...Blog à ne pas lire...

09/05/2009

09/05/09 - 18:11

Apocalypse

On devait se marier avant même que quoi ce soit n'ait eu lieu entre nous.
On a divorcé, avant même de se marier, car rien n'était possible entre nous.
On est sortis ensemble, bien que rien ne soit possible entre nous.
Je suis tombé amoureux, parce que rien n'était possible entre nous.
Mais il n'avait jamais vraiment voulu de moi, alors que tout était possible entre nous.

"He gave me wings, taught me how to fly, but then told me I wasn't allowed to."
(Icare)

04/05/2009

04/05/09 - 00:37

Univers

- Je crois que je t'aime.
- Je ne t'aime plus.
- Moi non plus.
- Mais je t'aime un peu quand même.
- Tu me saoules.
- Même peut-être plus que tu ne crois.
- Je te déteste.
- S'il te plaît, reste encore.
- Va te faire foutre.
- Retiens-moi.
- Lâche-moi !
- Tu es ignoble.
- Non.
- Tu ne me mérites pas.
- Dis pas ça...
- Tu n'es pas normal.
- Oui.
- Sors de ma vie.
- Mais je t'aime...
- Moi je ne t'aime plus.

07/04/2009

07/04/09 - 00:57

Être à côté de ses pompes

Pourquoi ai-je de nouveau cette sensation de ne pas être à ma place ? Comme si la vie autour de moi prenait une direction qui n'est pas la mienne. Je ressens un désagréable décalage entre eux tous et moi, et ça faisait quelque temps que je ne l'avais pas perçu. De nouveau cette envie de fuite, comme pour conjurer le sort, tout quitter comme dans un film, acheter un billet pour le bout du monde, laisser la condition humaine dans sa merde et prendre une distance, réelle, tangible, pour se retrouver soi. La semaine dernière, j'étais dans ma bulle, j'avançais avec le courant, soudainement c'est comme si j'étais embarqué vers une rive fort déplaisante. J'en ai marre de boire la tasse.

Je suis névrosé, sortez-moi de là !

04/04/2009

04/04/09 - 21:59

Vous fuyez l'engagement de peur d'être quitté

L'angoisse d'abandon est une composante importante de votre fonctionnement. Votre stratégie inconsciente pour ne pas vous retrouver anéanti en cas de séparation est de ne jamais vous investir totalement. Vous fuyez l'engagement, les excès, la passion en mettant les autres à distance. Cela ne vous empêche pas de tomber amoureux, d'avoir une vie familiale, des amis avec qui vous partagez des émotions au quotidien. Mais même au milieu des autres, vous avez tendance à être "seul" dans votre tête. (...)
Vous redoutez tant d'être quitté que vous anticipez l'épreuve en faisant tomber brutalement la personne adorée de son piédestal et en partant. Abandonner pour ne pas être abandonné est un moyen de défense efficace, mais qui vous prive d'une relation de couple durable. Vous pouvez aussi résoudre le problème en vivant dans une grande solitude affective. "Mieux vaut être seul que mal accompagné", telle est alors votre devise. Le raisonnement inconscient est simple : "Si je reste seul, personne ne pourra m'abandonner." Mais le corollaire du risque affectif zéro est de se priver d'amour...

Psychologies magazine, n° 283, mars 2009, p. 117

30/03/2009

30/03/09 - 23:41

Aveu

- J'ai rencontré quelqu'un.
- Moi aussi.
- T'es vraiment une salope !

27/03/2009

27/03/09 - 14:27

Alpha

Et tout a basculé. De virtuelle, leur relation est devenue réelle. De simples mots, ils ont fini par échanger des regards. L'odeur s'est muée en fluides. Un simple contact des lèvres, ils ferment les yeux sur leurs différences dans une union pré-orgasmique.

- Il faut que je te parle. Et laisse-moi aller jusqu'au bout. Voilà, je me pose des questions, je ne sais pas quoi penser... Je... Enfin voilà quoi, j'ai jamais eu de copain, j'ai jamais connu d'amour réciproque, et en fait bah euh... Toi je... Je t'aime bien quoi... J'me pose des questions, chais pas ce que tu penses, ce que tu ressens vis-à-vis de moi, mais euh... Tu m'envoies toujours des signaux différents. Je ne sais pas ce que tu veux. Et j'ai peur...

