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eXTReMe Tracker Zyé-la anfon tomb-lan, té la ka gadé zot.
Honni soit qui troll y pense

Le blogueur est dans l'escalier. Blog-cadavre, plus ou moins zombi le temps d'une résurrection

Stase

Attention, je ne répondrai pas nécessairement aux commentaires postés sur les articles au titre tildé (~).

J'écoute :
Je regarde : le ciel au soir venu
Je lis : tu roses il tulipe nous bégonions vous pétuniez ils violettent
Je mange : mal
Je bois : l'air du temps
Je pense : L'encyclopédie est trop bavarde

Je rêve : (je pleure, en fait)
(mis à jour lundi 30 juin 2008 à 00:24)

05/07/2008

05/07/08 - 02:01

Peines

Nos détresses sont rudes, insupportablement parfois. Je ne suis rien ni personne. Mais je sais le pardon accordé, d'emblée, de toujours, inconditionnel. Se donner le temps d'en apprendre la tendresse - il y faut bien le tout d'une vie.

(05/07/08 soir)
mais... je suis qui, moi, pour écrire des trucs pareils ???
Je pense que ce machin va jarter. Ou alors, je sais pas, laisser ça comme un exemple. Pas que ce soit faux. Mais... moi, je peux pas dire des trucs pareils - aucune légitimité. C'est pas des trucs qu'on dit, comme ça, entre la poire et le fromage. Même avec les meilleures intentions du monde. Surtout avec les meilleures intentions du monde.
L'orgueil, après la luxure...

05/07/08 - 01:48

Vent de mer ~

Un homme gris d'alcool et de tristesse m'interpelle au front de mer. J'écoute sa vie qui lui échappe, sa petite fille de deux ans, que sa seconde compagne lui refuse de prendre pour les vacances.

Je marchais depuis la gare ou presque jusqu'à la maison. Aux rues désertes, une énergie chargée du vent de mer. Cette ville, plus jeune, je l'ai parcourue en aveugle. Mon corps s'en souvient, comme d'une ancienne errance empêtrée de cette puissance nerveuse que donne la solitude.

Plus loin, un conducteur hilare, sur le point de démarrer, me demande si je peux prendre le volant pour les raccompagner de l'autre côté de l'eau, lui et ses passagers. Je n'ai pas le permis. Cela les amuse, beaucoup. Soirée arrosée. On plaisante. La voiture s'éloigne, prudemment.

Je marche dans le sillage d'un autre - dans le plein de son effluve. J'en pleure, un peu, au fil des pas qui laissent remonter le bonheur et, sous la paix apparente, la charge parfois bouleversante du jour.

A croire qu'il faut une certaine ivresse pour s'aventurer dans ces rues passé une certaine heure.

22/06/2008

22/06/08 - 19:39

Animation

Parmi les auteurs d'animation qui, je trouve, valent la peine d'être fréquentés, il y a Michaël Dudok de Wit. Sa filmographie n'est pas énorme, mais je lui connais deux choses que j'aime beaucoup.

Celle-ci, sur des variations autour des Folies d'Espagne :

Le moine et le poisson

et celle-là, qui me bouleverse, à chaque fois :

Père et Fille

21/06/2008

21/06/08 - 11:39

De Dieu - derechef, et "de" (dieu), aussi ~




Paris est, non sans tendresse, pleine de grosses mouches noires, qui iront mourir derrière nos fenêtres - on en trouvera au matin les cadavres tout secs. Le temps hésite à l'orage.

Dieu peut, tout - limite de notre imaginaire et de notre cruauté - Seigneur de ce monde.

Je vous veux vivants - mais nous nous débattons longtemps avec des problèmes d'hommes, là où il suffit de suivre les indications des mouches, qui vont, viennent, et ne se demandent.

(dieu) n'est pas de ce monde de seigneurs

nom (dieu) donné en deçà de tout imaginaire à ce qui nous adresse à l'éternité du vol des mouches.


