26/03/2005

26/03/05 - 13:53

Vue en coupe du cerveau d'Anatole (1/3)

Le contexte : l'été 1989 à Montpellier(*). Il fait très chaud. Huit mois plus tôt, j'ai fini par me décider à en dire plus dans un courrier à mon ami Octave (prénom fictif) ; il a expédié en retour un "non" ferme et définitif, précisant que cela ne justifiait en rien de modifier nos amicales relations. Ce début de juillet, je suis pour une semaine hébergé par Octave. En effet je vais m'établir dans cette ville et suis à la recherche d'un logement en location.

Il doit être une heure du matin, je suis couché depuis une heure environ (sur la banquette du salon) ; je dors ou m'endors doucement. Octave est allé passer la soirée chez sa bonne amie Brunehilde (prénom fictif). Je l'entends rentrer et se diriger vers sa chambre. Cinq minutes plus tard environ, il entre dans le salon ; il est nu, il me prend la main et me dis "viens". Il me guide vers la chambre.

Il y a à ce moment un gros orage sur Montpellier. Je ne me souviens pas du bruit de la pluie. Je me souviens des éclairs qui illuminent la pièce toutes les deux ou trois minutes.

Il prend mon sexe dans sa bouche, peu longtemps. Nous échangeons les positions. Il m'invite très rapidement à le sodomiser -c'est ma première fois, mais je ne l'en informe pas. Il semble un peu agacé par ma maladresse et prend les choses en main (à sa suggestion je suis allongé sur le dos et il fait tout le travail).

J'ai souvenir de quelques instants où je voyais la scène en rose et blanc, comme à travers un filtre. Pourtant, je n'ai pas souvenir d'avoir eu ce souvenir dans les jours qui suivaient immédiatement l'événement. Je soupçonne fort mon cerveau d'avoir trafiqué la scène dans les mois qui ont suivi et colorisé l'archive.

Il y a quelque part un moment où Octave envisage de m'enculer et abandonne en disant "non, je n'en ai pas assez envie".

Il y a un long moment où je m'active, sans éjaculer (je m'étais masturbé une ou deux heures plus tôt...). De plus, mon prépuce est légèrement écorché et ça fait franchement mal en fait, mais je n'ai pas envie d'arrêter pour autant.

Il y a un moment où Octave me fait remarquer "oh, ma petite queue est toute molle". Ce doit être peu après qu'il me suggère de retourner me coucher. Moi "je ne peux pas rester dormir ici ?". Lui "non je préfère pas".

Le lendemain, aucune trace de tout ça au petit déjeuner. Aussitôt après, il sort rendre visite à sa bonne amie Brunehilde. Je passe dans sa chambre et y ramasse mon pyjama (si je ne l'avais pas trouvé, j'aurais admis très sereinement que mes souvenirs n'étaient qu'une hallucination et serais peut-être allé consulter...). Je quitte Montpellier pour un mois environ dans l'après-midi.

(*) Certains noms de lieux ont été modifiés.

commentaires

26/03/05 - 16:43

Rebond sur un extrait d'une entrée du blog d'Antaole (prénom fictif) :
C'est marrant, les premières lignes de ce post, jusqu'au milieu du deuxième paragraphe, ressemblent beaucoup à ce que j'ai posté aujourd'hui --> http://...
(Ceci était un rebond à reculons.)

Rebond sur un autre extrait (je ne suis jamais rassasié) : "Je soupçonne fort mon cerveau d'avoir trafiqué la scène dans les mois qui ont suivi et colorisé l'archive.". J'ai le même soupçon à propos d'un souvenir très précis qui est systématiquement au ralenti et avec des effets de caméra saccédée. C'est un souvenir d'enfance et dans tous les téléfilms, ce genre de scène met en oeuvre les mêmes effets (le père sur le point de porter la main sur son fils, sauf que dans mon cas mon père ne m'a jamais frappé et qu'un drame de ma vie est que c'est le seul événement qui puisse ressembler à quelque chose d'un téléfim parce que mon enfance est vierge de toute scène scenarisable.)

27/03/05 - 14:10

C'est fou comme le désir, chez vous, semble être associé au départ!

27/03/05 - 18:07

Et encore, monsieur Griffin, je n'avais pas encore posté le 3ème volet quand vous avez posté ce judicieux commentaire.

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