Ame soeur
20h00. Le quai de la gare est déjà vide. Quelques lumières orange et faiblardes éclairent mes pas hésitants. Tout mon corps tremble. J’ai l’impression que mes jambes sont paralysées, qu’elles ne bougent plus, que je suis immobile. Cependant j’avance, ce vent froid me pousse vers la vie, mon cœur bat à s’en décrocher et je continue à trembler jusqu’au fond des tripes.
Où est-il ?! Il n’est pas venu me chercher ? La gare est tellement loin, ce quai n’en fini pas. Un banc. Un jeune homme se lève dans la pénombre. Il sourie. Tout s’arrête. Le temps, l’espace, la vie, mon cœur, mes tremblements… C’est lui. Debout devant moi. Le premier contact depuis que je le connais. Dix mois et demi que nous nous connaissons, que nous nous parlons et la première fois que nous nous voyons. Je m’approche de lui, je veux qu’il me serre dans ses bras, mais ils sont comme engourdis. Nos quatre bras ne répondent plus à nos appels désespérés et nous nous faisons la bise.
La discussion s’engage, tout va bien. J’avais tellement peur de ne pas savoir quoi lui dire que j’avais passé des heures dans le train à imaginer les mots que nous aurions échangés. Mais les mots sortent naturellement, nous parlons comme au téléphone, mieux qu’au téléphone.
Après un dîner succinct, nous nous retrouvons chez une de ses amies. Elle nous accueille dans une petite cuisine de pavillon, nappe en caoutchouc et meubles en simili bois. L’odeur sensuelle de mon café enhivre mes sens, le regard si plein d’amour de Sébastien secoue mon âme. Cette charmante jeune fille parle, parle mais nous ne l’écoutons pas. Nous nous regardons, main dans la main. Nous sommes enfin ensemble et le monde n’existe plus… Sauf ce stylo qui trouve amusant de tomber à nos pieds. Nous nous baissons, nos regards se croisent sous la table, nos lèvres s’effleurent… et je me redresse en souriant…
Notre hôtesse lassée de tant de mièvrerie, cesse de parler. Sébastien m’invite alors à rentrer nous coucher, chez lui. Le voyage m’a épuisé. Une fois à destination, je découvre la chambre de ce garçon que j’ai tant aimé, tant désiré, tant voulu. Voilà donc sa vie. Enfin. Une petite chambre mansardée, des couleurs vives et agréablement nuancées, un lit chinois plus qu’accueillant et son sourire. Magnifique, éclatant, charmeur, attrayant, monstrueusement attirant. Ce n’est plus moi, c’est mon cœur qui colle mes lèvres aux siennes. Ca y est, enfin, nous sommes heureux, ensemble pour la nuit, ensemble à jamais.
--Mattleo
26/09/04 - 00:51
C'est la suite de "Netmeeting"...
mattleo