08/01/2009Pour B., comme pour tant d'autres... "Ecrire, c'est chercher la Joie.
La rédemption par l'écriture, c'est une connerie. La rédemption par le sexe c'est une connerie plus dangereuse encore. La seule vraie Miséricorde, c'est de pardonner à son père. Le mien a passé sa vie à accuser les autres de jeter des graviers dans ses nouilles, il mangeait des nouilles sous une ampoule nue, quand je lui ai donné mon premier livre, je l'ai posé sur la table, sous cette lampe, il l'a regardé. Il l'a pris dans ses mains. Ses doigts gras ont fait une empreinte noire sur la couverture vert tendre. Il ya longtemps que je ne trouvais plus aucune excuse à son ivrognerie et à sa bêtise. Il m'avait suffisamment badigeonné de sa vie d'enfant à la mine, de ses cicatrices prolétaires, je lui disais que les prolétaires avaient un autre visage, un visage chantant sous un drapeau, ils étaient l'espoir du monde. Quand je voyais cette face rouge avec la bouche pleine de nouilles trop cuites ce n'était pas le visage de la révolution, c'était le visage de la passivité, cet ennemi de l'intérieur, le pire de tous. Alors il a pris le livre entre ses mains et il l'a reposé sur la table et il s'est remis à manger ses nouilles. J'ai décidé d'être plus violent que lui, de laisser le livre sur la table, il faudrait bien qu'il le déplace. Et pendant une année il a épongé sa toile cirée grasse autour du livre, il a bu son ballon à côté du livre, il a lu le journal local, ce journal qui cassait les grèves, faisait l'éloge de ses bourreaux, etc. Il a mangé ses nouilles à côté du livre et il ne l'a pas ouvert. Il faudrait que je lui pardonne. Je lui pardonnerai l'histoire du livre... ça oui... mais pas qu'il ait tué ma mère. Alors pour moi ce serait ça, la joie... lui pardonner, sentir le pardon m'envahir mais non pas comme un sommeil, comme une fête.
On écrit pour trouver la Joie.
Il y a deux raisons d'arrêter d'écrire, parce qu'on désespère de la trouver ou parce qu'elle a été trouvée.
- Et pour toi ?
- Qui te dit que j'ai cessé d'écrire ?
- Tu espères encore ?"
Extrait de "Paradis de tristesse", Olivier Py
06/01/2009Si j'veux, oh ! Et pourquoi donc vous parlerais-je de la neige ? Fais c'que j'veux !
N'empêche, il était bien magique hier soir le jardin de mon homme : bambous, bananiers, azalées et rhodos sous leur manteau floconné, la grande classe... Et que dire de cette luminosité si exceptionnelle en notre cité ligérienne si peu habituée à ces journées blanchies ? Le quasi jour à une heure du mat', si t'as pas d'frissons, là, faut vite aller te r'coucher, gars. Même si tu as des frissons d'ailleurs. La couette, ensuite, nous est apparue plus chaude encore, en corps à corps, blottis dans les bras l'un de l'autre dans un unisson en harmonie avec les silences de cette étrange nuit...
29/12/2008Réflexion... J'avoue être décontenancé par les mouvements de foule. Par la "capacité" à se mobiliser...
Ainsi ai-je été révolté, en son temps, par l'enregistrement public de Léo Ferré, quand il chantait alors "Words" ! Au pire moment, celui le plus tragique peut-être, quand il évoque le scrutin démocratique et ce qu'il en reste, au fond de l'urne, le public se régale du bon mot, sans mesurer l'impact désigné. Bêtement mouton. Oui, à mon oreille le pire moment sans doute.
J'écoutais tout à l'heure, sur deezer, le zest of de Zazie. Son titre "j'étais là". Quel appel aux tripes, quelle supplique à nos manques et à nos trahisons... Mais non, l'album live est à ce point cruel : l'artiste envoie "j'étais là (pour la Somalie, le SIDA, j'en croyais pas mes yeux, sa mère m'a dit on l'enterre lundi...) et le public exulte, rit, et répond avec une hilarante stupidité (j'étais là) ET JE N'AI RIEN FAIT !