15/06/2008

15/06/08 - 00:50

Me raconter Allez, un peu de misérabilisme ~


Quand on me demande ce que je deviens, ou, comme l'autre soir, à devoir évoquer tel ou tel épisode d'un passé plus ou moins récent, les mots me manquent. Du coup, je biaise, je me fais fuyant ou froidement analytique. Impossible de construire un récit vivant des choses qui m'arrivent. C'est comme si les affects - foutrement nombreux - ne parvenaient pas, là, à se lier aux mots - tout autant foutrement nombreux. Ca ne s'agence pas comme il faudrait.

Insister alors est... douloureux. Parce que je sais que ce que je dirai n'intéressera pas. Comme fatalement, je le lirai sur le visage de mon interlocuteur, dans sa façon de changer de conversation, dans un certain... silence. Pour autant, c'est de moi qu'il s'agissait dans cette pauvre parole, et le désintérêt qu'on lui oppose est pire qu'une giffle - une confirmation de ce sentiment que j'ai depuis tout petit que de toute façon je n'intéresserai vraiment jamais personne.


(Je ne me suis jamais autant raconté que sur ce blog, au fond - mais de façon indirecte. Comme si je ne pouvais me dire que de façon cryptée, pouèmes et philosophèmes vagues ; et parfois, quelque rareté un peu plus vivante, dont je m'étonne.)

31/05/2008

31/05/08 - 01:44

Lyse ~

Les mots ont une consistance d'olives apéritives. La pulpe machinale crée la soif. On ne fait pas attention aux noyaux que l'on recrache ensalivés.

Je lis sans plus de système intégrateur - fou ! Mon savoir se détache par plaques - je pèle jusqu'au mutisme. Je ne sais plus ce que penser veut dire - comment une vérité peut prendre souche dans le mot tout autant que le geste, philosophie.

Ce vieux corps se délite, dans un désastre de débris de pouèmes, de science et de vague culture. Que ferai-je de toute cette sottise accumulée ?

Rien à dire à présent qui ne me fasse mentir d'une façon ou d'une autre - décliné au passé. Imposture. Ces lignes ne disent rien. Ressassent l'épuisement d'une option intenable. Ne rendent compte que de la mélancolie d'une solitude passagère. Non de la joie de ces jours.

Ne pas transiger. Ni avec le monde, ni avec les morts.

21/05/2008

21/05/08 - 21:41

Ecouter

Les gens (nous, quoi), z'ont des attentes. Quand ils abordent quelque chose, croient qu'ils vont trouver ceci ou cela, un Graal personnel sans doute - z'ont des peurs aussi.

C'est normal, bien sûr, on a la tête farcie d'anticipations. Mais tout ça obscurcit la vue. Ce n'est pas gênant, si on essaie d'aborder les choses avec un minimum de bienveillance. Avec cette idée que ce qu'on rencontre a peut-être - et même sans doute - sa cohérence. On évite comme ça de reprocher à autrui ses incompréhensions à soi.

Évidemment, ce n'est pas très important si l'on ne fait pas d'une attitude d'ouverture une pierre de touche du rapport à autrui. Mais alors autant n'accepter de parler que dans son clan et pour consolider son clan. Inutile après cela de venir se prétendre démocrate.

La question se pose aussi de l'accessibilité de ce qui est dit. Mais cette question est aussi une question de situation et d'enjeu de communication. Quel public je vise ? Quel statut j'espère obtenir/consolider - s'il y a une question de statut en jeu ? C'est certain, il y a un devoir pour le locuteur de s'adapter à son auditoire. On dit beaucoup moins souvent qu'il y a un devoir de l'auditeur. Et ce n'est pas celui de râler/critiquer à tout va. C'est d'abord celui d'essayer de comprendre. Sans quoi, il ne s'agit pas de construire des connaissance. Mais juste d'un jeu de pouvoir.

