Je lis : des ratures.
Je cite : «On met tellement de temps à devenir adulte, c'est toujours trop tard, et la vie se venge en nous infligeant des peines qui ne s'effacent pas et des remords affreusement amers.» (Frédéric Mitterrand)
(mis à jour dimanche 18 novembre 2007 à 08:58)

03/07/2009

03/07/09 - 08:01

Voilà...

Il y a un an, jour pour jour, ma mère décédait. Dans son sommeil. Sans se rendre compte de rien. Sans rien voir...

Et moi non plus, sombre con, cette nuit-là, je n'ai rien vu.

Sans doute étais-je dan mon fauteuil, à bouquiner, voire sur Internet ou dans l'oubli d'un énième plan cul.

Cette nuit-là, ma mère n'a pas crié (semble-t-il), et tout cela s'est passé dans l'indifférence internationale générale. Moi non plus, je n'ai pas crié, fors peut-être devant tel point de Rafa (qui l'an dernier était pour la première fois, ironie du sort, en finale de Wimbledon) ou dan le cul d'un type dont je serais bien incapable de dire aujourd'hui le plan.

Un an.
Tout juste un an.

Un an, ça n'a aucun sens aucune valeur, aucune constance, rien: on se dit juste "tiens, bordel, ça fait un an". Et l'on s'émerveille du temps qui passe.

Que dire? Rien, justement. Rien d'important, rien de sensible, rien d'intelligent. Non, rien, au fond.
Sauf que, depuis un an, je le sens bien, je ne vais pas très bien et je pars un peu en vrille. Mon meilleur ami me dit que je suis dans un processus d'auto-destruction. Depuis une semaine, il n'est plus mon meilleur ami.

Il y a les amis, les camarades, qui vous disent:

- Allons, allez, c'est la vie... il faut bien se reprendre; c'est comme ça, on est obligés.

Ouais, c'est sûr... Et il y a un peu d'irrationnel dans mon mal-être désormais structurel.

Ma mère, oh, ma mère... C'est clair qu'on n'était pas trop fusionnels, elle et moi. Pour elle, vilain petit canard transformé en cygne parce qu'il fallait bien que sa vie prît un jour un sens, j'étais "juste un moyen de normalisation" (sic). Prends ça dans la gueule, mon bon Griffin.

Ma mère, c'était aussi cette femme qui, comme ça, sans y penser, était capable de lâcher, devant mes oncles et tantes, voire des étrangers, lorsque j'avais onze ou douze ans:

- Tiens, vous savez quoi, JC, Griffin m'a dit l'autre jour qu'il commençait à avoir des poils. Il devient un homme...

Et en même temps - et, ici, je sens déjà que ça va faire ricaner les mecs qui nous parlent de New-York à longueur de posts - ma mère, c'est cette femme qui m'a emmené en vacances à la Tranche-sur-Mer, avec sa 4 L et sa caravane pliante achetée à crédit, pour l'occasion

Ma mère, c'est cette personne qui me disait, lorsque j'avais cinq ans
- Souris, Jc souris, pour avoir de belles rides, comme Sacha Distel. Ne deviens pas comme moi: sur ton visage, on doit voir que tu es heureux.

Ma mère, c'est cette personne qui m'appelait tous les dimanches, ce qui me rappelait que c'était moi qui aurais dû l'appeler, qui passait une heure à me parler de son jardin, de son chat ou d'autre chose, pendant que je m'ennuyais au téléphone et n'étais pas très à l'écoute.

Ma mère, c'est celle qui m'a transmis la pire des maladies héréditaires qui soit: l'angoisse. Et que mon éventuel lecteur ne me fasse pas, ici, l'injure de confondre "angoisse" et "anxiété".

Aujourd'hui, quand j'explique à des jeunes gens que je suis à 50% Allemand (je mens, en fait: je dois l'être à 25%) et que ça n'a pas été simple, ils ouvrent de grands et me disent:

- Avec votre couleur de peau?

Eh bien oui: avant d'être brûlée, réduite en cendres et dispersée en bois d'Argonne, ma mère avait un corps et était blonde aux yeux bleus. Tout le contraire de moi...

J'arrête là: il y tant tant de choses à dire, encore...

Rafa me manque...

Je suis incapable d'écrire sur ma mère...

(1942-2008): voilà tout... Bientôt moi.

28/06/2009

28/06/09 - 21:23

Mes posts sont comme moi: éphémères.

28/06/09 - 17:28

Activité ludique ou En passant


Ami pornophile - mon semblable, mon frère - sauras-tu reconnaître ce garçonnet?

18/06/2009

18/06/09 - 02:24

A deux heures vingt-quatre


Je suis malheureux, sans raison objective, et je n'arrive pas à dormir.

16/06/2009

16/06/09 - 21:09

Que retenez-vous de l'année 2008 ?

Ceci: ne rien taper, ne rien écrire sur GA lorsque l'on a le moral à zéro. A la limite, s'ouvrir les veines ou se scarifier, plutôt.

- Il dit.

