18/01/200627/12/2005Question innocente:Faut-il croire aux miracles?24/12/2005Je ne suis pas concernée, d'où l'image
Mais je tiens à présenter aux gens que j'aime mes meilleurs voeux.19/12/2005Dieu est un cracheur de feu
Et moi je suis fatiguée
J'ai passé ce matin mon second oral pour l'habilitation.
Son sujet: ma prochaine publication "Ecriture de l'ambiguïté chez Nina Bouraoui".
Après deux heures de débat durant lesquelles j’ai brillé par mon assurance et ma force d'argument (désolée mais je ne suis pas modeste), voilà que l’on m’assène l'argument qui tue "et en plus elle est homosexuelle" (bien évidemment le mot n'est pas dit mais murmurer).
Sur ce coup j'ai été nulle, je n'ai rien trouvé à dire sauf "Oui, et après !! Proust l'est aussi"
Putain !! j'aurais dû ne même pas répondre à cela.
J'ai franchi la première marche!MAUDIT*Dans six mois au plus tard, peut-être demain, je serai aveugle. C'est ma triste, triste vie qui continue.
Ceux qui m'ont mis au monde,ils le paieront, me disais-je autrefois. Jusqu'à présent ils n'ont pas encore payé. Moi, cependant, il faut maintenant que j'y aille de mes deux yeux. Leur perte définitive me libérera de souffrances atroces, c'est tout ce qu'on peut dire. Un matin, il y aura du pus plein mes paupières. Le temps de faire inutilement quelques essais du terrible nitrate d'argent, et c'en sera fini d'eux. Il y a neuf ans, mère me dit: "Je préférerais que tu ne fusses pas né"
BONNE JOURNEE
* Henri MICHAUX, La nuit remueJe réponds à mes messages :
« Imagine : j’organise une réception pour ta venue à Paris. Qu’est-ce qui te ferais plaisir
-***»
Une soirée masquée sous le thème : Tombez les masques. Et moi je serais déguisée en Dame de coeur
18/12/2005Toi je t'aime vraiment bien!
comme une vache aime l'herbe! et t'as vu où ça finit tout cela? J'avais envie d'avoir un coeur de vache, mais je n'ai en fin de compte que sa peau!
Pense-brillant
Ah, puis si vous voyez ma mauvaise conscience, dites lui que ce n'est pas la peine de ramener du pain pour ce soir. Il reste encore des croquettes. Merci à vous.
Et pourtant c'est tout ELLEElle serait élégante, mais point trop tape-à-l’œil. Elle aimerait se créer des styles extraordinaires.
. Elle serait lucide et caustique.
. Parfois tard la nuit, Elle se mettra à crier, comme pour s’entendre vivre, parce que c’est plus digne que des larmes.
. Elle apprécierait de se promener avec moi sous la pluie ou dans le froid en écoutant des Gnaoua.
. Elle serait assez égocentrique pour se rendre compte de sa valeur par elle-même, mais en tout cas pas assez pour s'enterrer dans sa propre stupidité.
. Elle exécrerait les discussions qui nous dénudent. Elle aimerait être devinée dans le silence, préférant la beauté d’un fébrile instant sans mot plutôt que de débiter de la merde dans le but unique de combler soi-disant un « vide ».
. Elle serait créative et un peu joueuse, capable d’improviser avec moi une histoire absurde et complètement déjantée en racontant n’importe quoi.
. Elle serait probablement un peu mythomane, torturée et rongée par des extrêmes et des contradictions.
. Elle m’appartiendrait tout autant que je lui appartiens.
. Ellen’apprécierait pas les marques d’affection intempestives et jamais ne me réclamerait quoique ce soit de ce côté-là. Car elle saurait…
. Parfois, Elle se regarderait dans la glace le matin en s’étonnant du visage qu’elle y voit.