Comprend-il ce qu'il exprime, ce public ? Celui-là comme les autres? Celui qui vote aux vraies élections. Celui qui entreprend de décider. Puis qui vient dès le lendemain crier : il ne sera jamais mon président ! Sauf qu'on en aura pris a minima pour cinq ans, en toute LEGITIMITE !
Fin d'année, je suis plutôt bien dans mon être en ce moment. Mais merde, un mot, un acte, un silence, un vote, ça doit pouvoir avoir un sens, non ? Au delà d'une mode, d'un élan ou d'un acte inconsidéré. Etre homme (ou femme), ça veut peut-être dire réfléchir en amont.
2009 pointera bientôt le bout de son nez. Mais en fait, en quoi sera-ce un renouveau ? En rien, je le crains...
20/12/2008Etrangeté... On peut découvrir beaucoup de choses à la lecture des profils. Ou n'en rien retirer, selon.
Des étrangetés aussi, de "lourdes" incohérences parfois.
Mais là, ce cas de figure m'est apparu comme inédit voire spécifique : célibataire - vit en couple. On arrête pas de faire évoluer la langue, me dis-je. Tout doit être revisité, tout dois se fondre dans un nouveau concept, un jour. Du Léo Ferré dans le texte, probablement... ;o)
Belles fêtes de fin d'année à toutes et tous. Certain(e)s se sépareront le temps de ces retrouvailles familiales, qui par volonté, qui par nécessité. Profitez bien des vôtres, de ce pilier que sait représenter la famille quand ceci a encore un sens. Quel qu'en soit le schéma, le plaisir de se retrouver ensuite, après quelques jours ou longues heures un peu éloigné, quel pied, non ?
Et une ch'tite pensée chaleureuse vers ceux qui n'y goûterons pas cette année encore.
16/12/2008OVNI(s) "Je sens des racines qui vont loin dans la terre
Et des mots qui montent loin au-dessus des nuages."
Curieux, étrange et tout à la fois dérangeant, dommage et cruel...
Il y a par ici des mots qui ne trompent pas sur la nature, sur la valeur même des êtres. Mais qui disparaissent. Pas les mots, les gens.
Pas les "gens" d'une certaine madone ou égérie du paf politico-médiatique, mais les vraies personnes. Celles qui ont un jour pris sens dans un face à face, un croisement des regards de plus d'un jour, de plusieurs soirs. Et puis plus rien. Le repli, la crainte de poursuivre là où l'on sait devoir se mettre en danger. En danger de vérité, en risque de devoir faire un pas vers le seul être à conquérir : soi-même !
Je revisitais la blogolist d'un d'entre nous ce soir, liste de fantômes aujourd'hui disparus sous l'enveloppe sous laquelle nous les avons connus. Ca me fait à la fois froid dans les veines, mal à l'estomac et chier tout à la fois. Qu'ont-ils cherché à soi-disant fuir ? Qui ont-ils tenté de quitter sinon eux-mêmes ?
Le noyau dur est là, présent. Mon noyau dur. Mais que de perte en ligne, de garçons et d'hommes attachants et surtout porteurs de ces traces d'humanité si spéciale, si marquée, si tragique parfois que je ne peux les laisser naviguer entre deux eaux si froides sans éternuer à mon tour.
Je ne suis là pour "sauver" personne. Mais putain que vos silences pèsent, que vos coulisses sont froides. Parfois, à cause de vous, ou pour vous, j'ai des envies de désert et de départ moi aussi. Heureusement, d'autres petites flammes surviennent alors, furtives encore. Mais sans vous remplacer.
La réflexion sur soi, la séropositivité, l'impossibilité d'un coming-out pour l'heure, le sentiment de trahison d'une femme... rien ne justifie l'enfermement : la vie est dans la parole libérée, forcément !
