...Blog à ne pas lire...

04/03/2005

04/03/05 - 18:31

Tâtonnements



Il y a deux moments qui me fascinent toujours dans les relations. Le premier, c’est celui qui instaure des limites. En effet, du moment de la rencontre jusqu’à la concrétisation (que ce soit en amour, en amitié ou dans le cadre professionnel) tout est question de repousser des limites. Petit à petit, on s’autorise à dire plus de choses, à en demander plus aussi, à être plus impertinent, à faire des blagues plus osées, à pénétrer dans l’intimité de l’autre et vice-versa. La question est de savoir jusqu’à quel point on est autorisé à aller.

Il n’y a aucun doute que les gens dont je me sens le plus proches aujourd’hui sont les personnes qui m’ont le plus permis d’accéder à leurs secrets et qui connaissent les miens.
Chaque fois qu’on refuse de répondre à l’une de mes questions ou qu’on m’empêche de m’épancher autant que je le souhaiterais, une barrière entre l’autre et moi se crée.

Mais le fait est que chaque étape se fait en un temps unique et différent suivant personnes et relations. Il faut du temps avant que deux êtres battent à l’unisson. Ces moments où l’on découvre les autres et où ils apprennent à nous connaître sont certes très enrichissants mais aussi effrayants : chaque nouveauté arrive comme une surprise et rien ne dit que la prochaine ne sera pas un colis piégé.

Par exemple, comment savoir si les blagues qu’on s’amuse à faire aux autres sont appréciées ou offensantes ? Comment trouver la bonne mesure entre l’insulte et la vanne ? Comment faire comprendre que nos intentions sont uniquement bénéfiques ? Comment savoir si les autres sont ironiques ou sincères ? S’ils plaisantent ou s’ils reprochent ? C’est d’autant plus difficile que beaucoup de gens sont inconstants. Je vois régulièrement que c’est là le sujet de nombreuses discordes.

Le deuxième moment qui me fascine dans mes relations est celui qui va décider de l’avenir de l’autre dans ma vie. Le moment le plus crucial est celui où je découvre ses défauts. Bien souvent un défaut en particulier. Ce moment où l’euphorie du début de toute relation cède à la dure réalité : le piédestal de la nouveauté sur lequel il ou elle était placé s’écroule pour laisser la place à l’égalité. Le risque, et c’est ce qui se passe dans 90 % des cas en ce qui me concerne, c’est que la personne s’écroule carrément et descende là où je ne peux plus que la regarder de haut. Désolé, ça ne me convient pas. Au suivant !
Là encore c’est extrêmement effrayant, parce que dans toutes mes relations naissantes je crains ce moment, d’autant plus que si la personne a chuté de mon cœur, ce n’est pas nécessairement réciproque. Il arrive bien sûr que les rôles soient inversés, chose que je déteste, mais que je n’ai pas d’autre choix que d’accepter.
Ainsi, se lancer à corps perdu dans une relation est quelque chose que j’ai recommencé à faire récemment mais qui est, je le sais, très risqué. En gros, c’est quitte ou double. Tant que l’autre en est conscient…

Ce moment où je prends conscience de l’humanité de l’autre est en fait un moment de négativité vis-à-vis de cet autre. Pendant quelques temps, je ne veux plus de cette personne. Elle tombe en disgrâce. Après la montée du Roller Coaster, c’est la descente qui décoiffe. Ca peut durer une heure, comme ça peut durer des mois. Et c’est après cet instant que tout se décide. Si le train remonte la pente, alors là, on peut envisager un avenir relationnel ensemble. Mais si le wagon stagne ou tombe encore plus bas, on en restera à des superficialités, désolé.

C’est aussi pour ça que pas mal de mes relations virtuelles en restent là ; je ne poursuis pas la chose jusqu’à tenter de les transformer en amitiés réelles parce que je sais comment je suis, je sais que j’ai tendance à me lasser et qu’à la moindre occasion je vais fuir afin, paradoxalement, de ne pas perdre les bons aspects.
C’est ainsi que je préviens toujours un maximum de gens : ne t’attache pas à moi, je ne suis pas la bonne personne pour ça… Si on s’attache trop trop vite et que je ne me suis pas autant attaché à l’autre, alors je me détache. C’est la loi de ma jungle.

commentaires

04/03/05 - 19:24

P'tit con, j'aime vraiment bien ce que tu écris.