15/06/2009

15/06/09 - 22:19

En ce moment...


J'en ai un peu marre de blesser par ma lourdeur et mon inconséquence, voire ma beauferie atavique, des gens que je respecte et que j'aime bien.

Fatigué de moi...

Perte de moi...

Heureusement qu'il y a la vraie vie, pour me rattraper - un peu... bof.

10/06/2009

10/06/09 - 20:04

Re: tes questions

Réponse à ton message du 09 juin

Salut Griffin*,

Je vois que tu te fais du souci quant à l’origine de (...) Tu m’avais posé la question l’an dernier mais tu avais tant de choses en tête que tes pensées étaient déjà ailleurs quand je t’ai répondu (...): Trop de stress accumulé agit comme un poison et nuit à celui qui le subit.

[...]

En ce qui concerne Danielle, dis toi qu’on peut rééduquer que celui qui le désire. Mais elle ne le désire pas, donc, son cas est désespéré. Son manque de tact irréductible est pire que tout. Elle aurait pu compenser ce handicap, son manque d’éducation, elle aurait pu les compenser par des efforts personnels. Mais non...

Bon, je t’embrasse, essaie de te porter bien, malgré tout,

Guillette.


* Les noms de personnes ont presque tous été modifiés.



05/06/2009

05/06/09 - 08:56

2009: année de la meuf?



A dix-huit ans, je rêvais d'avoir des enfants.
A l'époque, j'étais capable de développer de grandes théories visant à montrer que vivre sans avoir d'enfant n'avait fondamentalement aucun sens.
Je parle d'une époque où le petit-provincial-pas-du-tout-dans-le-milieu que j'étais n'imaginait même pas qu'un homo pût adopter un enfant, ni un couple de mecs s'arranger avec un couple de femmes, ou avec une mère porteuse, ou tout ce qui se fait aujourd'hui. A dix-huit ans, ma seule culture homo, c'était Pasolini, Hugo Marsan, quelques regards attrapés dans la rue, Gai pied hebdo et les sous-bois obscurs de N***.

A dix-huit ans, tandis que vous vous éclatiez à Ibiza, à New-York ou je ne ne sais où, moi, j'enchaînais centres de vacances, centres de loisirs et animations diverses.

- Je suis sûr que tu ferais un très bon père.

Vingt ans plus tard, je le pense toujours. Je veux dire: qu'il faut avoir des enfants pour ne pas se suicider à trente ans. Et l'exemple de tous les couples hétérométrés que je fréquente au quotidien me le montre bien.

Il a douze ans, peut-être treize. C'est le fils adoptif de mon collègue S., qui oublie qu'il m'a fait quelques confidences, certain soir de beuveries, et qui me le présente ce lundi comme son fils - "naturel", dira-t-on. Il ignore combien je suis sensible à ce genre de distinctions.
Une bonne bouille de petit Africain - de petit Gabonais, car, rappelons-le, tous les Africains ne se ressemblent pas, loin s'en faut - avec des grands yeux et une certaine tchatche. Douze ans, treize ans peut-être: l'âge où tu oscilles encore la naïveté ou la spontanéité de l'enfance et, déjà, la gravité de l'adolescence. Intéressant: j'aime bien. Quoi d'autre? Ouais, il est sympa, ce gosse, et je passe un quart d'heure à discuter avec lui.

- C'est dingue: il t'en a plus dit en un quart d'heure qu'à moi en dix ans.

Mouais, soit. Sympa, le môme. Mais on retombe vite sur les histoires de footabll ou de Wii. Génial...

Je dis à S, sincère:

- J'aime bien les gosses, mais ceux des autres. Ou alors en photo.

S me confirme: avoir un gosse, ce n'est pas de tout repos.
En aurais-je encore envie, aujourd'hui? Pas si sûr. En fait, je préfère me complaire à me rappeler qu'à dix-huit ans, je crevais d'envie d'avoir un gosse.

Un garçon. C'est ça qui a fini par m'alerter. Et me faire définitivement renoncer.

Avec le temps, l'envie d'avoir des enfants m'a un peu manqué. Je mens: elle est devenue secondaire. Ou alors, je me suis résigné.

Depuis que j'ai commencé à travaillé, mon héritier, c'est mon petit filleul. Il le sait, le ladre, et il attend ma mort avec impatience.
Non, je plaisante.
Enfin, je n'en sais rien.

Il faudrait quand même que j'arrête d'appeler mon petit filleul "mon petit filleul": si je compte bien, il doit avoir trente ans, quand même, maintenant - et il joue les décorateurs ou les architectes d'intérieur au Japon.


Enfin bref: 2009, année de la meuf?

04/06/2009

04/06/09 - 23:12

Blek le roc



Blek le roc, c'était lui. Dans mon souvenir, on lisait ses aventures dans des albums en format de poche, à la couverture souple et au mauvais papier jauni qui sentait l'automne. C'était des bouquins qui devaient dater des années 50 ou 6o* - des bandes dessinées.
Oh, bien sûr, chez moi, il n'y avait pas de bandes dessinées! On n'avait pas le droit de perdre son temps à lire ça:

-Jules Verne a écrit de si belles histoires.

