suivre... La première fois que je l'ai vu, il portait un T-shirt avec le chiffre "22" dessus. Les tous premiers mots que je lui ai alors dits (enfin, que Manu lui a dits en espagnol de ma part) ont été : "22, c'est ton âge, ou la taille de ta bite ?"
Il a un peu été choqué par mes mots (je suis un peu passé pour le mec de base, mais comme je lui ai expliqué par la suite, je parle beaucoup et agis nettement moins). Très vite, j'ai senti son regard sur moi. Je n'étais pas sûr à 100 %, mais je me doutais que je lui plaisais. Effectivement, Manu m'a vite dit qu'il m'avait trouvé très mignon.
Il s'est avéré être un mec adorable. Moi qui suis mal à l'aise avec les mecs en général, lui était super cool. J'ai adoré ce qu'il dégageait. J'essayais de parler un peu avec lui, il se montrait curieux et à l'écoute. A un moment, alors qu'ils faisaient des messes basses, j'ai compris que Manu lui racontait mes récents déboires sentimentaux. Lui avait justement vécu un peu la même chose auparavant.
Jusqu'au moment où il s'est mis à côté de moi, et, face à Manu et à tout le monde dans le bar, j'ai senti quelque chose sur ma cuisse. J'ai regardé discrètement ; c'était bien ça. Il me caressait du bout du doigt. Personne ne voyait rien. Etrange sensation que de se sentir seul avec lui face au monde extérieur. Je ne vais pas le cacher : je l'ai laissé faire. Ça a duré quelques secondes, puis il s'est arrêté. Je ne l'ai pas encouragé à continuer, mais je ne l'ai pas arrêté non plus. Je venais à peine de le rencontrer, j'essayais désespérément de me remettre de l'adultère de mon connard, je ne savais pas quoi faire, mais je voulais rester ouvert. La situation me plaisait carrément : je pouvais plaire. Le petit Jona complexé au coeur brisé peut donc séduire. Waou.
Le lendemain, on a remis ça. On est sorti dans le même bar et, lors de la soirée, il a de nouveau utilisé le même contact de ses doigts effleurant mon genou (cette fois). Je voulais réagir et lui faire comprendre que, quand même, il n'avait pas froid aux yeux ! Mais je ne pouvais pas le regarder dans les yeux car une des lumières du bar m'éblouissait quand j'essayais. Alors je faisais comme si de rien n'était.
On ne l'a pas revu pendant quelques jours. Je me sentais mal pour plusieurs raisons. La première, c'est que j'étais encore avec Bertrand et que ce n'était pas parce qu'il m'avait trompé que je devais lui rendre la pareille. La deuxième, c'était que ce genre de situation ne m'était jamais arrivée auparavant : jamais je n'avais rencontré de mec avec qui c'était ambigu aussi vite et avec qui on sait qu'on ne peut pas entamer de véritable relation amoureuse. La troisième, c'est que je me sentais carrément complexé : je me disais que mon corps était moche, que j'étais nul, etc. Enfin, si les choses devaient devenir sérieuses, je ne voulais pas sucer sans capote et j'avais peur de passer pour un drôle d'énergumène. Tout ceci faisait que je n'étais pas sûr de ce que je voulais ou pas, et que je ne savais même pas dans quelle mesure j'étais attiré par lui.
Quelques jours après, nous nous sommes revus, et les choses se sont déroulées de la même manière, au détail près que j'étais un peu plus réceptif. Nous étions assis l'un à côté de l'autre, et j'ai très vaguement caressé sa main quand celle-ci est rentrée en contact avec la mienne. Très vaguement. Il ne devait rien comprendre. Déjà qu'en temps normal je suis timide, mais comme je ne me sentais pas complètement célibataire, c'était pire. Un de ses amis a essayé de se renseigner auprès de Manu pour en savoir plus : "Esteban aime bien Jonathan... C'est réciproque ?" Réponse de Manu : "Peut-être."
Le lendemain, nous devions le retrouver dans un bar pour son anniversaire (il a eu 20 ans). Celui-ci était archi rempli et il était difficile de circuler pour le retrouver (même danser, c'était impossible en fait). Manu et moi avions tous les deux conscience que quelque chose pouvait se passer ce soir-là. L'ambiguïté des fois précédentes était à son comble, je m'étais habillé et préparé du mieux que je pouvais... Manu étant avec des copines, j'ai décidé de chercher Esteban, seul. J'ai fait le tour du bar, puis l'ai trouvé après pas mal de temps. De suite, il m'a demandé où était Manu, et pour la rejoindre, naturellement, je lui ai donné la main afin qu'on ne se perde pas en route. Je n'ai vraiment pas réalisé que ce contact pouvait avoir quelque chose d'ambigu. Il s'est alors retourné et m'a smacké. Je lui ai dit : "Au fait, bon anniversaire !" et on s'est smackés de nouveau.
Je ne me sentais pas super bien. Sortir avec un mec, comme ça, my god ! Je suis allé au bar et ai décidé de consommer un peu d'alcool, histoire de faire comme tout le monde et de me sentir mieux. Il m'y a rejoint, et là, on s'est longuement embrassé. Quelle sensation étrange que d'embrasser un autre mec ! Je ne pouvais pas m'empêcher de penser à Bertrand, de me demander ce que j'étais en train de faire. Je suis typiquement le genre de personne qui ne peut pas apprécier l'instant présent et qui intellectualise tout. Je comparais (involontairement) leur manière d'embrasser, et tout et tout... C'était la première fois que j'embrassais un mec qui était plus grand que moi aussi !
