07/10/2004

07/10/04 - 22:27

"Fais comme si j'étais en sueur. Fais comme si j'étais bien meilleur."

Pendant la pause de midi, je passe à la permanence du Théâtre pour retirer, sans grande conviction, des places réservées par téléphone il y a déjà quelques temps. Je communique le sésame. Elles sont toujours là, attendant son nom. Nous assisterons bien au concert de Miossec, ce soir.


Avec Mike, je péche Dominique au retour de sa formation à la capitale. Une mal-bouffe rapide. Une discution à trois autour d'un verre. Amaretto pour eux, Chimay bleue pour moi. On parle des mecs, des filles, du boulot, des anciens amis...
L'heure arrive, Mike pas friand du gars, se crapahute à la maison. On se retrouve à deux, pile à l'ouverture des portes. Une bonne place dénichée (concert assis oblige), on se met à râler sur les places réservées pour la presse. Ces places qui restent vides le temps d'une première partie charmante mais qui s'éclipse sans dire son nom.

Entre deux, on fait les comptes de nos années passées ensemble. Onze. On se dit qu'on a pas trop changé, on se persuade qu'on s'est plutôt améliorés même si en éternels insatisfaits on se trouve nuls et moches :-)

Miossec déboule devant un parterre bien sage. quelques années que je m'étais abstenu de venir le voir tant ses prestations me laissaient un goût amer. Parait que depuis, il va mieux, il assume davantage sa position et n'a plus besoin d'être ivre pour se présenter au public. Les premières minutes ne convainquent pas. Voix en rade, attitude déconcertante. Il en fait des caisses et cabotine avec plaisir. Je parviens à m'accrocher et lui à me transpercer. Entre saboteurs, y'a quelque chose qui doit se passer.
Dominique est aux anges. J'ai les yeux qui s'embuent à l'écoute de ses tout premiers titres. Etudiant à l'heure des découvertes. Ca ne me rajeunit pas.
La salle reste disciplinée jusqu'au dernier rappel où à la demande hurlée de trois gars, tout le monde se lève enfin et se rapproche de la scène. Les choses paraissent tout autres à portée de bras. Il nous cherche du regard, croise le fer et paraît heureux qu'on se soit enfin bougé le cul.

Retour en bagnole qui, il paraît, menace à tout moment de lâcher son moteur sur la route. Niagara se termine à la radio. Dans quelques jours, Soldout :-)

Je m'endors en revoyant par flashs la cour de récré de l'école maternelle que j'ai fréquenté. En son centre, le grand saule pleureur qui en écorchait l'asphalte. Je revois les nuances de vert et de jaune, assis sur le petit muret.
Je me demande ce qu'il est devenu, as-t-il continué à déchirer la cour ? L'ont-il abattu ?

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