Blog négatif (et révolu)

09/05/2004

09/05/04 - 01:35

Les précieuses ridicules

...sont de retour, et elles ont maintenant un blog. On les reconnaît à leur style (car tout le monde vous dit qu'elles ont du style), c'est-à-dire une syntaxe très pauvre (disparition des subordonnées non relatives, monotonie des formes verbales : C'était un quartier plein de vie, de différences, d'odeurs. Avant. Il s'assied un instant sur le rebord de la fontaine pour chasser un étourdissement puis se lève, droit comme un i, pour entrer dans "son" immeuble. Sur les boîtes aux lettres il y a d'autres noms, d'autres vies. Sentiment étrange qu'on l'a dépouillé.") et une boursouflure du vocabulaire, une débauche d'épithètes ("sur ma banquette cramoisie"), une névrose de la marque et de la précision inutile ("buvait une adelscott pression"). Ajoutez à cela quelques anglicismes ("Max Bornstein, c’était son nom"), et beaucoup, beaucoup de clichés ("nos nuits interminables à reconstruire le monde" ; "Il m’a observé du fond de la pièce avec un regard qui voulait tout dire" ; "en nous noyant de paroles").
Quand la précieuse ridicule est inspirée, cela donne : "Ils étaient de ceux qui ne renoncent pas, compagnons d’infortune échappant aux nimbes sépulcraux d’une Gayvoxie encore fumante, prêts à s’embarquer sur un radeau qui les mènerait vers un destin qu’ils ne savaient pas encore grand." ou encore ma préférée : "Ils étaient là, acteurs malgré eux d’une Histoire qui ne s’écrit que d’encre pailletée, se mouvant dans une pénombre essoufflée par les murmures de la gloire. Et les délices de leur exil feutré tramaient bien plus qu’un simple enchevêtrement de vies fantasques, ils incarnaient plutôt les nouveaux personnages d’un Casablanca immortel où les verres à cocktail croisaient les brumes de l’incertitude." Maintenant, exercice pour mes lecteurs. Reprenez la dernière citation, et permutez les adjectifs. Admirez comme toutes les combinaisons fonctionnent aussi bien ("pénombre pailletée" ; "pénombre feutrée", "pénombre immortelle", et même "pénombre fantasque"....). Vous voilà devenu un styliste résolument contemporain.

commentaires

09/05/04 - 03:50

Tes longues jambes nerveuses, le corps équilibré, la musculature tendue, ni grasse ni gonflée. Ton abandon dans mes bras, ton appétit pour la luxure, ton caractère entier, improbable chez les gens de ton orientation

Amusons-nous à permuter les adjectifs… les substantifs… chacun peut s’amuser, après tout... à fustiger les clichés de la pédéculture du corps...

Tes longues jambes improbables, le corps ni gras, ni gonflé, la musculature équilibrée.
Ton abandon dans ma luxure, ton appétit dans mes bras, ton caractère nerveux, entier chez les gens de ton orientation.


Je n'ose imaginer le mépris que tu dois avoir pour "tes" étudiants...

09/05/04 - 08:50

Question "conne"... Les adjectifs sont faits pour qualifier n'est ce pas, et peuvent donc s'appliquer à de nombreux substantifs pour traduire des nuances. Ton exemple ne suffit donc qu'à prouver ton incapacité à saisir les nuances d'une unique combinaison, non ? Nous sommes d'accord en tout cas pour dire que ce n'est pas la critique qui fait l'oeuvre, surtout lorsqu'elle se veut définitive - pas plus la tienne que la mienne d'ailleurs.

09/05/04 - 09:58

ouai, qu'ils crèvent, bordel !

09/05/04 - 09:59

Zappy, évidemment qu'on peut toujours permuter les adjectifs. C'est ce qui permet de dire un très grand nombre de choses, avec un petit nombre de mots. Tu ne peux donc pas m'opposer une permutation d'adjectifs dans un texte quelconque. Ce qui compte, c'est qu'en la faisant, tu changes le sens. Alors qu'entre pénombre pailletée et pénombre essoufflée, pardon, mais je ne vois pas trop la différence, peut être parceque cela ne veut rien dire. Quant à la dernière phrase, mais si mon bon, ose imaginer, tant que c'est ton imagination, mes étudiants restent saufs.
Sharruk, je suis bien d'accord avec toi. Tout le problème est que je suis incapable de saisir la nuance entre les permutations que j'opère. Et que j'ai la faiblesse de croire que personne ne pourra me les faire sentir. Quant au dernier paragraphe, outre que je ne suis pas sûr de le comprendre entièrement (c'est l'oeuvre ou la critique qui se veut définitive ?) je ne peux que me ranger à cette évidence, ce n'est pas la critique qui fait l'oeuvre, mais est-ce que cela empêche la critique ? Et est-ce que tout ce qui s'écrit est une oeuvre ?