. Elle ne s’insurgerait pas de ne pas me voir pendant six mois. Car, elle saurait… Et pour autant, elle se suiciderait si je n’existais pas. Tout comme je le ferai.
. Parfois, Elleaurait malgré tout ce si précieux soupçon de spontanéité et de candeur qui la rendrait adorable aux yeux de tous.
. Elle penserait pathétique d’avoir un blog pour y déverser l’insignifiance de sa pauvre vie.
. Nous serions tout juste assez différents l'un de l'autre pour nous compléter.
. Elle croirait en moi comme je crois en elle et, elle comme moi, nous n’existerions pas.
Contribution à un débat sans intérêt et moussé par les média "Mais parlons des colonisés.
Je vois bien ce que la colonisation a détruit: les admirables civilisations indiennes et que ni Deterding, ni Royal Dutch, ni Standard Oil ne me consoleront jamais des Aztèques ni des Incas.
Je vois bien celles -condamnées à terme- dans lesquelles elle a introduit un principe de ruine: Océanie, Nigéria, Nayassaland. Je vois moins bien ce qu'elle a apporté.
Sécurité? Culture? En attendant, je regarde et je vois, partout où il y a, face à face, colonisateurs et colonisés, la force, la brutalité, la cruauté, le sadisme, le heurt et, en parodie de la formation culturelle, la fabrication hâtive de quelques milliers de fonctionnaires subalternes, de boys, d'artisans, d'employés de commerce et d'interprètes nécessaires à la bonne marche des affaires.
J'ai parlé de contact.
Entre colonisateur et colonisé, il n'y a de place que pour la corvée, l'intimidation, la pression, la police, l'impôt, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, des élites décérébrées, des masses avilies.
Aucun contact humain, mais des rapports de domination et de soumission qui transforment l'homme colonisateur en pion, en adjudant, en garde-chiourme, en chicote, et l'homme indigène en instrument de production.
A mon tour de poser une équation: colonisation= chosification.
J'entends la tempête. On me parle de progrès, de "réalisations", de maladies guéries, de niveaux de vie élevées au-dessus d'eux-mêmes.
Moi, je parle de sociétés vidées d'elles-mêmes, de cultures piétinées, d'institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d'extraordinaires possibilités supprimées.
On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemins de fer.
Moi, je parle de milliers d'hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l'heure où j'écris, sont en train de creuser à la main le port d'Abidjan. Je parle de million d'hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la vie, à la danse, à la sagesse.
Je parle de millions d'hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d'infériorité, le tremblement, l'agenouillement, le désespoir, le larbinisme.
On m'en donne plein la vue de tonnage de coton ou de cacao exporté, d'hectares d'oliviers ou de vignes plantés.
Moi, je parle d'économies naturelles, d'économie harmonieuses et viables, d'économies à la mesure de l'homme indigène désorganisées, de cultures vivrières détruites, de sous-alimentation installée. de développement agricole orienté selon le seul bénéfice des métropoles, de rafles de produits, de rafles de matières premières.
On se targue d'abus supprimés.
Moi aussi, je parle d'abus, mais pour dire qu'aux anciens- très réels- on en a superposé d'autres- très détestables. On me parle de tyrans locaux mis à la raison; mais je constate qu'en général ils font très bon ménage avec les nouveaux et que, de ceux-ci aux anciens et vice-versa, il s'est établi, au détriment des peuples, un circuit de bons services et de complicité.
On me parle de civilisation, je parle de prolétarisation et de mystification."
AIME CESAIRE, Discours sur le colonialisme, Paris, Présence Africaine, 1955Si j'étais LUi:
J'habiterais .... (j'ai promis de ne garder cette réflexion pour moi)Si j'étais LUi:
J'aurais eu la bonne idée de ne pas rater mon RDV avec la faucheuseSi j'étais LUI:
J'aurais un doigt qui me démangerait à chaque fois que je dois parler de Chine17/12/2005Je réponds au "houle" qui m'habiteOn me demande souvent"Comment vas-tu?"