Ce soir, alors que je connais des drames de vie qui finissent chez certains par trouver de nouveau du sens à vivre, alors que d'autres, mal_aimés de naissance, décident d'enfin prendre en main leur vie, quand ma propre existence retrouve, sept ans après le début du cataclysme, des rives de sérénité espérées et tout à la fois modelées par une volonté sans faille, je vous porte encore en moi, ceux qui sont devenus des ovnis par leur volonté de mise en retrait, par vos départs pas annoncés. Je vous conjure de vous montrer capables de vous affronter vous-mêmes. La vie, si elle est loin de représenter un long fleuve tranquille, ne nous en offre pas moins la seule traversée vers la plus grande des énigmes : nous-mêmes !...
11/12/2008Galanterie... P'tain c'est trop cool ce site. Et en prime une petite attention toute particulière à ménager ses "anciens" : le compteur ne s'incrémente pas le jour même de votre anniversaire, mais le lendemain !
Autre surprise : cette année cet "événement" est devenu international, si j'en crois la provenance de certains messages. Z'êtes choux les zamours !
Une bonne nouvelle arrivant rarement seule, hier mon homme m'a offert une toile ; artiste contemporaine que j'avais appréciée lors d'un salon courant octobre. Ce cachotier l'avait faite réserver à mon intention. (La toile, pas l'artiste, suivez un peu, oh !)
Et pour ceriser le gâteau comme il se doit (en fait de gâteau j'avais opté pour des profiterolles glace vanille/chocolat chaud), Chris est passé en cuisine pour me concocter un p'tit dîner à deux. De ces attentions qui font mouche, chaque fois. Parce qu'aimer est si particulièrement extraordinaire chaque jour, et que les preuves d'amour se révèlent (aussi) dans les actes quasi anodins du quotidien...
En somme, son retour de voyage sonne comme un nouveau et bel élan à deux vers demain, ensemble.
Il y a certains hommes qui, ici comme ailleurs, m'ont depuis longtemps donné à y croire quand dans ma vie, encore, il faisait froid, quand la flamme intérieure ne suffisait pas toujours à éclairer mes jours moins encore que mes nuits. J'espère bien transmettre le flambeau à qui voudrait s'en emparer. Et que la bonne humeur et la joie de vivre soient contagieuses, sans réserve : La vie est belle ! ;o)
05/12/2008Souvenir... Un jour, la question me fut posée : comment sais-tu, comment peux-tu dire : je t'aime ?
Valider des ressentis, surtout de cet ordre, sans doute est-ce délicat à traduire en mots.
J'avais alors répondu que je ressentais des picotements, des décharges électriques au niveau ventral, quand ma (mes) main(s) explorai(en)t la surface de sa peau...
Tout à l'heure je lisais ceci : relation sexuelle sans sentiment, ce n'est rien d'autre que masturbation réciproque ! Hé hé...
En tout cas, mes ressentis antérieurs, soumis à la longue absence de ces trois dernières semaines, ne peuvent qu'être fiers d'eux : lui comme moi sommes confortés dans notre démarche commune. Bizarrement, moi en paroles, lui "simplement" en actes. Si c'est pas d'l'amour tout ça...
03/12/200848 heures... Dont 22 de vol.
Je tâte André à l'arrivée des bagages, tu arriv'ras avec ton bel oiseau...
En attendant, je commence grave à compter les heures. Mais putain qu'ils paraissent plus longs, toujours, les derniers instants !
01/12/2008Pensée matinale. L'amour, pas plus que le bonheur, ne se cherche. Il se vit. Et ce n'est que par constat qu'on sait que l'on vit une aventure amoureuse, ou/et des instants de bonheur. Vous ne croyez pas ?
29/11/2008Donner du temps... Tout botaniste, tout amateur de jardin le dira : les fleurs les plus belles sont issues d'un temps de souffrance de la plante, ou d'une maturation lente de celle-ci, qui ne fleurira qu'au bout de plusieurs années.
Ainsi en est-il de l'hoya (fleur de porcelaine), ou de la pivoine, par exemple.
Pourquoi donc en serait-il autrement pour certains hommes ? Tous ne seront pas fleur annuelle, peut-être. Mais alors, quel bonheur de, sinon patienter, du moins le jour venu, s'émerveiller d'un tel épanouissement !
