Le Blog du Blondinet

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Surtout des commentaires des chieuses qui ont rien à foutre ici ou ceux des emmerdeurs qui viennent pour ne rien dire.

09/10/2004

09/10/04 - 01:02

Coming out, deuxième partie. Accepter.

Pour continuer cet article, je vous raconte la suite de mes aventures.

Les mois de Mai et Juin passent, tant bien que mal. Beaucoup de questions hantent ma tête. Ma meilleure amie, Didine, sortait avec son mec depuis quelques mois. Elle s'était un peu éloigné de moi, et je le supportais mal. J'ai alors imaginé que j'étais amoureux d'elle. Ca n'a été que le premier pas vers mon plus grand problème : je n'ai jamais su différencier l'amour de l'amitié.

J'ai retrouvé une sorte de "journal intime" de cette époque. Sur une page, j'avais marqué "Sandrine, tu vas décider de ma vie" en espagnol. Et sur la page d'à côté, j'avais écrit "Je m'appelle [Mattléo], je suis ...". La fin de la phrase était effacé. Je me rappelle pourtant y avoir écrit "Gay".

C'a été une dure période, je passais mon BAC, je cherchais les études que j'allais faire l'année suivante, ce qui me permettait de penser un peu moins à tout ça. Et puis j'ai eu mon BAC. Soulagement. Les vacances.

Un après midi de Juillet, j'ai croisé mon cousin en ville. Il m'invite à prendre un café. Il était accompagné de son meilleur ami, un certain Thomas*. Thomas était le stéréotype de la folle notoire, à cette époque. Blond décoloré, grassouillet boudiné dans son t-shirt fashion, les jambes épilées. Je me rappelle de la façon qu'il avait eu de boire son café avec le petit doigt en l'air. Je regardais la scène, songeur. Nous avons accompagné Thomas jusqu'à son cours de Tennis, puis nous nous sommes assis, et nous avons commencé à discuter.

"Dis, Thomas et toi, vous entretenez des relations particulières ?
- Non, nous sommes amis.
- Ah bon ? vous n'êtes pas très très bons amis ?
- Il est mon meilleur ami. C'est tout.
- Ah (songeur).
- Qu'essaies tu de me dire ?"

Nous avons longuement discuté. Il n'a pas dit grand chose, il essayait surtout de me faire parler. Et puis j'ai réussi, je le lui ai dit :

"Je crois que je préfère les garçons. Je les regarde dans la rue.
- C'est vrai ??!!! me répond-il avec un grand sourire.
- Oui, je pense.
- Moi aussi !!"

Et à ce moment là, je fut soulagé. Il ne voulais pas me le dire, pas m'influencer en quoi que ce soit. Il est intelligent, et voulait que je le dise de mon propre chef. Si j'en avais envie. Il m'a ensuite raconté son histoire qui m'a rassuré et mis du baume au coeur. Quelques jours plus tard, je devais partir pour Strasbourg. Dans le train, j'ai alors écrit une longue et belle lettre à Sandrine. Le premier paragraphe disait que j'allais lui révéler deux choses dont je ne lui avais jamais parlé auparavant. le deuxième paragraphe commençait comme ça : "Tout d'abord, je suis homosexuel". Le dernier paragraphe, lui, commençait comme ça : "Malgré cela, je suis amoureux de toi." et finissait ainsi : "Mais sache une chose : Je t'aime.

En rentrant de Strasbourg, elle m'attendait en bas de chez moi. Elle avait la lettre dans les mains. Elle s'est approché de moi, j'avais peur. Je ne savais pas comment elle allait réagir. Et puis elle m'a sauté au cou, elle m'a fait un bisou, et m'a dit "Je t'aime".

Le week end suivant, je suis allé voir mon cousin, qui m'avait invité, chez lui, à Tours. J'y ai rencontré mon premier petit ami : Jérémy. Un beau blond aux yeux bleux. Ca a duré 2 jours, lui et moi. J'ai découvert un nouveau monde ce jour là, un monde que j'aimais, qui me correspondait bien d'avantage que ses fausses images que j'essayais de donner de moi. J'ai aimé. Et puis j'ai un souvenir amer de la suite, je ne vous la raconterai pas.

J'étais enfin "moi", je vivais, et j'en étais fier. Fier d'être homo et de l'assumer. Fier d'être moi même dans ce monde où les gens ne savent vivre que derrière des masques.

J'ai passé tout le mois d'Aout à Tours. C'était mon nouveau chez moi. Et puis ma rentrée est venue. Dans cette grande ville, froide et inconnue qu'est Orléans. J'étais perdu. Mais cela est une autre histoire, que je vous raconterai dans la troisième partie de mon Coming out.

* [aucun rapport avec le Thomas dont je parle dans mon blog. Pour Nico, il s'agit du gars qu'on a croisé le soir du resto GA]

commentaires

10/10/04 - 01:38

Jolie histoire.

20/10/06 - 19:07

Pourquoi n'ai-je pas eu cette lucidité...

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J'écoute : On Aime de Jean Louis Aubert..
Je regarde : mes poings saigner.
Je lis : la tristesse dans mes yeux.
Je joue : à me faire souffrir.
Je mange : trop de coups dans la gueule.
Je bois : le sel de mes larmes.
Je cite Djyp : "On a ce qu'on choisit."