A. ouvre la bouche pour lui répondre. Le téléphone sonne. Coupe ce moment d'aveux. Car il avouait tout, oui, tout, s'ouvrait comme un enfant, avec innocence, celle qu'il avait encore à ce moment-là. Celle qui fut bouleversée lorsque A. le prit dans ses bras après son coup de téléphone en lui disant : "Ca te va, comme réponse ?". Celle qu'il a su préserver tout au long de leur relation. Celle qu'il a perdue avec B.

- J'ai l'impression d'avoir quinze ans.
- Je mets de la musique ? Dawson, ça te va ? Hein, c'est sympa, ça, Dawson, c'est doux, c'est djeun's, moi j'aime bien.
- Je me demande quand est-ce qu'on va s'embrasser.
- Dido, par exemple, je trouve ça fade, à part la chanson de Roswell qui est vraiment sympa, le reste de son album est franchement décevant.

Il ne pouvait plus fuir. Il en avait envie, mais il était pétrifié par la peur. B. a pris les choses en main. Le prit dans ses bras. Il s'allongea, tendu, stressé, et B. s'assit sur lui, comme pour le prendre au piège de sa séduction.

- Faut pas avoir peur comme ça, j'vais pas te manger.
Il avait les yeux les plus espiègles du monde. Et rien qu'à penser ça, il savait qu'il l'aimait déjà. Il était perdu.
- Embrasse-moi vite. Que ce soit fait. Que l'épreuve soit passée. J'ai peur.

Perdu, il l'était avant, pendant, après B. Innocence perdue, identité bafouée. Il l'avait aimé comme jamais, il aurait quasiment fait n'importe quoi pour lui, lui aurait tout pardonné, mais B. lui avait brisé le cœur, d'un façon si brutale, si inadéquate - comme toujours pour un cœur qui prend un coup -, si irréparable. Il aurait voulu que la chanson de Toni Braxton soit réelle et pas juste une mélodie sirupeuse. Unbreak my heart, B.

- Tu es quelqu'un de bien. Je n'ai jamais connu personne plus intéressante que toi.
- N'importe quoi. Et ne me garde pas dans tes bras, je suis fragile, je peux pas être avec un autre garçon maintenant.

Pourtant, malgré sa fragilité, malgré ses doutes, il prit la décision, ferme, d'embrasser C. Comme une princesse de conte de fée qui prendrait son destin en main, il apprit à récupérer son innocence - en partie, tout au moins. De là, il pouvait donner un nouvel élan à sa vie. Mais pas forcément avec lui.

- Tu devrais porter ton écriture à un nouveau pallier. Elle est précise, mais manque de structure. Peut-être te lancer dans la fiction ?
- Je ne sais pas faire ça. Tout ce que je peux faire, c'est parler de moi. Inventer des histoires, je ne sais pas.
- Sers-toi de ton histoire pour écrire une fiction. Tu ne peux pas créer tout un monde indépendamment de toi, évidemment, mais tu peux l'utiliser pour révéler d'autres choses de toi, et même en apprendre plus sur qui tu es. Surprendre tes lecteurs et toi-même avec.

C'était la première fois que quelqu'un lui parlait de lui de cette façon, que quelqu'un pouvait le comprendre de l'intérieur. Il pleuvait devant l'opéra qui, respectueusement, avait éteint sa majestueuse illumination. C'était comme si D. avait délicatement posé ses lèvres sur son cœur : le plus surprenant des premiers baisers.

18/03/2009

18/03/09 - 20:29

Tous les jours. Ils se sont préparés, potentiellement lavés, à peu près habillés. Ils prennent le métro. Y révisent. Discutent entre eux. Lisent. Appellent ceux qui ne sont pas là, ou leur écrivent. Pensent à autre chose. Rient. Touchent la chaude barre aux heures de pointe. Se tassent. Se sentent. Entrent en contact, plus ou moins. Parfois ils rient tous ensemble. De temps en temps, l'un d'eux pleure. Ils n'écoutent pas les mendiants. Donnent rarement une pièce. Ils se laissent emporter, oubliant qu'ils sont tous dans un cercueil de métal. Lorsque la nuit est bien avancée, ils sont de moins en moins nombreux à prendre le métro. Les sièges sont vides. Les barres sont froides. On n'entend plus que la musique lointaine d'un MP3 et le bruit lancinant des wagons parisiens. Le moyen de transport perd alors toute son utilité. Il a vomi ses passagers, est abandonné par le chauffeur. Malgré toute l'animation de la journée, les lumières doivent être éteintes et le métro devient juste une boîte d'air, vide et seule. Toujours.

01/03/2009

01/03/09 - 02:00

A table ?

"Le comble de Jonathan ? C'est de mourir de faim devant un buffet rempli."