19/05/2008

19/05/08 - 20:50

Un merci à Matt

Je ne sais pas qui est le webmestre - un nom, ce n'est pas grand chose.
Mais c'est une présence, pour ce qui me concerne discrète, et surtout, pour ce que j'en perçois, efficace.
Je fréquente GA depuis plus de 4 ans et je m'y sens plutôt bien.
Pour cela, je n'ai pas versé la moindre goutte de sueur ni le moindre kopek supplémentaire à ceux dont j'engraisse déjà mon fournisseur d'accès.

Pour cela, oui, j'ai gratitude.

Je peux concevoir que webmestre d'un pareil site ne soit pas une sinécure.
Que GA ait duré tout ce temps, et ait même trouvé de l'énergie pour se développer, be oui, ça m'émerveille. Et j'ai pour le moins très envie que ça dure encore un peu. Au moins.


(Il est étonnant - mais pas surprenant - de constater à quel point nous nous laissons abuser, dans nos jugements moraux, par nos besoins émotionnels. Non qu'il faille les réprimer. Mais il est toujours bon de les alimenter d'un peu de calme, d'un bon peu d'information, et de tout l'amour qu'on pourra. Sans quoi ce n'est pas de morale qu'il s'agit, mais de pensée réactionnaire, dans sa forme, sinon son contenu. Toute pensée du complot généralisé, de la dérive, du déclin est, faut-il le rappeler, une pensée réactionnaire - dans son contenu, cette fois. Le sarkosme aigu dont souffre notre presse et nos communications d'aujourd'hui - qui veut noyer son homme crie au Sarkozy - participent de cette stase où nous nous enferrons dans la crainte de l'apocalypse morale. Pour changer le monde, il faudra dépasser la jouissance qu'il y a à pleurer sur le désastre à venir ; il faudra le prendre à bras le corps.)

18/05/2008

18/05/08 - 19:09

On excusera beaucoup aux commencements. Il faut du courage, de l'inconscience et une franche jeunesse pour se lancer dans quoi que ce soit. Rien de ce qui débute ne le fait dans la subtilité, on défonce les portes, on enfonce les murs, on croit à la facilité des cheminements et à l'inépuisable de ses propres forces. On vit, invulnérable, dans l'horizon des mouvements perpétuels et surabondants et dans la guérison de toute blessure.

Mais qui est assez rigoureux passera le cap de l'infinitude. Les espoirs des commencements, ceux qui nous font croire à la proximité des paradis d'enfance, trouvent toujours leur limite dans la lente érosion des constances, dans l'impossible, parfois, dans le poids de nos désirs, toujours. Nuit dont la traversée est périlleuse pour l'innocence, nuit où l'on se confrontera à son propre pouvoir de nuisance et d'échec, à toutes les acédies et aux démons entropiques, aux ancêtres et aux morts voraces et raisonnables. On excusera beaucoup à ceux de la nuit.

Nul gage de succès.

Mais hors la nuit, là où ont été brûlés tous les espoirs d'un retour matériel, fétichiste presque, aux enclos de l'enfance, hors le séjour des morts et les terres gastes sans soleils ni étoiles, là jaillit l'espérance, qui ne se nourrit de rien que de l'infini accord à la finitude qu'on crie "amour". Et là se tiennent - où nul excuse n'a plus de sens -, dans une félicité aussi simple qu'un robinet qui goutte ou la table mise pour le repas du soir : l'enfant, l'adolescente, l'homme, la femme mure, le vieillard et sa mort, disponibles et offerts à ce qui ne commencera jamais et n'a jamais commencé.

18/05/08 - 18:17

Bzoux - conte de printemps ~


Il disait Les gens de ton âge, ils embrassent bien.



Il était revenu des gens de son âge, on eut dit.
Nous avons passé la soirée ensemble, non pas la nuit, emberlingottés dans des baisers.
Cela faisait longtemps-longtemps.
Mais s'il se cherchait un mari et quoique, selon lui, je ne fasse pas mon âge


comme il me l'expliqua deux jours après - très gentiment - de nos onze ans d'écart il ne savait que faire.

