29/03/2004Biscrimination sexuelleIl y a une chose qui m’a très souvent surpris chez les homos, c’est à quel point ils peuvent, eux aussi, s’avérer être intolérants. Quand j’étais un peu plus jeune et beaucoup plus naïf, je pensais que les homos prônaient l’amour et l’ouverture d’esprit comme règle de vie. En réalité, et je ne porte plus aucun jugement là-dessus, certains érigent le sexe à une place royale. Ce qui donne quelque chose du genre : je peux te baiser, tant mieux, tu es sexuellement inaccessible, adieu.
Ainsi, ils peuvent se cloîtrer dans un monde amical monosexuel, et rejeter, d’une part, les filles, et d’autre part, les hétéros. Je dois tout de même reconnaître que tous, fort heureusement, ne sont pas comme ça. Et puis, moi, de toute façon, avec les hétéros, j’ai un peu (de) mal.
Il y a quelques années, alors que j’avais fait mon coming-out un ou deux mois auparavant, j’ai entamé ma vie homo-amicale-amoureuse. J’ai ainsi fait la connaissance d’un garçon qui n’avait, pour seul défaut, que d’être bisexuel. J’avais toujours eu un peu peur des bis, parce que j’étais persuadé qu’ils ne pouvaient se satisfaire d’un seul sexe. Après tout, quand on n’aime qu’un seul sexe, on peut, en général, faire tout ce que nos désirs nous imposent sans restriction. Mais quand on aime les deux sexes, il y a toujours quelque chose qu’on peut faire avec l’un et non avec l’autre.
Néanmoins, curieux, j’ai discuté avec ce garçon et ai tenté de comprendre. Je me suis alors rendu compte qu’être bi n’était pas plus différent que d’être homo ou hétéro. Ce n’est qu’une orientation sexuelle qui n’impose pas nécessairement un mode de vie ou un autre. Etre bi, c’est juste être attiré par les deux sexes, et ça n’empêche en aucun cas d’être entièrement satisfait par son ou sa partenaire.
Une fois compris tout ceci, je me suis dit que ça devait être génial d’être bi : le potentiel de partenaires possibles est multiplié par deux, on n’a aucune restriction, on peut plus facilement choisir de rentrer dans la « norme » ou pas.
Et c’est là que je me suis heurté à l’intolérance homo pour la toute première fois. L’ex du jeune homme avec qui j’entretenais une relation quelque peu ambiguë, a déclaré : « Entre la viande et le poisson, il faut choisir. » Choisir. Ce mot, dans ce contexte, me répugne. Choisir. Comme si on choisissait son identité, comme si on choisissait d’être attiré par tel ou tel sexe. Quand on est homo, on sait parfaitement qu’on ne s’est pas réveillé un matin en choisissant d’aimer la bite. Ce sont nos goûts qui s’imposent à nous, pas l’inverse. Alors qu’un homo ose dire qu’il faille choisir d’aimer un seul sexe m’a profondément choqué.
Depuis, je me suis rendu compte à quel point la bisexualité pouvait être mal vue, et les bisexuels rejetés. Si les homos sont rejetés par les hétéros, il s’avère que les bis, eux, sont rejetés par tout le monde. Pourquoi ? Tout simplement à cause des préjugés que j’ai cités plus haut et qu’ils ont été incapables de surmonter. Etre bi, aux yeux de certains homos, est presque devenu le dernier virus à la mode qu’il faut à tout prix éviter.
La fidélité n’est pas une question de sexe (« tous les hommes sont infidèles »), ni d’orientation sexuelle (« un couple homo ne peut pas durer », « un bi couche à droite à gauche ») mais de personne. On s’épanouit autant en sortant avec un bi qu’avec un homo comme nous.
Il n’en reste pas moins que, malgré cette réflexion basée sur mon objectivité, j’ai subjectivement tendance à rejeter un peu, moi aussi, les bis. Mais c’est dû à mon expérience personnelle, dû au fait que je me suis amouraché, une deux fois, d’un bi potentiel, et que, du coup, (quand j’étais célibataire,) j’ai décidé de n’envisager de relation amoureuse qu’avec un garçon qui sait ce qu’il veut et qui sait ce qu’il est. J’entends par là qui est certain de son orientation sexuelle, qu’il soit homo, bi, ou hétéro. Et mon bi à moi, y a pas de doute, il est bi.
Il est vrai que sa bisexualité me gêne un peu, car elle crée une distance entre lui et moi. Je pensais que le couple homo était basé sur une attirance commune pour la bite, et le rejet total de la fouffe. Quand on doit gérer les élans hétérosexuels de son petit copain pédé, c’est un peu perturbant. J’ai parfois le droit à « Y a d’la bonnasse » ou aux commentaires machos que nous avons tous eus à subir lorsque des pussy lovers se trouvent dans la même pièce. Mais bon. Ce n’est pas un réel problème non plus, et ce n’est pas parce qu’on est bi qu’on ne peut pas accepter la part d’homosexualité en soi. Si tout le monde acceptait la part de bisexualité qui est en nous, on ferait peut-être moins la guerre, et plus de partouzes ! ;)  |
| Disneyland : 10 % de réduction sur votre passeport annuel.
Pour en profiter, contactez-moi !
Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.
Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.  |
29/03/04 - 22:59
interessant qu'un point sur le quel je ne partagé ton opinion, c'est pas sur que l'on fasse moins la guerre si on arrivait à toléré cette part qui est en nous.
frsic