(Ma cousine, lorsque j'avais moins de dix ans, faisant référence à mes goûts très particuliers en matière de nourriture.)


Aimer n'est pas un sentiment imposé par une rencontre. Le prince charmant pourrait être en face de nous, si nous ne sommes pas ouverts à ce moment-là, nous ne l'aimerons pas. C'est un état intérieur que l'on plaque sur l'extérieur. C'est parce que je suis disposé à aimer, disponible pour une vague d'émotions, que tout à coup certains garçons apparaissent comme différents, possédant une aura, provoquant une attirance. On n'aime jamais l'autre pour ce qu'il est. On n'aime que l'image qu'il nous renvoie, de lui et de nous-mêmes.
C'est très clairement le fantasme de l'autre qui me séduit. Je dis que je veux tout savoir de l'autre, mais en réalité ce sont ses parts d'ombre qui me rendent fou, son inaccessibilité. Pour être heureux, j'ai besoin de le posséder ; mais pour aimer, j'ai besoin qu'il m'échappe. L'amour est une maladie qui me pousse à chercher sans cesse ce que précisément je n'ai pas. Et surtout, comme pour le désir, je suis soumis aux caprices de mon cœur et de ses interactions. Être disponible est une chose ; trouver en face ce que l'on cherche en est une autre. J'ai beau me dire qu'il me faut le prendre tel qu'il est, accepter le bon, le remercier pour son enrichissement, je reste bloqué par le moindre problème. Je crois que j'ai construit ma vision de l'amour sur un idéal qui m'a toujours manqué. Et je passe ma vie à le chercher. Mon amour n'est pas inné, il est à apprivoiser. Il vient, par vagues, augmente comme on remplit une baignoire d'eau bouillante. Mais le moindre tracas, la moindre différence exprimée, la plus petite engueulade comme n'importe quelle incompréhension reviennent à enlever le bouchon et à vider la bouteille de son ivresse. Plus j'avance dans mes sentiments et plus je fais le chemin inverse en me refermant sur moi-même. Je ne peux me donner totalement à l'autre que dans des moments de grâce où je me sens profondément aimé, et, surtout, intensément compris. Dès que je perçois une once de jugement, d'énervement, d'ignorance, d'intolérance à mon égard, tout est fini. Et tout est à recommencer. Comme un balancier éternel. Je me rapproche pour m'éloigner, je m'en vais pour revenir. Mais alors quand, quand pourrai-je me stabiliser un peu ? Quand vient l'heure fatidique, que je regarde à côté de moi, et que je me surprends à rêver qu'il soit à mes côtés, qu'il me dise des mots mous, qu'il m'embrasse, tout doux, qu'il me baise comme un fou ; et qu'il n'y a personne, juste un écran me reliant et me séparant du monde. Comment accepter de vouloir tout et son contraire ? Comment vouloir et ne pas vouloir à la fois ? C'est comme avoir besoin de manger sans être capable de se nourrir. Avec quoi vaut-il mieux s'alimenter ? Mon plat préféré est-il celui que je crois ? Avec qui partager le repas ? La seule chose dont je sois sûr, c'est que j'ai envie de saveurs et que je meurs de fin.

15/02/2009

15/02/09 - 21:56

Désir



Ils se voient pour la première fois. Se regardent. Se sentent. Et ressentent. Une once de désir dans l'air. Une vague de chaleur qui les parcourt. Ils savent instantanément qu'ils ont envie l'un de l'autre.

L'image est, certes, caricaturale, mais elle semble être réelle. Deux personnes peuvent se désirer instantanément, comme lorsqu'on voit un beau mec à la télé et qu'on a envie de le gober sur le champ. Moi, je ne connais pas ça. Pas exactement. Je me rends compte, à force de discussions, de comparaisons, d'introspection, que je ne désire pas de façon absolue. Loin de là.

Je me souviens des doutes qui m'assaillaient au début de chacune de mes relations. Systématiquement. Le mec pouvait être beau, intelligent, drôle, il y a toujours eu, pour chacun de mes ex, pour chacun des garçons qui a croisé ma vie amoureuse, des tergiversations intenses de ma part. Comme si j'avais conscience des conséquences d'un tel saut dans le vide.

J'intellectualise tout. Je ne sais pas vivre les événements à travers mon corps, profiter du moment présent - ça a été le cas pendant très longtemps. Depuis l'été 2007 environ, j'ai pris conscience avec plus de force de ce handicap dans la vie et me suis attelé à en profiter. Et à jeter, de temps à autre, un œil sur le passé.