Mon père m'a donné un mari
Mon Dieu, quel homme quel petit homme
Mon père m'a donné un mari
Mon Dieu quel homme qu'il est petit !
Je l'ai perdu dans mon grand lit
Mon Dieu quel homme quel petit homme
Je l'ai perdu dans mon grand lit
Mon Dieu quel homme qu'il est petit !

Nous en restâmes là.



Et voilà.

18/05/08 - 15:03

De Dieu - J'y reviens toujours

Je ne crois pas à Dieu.
Je ne crois pas à une entité surnaturelle, créatrice et aimante.
Je ne crois pas aux anges, pas plus qu'aux démons, puissances autres qu'humaines qui se partageraient les niches spirituelles, hypothétiques tresses du monde.
Je ne crois pas à un monde entrelacé d'un espace spirituel qui en déterminerait le fonctionnement matériel.

Je crois en les puissances tapies dans la psyché humaine, qui se partagent les façons dont nous lions nos langages, nos habitudes et nos gestes au matériel du monde.
Je crois en ces mondes, humains de part en part, où se rencontrent les anges et les démons.
Je crois en l'amour qui gît au fond sans fond du coeur de l'homme.
Je crois en la possibilité pour l'homme de parvenir à la vie divine.
Je crois en Dieu.

08/05/2008

08/05/08 - 00:43

Porneia - Kâma - La luxure

Les actes sexuels dits luxurieux - essentiellement : effectués en vue de la seule obtention du plaisir - n'ont pas de valeur peccamineuse en soi. Ce n'est que dans la relation à (dieu) (pour nommer cet infiniment subtil et élusif qu'on trouve au terme des nuits obscures et des illuminations), ce n'est qu'alors, oui, qu'il peut y avoir un péché quelconque.

On ne l'a pas assez dit : c'est en acclimatant à une pastorale mondaine les valeurs ascétiques des Pères du Désert que l'Église a inventé les péchés (ou vices) capitaux. Ce qui valait, oh combien, dans l'intense lutte psycho-spirituelle de ceux qui cherchaient la paix au delà de l'ivresse en Dieu, n'avait aucune chance de se voir compris par le siècle - par le commun des hommes engagés dans les buts ordinaires de la vie en société. Mais il fallait quelque chose de solide aux évêques pour assoir la foi : on emprunta au désert sa très-sure connaissance des forces qui s'opposent à l'ascèse et à la vie divine - démons ou vices - pour en faire le brouet d'une gestion des moeurs ordinaires. On sauvait un savoir spirituel en l'ancrant dans un savoir commun, on en subvertissait la valeur en prétendant qu'il était praticable dans la vie ordinaire.

Que le passage soit possible, des valeurs de la vie érémitiques aux valeurs mondaines - modulo une différence bien plus quantitative (d'intensité) et non qualitative (de nature) - relève sans doute de la corrélation de nombreux facteurs, liés à l'implantation du christianisme en monde romanisé. Entre autres :

  • un rigorisme moral en vigueur dans l'Empire Romain, qui empruntait aux stoïciens - lequel avait trouvé résonance dans une certaine nostalgie pour l'austérité supposée d'un Caton, par exemple ;
  • cette passion de l'unité que le christianisme hérite, via Alexandrie, d'une théologie fascinée par le néo-platonisme, de Plotin notamment : unité du principe, unité des valeurs - raccourci qui demanderait justification ;
  • ...
Pour ce qui concerne l'implantation mondaine de la luxure - mais de tout autre "péché capital", tout autant - il faudrait faire la part de l'évolution des moeurs dans l'Empire, de la façon dont le christianisme s'y est implanté, du développement de l'ascétisme érémitique - ce martyr hors l'arène -, des recrutements des évêques dans les communauté monachiques (Augustin, par exemple), de la demande théologique portée par eux, des héritages des modes de conceptualisation païens, etc.

