Blog négatif (et révolu)

13/09/2004

13/09/04 - 20:47

Biographie de l'amour

On commence sa vie amoureuse éveillé par une sorte d'instinct, qui nous pousse inexplicablement vers tel être, qui nous assèche la bouche et trouble la vue, sans que personne d'autre que nous ne le comprenne.

On continue sa vie amoureuse sous l'emprise de l'orgueil et de l'imitation. On croit se déterminer sur des critères physiques, on a même l'illusion de les choisir ; en fait, il s'agit toujours de flatter notre vanité, d'épater les copains, de faire du chiffre, et on encule à la chaîne les mêmes culs, on caresse mécaniquement les mêmes torses, on arrache les mêmes boxers dim. Rien n'est plus violent que la passion de faire comme tout le monde, rien n'est plus irrépressible que le désir d'être comme les autres. On a une liste de critère aussi longue que la check list de décollage de la navette spatiale : pas de vieux, pas de gros, pas de poilu, pas de chauve, pas de grand, pas de petit, pas de maigre, pas de musclor, pas de roux, pas de gros nez, pas de petit nez, pas de sourcils taillés, pas de sourcils forêt vierge, pas de yeux marrons, etc.

Et on pourrait finir ainsi sa vie, mais un jour, un jour curieusement ensoleillé de décembre, on croise un type qui n'est pas votre style. trop jeune, trop immature, imprésentable à ses proches et à son amour-propre, non monnayable dans la conversation avec les autres mecs. On l'écoute patiemment, on l'éconduit sans le dire, lui promettant je ne sais quel rendez-vous prochain. Et on se laisse baiser sur la joue, comme ça, sans y prendre gare. Et la caresse de cette peau incroyablement douce, de ces lèvres incroyablement amoureuses, cela vous attache pour l'éternité à ce petit bonhomme.

Et après cela, après avoir aimé une fois dans sa vie, on a foutu aux chiottes sa liste de critères. Comme avec l'âge, on vide sa bibliothèque pour relire toujours les mêmes deux ou trois livres qui les contiennent tous. On sait que la formule magique tient en trois mots. Qu'on n'a besoin que de très peu de choses. mais que ces très peu de choses sont présentes, ensemble, chez si peu de gens.

commentaires

13/09/04 - 21:06

L'amour est parfois là où on ne l'attend pas.

15/09/04 - 11:18

Quelle capacité de synthèse chez Pyram ! Déconcertant ! ;o)

A part ça : romain ton ptit article, sérieux paske le sujet l'est, me plaît beaucoup. il dit beaucoup sur l'amour, finalement. moi aussi je passe mon temps à essayer de mieux cerner mes critères. on manque de mots pour définir ce qui nous attire. c vrai que des détails physiques peuvent nous rassurer, on se dit voilà, les poils ça m'excite, et on est rassuré de voir que ça marche, que, comme on l'a décidé , ce mec poilu nous excite. Oui, comme tt le monde j'ai des critères, golden cox a beau trouver ça idiot, mais les critères ça rassure, sinon on est un peu dans le chaos. Et oui, moi aussi, j'aime etre perturbé dans mes rencontres et me retrouver à découvrir qqun qui ne correspond pas du tout à mes attentes. Il y en a qqs uns sur ce site. Au début je me dis qu'on n'est pas du tout sur la meme longueur d'ondes, qu'on n'a rien en commun, ni dans la personnalité, le style de vie, les goûts... et puis tu sais pas trop pourquoi, tu as un attachement irrépressible qui naît... Bravo, Romain, et dire que certains pensent que tu n'es bon qu'à critiquer. :o/

15/09/04 - 22:12

"avec l'âge, on vide sa bibliothèque": mon Dieu, quelle horreur!!! Comment peut-on faire une chose aussi horrible???

27/05/05 - 00:11

... tellement vrai...

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Résumé des épisodes précédents

...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008


J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau. Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007


Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006


Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre

11 février


Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues. 21 janvier 2006


Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006


La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes. 12 novembre 2005


des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre. 29 octobre 2005


Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance. 16 octobre 2005


Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005


…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005


Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort 21 avril


La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005


Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.
18 février 2005


Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération. 12 novembre 2004


Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004


Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004


Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004


Ils n'aiment pas

Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage Sorty

C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur
Elizabethtessier

Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk

Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie.
Ma Josiane d'amour

Ce qu'on peut lire comme conneries....
Ronans

Et vive les donneurs de leçon
Fantin