Et quand je regarde mes relations, s'il n'existe pas de structure précise dans leur évolution, il y en a une omniprésente dans leur naissance.

Pendant longtemps, j'ai détesté les jours qui précédaient le premier baiser, abandonnés à l'imprévu, douloureux pour le control freak que je suis. Je comprends à présent que c'était parce que je vivais tout à travers mon mental (alors dirigé par le cœur, séduit) mais complètement indépendamment du corps.

En fait, mon désir est fluctuant et n'a rien d'absolu. Il est imprévisible, changeant, capricieux. Je peux fantasmer sur le plus beau mec du monde, mais, une fois en face de lui, prêt à saisir ma chance, je serais capable de ne plus rien ressentir et de le laisser jouir tout seul (quel dommage). Moi, pour que je désire, il faut que j'aime. Pas avec un grand A niais qui ouvrirait la porte de ma chambre, mais un sentiment assez étalé qui permet à mon cœur de rencontrer mon esprit. Or, pour aimer, il faut du temps.

J'en parlais l'autre jour, par hasard, avec ma meilleure amie. Elle me racontait qu'il lui suffisait de voir un beau mec pour que sa fouffe la chatouille. Mais moi, quand je vois un beau mec, ma bite reste flasque ! Je ne bande pas sur commande !

Le désir, dans mon cas, ne vient vraiment qu'après les premières étapes de la relation installées : après le premier contact, après le premier baiser et même après le premier rapport sexuel. A chaque fois que j'ai couché avec un garçon, je l'ai fait en mon âme et conscience, après un jugement interne vigoureux qui peut s'étaler sur des semaines. C'est en fait un pari sur l'avenir : toi, tu me plais assez pour que je puisse te désirer. Cela explique pourquoi je ne peux pas faire de plan cul et être la salope dont j'ai toujours rêvé. Je ne désire personne avant qu'il se soit passé quelque chose entre nous. Mais surtout, cela me fait prendre conscience que je choisis vraiment mes partenaires et que je ne vis pas mes premiers contacts comme eux : lorsque j'embrasse et couche pour la première fois (c'est toujours le même jour), ce n'est pas ma bite qui se dresse (enfin si, quand même, par la force des choses), ce n'est pas mon cœur qui s'emballe, c'est mon cerveau qui carbure. Qui réfléchit aux tenants et aboutissants de cet acte, qui analyse le moindre centimètre carré de l'autre. De prime abord, je ne vis pas à travers mon corps, mais à travers mon esprit, et c'est uniquement lui qui agit, atrophiant tout le reste de mon entité. Quand bien même les symptômes amoureux se feraient connaître (manque d'appétit, sommeil agité, image narcissique dévalorisée, pensées obnubilées par lui...) le désir, une fois en face de lui, me jouerait des tours.

J'ai besoin de connaître l'autre, dans tous ses aspects, pour le désirer. Ce qui m'inquiète, c'est de comprendre que je me suis toujours "forcé" la première fois. Bien sûr on ne m'a pas violé ; mais je suis obligé de prendre sur moi, de m'oublier, de faire un effort pour que, la première fois, je me rapproche de l'autre.

Une fois en couple (et même après), c'est le corps qui reprend le dessus. Il suffit que je sois à côté de lui pour avoir envie de l'autre. Même si nous venons de nous engueuler, même si je ne l'aime plus, même si nous ne sommes plus ensemble, mon corps se souvient que, par là-bas, ça fait du bien, et ma bite me le fait vite savoir. Et là, elle peut se mettre à penser à ma place.

La prochaine fois qu'un garçon viendra troubler mon quotidien, il me faudra alors délibérément choisir de sortir avec lui ou pas. Comme un mariage de raison avant que, peut-être, l'amour me libère.

09/02/2009

09/02/09 - 00:59

Une boule de neige

Je l'agite, la secoue, j'en profite, j'en joue. Je me délecte de ses mouvements, des flocons impétueux qui s'envolent et retombent avec poésie. Je suis dans ma bulle avec ceux que j'aime et admire la nature faire son œuvre.

Mais les flocons tombent, tombent, tombent. Deviennent lourds, comme des cailloux, amers. Je quitte le moment présent et croule sous le poids du temps. La bulle qui m'entourait devient prison. Le paysage qui semblait si beau se révèle être un enfer. La si belle demeure n'est plus que combles usés.

