17/02/2008

17/02/08 - 14:05

(Sans numérotation). - Métablog.



Comme annoncé, la suite de ce blog aura lieu ailleurs, à l'adresse suivante : clic !

J'espère un jour pouvoir récupérer autrement que par aspirateur de ouèbe les textes écrits ici, pour les héberger de façon unique en un seul endroit.

D'ici là...

02/02/2008

02/02/08 - 13:27

DLXXVIII. - Métablog : fin.



Ici s'arrête ce blog. Il se poursuivra peut-être ailleurs, mais j'arrête toute connection avec la sphère gay.

J'ai longtemps été en addiction avec l'internet. Les chats. Même si ce n'était jamais dans mon esprit qu'une façon de passer le temps, de discuter dans la solitude parisienne. Je m'étais calmé.

Et mardi j'ai fait une énorme connerie, dont je me mords les doigts.

Je quitte aussi la France pour au moins quinze jours, je pense que c'est ce que j'ai de mieux à faire.

Bye.






L'excipit de cette époque :

"Aussi, à cette demande posée, il y a six mille ans, par l'Ecclésiaste : "Qui a jamais pu sonder les profondeurs de l'abîme ?" deux hommes entre tous les hommes ont le droit de répondre maintenant. Le capitaine Nemo et moi."

Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers.

29/01/2008

29/01/08 - 23:25

DLXXVII. - Lecteurs ! Je suis célèbre !



Avec le temps, on m'aime. Bientôt, le succès ?

Bientôt, plutôt, un commentaire de Brueghel, ça ferait pas de mal.






Deux jours à Casa, c'est un peu court. J'ai tout juste pu découvrir l'inventivité de la conduite automobile locale.

27/01/2008

27/01/08 - 23:28

DLXXVI. - "Play it again, Sam, play As Time Goes By."



Pour la première fois, j'ai travaillé le ouiquennede. En caleçon, grelottant dans l'appart pas très chauffé, les pieds serrés sur le plancher pendant que la couette bougeait derrière moi. De la fenêtre, on voit la tour Eiffel.

Plus tard retourné sous la couette : pour se serrer au réveil. Il me plaît.

Tout à l'heure je m'envole en catastrophe pour Casablanca. Etrangement, je n'ai pas trop envie de quitter Paris cette fois. J'espère que j'aurai toujours Paris.








24/01/2008

24/01/08 - 23:14

DLXXV. - Gangster ?



On découvre aujourd'hui partout la catastrophe boursière à laquelle doit faire face la Société Générale. Dans les limites de ce que l'on peut lire dans la presse publique, et de ce dont je peux donc parler, disons que...

Jérôme Kerviel, le trader accusé d'avoir fait perdre 4.9 milliards d'euros à la Sogé était selon Daniel Bouton, président de la Sogé, quelqu'un d'extrêmement compétent : "Il y a deux livres : le livre Société générale officiel dans lequel il passe des opérations pour des montants qui n'appellent pas l'attention particulièrement, parce que dans le même temps il passe (...) d'autres opérations qui annulent la première position. Les opérations passées pour dissimuler sont fictives et il a l'extraordinaire talent de les déplacer au fur et à mesure des contrôles, car il connaît le calendrier des contrôles." (conférence de presse du 24/01/2008 - source : Le Monde.fr).

C'est même quelqu'un de complètement démoniaque, capable de dissimuler des traitements sur plusieurs milliards d'euros (pour qu'il perde 4.9 milliards d'euros, il faut que les sommes investies soient de plusieurs dizaines de milliards d'euros) : dans son communiqué aux actionnaires, D. Bouton clame qu'il savait utiliser des "techniques extrêmement sophistiquées et variées."

Un truc sophistiqué, pour un trader, j'ose même pas imaginer quelle cochonceté c'était. Surtout qu'on apprend sur Le Monde.fr que ce brave monsieur intervenait sur des plain vanilla.

Moi ça me fait hurler de rire. Les plain vanilla, c'est la base de la finance. On apprend ça dès la première année quand on suit des cours sur le trading. Pour mémoire : les puts, les calls, et autres trucs commac. Même Bibi après toutes ces années à ne pas faire mumuse avec les browniens il se souvient comment ça fonctionne.