04/03/05 - 19:25

P'tit con, j'aime aussi la manière dont tu écris.

04/03/05 - 20:13

Moi aussi, je m'attache trop vite, mais j'ai commencé à 48 printemps à commencer à faire la part des choses. J'aime les gens. Pas plus tard que hier j'ai discuté avec un ex collègue avec qui j'ai bossé 5 ans en tête à tête. Il m'a révélé avoir quitté sa femme, je lui ai révélé mon homosexualité, alors que pendant 5 ans même si on était complices, on n'était jamais allé jusque là. Je crois qu'il faut s'afficher en temps qu'être humain et faire son coming out avec les gens en qui on peut avoir confiance. C'est ce que je fais régulièrement, même si ce n'est pas évident. Il faut s'attendre à certaines réactions. J'ai de la chance: Pour le moment elles ont toujours été positives.

04/03/05 - 22:04

J'aime beaucoup la première partie de ton texte, sur les limites. Mais, je ne comprends pas l'interrogation du 4ème paragraphe. J'y vois le doute sur la réaction de l'autre.
Comment savoir ? En observant l'autre, tout simplement. Il s'exprime de toutes façons : si ca lui plaît, il y aura un sourire, un geste d'encouragement ou quelque chose du genre ; si en revanche il n'apprécie pas, il y aura d'autres signe tels qu'un haussement de sourcil, un moue, un geste de réprobation, voire même une réaction verbale.
Je crois qu'il s'agit là d'indications très importantes dans la communication, sur un registre non verbal ici.

Maintenant, est-on "allé trop loin" dans la vanne ou la blague ? Laisse donc l'autre s'exprimer, à sa façon verbale ou non verbale, et tu le sauras bien assez tôt.

Néanmoins, je perçois autre chose dans ton interrogation : comment l'autre est-il en train de me percevoir ? Suis-je en train de bien faire avec lui ? C'est le Soi qui est en questionnement dans ce cas là... et pendant ce temps, l'observation de l'autre est interrompue ; un peu comme si l'énergie mise dans la communication se retournait vers soi-même pour évaluer sa propre image dans le regard de l'autre.

A titre personnel (et ceci n'a aucunement valeur de règle !), je me "force" à me concentrer sur ce que je veux de l'autre lors d'une communication : j'ai besoin d'une info, je veux me faire connaitre de la personne, je veux qu'elle fasse quelque chose de précis (prendre plutôt cette file d'attente...), je veux qu'elle fasse quelque chose pour moi (m'aider à remplir le dossier, décrocher son tel pour m'obtenir plus facilement une info ou un rdv).
Ainsi, mon énergie reste sur l'autre, et pas sur moi-même. A tout prix, je garde le "focus" sur l'autre, sur ce qu'il/elle FAIT, et non sur ce qu'il/elle pourrait éventuellement penser.
Avec cette "méthode", j'

04/03/05 - 22:07

[sorry, je begaye !]

Avec cette "méthode", j'ai pu obtenir des résultats fort appréciables la plupart du temps, sans m'interroger sur la "zone des limites".
J'ai même découvert parfois que c'est l'autre qui ne communique pas ! Et dans ce genre de cas, j'ai passé mon chemin... jusqu'à une autre personne, ou bien, jusqu'à un autre jour.

Qu'est-ce-que tu penses de ce genre de méthodes ?

04/03/05 - 23:11

"pénétrer dans l’intimité de l’autre ": C'est plein d'équivoques ça...

05/03/05 - 02:51

Bien-sûr l'être humain n'est, qu'un être humain.

A mon avis, ton jugement est un peu perturbé par le versant virtuel des choses et peut-être prends-tu trop à coeur ce type de relation.

Pour une personne, toi par exemple, qui essaie d'être le plus honnête possible en postant, nombre de gens "pipent les dés" d'entrée de jeu. Ils s'inventent un personnage jusqu'à y croire eux-mêmes. La suite, tu la connais...

Les amis au sens fort du terme, c'est bon, j'ai ce qu'il faut ici pour le moment. Si l'amitié est un bonheur nécessaire, c'est aussi une charge, un truc redoutable qui tient plus du "à la vie à la mort" que d'un parcours de santé. Les amis, on ne peut pas sérieusement en avoir cinquante en même temps.