La boule de neige ne m'entoure pas. Elle est en moi. A gauche, sous mon épaule. Elle a fini par cesser de vivre. Et comme un objet en trop, un vieux souvenir sans utilité, elle m'encombre. Me pèse. Me fait mal. Il faut m'amputer. M'arracher ce cancer. Provoquer la douleur de la perte pour ne plus avoir à affronter ce qui ne m'appartient pas. Pas comme un pansement, mais comme une bande de cire brûlante qui nous débarrasse de longs poils disgracieux.

C'est inéluctable. Mais qui osera tirer sur la bande en premier ? La vie est une main capricieuse, qui vous caresse un instant avant de vous frapper de plein fouet.

20/01/2009

20/01/09 - 02:06

Glace



Bonheur figé. Plénitude suspendue, dans un souffle saisonnier, comme une colonne de glace. Fragile. Un rien peut la détruire. Tout ce que j'aime actuellement dans ma vie est gelé par la période, mais irrémédiablement soumis au temps devra fondre et reprendre son cours - un chemin autre que le mien. Il faudra alors que je nage et ne me noie pas dans les fluctuations de la vie.

Malheur bloqué. Énervement intense, agitation intérieure, souffle retenu. Comme une paroi de verre qui m'entoure. Fine et pourtant si dure. Tout ce que j'aime actuellement dans ma vie peut se retourner contre moi et m'enfermer dans d'incommensurables barrières sociales. J'ai beau taper du poing, le monde reste ce Goliath imperturbable. Il ne me laisse même pas le loisir de marcher ou crever. Essence humaine condamnée dans un cercueil de glace.
Je dois trouver un moyen de me mouvoir, m'envoler et défier la gravité. Voler tous les outils de ma liberté puisque aucune justice ne semble prête à donner grâce à ma légitimité d'être.

04/01/2009

04/01/09 - 00:51

Boucl(é)e



En 2008 :

J’ai égaré mon journal intime.
J’ai trouvé un boulot intéressant. Et puis je l’ai perdu.
J’ai rompu. Mais j’ai continué avec lui presque comme si rien n’avait changé.
J’ai eu une gastro.
Je suis devenu spirituel.
J’ai dévoré L’Elégance du hérisson de Muriel Barbery et La Semaine de 4 heures de Timothy Ferriss.
Je me suis trouvé et épanoui.
J’ai continué à faire un peu de sport.
J’ai enfin quitté mes parents et ai pris mon indépendance.
Je rêvais de vivre seul et j’ai finalement adoré vivre en coloc.
J’ai quitté Paris cinq fois seulement : Grenade, Deauville, Londres, Bretagne et Cheverny.
J’ai créé, en binôme, mon propre site Internet.
J’ai eu un article dans la presse et ai été l’objet d’un reportage sur TF1.
J’ai beaucoup douté de moi mais j’ai pris de l’assurance.
J’ai eu beaucoup d’insomnies.
J’ai encore beaucoup regardé Secret Story, mais beaucoup moins D&CO.
J’ai appris à jouer du piano, ce dont je rêvais depuis des années.
J’ai été touché par l’expo Louise Bourgeois à Pompidou.
Je me suis libéré de nombreuses chaînes.
Je n’ai couché avec qu’un seul garçon, mais j’en ai gobé deux de plus.
Je me suis rapproché de certains, éloigné d’autres, et ce n’est pas ceux auxquels je pensais.
J’ai gagné de l’argent.
J’ai aimé Weeds, The L Word et Le Premier Jour du reste de ta vie de Rémi Bezançon.
Je me suis rendu compte que je n’avais toujours pas ma place dans ce monde, mais j’ai tout de même réussi à m’ouvrir à lui.
J’ai adoré la Tour de la Terreur.
J’ai eu droit à mon premier anniversaire surprise.
J’ai eu mon premier objet Apple.
J’ai écouté le nouvel album de Britney Spears en boucle et ai eu Defying Gravity, de la comédie musicale Wicked, en tête pendant des mois.
J’ai découvert Wajdi Mouawad avec passion.
J’ai profité du moment présent.
J’ai vécu un jour et une seconde de plus qu’en 2007.

En 2009 :

Je deviens mon propre boss.
Je veux continuer à être un libre-penseur.
Je souhaite partir en voyage. Loin.
Je souhaite gagner moins d’argent, mais avoir plus de temps.
J’aimerais être encore plus écolo.
Je vais partir en week-end avec une quinzaine d’amis, puis au ski pour la première fois en quinze ans.
Je voudrais ne plus avoir peur (d’aimer).
Je vais régulièrement faire du sport.
Je pense me remettre à la photo.
Je vais continuer le piano.
J’ai envie de lire des classiques. Et me mettre à la philo.
Je vais dormir. Coûte que coûte.
Je vais payer mes premiers impôts.
J’aimerais développer de nouveaux projets personnels liés à l’écriture.
Je vais me remettre à la recherche de mon journal intime.
J’espère me libérer. De tout.

