J'écoute : du baroque Je regarde : c'est le moins qu'on puisse dire ! Je lis : ouais, pas mal Je joue : ouais, aussi, mais pas avec les sentiments (du moins pas les miens) Je mange : Trop...... Je bois : Tout ce qui me tombe sous la main Je cite : "Faites semblant de croire et bientôt vous croirez" (Pascal) (mis à jour mercredi 20 février 2008 à 20:54)
On parle de rendre à nouveau l'uniforme obligatoire à l'école : Franco est de retour !
Ah bon, Franco n'a jamais régné en France ?
Bah, j'aurais cru...
Bon, question idiote : est-ce qu'on peut sérieusement, d'un côté, saper toutes les autorités et les valeurs, en érigeant comme valeur unique la consommation (ouah trop mortel ton mp3 ça s'voit qu'tu bosses plus pour gagner plus !), et, d'autre part, prétendre les réinstaurer via un gadget aussi débile que l'uniforme ??
P'tain, parfois, j'ai l'impression de vivre un cauchemar éveillé. C'est quoi ce pays de merde ?? Le pays du Père Ubu ?...
En tout cas, moi je ne m'en lasse pas, de la chanson "Alcool", scène-culte du film "Filles perdues, cheveux gras".
Mais comme le texte remonte déjà à 2002 et qu'il est un peu daté, je me suis permis de le mettre à jour :
Quand t'as d'la peine,
Pense à DSK, à Le Pen :
Tes problèmes,
à côté c'est d’la veine.
Le malheur fait un malheur chez nous,
Le bonheur, c’est vrai, n’est pas dans les sous.
Quand rien ne va,
J'pense a Fukushima :
J'suis pas là-bas,
J’n’deviendrai pas gaga.
Le bonheur, c'est ici et pas ailleurs
Le bonheur, dans ma vie passe au « 20 heures »...
En Tunisie,
La mode est à la bigamie,
En Haïti,
On s’les gèle sous un tipi.
Le bonheur, c'est ici est pas ailleurs
Le bonheur, dans ma vie met d’la chaleur...
Quand j’suis à sec
J’me dis qu’j’aurais pu être Grec,
Quand j’suis pas belle,
Je pense à Robin Muriel…
Le bonheur c'est com' les épinards au beurre,
Le bonheur, c'est maint'nant et pas dans une heure,
Le bonheur dans ma vie fait un malheur,
Le bonheeeeeeeeeeeeuuur…
... à penser, entre autres, aux pauvres Grecs, Espagnols, Italiens, Français, bref, "Européens", soumis aux diktats du Capital, des Banques, du FMI et de la Dette, je me chantonne :
Quand t'as d'la peine,
Pense aux Kurdes aux Tchétchènes :
Tes problèmes,
à côté c'est d’la crème.
Le malheur fait un malheur partout,
Le bonheur, finalement, c'est chez nous.
Quand rien ne va,
J'pense a Diana :
J'suis pas comme elle,
J'verrai l'bout du tunnel.
Le bonheur, c'est ici et pas ailleurs
Le bonheur, dans ma vie fait un malheur...
A Kaboul,
La mode est à la cagoule,
A Tchernobyl,
Y'a trois jambes aux blue jeans.
Le bonheur, c'est ici est pas ailleurs
Le bonheur, dans ma vie fait un malheur...
Quand j'me trouve grosse
Je pense à Demis Roussos,
Le bonheur dans ma vie fait un malheur,
Le bonheur dans ma vie fait un malheur,
Le bonheeeeeeeeeeeeuuur…
Putain de bordel de merde à noeuds !
Mon appart ressemble à celui de Dexter, un jour où il n'est pas content...
Mon bol préféré, un truc genre cantine en Duralex, a explosé au sol, en mille... que dis-je mille ? huit cent mille milliards de billons d'éclats.
En bonne ménagère, je me suis précipité sur l'aspirateur - situé à l'autre bout de la cuisine. J'étais pieds nus... Pour mieux voir les éclats, je me suis traîné à quatre pattes...
Erk ! Maintenant, le manche de l''aspirateur est luisant de sang, l'évier plein de traces de main rouges et les murs, autrefois blancs, couverts de roses empreintes digitales ! Et j'te parle pas des poignées de porte ni des interrupteurs...