La luxure n'a de sens vivant que dans un monde d'anachorètes ou de cénobites (siouplé !). Elle n'en acquiert un socal ("mondain"), boiteux et incompréhensible, que dans une opération de traduction qui rend cryptique ce qu'elle condamne et le fait même qu'elle condamne ; là où il s'agissait de poser les étais et les guides - les limitations farouches - nécessaires à d'éprouvants exercices ascétiques, on ne trouve plus que les frontières de la condamnation morale ; là où était visée la vie éternelle, on ne rencontre que la crainte - ou l'espoir - de quelque rétribution post-mortem. L'orthodoxie d'Orient n'a pas la même position là-dessus que le catholicisme romain, du fait notamment d'un statut,pour ce que j'en sais, différent du monachisme et de l'emprise au plus long court de la philosophie grecque sur la théologie. Passons. Mais la question demeure : pouvait-il en aller autrement de la parole des Pères du Désert qu'elle se perde en poncifs lénifiants et délétères ?

Toujours est-il : la luxure, ça coupe du (divin), pour de bon. Je ne dis pas "l'acte sexuel". Mais bien la luxure : la seule recherche du plaisir sexuel pour le plaisir sexuel. C'est tout. Ce n'est pas un mal en soi. Ca ne le devient que si on cherche quelque chose du (divin). Et encore, mal n'est pas le terme. Mauvais le serait sans doute un peu plus. Mais surtout : contradictoire - je cite l'Ashtavakra Gîtâ (III) :

4. Ayant appris que son Soi est pure Conscience, et d'une attraction supérieure, pourquoi reste-t-il encore attaché à la luxure qui engendre une conscience accrue du corps ?
[...]
6. Il est étrange que celui qui, établi dans la grande vérité de la non-dualité, et désireux de se libérer, puisse encore s'affaiblir dans des distractions amoureuses.
7. La luxure est radicalement opposée à la connaissance.[...]


Comme tout "péché", la luxure éloigne, coupe, retranche de (dieu). Flatte notre sentiment de nous-même, ce par quoi l'on s'approprie une part du monde aussi petite soit-elle - s'approprier : marquer de sien telle ou telle chose, fût-ce ce qu'on appelle son propre corps ou ses pensées. Sans doute l'acte sexuel en toute spontanéité n'est-il pas luxurieux. Et encore cela dépend-il des chemins de traverse que l'on emprunte vers le (divin).

D'où l'importance spirituelle du mariage - je veux dire : notamment en dehors des liens économiques qu'il instaure - que d'accorder à la sexualité une place où elle ne s'exerce plus pour elle-même, mais, d'une certaine façon, en oblation à (dieu). Mais en ce sens, l'union maritale devient un chemin de sainteté, et en ce sens seulement qui est celui d'une authentique pratique spirituelle - et non pas une gestion des sentiments, de la ressource sexuelle, des liens inter-générationnels ou que sais-je, toutes choses relevant de la santé ordinaire plutôt que de la sainteté.

Pour les homos, le problème est le même. Il ne me semble pas qu'il y ait là de différence, à ceci près que souvent - c'est en tout cas mon cas - la sexualité et la plaisir qu'on en tire ont joué un rôle important dans la constitution de notre identité. Il ne s'agit pas de renier cela, non, mais de ne pas se voiler la face sur ce que la part de notre sexualité dans notre construction de nous-même contre le groupe peut nous pousser à la revendiquer comme un bien propre, revendication qui est contradictoire sans doute avec le terme d'une vie spirituelle authentique. Mais là encore, on n'enseigne rien à qui a faim : il ne s'agit pas de condamner - à mon sens ici influencé par le bouddhisme - mais de se faire conscient des ordres de conséquences.

Sinon, comme toujours, se préparer à la grâce - que faire d'autre - mais sans l'espérer - tout espoir de quelque chose lui étant incompatible...