21/12/2008

21/12/08 - 05:13

Dancing through life



C’est la fête. Je suis avec la plupart de mes collègues, nous célébrons la fin d’année dans les bulles, parlons, blaguons, rions, dansons. Comme un tempo à l’unisson, par petits groupes nous mangeons, posons, fumons. Comme des abeilles, chacun à sa tâche, à sa place.

Enfin je danse. La musique ne me convenait pas mais je m’y mets quand même ; cette liberté du corps me fait du bien. Je me rends compte que c’est la fin, que les barrières habituelles n’existent plus – pour moi –, alors je danse, danse, danse, je me lâche complètement. Je n’oublie pas le monde autour de moi, bien au contraire. Je sais qu’ils sont là, qu’ils me regardent, qu’ils sont surpris de me voir autant moi-même. Je veux qu’ils aient cette image, qu’elle s’imprègne, qu’ils repensent à moi avec nostalgie.

Dans un gros délire, je danse avec ma rédac chef. Tout le monde nous observe : nous nous agitons, rions comme des enfants. Je leur tourne le dos, collé à elle, je sens vaguement les flashs, je me nourris de ces lumières, de cette effusion, de leur attention, car c’est la dernière, je suis le seul à le savoir, je jouis avec eux, devant eux, pour masquer la tristesse de cette rupture imminente, sacrifié sur l’autel de l’entreprise.

Le lendemain matin, tous me regardent béatement. « Salut JJ, le roi du dancefloor ! ». C’est à ce moment-là que je leur annonce : « C’est mon dernier jour ».

07/12/2008

07/12/08 - 00:12

Entre deux



Depuis tout petit, je marche à mon rythme. Quand ma mère voulait que j’avance plus vite, je refusais d’allonger mes jambes d’enfant pour atteindre une vitesse adulte. Lorsque mes amis traînent, je les pousse en avant. Et quand les parisiens font leurs provinciaux, je peste contre la lenteur des autres tout en remettant en cause cette vie trop bourdonnante.

Il est parfois difficile de savoir quel chemin prendre, comment l’emprunter et à quelle vitesse. Les tergiversations sont toujours présentes en de telles occasions mais je crois qu’en grandissant, je me prends tout de même un peu moins la tête. Et je me dis que, quoiqu’il arrive, je saurai y trouver du positif.

Le bonheur, je le touche. Etrange comme une période particulièrement trouble me permet de m’épanouir. Avoir été acculé dans des situations inconfortables et douloureuses m’a forcé à évoluer, à me poser les questions différemment pour aboutir à des réponses existentielles ou à de bonnes pratiques.
Rétablir le lien avec le corps, avec les autres, avec soi. Essayer, puis essuyer.

Il en résulte que je vis de plus en plus fréquemment des moments de sérénité. Quand, il y a peu, je me retrouvais en larmes sans aucune raison, je suis à présent frappé par des moments de grâce qui me laissent penser que, putain, j’ai de la chance dans mon malheur. Je me sens alors à la fois absent et plus présent que jamais. Tout est clair sans être éblouissant. J’entre en résonance avec tout ce qui m’entoure à ce moment-là, que ce soit le métro, les feuilles, l’ordinateur ou les gens. Chaque chose est à sa place.

Et j’avance à une vitesse différente. Personne d’autre ne peut le voir – c’est subtil. C’est comme si tout autour de moi était en accéléré, ou alors au ralenti ; en fait, je ne sais pas. Mais je suis là, comme connecté. Je deviens illuminé.

La sérénité, le sens, la grâce… peuvent être atteints par l’art, les émotions, les réflexions, les contacts : une voix angélique, une image hypnotique, une musique entraînante, un baiser.

Et puis un élément perturbateur survient. Interne ou externe. Il me ramène à la réalité. Le métro ne me semble plus évocateur du destin, les arbres sont des cadavres, je travaille sur une machine aliénante et l’autre n’est qu’un corps sans âme.

Le gun est armé, la roulette a tourné, le viseur est pointé.
Je prends le pouvoir.
Dois-je tirer ?