Bon, ça fait peur ?

'ttendez, 'tendez.

Selon la DRH du Groupe, M. Kerviel était "un être fragile", "sans génie particulier". La preuve ? Il touchait, primes comprises, dans les 100k€ par an, ce qui n'est pas grand'chose pour un trader de trente piges.

Et cette machiavélique médiocrité a quasi ruiné un des premiers opérateurs mondiaux (et mon banquier au passage) : le compte de résultat 2007 se prend une pomme directe de cinq milliards d'euros (sachant que c'est le résultat 2006...).

'videmment, les fondamentaux sont robustes, ragnagna, ragnagna : il était impensable qu'on communiquât autre chose - même si les agences de cotation ont passé la Sogé à un bête AA-. L'appel de capital de 5.5 milliards veut compenser la perte - et du coup la Sogé se met à la disposition d'une bonne vieille OPA de derrière les pâquerettes. Y'a une BNP qui lorgnait dessus il y a peu, et je sens qu'un bon vieux fonds d'investissement asiatique...

Le conseil de tonton Bad : achetez des actions Sogé la semaine prochaine, une fois que la cote aura perdu dans les 10% , et revendez lors de l'OPA (ou de la reprise du cours). J'dis ça, hein, j'dis rien.

Le trader ? Ah, oui, le trader. Sorti qu'il est en cavale et qu'il vient d'exploser sa vie professionnelle, moi tout ce que je peux en dire c'est qu'il montre le succès de la réforme Bâle II. Encore heureux que les assureurs vont passer à Solvency II sous peu : à mon tour je pourrai claquer les millions !

23/01/2008

23/01/08 - 08:46

DLXXIV. - Au matin.



i. N'avoir vu que d'un oeil le début du Parrain.

ii. Chercher des trucs sur la fonction PROBNORM de SAS sur internet au petit matin, car on n'a pas en journée accès au réseau quand on creuse un trou pour dévaliser une banque. Dur, la vie de gangster.

iii. Envisager de me mettre du coton dans mes joues et parler avec une voix faible, éraillée.

iv. Partir sans faire trop de bruit. Chut : il dort.

21/01/2008

21/01/08 - 22:53

DLXXIII. - Signé Furax !



Je découvre tout juste cette émission de 1951... et j'accroche !

Ou comment sous les voix de Francis Blanche et Pierre Dac, un mystérieux gangster se met à voler l'obélisque de la Concorde... le lion de Belfort... la place Leczinski !!!






Pour cette raison, je vous parlerai une autre fois de ce qu'il advint d'une framboise et de mon nez, au lit.

15/01/2008

15/01/08 - 23:23

DLXXII. - Ma vie à Gangstertown.



Avec le gang, on a repéré un coffiot à fort Monjol. C'est pas loin, le long de la rue. Non qu'on veuille s'offrir la rue des Morillons, quoi qu'il paraît qu'il y a un marché intéressant côté recel. Nini-Trois-Paluches en tout cas serait preneur, toute la question serait de pouvoir détourner le Pandore qui somnole à l'entrée pendant qu'un asticot quelconque irait s'esbrouffer les paluches dans les rayons.

Bref, on s'est dit qu'on allait faire dans le classique, le grand philharmonique à gomina. C'est toujours dans les vieux paniers à salade qu'on fait les meilleurs gangs, alors depuis que Momo-le-Dératé était sorti en un morceau de la Roquette sans passer par la case Deibler je m'étais promis de faire dans la grande tradition du Comique. Pas de l'Opéra-bouffe, non, non, un bon souterrain qu'eul Gaston Leroux il aurait pas rêvé mieux pour y faire traîner son coupe-sifflet.