(Ne pas trop penser à la luxure : c'est aussi dans la résistance qu'on lui oppose qu'elle se fait valoir et croît malgré qu'on en ait. Ces outils ne sont pas pour les novices, parmi lesquels je me compte. Je me tais.)

05/05/2008

05/05/08 - 18:23

Pour ne rien dire ~

Ce blog ne sait que l'inessentiel on retiendra ce point de même que l'ordinaire de ma conversation ignore tout ou presque des navigations hauturières.

L'Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien.
    
    Il me fait reposer dans de verts pâturages,
    Il me dirige près des eaux paisibles.

    Il restaure mon âme,
    Il me conduit dans les sentiers de la justice,
    A cause de son nom.

    Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort,
    Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi:
    Ta houlette et ton bâton me rassurent.

    Tu dresses devant moi une table,
    En face de mes adversaires;
    Tu oins d'huile ma tête,
    Et ma coupe déborde.

    Oui, le bonheur et la grâce m'accompagneront
    Tous les jours de ma vie,
    Et j'habiterai dans la maison de l'Éternel
    Jusqu'à la fin de mes jours.


Cela ne protège pas pour autant des ivresses.

Je suis le but, le soutien, le seigneur, le témoin, le séjour, le refuge et l'ami, l'origine et la dissolution, le sol, le lieu de repos et la semence impérissable.

Ne pas oublier.

03/05/2008

03/05/08 - 14:53

Grande mue - pas encore ça ~

Ma peau mes os mon coeur saignent l'enfance
le feu du refus, le flux de l'absence
    m'ensilencent



Eventrée, l'encyclopédie vomit.
Je, désaccoré, vais sans savoir mie
    en pays d'Anoésie

26/04/2008

26/04/08 - 17:29

Fredaine, pour V. :o) ~


cte poème ,
cte ptit tachyon,
y je t'aime
- c'est ben couillon -

avec un peu de thé
un carafon d'été

et la lueur bohème
d'la voile à thon
dla voie lactée
sur l'ombre portée
d'tes baisers ronds
d'tes baisers crème

et l'ensoleillée
comme après carème
d'milliers d'carillons
qu'à tout vent je sème
comm' des mirlitons
sucrés sucrés

21/04/2008

21/04/08 - 23:27

MTG

(j'ai failli ne pas venir à la MTG. Raisons diverses, de saison. J'en ai laissé tomber quelques unes, fait des autres de jolies paupiettes que je mangerai demain à l'heure des chouettes - on n'vous a pas dit ? Je suis un Ogre à Raisons.

J'aurais eu tort. Le goût en reste, il est bon. Je salue ceux que j'y ai croisé, du regard, du chaud devant ! sans pensée arrière, du toucher, de la barbe et de la joue, de la parole en petits sachets de politesse timide sous la rousseur, du sourire beaucoup, de la bière et de la vodka, de la cacahouète et du réséda, du je t'ai pas vu déjà mais non mais si, mais quoi, de la Grande Housse Mordorée et de La Très Honorable Blancheur, de la clope avalée dans l'encre d'une certaine douceur, du dadoum didoum dadé et de l'as de carreau, du bon courage et du porté beau, de la bonne santé et de l'à bientôt, du rentre bien, du au dodo.

Une pensée aux solitaires, dont je me sais compter parmi les émigrés, un pied dans le silence, un pied dans la fête.

Et un mercitouplein aux organisateurs.)

18/04/2008

18/04/08 - 23:07

En-passant (4) ~





Comme toutes ces fois où vous traverse un ange ou le fantôme d'une mouche ; à se croire pris dans l'essoufflement brusque d'un c'est-cela ; mais sans assez de silence pour l'influx immobile ; fatigue exiguë que la vitalité du cri déserte ; miaulement un peu gras ; s'en aller, dormir ; somme toute.