09/05/04 - 13:16

Deux secondes, on ne parle pas d'oeuvre littéraire à décortiquer sur les bans de la fac, encore une fois. J'crois qu'il faut éviter d'appliquer une analyse littéraire, certes, un peu "définitive" sur tel ou tel écrit, surtout quand l'auteur n'a d'autre prétention que d'écrire "à la manière de", volontairement ampoulée, de s'amuser à la satyre, à la caricature, à la parodie. Par ailleurs, je ne vois pas où est l'anglicisme dans "Max Bronstrein, c'était son nom"... Sixte n'a pas écrit : "Son nom était Max Bronstein" (His name was Max Bronstein -> en trad : "Il s'appelait Max Bronstein") Il a opté pour l'apposition, dans un style un peu parlé... où est le problème ?
Doit-on se plier à un certain académisme, coller à tes propres canons esthétiques en matière d'écriture, pour avoir grâce à tes yeux ? Faut-il encore une fois se couler dans un moule ? Et la licence poétique ? Et le plaisir de coucher sur le papier pour s'écrire à soi... Sinon, en matière de véritables blogs (et non pas de textes isolés, "fermés"), il y aurait largement de quoi s'offusquer.

09/05/04 - 15:47

Zapounet, si tu me demandes : "doit-on coller à tes propres canons esthétiques pour trouver grâce à tes yeux ?", je réponds : "par définition, chou". Maintenant, ne prenez pas trop au sérieux tout ce que j'écris. Et ne prenez pas trop au sérieux tous ceux qui écrivent ici.

09/05/04 - 17:45

Dans ce cas, il n'y a pas plus de précieuses que de ridicules, ou autant des deux "catégories" de part et d'autre du miroir du net, aussi déformant qu'il soit...

09/05/04 - 17:50

N/B: Fût-il de Bruxelles, à la crème, fleur, vert ou rouge, le chou me semble incongru dans ta réponse, mais je mettrai l'appellation sur le compte du "non-sérieux" dont tu te targues, en guise de justification.

09/05/04 - 18:37

Laissons notre ami s'amuser, on a les obsessions que l'on peut.
Il rappelle quelqu'un, non ?

09/05/04 - 19:42

Magnifique exemple de langue de bois. Cela commence par de la condescendance faussement amicale "laissons notre ami s'amuser", ce qui démontre, en creux 1- qu'il pourrait être question de m'en empêcher, bravo pour un amoureux de la liberté 2-qu'il n'y a là qu'enfantillages, ce qui évite de prendre la peine de lire et d'argumenter, et qui dénote une allergie caractéristique du débat et de la confrontation ; - cela se poursuit par une formule un peu galvaudée, mais qui fonctionne par construction, car elle est pure tautologie "on a les obsessions qu'on peut"; mais oui, on a les obsessions qu'on peut, on a les goûts qu'on peut, on a les amours qu'on peut, on a la vie qu'on peut...et j'aurais pu écrire, plutôt que de développer une argumentation, du blog étudié, "on a le style qu'on peut" et voilà, c'en était fait, je suppose ? - enfin, cela se finit par cette belle invention rhétorique du XXème siècle, l'insinuation qui amalgame ("cela rappelle quelqu'un") qui a tellement servi des causes putrides qu'on ne peut qu'être brûlé de la voir resservir.