Alors, ces Blek le roc, d'où venaient-ils? C'était sans doute de la récup', d'un foyer paroissial ou d'un vide-curé quelconque. Et comme chez ma grand-mère, on ne jetait rien, et surtout pas les livres...

- Un livre, c'est sacré; ça ne se jette pas!

Elle avait dû les garder comme ça, bien embêtée, la Mamie, dans le grenier ou dans le cagibi.

Et ce petit fouineur de Griffin avait fini par tomber dessus.

- C'est incroyable, ce gamin, toujours en train de fouiller de partout. Comme s'il cherchait quelque chose...

Il cherchait. Il ne savait pas quoi. Il a fini par tomber sur Blek le roc. Sur Blek le roc.

Aujourd'hui, je serais bien incapable de dire de quoi parlaient les aventures de Bleck le roc. Je me rappelle juste que j'aimais bien les lire, lorsque j'avais dix ou onze ans. Et qu'il s'appelait Blek, et que c'était un roc.
Ah, si: ça devait se passer dans la montagne, ou dans la forêt - "la forêêêêêêt!", eût renchéri un vieux prof de littérature d'ailleurs pas si vieux que ça, mais ici déjà plusieurs fois évoqué, "relisez donc Détruire, dit-elle, mon bon Griffin: c'est essentiel, pour vous. E-ssen-tiel!

Dans ces albums, ou revues, ou volumes - je ne sais pas trop comment les définir - on trouvait aussi régulièrement une publicité qui montrait un homme avec des muscles plein partout - comme Blek le roc - et l'on nous expliquait qu'il était parvenu à ce résultat en quelques mois, grâce à une méthode inédite, fabuleuse et accessible à un prix modique. Chaque fois, je me promettais de faire des économies et de commander un jour ou l'autre - dès que possible - cette méthode, ce qui était d'autant plus ridicule que je n'ai eu aucun argent de poche jusqu'à l'âge de seize ans.

Les années ont passé, et force m'est d'avouer aujourd'hui:

Que, dans mes dérives sexuelles ou dans ma vie sociale, je n'ai jamais rencontré de garçon qui s'appelât "Blek", ou même "le roc"

Que si je plaisante souvent sur la dimension érotique pectoraux et du biceps gauche d'un petit prince majorquain, je désire assez peu, dans la vraie vie, les mecs exagérément musclés. Ceux qui se sont, à la faveur de tel hasard, un soir ou l'autre égarés dans mon lit, m'ont d'ailleurs toujours, je crois, prodigieusement ennuyé, par leur narcissisme primaire

Que je n'ai jamais acheté la fameuse méthode, ni n'ai jamais mis les pieds dans quelque salle de gym

Que je relirais bien cependant un Blek le roc ou deux, si l'occasion m'en était donnée. Après tout, ça vaut bien un Duras**.



Hum-hum.. oui, bon, ok, puisque, ces jours-ci, je dis tout (ou presque...enfin, à ma manière), l'honnêteté me pousse à préciser qu'à la même époque, ou peut-être un peu après, j'ai découvert RAHAN - le fils de je ne sais plus qui.
Comment l'ai-je découvert? Mystère... Sans doute un autre vide-curé.
N'empêche, qu'est-ce qu'il était, qu'est-ce qu'il, sexy, ce Rahan!!! Et en plus, il avait un de ces couteaux. En os, le couteau, en plus: en os! Mama mia!

Un jour peut-être, après deux ou trois bouteilles de Riesling, je dirai mes primes érections émois rahanesques - ou rahaniens? non, rahanesque me semble décidément plus juste.

Ouais, à la réflexion, Rahan, ça devait être le premier livre à lire à une main que les curés ou leurs grenouilles offraient aux premiers communiants.



________________

*Quoique je voie, sur l'illustration, qu'il était (encore?) édité en 1989. Bizarre... mes souvenirs se mélangent et se heurtent.

** D'après 1971, Népo, d'après 1971 - seulement.

03/06/2009

03/06/09 - 22:56

Communion



Un jour, peut-être cette nuit, peut-être jamais, j’écrirai sur cette photo. Sur ce gamin à la couleur de peau bizarre, qui se tient là dans une position tout aussi bizarre et dont j’ai aujourd’hui oublié le motif, ce gamin qui, à l'évidence, fait déjà preuve d’un sens aigu de la mode et de l’esthétisme... Je raconterai peut-être, alors, que ce gamin trouvait à l’époque du dernier chic de porter des chemises moches à fleurs moches, comme son oncle, son parrain, son héros, qui travaillait alors en Nouvelle-Calédonie et qui, tout au cours de sa vie, n’a jamais été là au moment où il le fallait.

- Puisque tu veux vendre la maison...

Les socquettes rouges dans des sandales restent, quoi qu'il en soit, définitivement inexplicables.