14/04/2008

14/04/08 - 23:22

En-passant (3) ~


Je pris le petit livre de la main de l'ange, et je l'avalai ; il fut dans ma bouche doux comme du miel, mais quand je l'eus avalé, mes entrailles furent remplies d'amertume.
Ap., X, 10

(Dépecé et violent comme un adolescent. Livres vidés de leurs promesses. Crétin ! - par bouffées brutales pourtant, je crois encore parfois au savoir universel. Mon corps, je ne comprends plus ce qu'il me dit - ou si, mais... Alors je n'écoute pas je n'écoute pas tais-toi je n'écoute pas tais-toi je t'entends pas tais-toi tais-toi tais-toi ! Trouille, manque de courage, manque de volonté. Epuisant.)

11/04/2008

11/04/08 - 01:18

Riddle in the barque


Il y a trois sortes d'hommes, les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer.

Aphorisme qu'un temps j'ai cru composé par une de mes connaissances, philosophe.



Puis j'ai croisé ceci :

« Nous sommes [...] les héritiers de l'Europe, les héritiers riches, comblés mais aussi surabondamment chargés d'obligations millénaires d'esprit européen : comme tels issus également du christianisme et hostiles à lui précisément parce que nous en sommes issus, parce que nos ancêtres furent des chrétiens d'une intégrité chrétienne intransigeante qui ont sacrifié de bonne grâce à leur croyance leur bien et leur sang, leur état et leur patrie. Nous - faisons de même. Pour quoi donc ? Pour notre incroyance ? Pour toute espèce d'incroyance ? Non, vous le savez fort bien, mes amis ! Le oui caché en vous est plus fort que tous les non et les peut-être dont vous êtes malades avec votre époque ; et si vous devez prendre la mer vous émigrants, ce qui vous y pousse, c'est également - une croyance!... »

F. Nietzsche, Gai savoir, §377, "Nous, sans patrie." (je souligne).


La citation initiale serait donc une sorte de cut up ou de raccourci intertextuel. Mais une patiente gogolisation mène à tout autre chose. Car la citation en son entier y est bien référencée, et de nombreuses fois. Mais là commence le mystère mystérieusement mystrifique. Car, cherchant qui avait bien pu écrire cette cholie phrsse, la Gogole nous apprend en effet qu'elle serait :

  • d'Aristote, dans un texte non précisé ;
  • de Platon - ce qui n'est pas incongru –, mais dans le Critias, où je ne l'ai pas trouvée !
  • attribuée à Platon, ce qui est plus prudent mais me fait la gambette élégante ;
  • de Socrate, ce qui confirmerait son absence du Critias vu que Socrate n'y dit quasiment rien ;
  • d'Homère, et pourquoi pas !! mais je ne l'ai encore croisée ni dans l'Illiade, ni dans l'Odyssée...
  • d'Héraclite, c'est bien de son genre, mais ça ne figure pas dans les Fragments de son œuvre qui nous sont parvenus ;
  • d'Anacharsis, "philosophe" grec que je ne connaissais pas jusqu'ici ( pour le contexte) ;
  • de... Victor Hugo, mais oui !
  • mais aussi de Reiner Maria Rilke !!
  • Et tant qu'on y est, de Mallarmé, par boutade, et à propos de The Rime of the Ancient Mariner de Coleridge, encore !
Notre imagination d'internautes et notre capacité à faire confiance au premier ou au second venu n'a décidément pas de bornes.

Une recherche menée Anglais sur l'O3 (***) ne m’a mené à rien : la citation y semble inexistante.



Bilan : je suis pour le moment incapable de l'attribuer à qui que ce soit. Les marins français semblent bien la connaître – ça ressemble même un peu à une tartalacrème du milieu – avec parfois quelques variantes, mais la forme en est dans l'ensemble remarquablement stable. Ceux qui vont sur la mer sonne comme une traduction du Grec, pour le peu que j'en sache. Une attribution à Platon, qui l'aurait dérivée d'Anacharsis n'est pas invraisemblable. Ou une reformulation plus tardive peut-être. Bref. Je ne sais pas d'où ça sort.