Tous les matins après la session tracassin, je prends le 62, direction Morillons. Histoire surtout de larguer les branques qui me pistent depuis un temps. Mine de rien, au marché de Convention, je me la joue comme Robespierre en 93 : je me taille. Ni une, ni deux, hop on saute de l'omnibus, juste derrière le caisson de Barbe-la-Poisseuse, celle qui tue le chaland avec son poiscaille en direct du Havre par la case Tombouctou. Côté poque, ça change pas de quand elle était en état de gruanderie.

J'enfonce mon bloum, le beau du dimanche que j'ai chopé sur une roulante à refroidis qu'allait jouer un dernier bastringue à Charonne, je savoure un petit chasseur de brouillard à l'angle et zou derrière le comptoir Nestor. Faut soulever la trappe discrétos, pas facile-facile, mais avec un peu d'usage on parvient toujours à entrer dans le tunnel.

On y creuse un bon temps, avec Momo et Volfoni. C'est un boulot de rossard mais ça vaut autre chose que de la roupie de sansonnet. Trois mois qu'on est dessus, enfin, dessous : on a creusé de quoi fossoyer toutes les catacombes et les endormis de l'Assemblée au passage, sans compter les bande-à-l'aise du Président de la République.

Un bon gros tunnel, direction : la banque. C'est pas la boulange aux faffes, mais quand les bibis vont pleurer du plafond on crachera pas sur le grisbi. Des sacs plein les sacs, et je me mettrai au vert sans avoir besoin de Grenelle.

Pourtant je me demande si je fais bien m'associer avec ces deux zigues. À midi, en nous enfilant un petit galopin chez Eugène, je les entendais se vanter d'être bourrés. Bourrés ici, bourrés là, avec autant de bourrelets ils vont finir par jacter... ou me faire en plein turbin un nervous breakdown comme on dit de nos jours.

Va falloir que je songe à me séparer de leurs services. Après tout, le trou est déjà creusé.








14/01/2008

14/01/08 - 23:57

DLXXI. - Et l'on criera haro sur le baudet !



Après une longue étude en repassant, et une écoute attentive pour une fois, je me demande encore pourquoi Sylvie Joly fait l'objet de tant de vénération comminatoire.

Pourtant, j'en ai repassé, des chemises.

14/01/08 - 21:47

DLXX. - Liste de lecture(s).



i. Histoire de l'art, de Sir Ernst H. Gombrich. Il se trouve que je me trouvais en un lieu où l'on trouve des livres, figurez-vous. Il m'arrive d'être alors un vrai petit con : je passe devant une pile, j'aperçois à peine la tranche du carton, je tends le bras tout marchant et je continue, ma pile augmentée. Ce livre-là, hébergeant son papier bible, m'attendait au bout d'un escalier, et je le pris en passant, sans à peine y penser. Il parlait d'art, ça me plaisait sur le moment, et voilà.

Quelques mois plus tard, dans un moment où j'allais dévaliser les banques lusitaniennes (je ne fais plus de casses en Espagne : les ibères y sont trop rudes), je cherchais de quoi passer pour un gangster inoffensif dans les palaces vingt étoiles où je sirote mes Martini aune zeu roque. Je pris donc mon Gombrich dans la pile. Mon car il allait vraiment devenir le mien. J'ai toujours été très possessif pour mes livres, mais celui-ci fait partie de ceux qu'il ne faut surtout pas abîmer. Je l'ai lu partout - dans mon lit, dans le taxi, penché sur mon étui à violon (celui à mitraillette, avec le réservoir à Porto dans le manche), à six kilomètres d'altitude et lors des atterrissages, lorsqu'on n'y voit plus rien à moins de se coller contre le hublot et de quêter un peu de lumière de la nuit aux derniers astres rampants.

C'est un livre bête et simple. Tout ce qui fait plaisir lorsqu'on a besoin d'un bon peu de vulgarisation, et de se remettre les idées en place. Surtout lorsque, comme moi, la seule culture que l'on a est celle de l'autodidacte, le type malsain qui s'est tapé des musées sans toujours arriver à voir les grands axes, les longs souffles puissants qui traversent l'échine de l'Histoire - même lorsqu'elle dort.