Je parlerai peut-être aussi de la Mémé, cette vieille dame en tablier (cristi, mais pourquoi mon arrière grand-mère et ma grand-mère portaient-elles tout le temps des tabliers ?) et en cheveux gris, qui n’aimait pas les Allemands (son mari avait été tué par les Allemands, en Argonne, en 14) et qui éprouvait une sorte de méfiance organique envers tout ce qui était un peu basané, un peu de "ces pays de là-bas" mais qui avait fini par admettre qu’il était bien élevé et bien gentil, fallait le dire, le petit noir de la Lisette.
Je parlerai peut-être aussi de cette autre femme dont on ne voit pas qu’elle est aussi en tablier et qui ne ressemble à rien, avec ses boucles brunes et ses grosses lunettes, mais qui est tout. Là, sans doute, j’aurais du mal à ne pas pleurer. Et sur Internet, c’est sale, c’est minable, c’est risible, de pleurer. Bof, je m’en fous de plus en plus, d'Internet. Alors on verra bien...
Je parlerai peut-être même de la maison, qu’on aperçoit derrière, qu’on avait plus ou moins filé à mon arrière grand-mère pour la consoler d’être veuve de guerre, et que ma grand-mère a refilé, plus tard, à ma mère, peut-être pour la consoler d’être elle.
Et puis, si j’ouvre une bouteille de Riesling, ou deux, je raconterai peut-être qu’on l’a vendue, cette maison, voilà une vingtaine d'années – bien obligé : ma mère n’allait pas finir ses jours, toute seule, dans ce petit village de 600 habitants - et que les gens qui l’ont rachetée ont effacé nos mesures, qu’avait prises et notées ma grand-mère sur l’un des murs vert-pomme de la cuisine, de nos trois à seize ans. Ils ont coupé le grand saule pleureur de la cour, aussi.

Si j’ouvre encore une autre bouteille de Riesling, ou deux, ou trois, je parlerai peut-être même de la Renault 4 que l’on voit sur la photo. Ma mère a toujours eu des Renault, ce, jusqu’en 1987 ou 1988, date à partir de laquelle on n’en a plus produit et où elle a dû consentir investir dans une Renault 5. Une folie! Mais pour moi, ça changeait tout : il y avait les vitesses au plancher, et les fenêtres s’ouvraient avec des manivelles, comme les voitures des copains. Enfin bon, ne brûlons pas les étapes. Cette Renault 4, ce n’était pas n’importe quelle Renault 4 ! Un œil averti vous le dira : c’était une Renault 4 SAFARI ! Et dans la caboche du négrillon osseux que l’on voit à côté, " SAFARI", ça voulait dire désert, aventures, grands espaces et Bleck le Roc. Ne cherchez pas à comprendre : moi-même, je ne comprends rien à ce que j’écris. D’ailleurs, qui d’autre que moi à jamais lu Bleck le Roc?

- Eh, t’es fou, Griffin, ou quoi ? Tu vas essayer de raconter une Renault 4 à des gens qui ne connaissent qu’Armani, Agnès B. et Jean-Paul Gaultier ?

- Non, non, je rigole : bien sûr que je n’en parlerai pas. Et puis, d’ailleurs, ce n’est pas le sujet de cette photo.

- Alors, quoi ?

Je ne sais pas… Sur cette photo, il y a aussi une jeune femme très jolie (on ne voit pas son visage mais si, si, je te promets, sur ce que j’avais de plus cher au monde, peut-être sur cette Renault 4 SAFARI) qu’elle était vraiment très jolie,à l'époque - et qui porte une robe très jolie aussi (je vous emmerde : elle est vraiment très jolie, cette robe, et puis c’est tout). Et cette jeune femme très jolie, elle embrasse une autre jeune femme qui est ma tante, enfin, la femme de mon oncle. Elle était jolie, elle aussi, cette jeune femme, à l’époque. C’était une illusion, ou un leurre : trente ans plus tard, elle a les cheveux courts et une gueule de bouledogue. Elle sue la haine et la jalousie. Cette femme, c'est cette salope de Danielle.

- Quand même, heureusement que la Mamie était là. On ne sait pas, tu aurais pu tourner mal : tu aurais pu devenir un tueur, un violeur ou même un terroriste. C’aurait été compréhensible. Ca arrive, souvent, tu sais. Il y en a beaucoup qui n’ont pas eu ta chance.

Je la regarde, je réfléchis à toute vitesse. Bien sûr, je pense à Cédric et Bastien, qui n'ont rien à voir avec tout ça - ils sont conformes, eux - et dont c'est la journée. Alors je me contente de lâcher, glacial:

- Eh bien tu vois, c'est sans doute que j'ai été bien encadré.

Pourquoi la jeune femme de l'époque embrasse-t-elle cette salope de Danielle ? voilà plusieurs jours que je regarde la photo et que je me pose la question…

- Il ne faut pas trop regarder les photos, dirait Isam, H alias I. Il a raison et il a beaucoup raison depuis une semaine.