Beuh, j'ai plus faim, du coup...
Oh la la, je viens de parcourir l'album de photos de Nicolas Courjal sur Facebook et me voilà tout bouleversifié... On n'a pas idée de laisser son album accessible à tous quand on est si mignon ! En même temps, il ne le restera probablement pas longtemps, maintenant que j'ai vendu la mèche...
On est toujours seul, rappelle la sagesse populaire. Chacun a pu l’éprouver : au sein de la plus fusionnelle étreinte, je comprends combien mon corps est étranger à l’autre et combien peu je sens ce que ressent le corps de l’autre ; au sein du couple le plus harmonieux, tu vérifies chaque jour combien peu l’autre te comprend, prévoit tes attentes, te connaît, tu t’étonnes chaque matin de trouver un inconnu dans ton lit.
Mais, pareillement, nous ne sommes jamais seul(s) – l’ambiguïté permise par l’orthographe française est ici parlante…
Nury Vittachi débute son roman "Shanghaï Fengshui" par une typique parabole chinoise, dans laquelle un prisonnier se voit enfermé au sein d’un simple carré dessiné au sol. Il pourrait sans doute en sortir, si le gardien (lui-même enclos dans un carré semblable) ne lui avait assuré que, dans ce cas, tous « les démons de l’enfer s’abattraient sur lui pour le dévorer ».
Une fois que le criminel a purgé sa peine, le gardien franchit l’enceinte de son carré, et le prisonnier fait de même.
La morale de l’histoire ? « Les hommes croient réagir à ce qui les entoure mais ils réagissent selon la manière dont les autres réagissent à ce qui les entoure ».
Parce que l’individualité a été valorisée au cours des trois ou quatre derniers siècles de notre culture occidentale, nous nous croyons en quelque sorte prémunis, ou, pour le moins, prévenus, contre cette façon grégaire de réagir.
Les esprits les plus forts se rebellent contre les conditionnements sociaux – ils refusent les fêtes de fin d’année, partent en vacances au cœur de l’année scolaire, négligent les liens familiaux, pratiquent le bénévolat et la cuisine alternative, conspuent les religions et tendances politiques, portent des tongs en hiver, parlent couramment le franglais et le sms, utilisent le même écran pour lire Proust et surfer sur « Second Life », dédaignent les journaux et font toutes leurs courses en ligne. Mais ce sont ces mêmes esprits forts qui – inadvertance ou inconséquence – vont se trémousser en magmas humains au son des pulsations les plus primitives, se masser inconfortablement sur le même inhospitalier bout de trottoir ou adopter avec une belle unanimité les mêmes tics vestimentaires et langagiers.
Refoulée, la grégarité revient au galop et quand le consensus culturel est considéré comme ringard, le réflexe identitaire prend sa place.
On se « différencie », mais tous de la même façon.
On se « singularise », mais en groupe.
Il ne s’agit pas tant ici de revenir sur la « fin des valeurs », sur l’incontournable « inconscient culturel », sur l’inévitable conditionnement de l’individu par son entourage que de rappeler à la modestie les zélateurs d’une prétendue « authenticité » ou « vérité intérieure ». Très souvent, cette dernière n’est que l’une des couches les plus profondes du conditionnement, ramenée au jour par l’effacement des couches supérieures (elles-mêmes autrefois générées en réaction contre une civilisation trop normative).
Comme le fameux serpent de mer, la prétendue authenticité revient grosso modo tous les trente ans, selon une progression en spirale qui, à la façon dont le mixer aspire vers le fond les composants superficiels pour les hacher menu et les ramener, peu à peu, à la surface, dépiaute consciencieusement les acquis culturels des générations ayant précédé la nôtre pour en faire le ferment de celles qui la suivront.
Ainsi, les prisonniers qui, aujourd’hui, échappent aux prisons high tech’ seront demain contenus par un simple carré au sol dessiné.
Je ne dis pas qu’il faut renoncer à s’échapper, abandonner l’idée de revenir aux sources de nos « besoins intérieurs » : mais sans doute faut-il se souvenir, une fois cette prétendue source trouvée, que cette dernière a eu elle-même son origine - qui se trouve encore ailleurs, quelque part en un lieu où toutes les sources se joignent.