Je ne vais pas dire que Gombrich m'a fait aimer Poussin - ou apprécier vraiment, totalement, Raphaël (sorti du Baldassare de Castiglione, qui est au Louvre et reste pour moi un de mes grands moments babas à regarder quelque chose de magnifique et à ne plus savoir quoi dire). Il m'a permis de comprendre un peu mieux les grandes tendances - de parvenir à associer des formes et, il faut l'avouer, à resituer pas mal de peintres, que je plaçais à de mauvaises époques.

Encore : découvrir des peintures de toute beauté. Par exemple, cette Ouverture du cinquième Sceau du Gréco, qui est à New York je crois.

Ou : flatter mon orgueil, car j'ai retrouvé sous la plume de Gombrich nombre de peintres que j'avais rencontrés lors de mes villégiatures, et qui me sont chers. Caravage, Franz Hals... Rembrandt, David, Goya.

Ou : lire ensuite M. Daniel von Broc s'esclaffer one ze ouèbe again "Gombrich ? Mais c'est une référence !"

Mais surtout apprécier l'immense humilité de cet homme.


ii. Harry Potter et les reliques de la mort, de Joanne Kathleen Rowling. Oui, il le fallait bien finir, ce cycle. Avec mon retard habituel, mais un peu moins que d'habitude, ce qui me permet avec certitude et un peu de bagout de briller en ville, écrasant d'un revers de main méprisant tous les doutes de mes contradicteurs, sachant pertinemment moi-même que je ne me souviens plus qui de Harry ou de Ron en fin de compte...

Seule chose à dire : un peu verbeux. Surtout la fin, où les longues dissertations du héros avec les mânes de Dumbledore et l'ultime combat avec le méchant.

Seule chose à confesser : le vrai héros, en fait, de toute cette saga, c'est Rogue. C'est le seul humain.


iii. La Forêt des renards pendus, d'Arto Paasilinnaa. Comme quoi ça sert de lire le Canard : on y découvre aussi des écrivains. C'est l'histoire d'un gangster finlandais (ah, tiens, un gangster !) qui a fait un casse il y a quelques années de ça, et vit de ses rentes. Sauf que... sauf que ses associés sortent de prison, notamment un ancien employé de commerce, qui a le goût du sang dans la bouche. C'est ainsi que commence le voyage de Rafael Juntunen quelque part prêt du cercle polaire, pas loin de renards qui pissent un peu partout, de quelques kilos d'or, d'un major en congé sabbatique pour cause d'alcoolisme et d'une Lapone nonagénaire qui ne veut pas aller à l'asile.

Ce sont des histoires de renards qui s'appellent Cinq-cent-balles, de putes qu'on envoie s'exhiber le popotin en dentelles dans des cabanons, de vieilles qui sont toutes heureuses de sortir du sauna en peignoir, de saules qui claquent en tuant des ours et de hurlements de chasseurs d'or qui tombent de sapins qu'on scie.

Simplement : à lire.


iv. La Vie devant soi, de Romain Gary. Pour la partie péteuse et de circonstance sur Emile Ajar, je vous renvoie à Wikipédia. Encore de ces livres que l'on prend sans y penser, juste en tendant la main, passant les bras chargés. Qu'on se met à lire parce qu'il fera bien le ouiquennede et un trajet de métro en complément.

Et qu'on lit en riant, avec un plaisir gourmand. C'est l'histoire d'amour entre Momo, un garçon de dix ans qui en revient pas de vieillir de quatre ans brusquement (mais c'est toujours ça de gagné : la vie, c'est pas facile), et qui vit chez Madame Rosa. Madame Rosa, c'est une grosse Juive tellement énorme que c'est pas possible, même lorsqu'elle porte une perruque rousse pour cause de féminité, et qui tient un clandé pour enfants de putes. Les jours où c'est la catastrophe nationale, que les voisins lui font une vie pas possible ou qu'elle pense à des choses tristes, comme les foyers juifs où ce que les Allemands ils avaient emmené Madame Rosa durant la guerre, elle sort de sous son lit le portrait de Monsieur Hitler, et rien qu'à le voir ça lui fait un grand bien pas possible.