Personnellement, venant du web, je préfère les relations épistolaires et je laisse le hasard se charger du reste. Un peu comme dans mon boulot où nous sommes ensembles pour aller dans le même sens et nous perdre de vue tout naturellement. Il m'est arrivé de tomber sur un gars connu au lycée plus de quinze ans auparavant, ou-bien encore, retrouver un couple au fin-fond de la Loire après dix ans et une demi-douzaine de boulots différents. J'aime cette forme de hasard heureux...

Tu t'intéresses aux gens, tu l'écris souvent, mais t'es-tu réellement demandé ce que tu cherchais? Je ne pense pas que tu trouves en l'humain quelque forme de Saint Graal...

J'ai aussi cherché un truc comme ça autrefois, maintenant, je laisse faire le hasard.

Désolé pour ce commentaire au kilomètre, je voulais juste laisser un mot... Tout le monde me dis que je suis bavard... Je vais finir par les croire! :)

05/03/05 - 15:08

T'as une belle chaîne, dis donc....
Un homme de goût ce Jona ;)

05/03/05 - 16:45

on y voit surtout et de tte evidence un nombrilisme effarant de la part de ce teneur de blog et une envie k on le plaigne et de notre part lecteurs avoir une complaisance vis a vis de cet etre manipulateur....et non je ne suis pas sorti avec lui et non je ne le connais pas mais bosser pr les restos du coeur lui ferait le plus grand bien!

06/03/05 - 06:18

Chris> Et alors, il est chez lui après tout!

06/03/05 - 14:47

T vraiment trop trop grave ... N'as-tu jamais envisagé le suicide ? Non ? Alors songes-y sérieusement ... !

06/03/05 - 17:36

Tomasitosoup : très intéressant, je ne l'avais pas vu de cette manière, mais tu as probablement raison. Je vais y réfléchir... Mais ce que tu décris, ce n'est pas, dans le fond, de la manipulation ?
Observer l'autre, je le fais constamment, mais je trouve qu'il est difficile d'interpréter, chaque geste pouvant signifier tout et son contraire.

Didier : ça va me faire réfléchir, car effectivement, je ne sais pas ce que je cherche...

Chris : c'est clair, j'adore qu'on me plaigne. :) D'ailleurs, t'es pas gentil, bouhhhhhhhhh ! Les restos du coeur, non merci, moi ce serait plutôt la SPA. "Jona chante pour les chiens", ça le fait comme nom d'album, non ?

TomTommy : non, mais c'est une proposition fort alléchante, je te remercie.

06/03/05 - 18:37

J'aime beaucoup ton texte et tes illustrations (Escher...)

Dommage que tu perdes l'Autre en comprenant son humanité.

J'ose croire que c'est une maladresse de langage...
C'est bien l'humanité de l'autre: ses faiblesses, sa douceur, son impertinence, ses défauts, ses qualités, sa capacité à chercher, à être dans l'erreur, à questionner, à douter, à affirmer des inepties, à délirer, à aimer, à mal-aimer qui sont merveilleuses, qui créent de la surprise, de la poésie, du romantisme... tout ce qui fait que tu aimes des hommes et non des Dieux.

Enfin, moi j'aime les hommes parce qu'ils sont ce qu'ils sont: faibles, lâches, beaux parfois, solides parfois, drôles, romantiques, poétiques, que je les engueule parce qu'ils sont jamais comme je veux qu'ils soient et que j'aime qu'on me contrarie... mais je prétends le contraire ;-)

(pour mieux comprendre, je suis une fille et comme dirait mon ex
http://... ) fille compliquée est un pléonasme redondant.

bises

µ

06/03/05 - 21:13

bha j ai un ptit chat a adopter et 2 barzois si ton cote brigitte bardot se revele prochainement mais oui je les sens elles arrivent prepare les tampax bha ouais reponds moi heu je deconseille a tout le monde la pizza tartiflette ca sent trop les pieds pas laves sinon d apres ma station meteo demain il devrait faire beau enfin heu je heu ne me prononce pas

06/03/05 - 21:17

heu proposition forte allechante et non fort allechante pfuuuuu tu veux mes equanyl?