20/11/2008

20/11/08 - 22:51

Un baiser s'il te plaît



J'ai toujours considéré le baiser comme un acte sacré. Il y a un engagement plus fort, plus pudique et étrangement plus intime que dans une relation sexuelle. Le coït fait appel à nos instincts primaires, à un désir bestial, quand le baiser répond aux mœurs d'une civilisation qui, d'un commun accord, témoigne son affection par ce mime sexuel. J'ai ainsi toujours plus eu peur d'embrasser que de faire l'amour. Et c'est vraisemblablement cette union du haut qui me manque le plus quand bien même je reste obsédé par le bas.

J'ai déjà embrassé des amis en soirée, pour déconner. A chaque fois je trouve ce rapprochement inapproprié, contre nature. Ceux à qui je donne plus volontiers mes lèvres sont justement ceux qui ont une place prépondérante dans mon cœur.

Lorsqu'on se retrouve face à un joli garçon, capable de faire naître ne serait-ce qu'une once de désir, et que dans un ensemble de délires nos langues se lient et se délient, les frontières s'estompent entre la réalité et les sentiments. Piégé dans une sensorialité froide et technique, c'est dans le cerveau que le sang afflue de tous côtés. Certes, cette forme de langage est magnifique mais lorsqu'elle est gâchée dans une boucherie festive, elle perd sa caractéristique divine. Alors que l'union vitale est le meilleur accès à la spiritualité, l'enchaînement basique au corps nous réduit à un petit être humain insignifiant.

Seul l'amour permet d'être connecté. Contrairement aux idées sociales, il n'est pas inconditionnel, on n'aime pas l'autre quoiqu'il arrive. Il doit remplir des critères, plus ou moins consciemment, pour ravir notre cœur. Fluctuant, l'amour rend nos relations instables, imparfaites, fragiles. D'autant plus que nous nous trompons sur ses raisons. Ce n'est jamais l'autre que l'on aime en soi, c'est soi-même à travers lui. Cet état d'esprit est une disposition censée nous ouvrir au monde et accentuer nos disponibilités. Le sentiment peut alors se greffer sur un objet d'affection en particulier. Mais si par moments un ardent besoin nous consume, d'autres fois la solitude est salutaire, la brûlure du significant other pouvant être fatale à notre identité. Tout l'enjeu d'une relation réside dans la capacité à rester soi-même, sans se perdre, tout en trouvant l'autre. Car même une fois rencontré, il est toujours ailleurs.

03/10/2008

03/10/08 - 22:21

Union sacrée



Un couple. Je les surprends par la fenêtre. Ils s’embrassent et se caressent. Je ne distingue pas leur visage. Les bras de la femme autour du cou de son homme ; un dos légèrement cambré qui me laisse penser qu’il est sportif.

Ils vont faire l’amour. Et moi pas. Cette vision intime réveille un désir. Je suis, ces dernières semaines, entré dans une nouvelle phase de célibat : celle qui pousse à sortir, de chez soi et de sa zone de confort, celle qui donne envie de surprendre. J’ai donc osé plus souvent, accompli de nouvelles choses, allant jusqu’aux limites de moi-même.
Alors oui, j’aimerais être une pute, sucer des bites dans des cabines d’essayage, gober des inconnus en soirée, consommer le sexe comme n’importe quel autre produit essentiel, jouir sans entraves et profiter de la liberté qui m’est due. Etre un pédé comme les autres, en somme. Mais ce n’est pas moi. Si la vision me séduit, c’est qu’elle me transmet une image idéalisée, sans barrières – soit l’opposé de ce que je suis vraiment. Et bien que certaines soient difficiles à vivre, d’autres sont mises en place pour me protéger et me permettre d’avancer plus sûrement. Malgré le poids d’une génération (?) qui banalise la sexualité, je suis dans l’incapacité de céder à cette culture – pour moi, l’attirance n’est pas innée, elle se construit. Il convient donc de continuer à sacraliser le corps sans pudeur abusive, en adéquation avec mes valeurs. Débauché, enivré, désinhibé, je peux gober un village people lors d’une fête. Mais ce n’est pas parce que je le peux, que je le veux et que je le dois. Je n’ai pas à me travestir pour me prouver quoi que ce soit.

La vraie liberté n’est pas d’enchaîner les conquêtes ; c’est accepter de faire ce dont j’ai envie, au moment où cela se présente, avec la personne qui convient. Même si cela apporte des surprises.
La liberté n’est pas que dans le corps, elle est aussi dans le cœur. Progressivement, je m’autorise de nouveau à aimer. C’est effrayant et douloureux mais en m’affranchissant des systèmes préconçus je prends de nouveau contact avec mon âme, me sens vivre. Or, n’est-il pas plus sain d’être régulièrement en soi-même que dans les orifices de nombreux inconnus ?