C'est qu'il s'en passe des choses à Belleville, surtout lorsqu'il y a plein d'étrangers : c'est pas comme de l'autre côté de la Butte, là où ce qu'il y a des Français. Ici, il y a Monsieur N'Da Amédée, celui qui possède les meilleurs cent mètres de trottoirs, un maquereau qu'on appelle aussi proxynète. Et Monsieur Zaoum l'aîné, et Monsieur Waloumba, qui aident à porter Madame Rosa à monter ses six étages avec tout ses kilos qu'elle portait sur elle et seulement deux jambes. Ces six étages, c'était une vraie source de vie quotidienne, à Madame Rosa...






Ceci étant, Lecteur :

Je ne parlerai pas de ma vie privée dans cet almanach, si ce n'est pour narrer ceci : mon caprice samedi pour trouver des marrons chauds, lorsque j'ai eu marre de courir les soldes après au moins une trentaine de minutes éprouvantes à valdinguer de magasin en échoppe.

Et mon grand sourire d'enfant, mains brûlées et noircies, bouche ouverte aspirant l'air, plus tard vers Notre-Dame. Je ne souriais pas seul.

13/01/2008

13/01/08 - 23:54

DLXIX. - Heureux ?



Heu-reux !

09/01/2008

09/01/08 - 21:06

DLXVIII. - En courant, en se couchant.



Je suis de moins en moins présent sur le net ; ce n'est pas un mal. J'ai une pléthore de courriers en retard mais après tout je pense que ce n'est pas si grave que cela. Non que j'ai une vie fantastique ailleurs, mais ailleurs on peut aussi vivre.

Et plutôt bien.

Sans vous détailler pourquoi je fanfaronnerais en quelque façon que 2007 s'est achevée en feu d'artifice, et que j'aimerais beaucoup que 2008 se poursuive comme jusqu'à présent, Lecteur, je botterais en touche en vous disant qu'hier j'ai mangé du renne pêché avec les dents sur les Champs-Elysées (*).

Je suis crevé, je me lève demain encore à 4h20, mais peu me chaud. Nous sommes gouvernés par un peloton de ministres qui se la jouent directeurs de boîtes d'assurances et représentés par des Ray-Ban bling-bling qui nous offriront une éjac' faciale en gros plan sur Closer pour la prochaine grève, mais en fait je me dis qu'il y a des choses plus impressionnantes que la bêtise pour occuper ma vie.

Aussi je vous enlace juste, Lecteur.


(*) Mangé sur les Champs-Elysées, pas un renne pêché sur les Champs, hein, quoi qu'on y trouve suffisamment de fourrure au mètre carré pour refaire toutes les toges d'hermine des présidents de tribunaux divers si bien rognés par Dati-la-Dior.






La citation de Sire Constance :

"L'âpreté de l'hiver est vaincue par le doux retour du printemps." (Horace, Odes, I, 4.)

07/01/2008

07/01/08 - 00:27

DLXVII. - Frangipane, curry, vin, cidre, Mulan, Louvre.



Se réveiller heureux dans la chaleur d'un lit. Se lever sur un parquet qui grince, marcher jusqu'à l'évier, prendre un verre, collé contre un frigo qui ronronne.

Retourner sous la couverture, prenant au passage un livre de Calvino sur la cheminée. Allumer la lampe, sans faire trop de bruit.

Lire sur le côté, contre une respiration.

03/01/2008

03/01/08 - 23:04

DLXVI. - "Ah ! baise-moi des baisers de ta bouche !"


C'est sur cette photo de nos terres qu'a prise ma Maman que je vous souhaite...



Et de toute manière, moi je dis que c'est très bien parti.

31/12/2007

31/12/07 - 14:56

DLXV. - Un garçon sensible.



Jusqu'à la mort de mon grand'père, la facilité qu'il avait de pleurer lorsqu'il était heureux faisait toujours sourire dans la famille. On le moquait gentiment de ça. Pas une seule fois la saint Augustin ne passait sans qu'il y ait des larmes. Même maintenant, dix ans après, je me rappelle toujours le 28 août que c'est un jour particulier.