Et je me disais : "Bertrand..." Comment lui dire ? Ce n'était pas du tout impulsif, j'avais conscience, à chaque fois que je faisais quelque chose, de ce que je faisais. Mon dieu, je suis en train d'embrasser un autre mec ! Est-ce que je ne fais pas une connerie ? Et Bertrand ? Mais voilà, quand on a été trompé deux mois auparavant, et qu'on sait que notre couple va probablement casser dans peu de temps, on a en fait aucune raison de ne pas continuer. Alors j'ai continué.
J'ai donc passé la soirée en couple. C'était vraiment étrange, parce que j'ai besoin de temps pour m'habituer à avoir un mec et ensuite il me faut du temps pour m'habituer au fait d'être en couple face aux autres. Là, je devais tout gérer d'un coup ! Et je ne cessais de me répéter que j'avais deux mecs. Mais quand même, il m'attirait. Il était tellement sensuel, et tellement gentil. Il ne m'embrassait pas : il me bouffait. Dans ses bras, je me sentais désirable, et dans ses yeux, je me sentais beau. Il me renvoyait une image de moi que j'adorais. Cette nuit-là, après nous être séparés, il a envoyé ce texto : "Bonne nuit... Si seulement j'étais Manu pour dormir cette nuit avec Jonathan. Tu embrasses comme un dieu..." Waou. Ça m'a trop touché. Moi qui me sentais gauche, j'apprends que j'embrasse bien... :)
Le lendemain, nous n'avons pas pu nous voir, car nous avions chacun des soirées très différentes prévues. Etrangement, ça m'a fait beaucoup de bien, car ça m'a permis de réfléchir un peu à la situation, de la laisser décanter, de savoir ce que je voulais. Je me suis rendu compte que je l'aimais bien, ce mec, et que j'avais envie de le revoir. J'avais envie d'être avec lui.
Quand nous nous sommes revus, le fameux soir où Manu et moi nous sommes faits voler nos affaires, j'ai de suite été extrêmement attiré par lui. J'avais envie de l'embrasser et le toucher tout le temps. Pour le coup, je n'avais aucune trace de culpabilité et je ne pensais plus du tout à Bertrand. Je me sentais merveilleusement bien. Alors on a passé la soirée ainsi, à se câliner tout le temps. J'ai cru que j'allais le violer sur place.
Il a dit à Manu : "J'ai rangé ma chambre..." Et Manu de lui répondre : "Moi, j'ai interdit à Jonathan de dormir chez moi !" Dormir chez lui était donc clairement une possibilité. Je ne savais pas si je devais, ça me faisait peur. Ce n'est tellement pas mon genre... Pour que je couche avec un mec, il faut que j'aie l'impression de le connaître un minimum, j'ai besoin de parler énormément avant. Or, là, avec mes deux mots d'espagnol et ses deux mots d'anglais, on n'allait pas bien loin. Mais j'avais envie de lui, envie d'être avec lui, et j'étais décidé à profiter jusqu'au bout. Je préfère regretter d'avoir fait quelque chose que de ne pas l'avoir fait.
Alors, lui & moi, nous sommes rentrés, seuls, chez lui. On a donc eu l'occasion de parler sur le chemin. C'était pas évident, et on était tous les deux un peu mal à l'aise. Direct on a dit qu'on ne savait pas ce qu'il allait se passer et qu'on allait chez lui pour être ensemble, pour dormir ensemble, et pas pour baiser. La situation était quand même pas facile vu que j'avais un copain et qu'à la base je ne suis pas infidèle.
De plus, il était dégoûté que je ne puisse pas rester plus longtemps à Saragosse (je partais deux jours après). Manu lui avait dit que j'étais son cadeau d'anniversaire, et lui ne cessait de me dire, un peu triste : "mais tu es un cadeau éphémère..."
Une fois chez lui, c'était très bien :) On s'est câliné et on a continué à parler. Enfin, ça devenait de plus en plus dur (dans tous les sens du terme) à cause de la fatigue et de l'excitation. J'ai adoré être avec lui, je ne me sentais plus timide du tout, et putain qu'est ce que j'avais envie de lui ! C'était de plus en plus chaud, mais on n'a pas couché ensemble, c'est resté plus que soft.
Son lit était minuscule, j'ai très peu et très mal dormi pendant la nuit. Au réveil, alors que je me sentais moche, sale, la gueule dans le pâté avec une haleine de chien crevé, il m'a fait un bisou et les premiers mots qu'il m'a dit ont été : "Qué guapo." Un mec qui me dit dès le réveil que je suis beau, moi, ça me touche profondément. L'amour, c'est terriblement égocentrique en fait.
On a passé la journée ensemble, mais presque comme des amis. Il était un peu plus distant. On a parlé de tout ce qui s'était passé, assez librement. Il m'a notamment dit : "maintenant tu sais qu'elle ne fait pas 22 centimètres ;)" Arf, je n'ai pas osé lui dire à ce moment-là, mais je l'ai trouvée parfaite et si douce... ^^;
Le lendemain, alors que je quittais Saragosse, j'ai entendu une chanson qui me faisait penser à lui, et je n'ai pas pu m'empêcher de verser ma petite larme.
Esteban, mon amour de vacances. J'en garde un excellent souvenir et je ne regrette rien. Je l'ai rencontré au bon moment. Il est exactement ce dont j'avais besoin. Un mec adorable à qui je souhaite tout le bonheur qu'il mérite, et surtout un mec qui l'aime à sa juste valeur. Grâce à lui, je suis rentré à Paris plus fort et plus sûr de moi. En quelques jours, il a rallumé une flamme... Il a ravivé mon étincelle d'innocence.
Esteban, mi amor de verano.  |
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Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.
Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.  |
01/01/05 - 21:07
Tu as de la chance Jonathan. J'espère que tu n'as pas fait souffrir Esteban. Sinon je ne t'aime plus.
gouli