07/03/05 - 07:54

Dire que je te trouvais attachant :)

07/03/05 - 17:25

Merci pour ta réponse.
"Manipulation" ? Je ne crois pas, non. Ou plutôt, tout dépend du pourquoi tu communiques avec une personne en particulier, de ce que tu cherches à obtenir.
Etre soi-même, posément complètement et fermement (le focus d'énergie dont je parlais) à un instant T n'implique par forcément une prise d'atteinte sur l'autre. Il ne s'agit pas là d'une situation de destruction ou de déstabilisation de l'autre individu ; mais simplement de la création d'un point d'équilibre entre deux personnalités. C'est un peu comme une balance mécanique : des flux contraires de dynamisme, courtoisie, intelligence, agressivité, finesse, stress, culture (...etc.) s'opposent jusqu'à finir par trouver un point d'équilibre.

Parfois, c'est très équilibré (avec des amis proches par exemples) parfois c'est déséquilibré négativement (impossible de faire entendre sa voix à qq'un qui ne veut ou ne peut écouter...) ou positivement (un compliment recu, un travail d'équipe qui avance, une sortie à deux qui séduit l'autre...).

A mon humble avis, tout est possible quand il n'y a pas la volonté de nuire à l'autre d'une façon ou d'une autre. Juste être soi-même et respecter les autres. Et j'ajoute : se faire respecter (marquer ses propres limites), ce n'est pas nuire ; c'est faire prendre conscience à l'autre qu'on existe.

Alors, manipulation ?

08/03/05 - 00:03

Jonathan...encore une fois, personne n'est parfait. Sublimer c'est toujours finir par casser l'idole.
Accepter les défauts de l'autre, c'est vraiment aimer.

Sourir des défauts de l'autre, c'est etre suffisamment fort pour voir l'autre rire de soi.

Bon en même temps on peut pas aimer tout le monde ;)

09/03/05 - 20:22

Un peu juvenile, mais très joliment écrit.

09/03/05 - 20:27

Pour ce qui concerne tes intérrogations du 4ème paragraphe, il faut bien te dire que chez les Brits, si l'on est intelligent, les blagues s'exprime sur fond de vérité, au second ou troisième degré et avec une touche d'ironie. L'humour noir, quoi. Ils vont te demander implicitement "aime moi, aime mon sens de l'humour'.
Sache bien que les Brits intelligents n'apprécient guère l'humour scatalogique. Mais c'est de deux, un. Tu leur demands (le cas echéant) "aime moi, aime mon sens de l'humour".
Après ils vont vouloir éduquer ton sens de l'humour. Tu l'accepteras au nom de l'amour....jusqu'aux limites!!

09/03/05 - 20:57

JSC : je ne connais quasiment aucun British, je ne vois que des Américains, qui, eux, aiment l'humour scato.

Par contre, je veux bien que tu développes, en quoi est-ce juvénile ?

Bip : je suis tout à fait d'accord. Le fait est que j'aime rarement les défauts des autres, mais quand ça arrive, je sais que c'est sur la bonne voie. :)

µ : tout comme Bip, je suis d'accord. Ce n'est pas incompatible avec les constats faits dans cet article.

Chris : apprends à écrire, après tu pourras venir jouer.

Tomasitosoup : intéressant... Suis d'accord. J'ai mieux compris ce que tu voulais dire. :) Je n'ai pas d'autre commentaire à faire sur le sujet, désolé ; tu m'as convaincu.

09/03/05 - 21:03

Pas de quoi être désolé ! ;-)
Ravi, en tous cas, que mes commentaires aient pu entrouvrir quelques horizons.

09/03/05 - 21:39

Et "tetonnements", c'est plus bas?

09/03/05 - 21:44

PS le "développement" est envoyé par mél

Bonne nuit, le petit.
Signé
grand ours
URSA MAJOR
J

13/03/05 - 18:23

quand tu arrive à supporter les defauts de l'autre, tu l'aimes.

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Jonathan, 25 ans, assistant de rédaction en recherche de sens et de soi.
Diable névrosé, chieur, chouineur, tapette volante, superficiel, profond, humain et tout un tas d'autres choses.

Je n'aime pas les fautes d'orthographe, je n'aime pas les fautes de grammaire, de conjugaison, de frappe, de concordance des temps (que je fais trop souvent) ou d'expression. Je n'aime pas non plus ceux qui ne savent pas lire. Afin de satisfaire ma maniaquerie et me permettre d'avoir le blog le plus propre possible, merci de me signaler toutes les fautes que vous pourriez y trouver. Quant aux lecteurs de travers, il n’y a malheureusement rien à faire, je ne peux pas les balayer.