Et j'apprends ces derniers temps à conjuguer ma réponse au futur "ça ira", je prends le style d'une fille sûre de son avenir.
Foutaise!!!
Je vais mal, mais il me suffit de la regarder pour espérer qu'elle soit mon futur, et c'est assez pour ma petite âme14/12/2005Aujourd’hui, je veux que le monde pulse, qu’il s’étouffe dans un éclat de rire.
Je suis dans le bus, lorsque le téléphone sonne. On insiste, je finis par répondre. C’est Saïd qui me demande de passer au siège de l’association. Il me dit que c’est très urgent ! Je lui réponds que je travaille et que c’est impossible, je finis par rebrousser chemin.
Saïd m’attend dans le jardin. Il me dit qu’il faut identifier quelqu’un. Je ne comprends pas vraiment. « Tu es celle qui la connaît le mieux ! » Je suis tout à coup prise de panique. J’aimerai que la voiture s’arrête, j’aimerai n’avoir pas décroché.
Arrivés, il faut négocier avec les plantons pour qu’ils nous laissent entrer en voiture dans l’enceinte de l’hôpital. De toute façon, mes pieds ne m’auraient pas portée. On me traîne jusqu’à l’intérieur de la morgue. Mon corps ne réagit qu’à l’odeur, un automate voilà ce que je suis à ce moment !!!
Un ami m’introduit dans la salle, les laveuses ont à peine commencé leur devoir. On les fait sortir et me voilà face à ce corps. Il n’est pas le premier que j’ai vu. Il y a eu ceux de mes tantes, calmes et apaisés ; ceux déshumanisés de victimes, décapités, explosés. Mais rien d’aussi dur à voir qu’un corps qui garde toute son humanité et qui a comme quelque chose qui cloche. On se pose la question de ce qui ne va pas !! c’est la tête ou le corps qui est de travers ? L’humanité gardée m’empêche de prendre de la distance vis-à-vis de cette situation.
Je ressors, la mère de la jeune fille allongée à l’intérieur m’attend à l’extérieur avec quelques personnes de l’association. Ils ont jugé que l’épreuve aurait été trop dure pour la maman.
Oui, c’est elle !!
Je me sens mal, je m’assoie parterre. Je les entends dire que c’est la volonté de Dieu, que chacun meurt selon sa volonté. Sa mère s’approche de moi, et me demande ce qu’elle doit faire maintenant. Je lui réponds qu’on s’occupera de tout. Elle précise qu’elle ne parlait pas de l’enterrement. Je lui explique en gros ce qui arrivera. « Elle est belle ma fille, hein ? » En effet, elle est très belle. Ce n’était pas évident la première fois où je l’ai vue. Avec son visage tuméfié, ses bras lacérés, ses poignets en sang. Elle venait chercher refuge. Son mari la battait lorsqu’il avait trop bu.
Je l’ai vue, pendant des mois, lutter pour offrir à ses mioches une vie digne. Et puis il l’a retrouvé, il lui a dit qu’il avait retrouvé du travail et qu’il avait cessé de boire, qu’il regrettait. Elle était venue me demander conseil, la règle veut que l’on ne se mêle jamais des choix des autres. J’ai gardé pour moi le fond de ma pensée. Elle lui a pardonné pour les enfants, pour qu’ils aient un père.
Elle avait accroché le linge dehors croyant qu’il ne pleuvrait pas. Une averse la surprit, elle sortit pour faire rentrer le linge. Dans sa précipitation elle ne se couvrit pas la tête, son mari la vit. Il se précipita à la maison, et sans avoir bu une seule goutte d’alcool, lui tordit le cou.
Je n’avais jamais compris avant hier que ceci n’était pas juste une image.
12/12/2005"Le bonheur d'un être raisonnable est un problème tout à fait insoluble"
Kant |
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