...Blog à ne pas lire...

09/10/2003

09/10/03 - 02:03

Alcool et conséquences

Mister Psy : "Qui dans votre famille est alcoolique ?"
Super Jona : "Mes deux parents."

Alors là, je l'ai bien eu mon psy. Je ne sais plus si son visage a changé d'expression lorsque je lui ai dit ça, mais j'ai très nettement senti qu'à l'intérieur, ça avait changé. Il ne va plus oser me dire que j'ai tout pour être heureux.
Aussi loin que je me souvienne, mes parents ont toujours bu. Je ne peux pas dire qu'ils se soient mis à boire à telle ou telle date, après tel ou tel évènement. Avec un père auvergnat et une mère normande, le vin a toujours eu sa place à table. Mais aussi au bistrot, devant la télé, au lit...
Je ne me souviens pas à quel moment j'ai pu verbaliser (et donc prendre conscience pleinement) de l'alcoolisme de mon père. Ca ne m'a jamais choqué parce que celui de ma mère était bien plus difficile à vivre. Mon père boit, ne tient plus debout et s'endort. Il ne fait pas chier son monde. Bon, c'est super chiant quand il essaye de me parler, parce que je sais trop bien qu'on ne peut pas discuter avec quelqu'un qui est sous l'emprise de l'alcool. Résultat, dès que je sais qu'il a bu, je l'ignore, je le méprise, je lui réponds à peine. Bref, j'ai reporté toute la haine que j'avais contre ma mère, contre lui.
Il a tendance à mentir en plus. Du genre : "Je vais garer la voiture" ou bien "Faut que j'aille passer un coup de fil." Bah oui, en plein milieu de la soirée. Il m'est facile de visualiser la scène. Il est seul, avec sa bouteille de rouge, devant sa télé, et il s'endort. Je serais incapable de compter les fois où je l'ai retrouvé endormi sur la table.
Il a déjà fait quelques cures de désintox. La dernière avait été particulièrement douloureuse, si je me souviens bien. Il avait des tremblements, se disait déprimé (alors que je l'ai toujours vu "fort" ; il a fait la guerre d'Algérie quand même.) Selon mon demi-frère, il s'est mis à boire régulièrement depuis les années 70. En effet, à cette période, mon père était très riche et organisait des fêtes tout le temps. Qui dit fête, dit alcool, et depuis c'est resté.

L'alcoolisme de ma mère, c'est l'une des choses les plus difficiles que j'aie eu à vivre. Je crois que quelque part ça m'a forgé, ça m'a rendu plus fort sur certains points.
Par moments, voir ma mère bourrée, je trouvais ça très drôle. Je me souviens encore nettement de la silhouette décomposée de ma mère, qui tente, plus mal que bien, de traverser le couloir ; et je nous vois, une amie d'enfance et moi, écroulés de rire à en pleurer de voir ma mère peiner pour atteindre la porte. Le couloir va tout droit, et ma mère s'écrasait sur chaque mur comme un insecte dans une boite trop étroite.
Mais le plus souvent, c'était un véritable cauchemar. Chaque week-end était une épreuve terrible. Ma mère buvait, puis hurlait, criait, menaçait mon père. Il fallait attendre que l'orage se calme, mais il durait tout le week-end. J'étais très très jeune quand ça a commencé (ça devait être lors de mes premières années de primaire) et de voir ma mère dans cet état, ça me faisait horriblement mal, j'avais l'impression que ma vie s'arrêtait, que j'étais condamné à vivre cette détresse éternellement.
Elle a fait je ne sais combien de tentatives de suicide. Je me suis déjà réveillé avec un pompier dans ma chambre qui ouvrait la fenêtre, ne comprenant pas ce qu'il faisait là. En fait ma mère avait mis le feu au parquet. Une autre fois, elle ne se réveillait plus, elle avait avalé une boite entière de médicaments et avait écrit un mot. Je ne me souviens que de "laissez-moi..." et le mot qui suivait était illisible. Des exemples de ce genre, j'en ai des tonnes.
C'est certainement pour ça que je me suis mis à aimer l'école et qu'aujourd'hui je n'aime pas les week-ends. La semaine, il n'y avait jamais de problème, mais le week-end, il fallait veiller toute la nuit sur ma mère afin qu'elle ne mette pas fin à ses jours tout en supportant ses insultes.
Mais cette douloureuse histoire a néanmoins une fin heureuse : ma mère ne boit plus depuis deux ou trois ans. Ca l'a métamorphosée et je m'entends beaucoup mieux avec elle.

Quelle place a l'alcool aujourd'hui dans ma vie ? C'est bien simple, je ne bois pas du tout. Oh je ne suis pas réfractaire à l'idée de boire, mais le fait est que je n'aime pas du tout le goût de l'alcool. Beurk. Le seul que j'aime c'est le malibu coco.
On peut aussi comprendre que je tique un peu dès que je vois des gens boire. Je ne supporte pas les gens bourrés. Ca me répugne. Je ne peux pas m'empêcher de les mépriser, j'ai cette sensation qu'ils sont complètement ailleurs et qu'on ne peut rien faire pour les ramener à la raison. On ne peut pas discuter avec quelqu'un de bourré.
Surtout, ce que je ne comprends pas c'est que les gens aient besoin de boire pour être ivres. Moi, il suffit que je sois en bonne compagnie pour péter un câble et devenir complètement euphorique. J'ai l'impression que les autres, par contre, ont nécessairement besoin d'alcool pour s'amuser. Mais alors ça veut dire que les gens sont à ce point malheureux ??? Ils ont absolument besoin de quelque chose d'extérieur pour les rendre heureux ? J'étais super content de voir que le psy était entièrement d'accord avec moi sur ce point. S'amuser sans alcool est plus sain que de s'amuser avec, et si on ne peut pas s'amuser sans c'est qu'on a un problème.
Je dois quand même avouer que je suis curieux et frustré. Bah oui, je me demande vraiment ce que ça fait d'être bourré ! Et puis, de voir si souvent tous ces djeun's qui se sentent "in" et puissants avec leur verre à la main, ça me met à l'écart. Je les méprise, oui, je les plains aussi, je ne les comprends pas et je me sens incompris quand je leur dis que moi, je m'amuse sans. Limite je passe pour l'extra-terrestre qui, justement, ne sait pas s'amuser. Seulement pour moi, l'alcool, ça n'a jamais été synonyme de fête et de joie.

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Jonathan, 26 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.

Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.