Mon grand'père aimait beaucoup les opérettes - et les ténors.

J'ai dû hériter : il me suffit d'entendre Nessun dorma, et je pleure comme Madeleine au pied de la Croix sur mon canapé.

Soyons grand : j'ai un train à prendre.

27/12/2007

27/12/07 - 23:56

DLXIV. - Censures ?



Tous à Zanzibar, de John Brunner : pas réédité depuis quelques années, il vient enfin de ressortir...

Les Mauvais garçons, de Eric Jourdan : pas réédité, indisponible.

Un Bonheur insoutenable, de Ira Levin : pas réédité, indisponible.

Les Amitiés particulières, de Roger Peyrefitte : pas réédité, indisponible;

Des gens en voudraient à des oeuvres majeures de la Essèffe ou tout simplement du XX° français ? Penser jeunes gens de manière surannée, ou le libéralisme et la machine, ça ne se ferait plus ?

Oups, désolé, j'ai dû laisser le cerveau dans le Falcon F-HBOL, avec le pouvoir d'achat et la guerre civile au Pakistan.

26/12/2007

26/12/07 - 22:44

DLXIII. - Je demande le vote du public.



Miscellanées


i. Cela faisait une semaine que la peau me faisait de nouveau mal. Cela faisait une semaine que j'étais rentré du Portugal. Cela faisait une semaine que j'avais rangé à la va-vite ma trousse de toilette sur la baignoire. Cela faisait surtout une semaine que je me lavais avec le shampooing.

ii. J'avais demandé pour Nowel un cadeau de fête des Pères. Je l'ai eu. Le placo n'a plus qu'à trembler. Maintenant, j'ai une bwatazoutil.

iii. Et aussi une quantité astronomique de verres. Qu'on ne dise pas que je suis soûlographe : si dans le château familial j'ai déblayé l'entrée de la cave, je ne me suis pas encore décidé à acheter des caisses. Pourtant, le Croze-Hermitage et le Saint-Joseph...

iv. Je n'étais pas très pour au début, mais depuis que mes parents ont relevé le blason et le titre, y'a pas à dire, voir du sommet de sa colline toutes ses terres s'étirer, entre Alpes et Massif Central, ça a de la gueule. On y peut voir le soleil se coucher, juste derrière le cerisier.

v. Je pourrais vous faire la version Cosette. Je dirais plutôt que j'ai dormi au coin du feu, pelotonné sous des couvertures, pendant que les flammes faisaient danser des lueurs sur des mains de peinture et des éventails de pastel où se cachait "la lettre jaunie où mon aïeul respectable // à mon aïeule fit des serments surannés."

vi. Et qu'à cacabozon sur le chemin j'ai explosé pas mal de bogues à coup de bâton, extrayant les châtaignes qu'on grillerait sur le feu. Le marron qui brûle le palais et les doigts, noircis de cendre, et qu'on mange bouche ouverte pour aspirer l'air, debout et concentré de plaisir, je ne vois pas comment conclure ma phrase pour en dire du bien sinon par cette manière lamentable.

vii. La version Cosette, c'est qu'il faudrait tout de même que j'aille voir un médecin. Ronfler à ce point, et être relégué dans la grand'salle, sous les armures et autres pavois ancestraux, parce que Zaza de Napolie me menace de me supprimer les cadeaux si je continue de murmurer la charge des Walkyries op. Motörhead pour B-52 et grosse Bertha, je commence à entrevoir une éventuelle raison à mon célibat force nez.

Sur ce ? Ca vaaaaaa.






L'incipit à la mode du jour :

"L'étude de l'anatomie humaine ne se contente pas de nommer les parties du corps et d'en comprendre la fonction : elle célèbre tous les aspects physiques de l'homme en ce monde. La complexité biologique du corps humain n'a d'égale que sa perfection esthétique."

19/12/2007

19/12/07 - 23:06

DLXII. - Deportivo, Renan Luce & Tom de Myspace, j'en parlerai une autre fois.