14/09/2008

14/09/08 - 15:44

Six trouilles

Cendrillon profite du bal. Parée comme tout un chacun en pareille occasion, elle danse, tournoie, se fond dans la masse. Elle qui pourtant a plus que quiconque conscience de sa différence parvient, l’espace de quelques instants, à avancer sur le même rythme que ses congénères. C’est la dernière fois qu’elle frémit. Car quand frappent les douze coups de minuit, elle est rattrapée par son tristement banal destin. Sa parure fond comme neige au soleil, dans une humidité difficile à cacher aux autres invités. Adieu robe, bijoux et maquillage, il n’y a dès lors plus ni prince, ni marraine, Cendrillon rejoint les milliers d’anonymes véhiculés par la métallique modernité plus que par de magiques cucurbitacées. Ne lui reste alors plus qu’à profiter de la fonte pour nettoyer son intérieur.

13/09/2008

13/09/08 - 09:30

0.00

Ne pas regarder l’heure. Malgré la tentation, détourner les yeux, placer des objets entre nous, ou déambuler sans mes lunettes pour provoquer une cécité me maintenant dans l’ignorance du temps qui passe. Ces aiguilles qui avancent et qui me narguent, inflexibles. Mais plus je pense à elles et moins je vis ma vie. Il est temps de les ignorer, de les oublier et d’avancer à mon propre rythme.
Demain, elles auront gagné, elles auront avancé ; moi je serai pétrifié par la fatigue et je ne ferai rien, attendant qu’elles reviennent et m’emportent dans leur course infinie.

09/09/2008

09/09/08 - 22:42

Discussion entre pédés

« J’ai enculé un jeune de seize ans dans la cave de ses parents et après je lui ai fait une éjac’ faciale. Il voulait avaler mais je lui ai dit non, quand même… »

Et après on s’étonne que je parle crûment.

08/09/2008

08/09/08 - 21:39

Se conformer ou se rebeller ?

Bien que mes conditions de travail soient plutôt agréables, la question de l’insertion sociale me préoccupe toujours autant. Tout me rappelle que je ne fais pas encore totalement partie de ce monde et qu’il est encore temps de choisir une autre voie. Le fait est que j’adore le monde de l’entreprise. J’aime la sensation du travail accompli, j’aime les interactions engendrées, j’aime avoir des fournitures, les trier, les ranger, obtenir des responsabilités, me sentir utile. Ce que j’aime par-dessus tout, c’est avoir une position quelque peu décalée et observer ce drôle de monde. En un sens, l’entreprise, c’est un huis clos, un univers fermé avec pour chaque société ses propres codes. J’aime les regarder sans trop y prendre part, m’en moquer et tenter de trouver des solutions pour améliorer le quotidien de chacun. Mais le souci c’est que viennent des moments où il faut se mouiller et quitter la place de l’ethnologue pour rejoindre celle du salarié. Les règles, quand elles sont perçues de l’extérieur, sont bien plus faciles à vivre que lorsqu’il faut les subir. J’ai ainsi toujours du mal à accepter la hiérarchie, que je trouve souvent injuste. Encore plus de mal à accepter tout ce qui est fait au profit de la communauté, en niant l’individualité. Les horaires, par exemple. Pour le commun des mortels, se lever tôt est acceptable. Pour moi, c’est intolérable, une torture quotidienne. Je rêve d’un monde où je pourrais me lever naturellement, quelle que soit la position du soleil, et accomplir mes tâches sans la fatigue qui m’accable à chaque instant.

J’ai bien pensé à me mettre à mon propre compte. Mais plus j’y pense et plus je crois que cette solution ne me conviendrait pas. D’une part, j’y perdrais ma place d’observateur pour être en permanence celui qui agit. D’autre part, les relations sociales qui me motivent tant seraient nettement plus rares. Enfin, cela impliquerait une autodiscipline de fer (qui me manque cruellement) et qui m’empêcherait de me lever à n’importe quelle heure. Etre mon propre patron, d’accord, mais pour quoi faire ? Quelle activité me motiverait assez pour que j’y consacre autant d’heures par jour ? En réalité, je voudrais travailler quatre après-midi par semaine. Ca, ouais, ce serait sympa, je pourrais dormir le matin et conserver plusieurs demi-journées pour accomplir tout ce dont j’aurais envie, tout en continuant ma petite observation des travailleurs.

Ou alors, je deviens pute de luxe. C’est une façon comme une autre de joindre l’utile à l’agréable.

 

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Jonathan, 26 ans, consultant éditorial.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.

Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.

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