- « Regarder, regarder… re-garder », dirait un Professeur d’Université, spécialiste mondial de l’angoisse en littérature, qui dirigerait, par exemple, le mémoire d’un étudiant un peu paumé : « ne faut-il pas entendre, ici, garder à nouveau ? »

Un jour, pour faire plaisir à Isam ou à quelque autre, je brûlerai toutes ces photos. Je ne garderai rien. Mais il sera trop tard. Il est déjà trop tard.

Qu’est-ce que je disais ? Ah, oui...Sur cette photo, il y a cette salope de Danielle, une jeune femme, une dame qui a soixante ou soixante-dix ans et une autre dame qui en a quatre-vingts ou quatre-vingt-dix. Et puis un gosse, sans âge, qui ne sait pas quelle attitude, quelle position prendre. Et puis il y a une Renault 4 (Safari) et une maison ; mais ça, personne ne le voit, parce que c’est le décor, « l’arrière-plan », comme disent les jeunes d'aujourd’hui. Ce que l’on met à l’imparfait. Ca ne compte pas...

Voilà trente-six ans, trente-cinq peut-être, cette salope de Danielle a flingué la vie de la jeune femme à la jolie robe rose. Pour une remarque. Pour un refus. Pour une humiliation. La photo, c’est plus tard, mais l’outrage n’est pas oublié, pas du tout, et il est à se demander le sens profond de ce baiser – de serpent.

Ma mère est morte.

La semaine dernière, enfin je crois, enfin c’était à l’ascension ou à la Pentecôte, un truc comme ça, un truc de curés mais grâce à quoi l'on ne travaille pas, bref, à la première communion de Cédric et Bastien, cette salope de Danielle a réussi, en quelques phrases, assénées tout au long de la journée, à flinguer la vie du gamin moche à la chemise hideuse et à l’attitude bizarre qui est avec les autres sur la photos.

- En fait, en définitive, est-ce qu'elle t'a avoué, je veux dire, est-ce qu'elle a fini par te dire...

Et tous les efforts que le gamin faisait depuis six mois ont d’un coup été anéantis. Lui aussi. Salope de Danielle!

Un jour, peut-être, lorsque j’aurai trouvé les mots, je raconterai ça.

Je ne sais pas...

31/05/2009

31/05/09 - 07:55

C'est drôle

Cette photo, prise un peu au hasard, ne laisse de me faire réfléchir.

31/05/09 - 00:08

Centenaires



Mon oncle François, le prof de bio, m’envoie un courriel, comme à toute la famille :

« Cette année, Maman aurait eu cent ans. Je tenais juste à vous le signaler : ça fait bizarre »

Celui qu’il appelle Maman, je l’appelle Mamie, car je ne suis que le petit-fils. C’est bien d’ailleurs ce que m’a rappelé mon oncle Patrick, qui est mon parrain, qui portait des shorts en hiver parce qu’il revenait toujours d’Afrique, du Brésil ou de Nadal-sait-où et qui est le seul qui n’avait jamais cherché à comprendre, à l’époque :

- « Et encore, toi, tu n’étais que le petit petit-fils ».

Ma grand-mère aurait eu cent ans… Je crois que ce qui m’ébranle, c’est la concision et la correction de cette phrase, tout simplement. Rien à dire: implacable constat.

Je me revois, dix-neuf ans en arrière, deux jours avant mes examens. Je n’ai pas eu de peine, non : je ne comprenais rien. Je refusais de comprendre. Je mens : je crois que j’étais totalement incapable de comprendre.
La mort, tout ça, ok : je me suis tapé pendant un an M. Ernst les cours de M. Ernst, alors ça va, je peux faire des dissertations là-dessus. Je peux aussi taper sur l’épaule d’un ami, ou prendre une amie dans mes bras, pour lui signifier que je suis là, que j’aime et que je comprends même je ne dis rien parce qu’au fond, il n’y a rien à dire. Bien sûr, je mens : je ne comprends rien. Mais c'est plus facile de ne rien comprendre quand il s'agit des autres.

Dans l’église ce jour-là, j’entends le prêtre débiter un tas de bêtises et de lieux communs sur ma grand-mère, soudain devenue un personnage de roman, voire une sorte de sainte. Effaré, je ne comprends pas ce besoin qu’il a de recouvrir d’une croûte, de faux-semblant, quelqu’un d’intrinséquement si beau.

Je ne comprends pas ce que je fais là. Je ne comprends pas ce qui se dit. Pour moi, la Mamie, c’est juste cette petite bonne femme d’un mètre cinquante qui m’a récupéré à la maternité, quand ma mère en étant encore à envisager allègrement les modes de suicide les plus discrets, et qui m’a nourri, goutte à goutte :

- Elle avait si peur ! Elle ne savait rien. Elle faisait bouillir le jus de carotte, mais aussi la tétine, le biberon et la cuillère. Elle avait tellement peur que tu ne meures. Tu étais si maigre. Ca en devenait ridicule.