Lui et moi nous voyons un peu moins - surtout depuis son mariage. Il a changé, ça se sent, depuis qu'il a jeté sa thèse aux orties, et rejoint le camp des gangsters à cravate. Sa voix s'est faite plus sûre, plus confiante : il est moins souvent à s'excuser, à faire des phrases alambiquées, ce qu'il faisait souvent auparavant. Il s'est affirmé.

Il est heureux.

Ce soir au téléphone il semblait excité. Il m'a annoncé qu'ils attendaient un enfant - pour juillet. Je suis vraiment content pour eux ; et moi je pourrai voir enfin un bébé de ma génération.






Moi aussi un jour je serai papa.

19/12/07 - 00:51

DLXI. - "Putain demain c'est l'hiver !"



"AYAYAYAYAYA-YA
Ce soir mon amour valse et danse AYAYAYAYAYA-YA
Demain on verra, on verra AYAYAYAYAYA-YA
Ce soir mon amour valse et lance
Des étoiles sous mes pas !
"


16/12/2007

16/12/07 - 19:34

DLX. - Le dessin du dimanche.



Alors que cette esquisse a fonctionné toute seule, pour m'aider à trouver les couleurs pour "faire" la couleur de la peau (réponse : du blanc d'argent, du carmin et du bleu de Prusse, plus quelques ocres et terres), je bloque comme pas possible pour la toile en cours.

Ca m'énerve.



 






"Nel mezzo del cammin di nostra vita
mi ritrovai per una selva oscura
chè la diritta via era smarrita.

Ah quanto a dir qual era è cosa dura
esta selva selvaggia e aspra e forte
che nel pensier rinova la paura !

Tant'è amara che poco è più morte ;
ma per trattar del ben ch'io vi trovai,
dirò dell'altre cose ch'i' v'ho scorte."

Dante Alighieri, Inferno , I.





"Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis."

François Villon, Epitaphe, 1-4.





"Drapé dans un manteau blanc à doublure sanglante et avançant de la démarche traînante propre aux cavaliers, un homme apparut sous le péristyle qui séparait les deux ailes du palais d'Hérode le Grand. C'était Ponce Pilate, procurateur de Judée. Le printemps était là et l'aube du quatorzième jour du mois de Nisan se levait."

Mickhaïl Boulgakov,
Le Maître et Marguerite, II.





"Je chante les armes, et l'homme ! Oui, celui-là, le premier qui arriva des bords de Troie en Italie, et aux rives du Lavinium, prédestiné, fugitif ! Il a connu bien des traverses, et sur terre, et sur l'abîme, sous les coups de Ceux d'en haut - à cause de la colère de la cruelle Junon. Il souffrit aussi, beaucoup, par la guerre, alors qu'il luttait pour fonder sa ville et installer ses dieux dans le Latium.

Et c'est de là que viennent la race latine, les Albains nos pères, et les murs de la haute Rome !"

P. Vergilius Maro, Aeneidos, I, 1-7.
Trad. toute perso.





"À six heures du matin, Pinhas Solal, dit Mangeclous, descendit tout habillé du hamac qui lui servait de lit dans la cave qui lui servait de chambre. Pieds nus mais comme de coutume en redingote et haut-de-forme, il ouvrit le soupirail et aspira, les yeux fermés, les souffles de jasmin et de chèvrefeuille mêlés de senteur marines."

Albert Cohen, Les Valeureux, I.





"Les critiques, pourtant si impitoyables, du Redon, gardèrent le silence. Par discrétion à l'égard de leurs amis ou des garçons du café qui leur tenait compagnie, ils se retenaient d'exprimer leur admiration ineffable. Mais tous ces yeux isolaient l'image du plus beau garçon qu'il leur avait été donné de caresser par le passé, pour la comparer à la statue nue de Yûichi qu'ils imaginaient en face d'eux."

Yukio Mishima,
Les Amours interdites, VIII.





"Et c'est ainsi qu'ils accomplirent les funérailles d'Hektôr, le dompteur de chevaux."

Homère, Iliade, XXIV.