J'offre donc toute ma considération, et un éventuel virtuel ou réel poutou-joue à quiconque me convaincra de l'auteur du dit morceau :o)

Hop !

(*) j'ai même trouvé un croquignolesque : Il y a trois sortes d'hommes : les vivants, les morts et ceux qui ont peur de la mer mais qui la courrent [sic] quand même.
Ou, variation : Selon Jacques Brel, il y aurait deux sortes de gens : ceux qui vont en mer et les vivants. Selon Alessandro Baricco, il y aurait plutôt trois sortes d’hommes : ceux qui vivent devant la mer, ceux qui vont sur la mer et ceux qui réussissent à en revenir vivants après être descendu au fond du ventre de la mer.

(**) Extrait de Diogène Laërce : On lui demandait si les vivants étaient plus nombreux que les morts. Il dit : « Mais d’abord, ceux qui sont sur mer, dans quelle catégorie les rangez-vous . Différent donc de la citation recherchée, mais possiblement à son origine. J'ai vérifié, le texte n'est pas dans le Voyage du jeune Anacharsis en Grèce écrit par Barthélémy au XVIIIè s (dixit la Gougle)…

(***) OueurldOuaïdOuaibe

04/04/2008

04/04/08 - 22:39

Intrication autoportrait trop actuel

Nos désirs se modèlent vite sur ce que propose une société de consommation. On consommera de la pornographie aussi bien que de la révolte à prix facile, tant qu'on ne saura pas faire le tri entre ce qui attire et ce qui est sain - notre obsession contemporaine pour la santé est totalement à côté de la plaque : on pense efficacité mécanique quand il s'agirait de s'installer dans une rectitude souple, qui n'est contradictoire ni avec la maladie, ni avec la douleur.

Internet est l'outil emblématique de cette désincarnation de nos désirs - moins une question de virtuel que de la perte d'un contact, avec la lenteur et le ressenti de nos viscères. Internet est tout autant excité et excitant que n'importe lequel de nos espaces hyper-occidentaux - nous appartenons à des sociétés, une civilisation peut-être, génératrices de stress, confusion consommée de la valeur, de l'utilité et du juste prix des choses, des êtres et des façons d'être.

Se désengager n'est pas simple, dès lors qu'on est retenu par soi-même. On ne quitte pas le lieu où l'on jouit - l'érosphère - sans une ascèse - ou un traumatisme - un sevrage peut-être. Sans quoi, l'on est, fils de son temps, critique ou jouisseur de la marchandise généralisée, pris et partie prenante d'un flux d'échanges qui diffracte toujours et encore la forme de la transaction marchande. Vivant dans lé frénésie inquiète d'un équilibre à trouver dans la gestion de la rareté : survie.

 

Blogs à ravir

Finis Africae - Disciple foisonnant d'U. E.
Orpheus Blog - Droit et sensible. V.I.T.R.I.O.L. - trois fois grand
Les cheveux de travers - je découvre
The Jéromeuh blog

De quelques films
(notes de -3 : exécrable, à 4 : culte)

Valse avec Bachir- - Waltz with Bachir (3+ à 4) - …
Le grand silence- - Die grosse Stille (3+) - Su-perbe. Mais n'y aller qu'à assumer des tendances contemplatives
Le Labyrinthe de Pan (3) - Secouant
La science des rêves (2) - maladroit parfois, poétique souvent, très justement terrifiant par certains côtés, très bellement interprété
V pour Vendetta (2) - Je lui préfère la BD, néanmoins
L'iceberg (3) - Délicieux, burlesque, amer, tendre
Le malentendu colonial (2) - Lent à démarrer, puis essentiel.
Le goût du thé (3) - Halluciné, émouvant et requinquant
Le cauchemar de Darwin (2) - L'Afrique qui meurt, vision partiale, néanmoins
Mysterious skin (3) - Extrêmement troublant. Lire encore cela.

Autumn Me