Dans l’église, il y a le curé qui joue des mains, qui fait des effets de manche et qui agite les bras pour nous faire lever, asseoir ou même agenouiller. Il peut crever : je suis là pour ma grand-mère, ce petit bout de bonne femme qui avait l’intelligence du cœur mais qui, toute sa vie, a eu la bêtise de croire qu’il existait effectivement un dieu planqué quelque part, en tapinois, derrière un nuage, qui la matait, histoire de décider si elle irait au paradis, au purgatoire ou en enfer. Un dieu qui lui tapait sur l’épaule, dans son sommeil, et lui disait :

- T’inquiète, la Dédée, la vraie vie est ailleurs. Une fois que tu auras bien porté ta croix, tu pourras enfin accéder au bonheur et à la sérénité.

Jamais, jamais, je ne m'agenouillerai devant ce dieu, ou ses idoles.


Il dit : « Et encore, tu n’étais que le petit-fils ». Il a raison. Je ne suis rien. Juste celui qu’elle a décidé de ne pas laisser mourir, malgré tout ça.

Que dire de ma grand-mère ? Je ne sais pas : ce serait si sot, si grossier ou si fade, si ridicule. Au fond, il avait raison, ce connard de Ernst.

Elle est celle qui a effacé ma couleur (elle s’est fâché, à l’époque, elle à dit, à mon arrière grand-mère et à tous : non, non, hors de question qu’on dise que c’est un petit Africain qu’on a adopté à cause du Biafra), elle est celle qui a imposé mon nom allemand (eh oui lecteur, ça t’étonne, hein : je porte effectivement un nom allemand, qui n’est pas tout à fait le mien, mais c'est une autre histoire). Et huit jours avant de mourir – je mens : c’était peut-être deux ou trois jours – elle m’a tout raconté, à l'hôpital :

- Tu sais, Griffin, le grand amour, le coup de foudre, tout ça, ça n’existe pas. C’est des histoires. Trouve-toi une femme, ou un homme, avec qui tu t’entendras à peu près bien, et essaye de construire avec elle, ou avec lui, une vie possible, c’est tout. Le reste, c’est pour le cinéma ».

Quoi d’autre ? Rien, je ne sais pas.
Ah, si – j’avais quel âge ? dix ans, douze ans, peut-être:

- Dis, Mamie, et si Maman devient vraiment folle ? Et s’ils l’hospitalisent définitivement ?

- On n’en est pas là, pas encore. Pas du tout. Et puis, moi, je serai toujours là.

En juillet dernier, pour des raisons que je raconterai sans doute ici dès que j’aurai trouvé les mots, je suis allé dans ce petit village, La Grange-aux-Bois. J’étais tout seul, avec cette urne entre les main et mon incompréhension dans la tête et dans tout le corps.
J’avais eu besoin de l’autorisation du maire, pour faire ce que j’avais à faire.

- Ah, vous êtes un cousin du Moreau. Bien sûr, je le connais bien.

Du coup, je ne sais pas, par peur, peut-être, qu’ils apprennent que j’étais venu, et qu’ils se vexent de ce que je ne sois pas passé leur dire bonjour – ces quatre qui sont de la génération de ma grand-mère.

- Griffin ? Euh, non, désolé, je ne vois pas.
- Mais si, enfin, je venais de temps en temps, quand j’étais gosse. Je suis le fils de la Lisette.
- …
- Mais si, rappelez-vous, la Lisette : la fille de la Dédée.
- Ah, la Dédée. Oui, c’est vrai. T’es le petit Africain, c'est ça ? Le petit-fils de l’Allemand?
- Oui, c’est bien moi.

On boit un mauvais café, on mange, comme autrefois, une madeleine, ou une tartine de beurre au Benco, on parle un peu, pas trop: que dire?

Je réalise tout à coup que tous ces gens, la Jacqueline qui s’est mariée à un protestant, le Pierre qui était un sacré coureur, le Jacques qui est un ours et qui ne quitte jamais sa menuiserie, le Jean qui était un intellectuel et qui a travaillé aux impôts mais qui n’est pas « mauvais cheval » même s’il à épousé une fille de Ste-Ménéhould, tous ces gens de la génération de ma grand-mère, c’est sans doute la dernière fois que je les vois : bientôt, eux aussi, ils vont mourir…

Bientôt, il n’y aura plus personne pour m’appeler « gamin », ce gamin différent mais qu’on a excepté parce que c’était le petit-fils de la « Mandrée », plus personne pour me comprendre sans explication quand je dirai un truc du genre :

- Je suis allé voir le maire et il m’a donné les autorisations : je vais disperser les cendres dans l’arbre creux

- L’arbre creux, il se trouve à cent ou deux cents mètres du cimetière, ce cimetière où ma grand-mère me faisait visiter les tombes et comprendre que la moitié de celles-ci étaient celles de ma famille – puisque je suis, finalement mais résolument, de cette famille.

Dans ce cimetière, il y a surtout une tombe, qui ne ressemble à rien, qui a été payé par l’Etat: c’est la tombe de mon arrière grand-père, « tombé » à la première guerre mondiale, comme on dit. Et chaque fois que je me recueille devant cette tombe, je me dis désormais que mon arrière grand-père est nettement plus jeune que moi. C’est drôle, non ?