"Je suis un homme malade... Je suis un homme méchant. Je suis un homme déplaisant. Je crois que j'ai une maladie du foie. D'ailleurs, je ne comprends absolument rien à ma maladie et ne sais même pas au juste où j'ai mal."

Fiodor Dostoïevski, Le Sous-sol, I.





"Je n'ai pas de souvenir d'enfance. Jusqu'à ma douzième année à peu près, mon histoire tient en quelques lignes : j'ai perdu mon père à quatre ans, ma mère à six ; j'ai passé la guerre dans diverses pensions de Villard-de-Lans. En 1945, la sœur de mon père et son mari m'adoptèrent.

Cette absence d'histoire m'a longtemps rassuré : sa sécheresse objective, son évidence apparence, son innocence, me protégeaient, mais de quoi me protégeaient-elles, sinon précisément de mon histoire vécue, de mon histoire réelle, de mon histoire à moi qui, on peut le supposer, n'était ni sèche, ni objective, ni apparemment évidente, ni évidemment innocente.

"Je n'ai pas de souvenirs d'enfance" : je posais cette affirmation avec assurance, avec presque une sorte de défi. L'on n'avait pas à m'interroger sur cette question. Elle n'était pas inscrite à mon programme. J'en étais dispensé : une autre histoire, la Grande, l'Histoire avec sa grande hache, avait déjà répondu à ma place : la guerre, les camps."

Georges Perec,
W ou le souvenir d'enfance, I.





"Je m'appelle Ishmaël. Mettons."

Herman Melville, Moby Dick, I.





"À mon sens, lorsque mes parents m'engendrèrent, l'un ou l'autre aurait dû prendre garde à ce qu'il faisait : et pourquoi pas tous les deux puisque c'était leur commun devoir ?"

Laurence Sterne, Vie et Opinions de Tristram Shandy, Gentleman, I.





"Nunc et in hora mortis nostrae. Amen. Le rosaire quotidien s'achevait. Pendant une demi-heure, la voix paisible du Prince avait rappelé les Mystères glorieux et douloureux ; pendant une demi-heure, d'autres voix mêlées avaient tissé un bruissement ondoyant où s'épanouissaient les fleurs d'or de mots insolites : amour, virginité, mort."

Giuseppe Tomasi,
duc de Palma de Montechiaro,
prince de Lampedusa, Le Guépard, I.





"Cette histoire n'est pas fantastique, elle n'est que romanesque. Faut-il en conclure qu'elle ne soit pas vraie, étant donné son invraisemblance ? Ce serait une erreur. Nous sommes d'un temps où tout arrive, - on a presque le droit de dire où tout est arrivé. Si notre récit n'est point vraisemblable aujourd'hui, il peut l'être demain, grâce aux ressources scientifiques qui sont le lot de l'avenir, et personne ne s'aviserait de le mettre au rang des légendes."

Jules Verne,
Le Château des Carpathes, I.





"Une casquette de chasse verte enserrait le sommet du ballon charnu d'une tête. Les oreillettes vertes, pleines de grandes oreilles, de cheveux rebelles au ciseau et des fines soies qui croissaient à l'intérieur même desdites oreilles, saillaient de part et d'autre comme deux flèches indiquant simultanément deux directions opposées. Des lèvres pleines, boudeuses, s'avançaient sous la moustache noire et broussailleuse à leur commissure, s'enfonçaient en petits plis plein de désapprobation et de miettes de pomme de terre chips. À l'ombre de la visière verte, les yeux dédaigneurx d'Ignatius J. Reilly dardaient leur regard bleu et jaune sur les gens qui attendaient comme lui sous la pendule du grand magasin D.H. Holmes, scrutant la foule à la recherche des sines de son mauvais goût vestimentaire. Plusieurs tenues, remarqua Ignatius, étaient assez neuves et assez coûteuses pour être légitimement considérées comme des atteintes au bon goût et à la décence. La possession de tout objet neuf ou coûteux dénotait l'absence de théologie et de géométrie du possesseur, quand elle ne jetait pas tout simplement des doutes sur l'existence de son âme."

John Kennedy Toole,
La Conjuration des imbéciles, Un.



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