Netmeeting
« Caen, deux minutes d’arrêt. ». Déjà deux heures que j’ai quitté la gare Saint Lazare et je trépigne d’impatience à l’idée d’approcher du but, de Sébastien. Comme le train repart, mes pensées reprennent le dessus et je me rappelle…
C’était l’hiver dernier, mi-décembre. La lumière de l’écran éclairait la pièce sombre dans laquelle je naviguais sur le net. La petite icône jaune apparut : un message de Seb.Ange. « Salut ! ». La discussion fut d’une brièveté affligeante mais une phrase interpella mon attention : « Mon horoscope disait que je rencontrerai l’homme de ma vie aujourd’hui… ». Sans le savoir, la perle rare avait sonné à la porte de mon cœur. Lancé sur son idée, il m’écrivit le soir même une lettre enflammée… Un seul problème : les 400 kilomètres qui séparaient Orléans de Cherbourg. Cependant, nous décidâmes de passer outre cet obstacle et notre relation pris de plus en plus d’ampleur.
Après des dizaines d’heures passées tout les deux au téléphone, nous nous considérâmes ensemble. C’est alors qu’une profonde dépression m’assaillit. Je ne supportais pas la distance qui nous séparait. Et ma faiblesse repris le dessus : je l’ai « trompé ». La peur au ventre de recommencer, de le trahir de nouveau, je décida d’en finir avec lui, et aussi dur cela pu être, je mis un terme à notre amour. Combien de regrets m’assaillirent, combien ma peine était grande, je ne pouvais le mesurer. Malgré tout, la force de notre Amour nous incita à garder le contact.
Je lui écrivis alors une « lettre de copain » si lourde d’émotion et de tristesse que des larmes semblaient couler des mots. Et nous pûmes devenir amis. Nous nous racontions tout et nous devîmes de grands confidents l’un pour l’autre.
Cela fait presque un an que nous nous connaissons, pourtant nous ne nous sommes jamais vus… Qui l’eu cru ? Qui pourrait comprendre ce qui nous lie ? … Ce lien est aujourd’hui plus fort que la distance, que l’amitié, que le contact physique…
Les vibrations de mon téléphone me rappellent à l’ordre : c’est lui.
« Je suis impatient de te voir.
- Nous nous connaissons tellement bien !
- Ca me paraît irréel…
- J’ai du mal à y croire. »
Que ce train est lent. Plus que quelques minutes, je serai en face de lui. Je tremble. J’ai du mal à respirer. Je ne tiens plus en place. Ca y est, le train s’arrête. Mes jambes ne m’obéissent plus ! Impossible de me lever. Le train est vide, il ne reste plus que moi… Je prends mon souffle, mon courage et ma peur et je me lève, j’approche de la porte. Je descend. Cherbourg, enfin.
Mattleo
23/09/04 - 22:53
C'est une vieille histoire, je l'ai écrite il y a 3 ans.
mattleo