Au-dessus de mon arrière grand-père, il y a ma grand-mère, et ça aussi, c’est drôle, quand on pense que, dans les années 60, au lycée Margueritte de V***, ma mère et mes oncles et tantes se faisaient traiter de sales boches par leurs petits camarades.

Et puis, encore au-dessus, il y a ma grand-mère.

Ma grand-mère… C’était un an avant, en 1989... J’étais étudiant à Strasbourg. Ma mère m’avait laissé un message : elle s’est cassé le fémur, elle est hospitalisée.
Bien sûr, c’est ma mère, elle n’était pas hospitalisée, et s’était cassée le poignet. Qu’importe : avec mes dix-huit ans, ma peur panique et mon vélo, j’ai traversé Strasbourg à deux heures du matin. Les clochards, les rôdeurs, les pervers dans la gare, la vieille qui déambulait dans le hall en poussant un caddie et en hurlant des choses qu'on ne comprenait pas... Je me souviens de mes larmes, de mon cœur qui me semblait soudain glacé. J'avais peur, de sa mort alors irrationnelle – rien d’autre : je ne parviens pas, aujourd’hui, à retrouver le Griffin de 1989, et cela aussi, ça me fait... peur.

Elle, ma mère, avait compris. Sans que je lui dise rien. Elle était là, à 4h00 du matin, en gare de Metz, au milieu des militaires. Une chose est à ne pas retirer, c’est que ma mère et moi, plus nous avons vieilli, plus nous nous sommes compris sans avoir besoin de passer par les mots. Il y a juste… le 3 juillet 2008, que je n’ai pas compris, et qui relancera sans doute mon processus de destruction dès que j’en serai sorti – passons.


- Elle me racontait, aussi, combien, enfant, elle avait joué dans l’arbre creux.

Même Isam, même Isam, ne peut pas savoir aujourd’hui combien elle et moi avons joué dans l’arbre creux. Isam n'existe pas vraiment. Isam, je le sais, est une construction que je fais à partir d'Isam. "Cristallisation?", dirait Stendhal: non, c'est beaucoup plus que ça. Mais c'est une autre histoire. Ma grand-mère aurait eu cent ans cette année. Bon sang, ça fait drôle !


Et moi, au fait, j’ai quel âge, maintenant ? Je ne sais plus… J'ai plus de souvenirs, beaucoup plus, que si j'avais cent ans...




30/05/2009

30/05/09 - 22:05

Vie de merde



Et en plus, j'ai reçu aujourd'hui, coup sur coup, deux messages personnels de Philippe de Villiers.

Si, si, promis: c'était vraiment lui, au bout du fil. Et il me parlait vraiment à MOI, Griffin!

Bon, comment a-t-il eu mon numéro, à moi qui ne me rappelais qu'à peine que j'avais encore une ligne fixe (en 08 ou 09, en plus, je crois), mystère...
Le chouan avait, qui sus est, bien prévu son coup: il s'adressait à moi personnellement mais je ne pouvais pas lui répondre, même en tapant frénétiquement sur la touche 1 de mon téléphone, ni le faire taire, ce que j'ai fait, finalement, et malgré mon amour du débat politique*, en raccrochant furieusement, par deux fois, donc.

M'enfin, ils sont vraiment prêts à tout, ces politiciens qui ont tous trahi nos parents, sans exception, et qui se soucient de l'Europe à peu près autant qu'Anatole (prénom fictif) de la première éjaculation précoce de Valéry Giscard d'Estaing.

Quant à moi, effaré par leur absence totale de vergogne, ... je m'attends désormais à tout - par exemple, à une pipe de Marine Le Pen, demain matin au réveil...




* "Mon amour du débat politique": mon cul, oui; il m'a quitté à la fin de mon adolescence, "mo anmour du débat politique", et définitivement abandonné un peu plus tard lorsque, à l'occasion de soirées étudiantes, j'ai croisé quelques apprentis sorciers science-potistes option politocards!

Et puis, à quoi bon la politique puisque, comme l'écrit quelquefois un jeune Parisien bien lucide: "à quoi bon, puisque, de toute façon, on va mourir"?

29/05/2009

29/05/09 - 04:56

Quoi d'autre?

Ah, oui, j'ai recommencé à me détruire. Car à quoi bon?

29/05/09 - 04:48

En ce moment?

Eh bien, je crois, tout simplement, que j'en ai plus qu'assez de devoir prendre, actuellement, des décisions qui me dépassent totalement et qui me rappellent juste qu'un jour ou l'autre, plus ou moins proche, je vais moi aussi disparaître dans le néant.

23/04/2009

23/04/09 - 22:48

Un ch'tit instant de grâce et de douceur




Non, non, ce n'est pas Rafa... mais il joue bien quand même.

