Exception
J’étais au Queen avec quelques amies. Je m’amusais beaucoup, c’était la soirée disco du lundi soir, ma soirée préférée en boîte. J’étais célibataire depuis un an, je venais de kiffer (à nouveau) un hétéro ; j’avais décidé de changer ça et de prendre le taureau par les cornes. Essayer, pour une fois dans ma vie, de ne pas être timide.
Sans surprise, aucun mec ne me convenait. Trop ceci, pas assez cela. C’était pas grave. Je n’ai pas besoin de draguer pour apprécier une soirée en boite (au contraire). A mes yeux, il faut juste deux éléments : de la musique qui nous plait et des amis. Peu importe qu’il y ait du monde ou pas, qu’il y ait des beaux gosses ou pas.
J’avoue que j’appréciais sentir des regards sur moi… Enfin je pouvais distinguer chez les autres une attirance pour moi : c’était grisant ! C’était juste un bonus, une cerise sur le gâteau d’une soirée déjà parfaite.
Jusqu’à ce que je croise son regard. Le plus beau mec de la soirée. Je regarde ailleurs, je le regarde ; je regarde ailleurs, je le regarde. Je regarde ailleurs. Lui ne détourne pas son regard. Il me fixe complètement. Je n’entends plus la musique, je ne perçois plus la foule autour de moi. Il n’y a plus que lui.
Je me dis que je me fais peut-être des films, alors je demande à une de mes amies de me dire ce qu’elle en pense ; elle me confirme qu’il a l’air intéressé. Le stress commence vraiment à me gagner. Il se passe une heure entière pendant laquelle je ne m’amuse plus du tout. Je suis en plein dilemme : lui parler ou pas ? Pourquoi est-ce qu’il me regarde autant mais ne bouge pas ??? Je suis censé faire quoi ?
Je sens que ce n’est pas un mec pour moi, qu’il est bien trop sûr de lui… Il dégage quelque chose qui ne me plait pas ; mais physiquement, y a rien à dire, miam.
Après moult tergiversations et discussions avec mes amies, je me dis qu’il faut que j’aille au bout de l’expérience, que je n’ai quasiment pas de raison de ne pas essayer, et qu’à part pisser dans mon froc, je n’ai rien à perdre. Je sors alors un petit papier sur lequel sont inscrites mes coordonnées et je lui tape sur l’épaule :
« Ca te dirait qu’on se revoie en dehors d’ici ? »
Je n’ai pas voulu entamer une réelle conversation parce que, comme je le dis toujours, je n’entends rien en boite, donc ça ne servait à rien.
« J’suis désolé, j’ai déjà un copain. »
Mais alors pourquoi tu m’as maté comme ça ??? J’aimerais pas être à sa place…
« Bien que tu sois très charmant… » termine-t-il.
Je l’ai remercié, ai rangé mon papier, et suis reparti, trop content. Pour la première fois de ma vie, j’avais réussi à aborder un mec ! C’était une réelle épreuve pour moi, et j’avais réussi, j’étais allé jusqu’au bout. Je n’étais même pas déçu qu’il soit casé, parce qu si ça n’avait pas été le cas j’aurais ensuite été hyper stressé à l’idée de le revoir. Là, je ne pouvais rien regretter.
J’ai par la suite appris qu’une amie à moi le connaissait. Il l’avait draguée au Queen et lui avait fait croire qu’il était bi pour se défiler au dernier moment… Sûrement perturbé ce garçon.
Je l’ai croisé une fois sur citegay, quelques semaines plus tard. Puis, je l’ai croisé dans le métro à Châtelet. Il ne m’a pas vu et je n’ai pas essayé de lui parler, j’avais rendez-vous avec un garçon…
17/01/05 - 17:15
C'est joliment raconté, en fait. Et en fait, moi, je n'aurais (ni n'ai) jamais osé :)
chapichapo