09/05/04 - 22:17

"Et ne prenez pas trop au sérieux tous ceux qui écrivent ici." Tu parles de toi en particulier, ou tu vises encore d'autres personnes ?
Je crois que j'ai du mal personnellement à ne pas prendre les gens au sérieux, ca doit être mon côté saoûlant. Par ailleurs il ne me semblait que ta "dénonciation" soit d'une argumentation très poussée, et ne soit pas non plus de cette condescendance qui ne peut qu'inciter au mépris - rien de surprenant à cela, je ne vois pas de quoi tu t'étonnes...
C'est bien la critique que j'appelais définitive, par ailleurs. Quant à parler d'oeuvre, elle ne se limite de toute façon pas à tes quelques citations...
Je serais curieux de savoir pourquoi on perd son temps à critiquer des gens que de toute façon on prétend mépriser (et oui, le "critique" doit aussi se justifier...)

09/05/04 - 23:58

Je crois que j'ai aussi du mal à ne pas prendre les gens au sérieux. A tel point que je les lis. Lire, cela suppose une certaine attention. Je me contente de faire part de mon expérience de lecteur. Maintenant, j'avoue que je ne sais pas trop quoi te répondre de plus, sharruk, parce que je n'ai pas tout compris. Mais, pitié, pas de "Je serais curieux de savoir pourquoi on perd son temps à critiquer des gens que de toute façon on prétend méprise" : je n'ai pas critiqué des gens, j'ai critiqué une page d'un blog (quel sale type je fais, quand même. Il devrait y avoir une loi contre soi); et je n'ai prétendu mépriser personne, j'ai juste relevé des arguments méprisables (pas dans le blog initial, dans la réponse).

10/05/04 - 15:50

Point de méprise mon cher Netromain. A vrai dire ta démarche m'interroge, le fait que tu fasses preuve d'autant d'attachement à t'imposer ma lecture puis à la déconstruire c'est un peu troublant comme rapport à l'autre. Après, comme Zapenfeld l'a soulevé, je n'ai aucune prétention littéraire. D'autant plus que tu cites des textes qui se voulaient excessifs, je pensais simplement qu'il était inutile de le préciser. Enfin, je ne t'oppose aucun argument dans la mesure où, finalement, tes propos échappent à toute logique.
Si tu as besoin de déverser autant de bile (tout en te défendant de n'être pas "sérieux") je ne peux pas t'en empêcher. Je ne compte pas non plus combattre des moulins. S'il y a quelque chose qui te dérange particulièrement et qui justifie véritablement ton attitude, il ne t'est pas interdit de m'en faire part en privé. "Précieuse ridicule" c'est méprisant au fait ?
;-)

21/05/04 - 11:20

Qu'est-ce que je peux répondre à cela ? "le fait que tu fasses preuve d'autant d'attachement à t'imposer ma lecture puis à la déconstruire c'est un peu troublant comme rapport à l'autre." euh, je me suis contenté de lire. Et de réagir. Si tu ne veux pas de lecteurs, il ne faut pas blogguer. Ensuite, il faudrait savoir : Si les textes étaient effectivement excessifs, je ne crois pas que j'aie pu manquer de "logique"en le soulignant. Et il est si commode de traiter de fou celui qui vous dérange. Si commode de parler de déversement de bile au sujet d'un jugement qu'on ne veut pas contredire. Et rien ne "justifie" mon attitude, je te l'accorde, sinon le droit à la liberté de penser. Au fond oui, ce qui me dérange particulièrement, ce sont les pensées fascisantes qui, au nom d'un argument ontologique bidon ("je suis de Gauche" comme si cela voulait dire quelque chose, d' "être" de gauche) peuvent rejeter le débat en traitant tous ceux qui divergent de fous et de bileux.

26/05/04 - 05:35

Ah bon ? Ce qui est commode c'est de se retrancher derrière ses certitudes...
Ah bon ? J'ai dit que tu étais "fou" ? Franchement, ce qui est fou, c'est la façon dont tu vas loin avec toi-même... Pour le reste, ma foi, ce que tu écris suffit pour que je n'en rajoute pas davantage.

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Résumé des épisodes précédents

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J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau. Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007


Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006


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Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006


La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes. 12 novembre 2005


des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre. 29 octobre 2005


Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance. 16 octobre 2005


Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005


…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005


Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort 21 avril


La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005


Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.
18 février 2005


Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération. 12 novembre 2004


Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004


Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004


Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004


Ils n'aiment pas

Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage Sorty

C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur
Elizabethtessier

Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk

Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie.
Ma Josiane d'amour

Ce qu'on peut lire comme conneries....
Ronans

Et vive les donneurs de leçon
Fantin