21/04/2009

21/04/09 - 22:12

Coup de… cœur ou Ah oui, au fait…



On l’aura bien compris, les œuvres ici représentées ont assez peu de chance de se retrouver un jour sur mes murs.
En effet, elles appartiennent non à moi mais à… un certain M. Würth, c’est un Allemand – mais on s’en fout, hein : on est tous un peu Allemands – vendeur de clous, de vis et autres produits de quincaillerie, qui a toujours considéré que l’art était indispensable à la vie, quelle qu’elle soit et qui qu’on soit ; autrement dit, ce M. Würth pense que, pour que ses ouvriers soient heureux, il faut qu’ils puissent accéder librement (oui, oui: même pendant leur temps de travail), et gratuitement, aux œuvres d’art.
Et cela a donné, à côté de l’usine du même nom, en pleine zone industrielle, au milieu des champs de betteraves, cela… entre autre.
Et puis comme il est vraiment généreux, M. Würth, il a permis à tout le monde, y compris à moi qui n’y connais rien aux clous, aux vis et à l’art contemporain (ou pas), d’accéder à certains de ses trésors.

Quand même, quelle initiative géniale !

Bref, je crois que je l’aime bien, moi, ce brave M. Würth !
A bas de Wendel et vive les M. Würth, partout dans le monde !



Et dire qu’il a une fille…

21/04/09 - 13:14

La révolte des accents



- Mes chers amis, j'ai une nouvelle épouvantable.

La grande salle de la mairie, où s'échangeaient les oui des mariages, était pleine. Le maire n'avait pas l'habitude de réunir sans raison grave.

[…]

Don Luis s'épongea le front et reprit:

- La jonque nous a vole nos accents.

- Et nos epices, hurla Rigoberta, qui tentait à grands coups de coude de se frayer un chemin dans la foule.

On se regarda, sans comprendre. Pourquoi notre maire s'angoisse-t-il tellement? Les accents, la belle affaire! Nous avons perdu nos accents, et alors? Oh pouvait s'attendre à bien plus grave, un tsunami, une épidémie ...
Le maire reprit la parole.

- Les epices, helas, nous savons trop ce que notre cuisine leur doit. Mais les accents? Quelle est l'utilite d'un accent? Et qu'est-ce qu'un accent, au fond? Puisque nous avons la chance d'avoir parmi nous une savante en matiere de langage, je la prie de bien vouloir nous expliquer.

Tout le monde se tourna vers notre chère inspec¬trice, l'irremplaçable Mme Jargonos.
Elle rougit un peu et se leva. Comme elle avait changé! Elle, si maigre autrefois, si aiguë, si pointue, s'était arrondie. Depuis l'échec de ses fiançailles avec Dario-, elle avait trouvé refuge dans, la gourmandise. Elle passait son temps à table. Nos chefs l'invitaient à venir tester leurs recettes. Elle n'avait pas sa pareille pour suggérer qu'il manquait deux pincées de poivre à ce gratin dauphinois ou qu'avec un carré de cho¬colat jeté dans la.sauce, le coq au vin serait plus onctueux ...

- Les accents, puisque vous ne le savez pas ...



C'est court, c'est drôle, c'est naïf, c'est mignon, ça coûte à peine cinq euros et ça fait réfléchir (un peu) sur la langue, à une époque où Internet, le langage SMS et la langue de boeuf prête à consommer occupent le(s) marché(s). Enfin bref, j'adore!

21/04/09 - 12:51

Tiens...

J'ai bien envie d'aller au ciné, moi, ce soir vers 22h00, et notamment d'aller voir ce film:



Mais difficile de me faire une idée de sa qualité ou de son intérêt réel, à travers les quelques critiques que j'ai pu en lire ici ou là.

Alors, parmi les cinéphiles de ce site, en est-il qui auraient vu ce film et qui auraient la gentillesse de me conseiller?

Merci d'avance...

19/04/2009

19/04/09 - 18:28

Bientôt sur mes murs

Ceci




Et puis ceci



ainsi que ceci

 



"Il n'y a pas à avouer qu'on en est, parce que ce n'est pas une faute. Il n'y a pas à proclamer qu'on en est parce qu'il n'y a pas là de quoi tirer une fierté. Il y a simplement à dire qu'on en est parce que c'est comme ça. Ni honte, ni prosélytisme... Dire l'homosexualité, c'est la déculpabiliser." Jean-Louis Bory (1919-1979)



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"J'ai couru après le temps
Il portait un manteau de pluie
J'ai déchiré en l'approchant
Un bout de tissu et depuis

C'est à minuit que ça arrive
Quand vous passez au jour suivant
Moi je reste sur l'autre rive
Pour une minute encore vivant

Une minute pour se faire la belle
Avoir la lune sous mes semelles
Et les cheveux dans les étoiles..."



Renan Luce, "24h01" (extrait), 1960







Quand ils sont venus chercher les communistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait plus personne pour protester.


(Poème attrué à Martin Niemöller (1892-1984), pasteur protestant arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen. Il fut ensuite transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau. Libéré du camp par la chute du régime nazi, en 1945.)