25/11/2008Vive la grève ! Un grand merci à ceux qui provoquent cette grève de l'audiovisuel public : même dans ces matinales, France Inter sait nous faire écouter sa différence.
Ainsi en une heure depuis 6h30 me suis-je délecté de chansons que l'on n'entend plus ailleurs depuis des lustres. Françoise Hardy, Elvis Presley, Bernard Lavilliers, Pierre Vassiliu...
N'a manqué qu'un p'tit Henri Tachan pour parfaire l'ouvrage. Ou un Joe Dassin des familles, pour nous vanter son Amérique !
23/11/2008Sur la bible de st Rémy le rémois ! Je suis "persuadé" qu'en cas de résultats strictement inversés, les S(istes) auraient accédé illico à la demande d'un nouveau vote de la part des A(istes) !
Pas à dire, pour afficher en toute circonstance autant d'aplomb, femme/homme politique, en France, c'est un métier ! Hélas...
En tout cas, triche ou pas triche, perso, j'les préfère aux oeufs, les pâtes.
18/11/2008Trente ans... Parfois comme ça, on se penche sur sa cédéthèque et, un peu au hasard, on en extrait une boite plus particulièrement, à cet instant, celle-là plus qu'une autre.
Par ce matin pluvieux, je n'avais pas envie de supporter durant le trajet vers le bureau les bulles périmées de champ'paumé de quelque salle de spectacle politique rémoise, d'autant que l'invitée de France Inter était l'une des protagonistes actives de ce nouveau naufrage annoncé.
Hasard donc. Et puisque mon choix s'est porté sur un album de Mecano, qui débute par cette ode à la fois douce ( par la voie d'Ana) et puissante (par l'image dégagée), je dédie cette journée à deux femmes, ma soeur et sa compagne, qui dans quelques jours vont pouvoir fêter leurs trente années de vie commune. Respect !
Une femme avec un femme ;
un homme avec un homme ;
et que celui ou celle que ça étranglerait encore aujourd'hui, trente ans plus tard, ne se gêne pas pour ne pas se louper !
05/11/2008Une fois n'est pas coutume... Je me mêle exceptionnellement à la foule .
Le 20 janvier prochain, ma fille fêtera ses 16 ans. L'âge où l'adulte voudrait aboutir de cette (rapide) maturation de l'être.
Ce jour, le président Obama entrera à la maison Blanche de Washington.
Nous avons le même âge, lui et moi, quasiment. L'impact du rêve de Martin Luther King l'aura forcément profondément marqué.
Pour ma fille et mon fils, deux (adorables) métis blanc-black, je fais ce rêve éveillé, aujourd'hui, que l'élection ressentie planétairement d'un métis à la tête des Etats-Unis, sera le point de départ d'une ère nouvelle dans les relations entre les hommes.
Pragmatique, il ne révolutionnera pas son pays en quatre ans. Mais la façon de parler et surtout de vouloir écouter, sans arrogance, déjà, donnera le ton.
A tous ceux qui, confondant Bush et les Etasuniens, donnaient à tout va des leçons d'anti-américanisme, j'ose espérer que l'élection de ce 4 novembre 2008 marquera les esprits dans les décennies à venir. En tout cas, sans attendre aucun miracle qui soit, je remercie cet homme d'être parvenu à nous (me) faire croire encore en l'Homme et en ses idéaux.
Et, puisque nous sommes tout de même sur ce site GA : aurez-vous entendu ces mots incroyables, il me semble même exceptionnels de la part d'un homme politique (surtout dans un pays aussi attaché à la religion que les USA - hélas !) : Obama a associé tout le monde dans ses attentions, bien au-delà du seul critère racial (dont il continue à se tenir à l'écart du danger d'enfermement), énonçant ouvertement les homosexuels et leur appartenance à la nation américaine.
Dormez en paix, révérent Luther King. Il aura mis du temps à germer votre grand rêve, mais il semble fleurir en ce début de siècle, à l'heure ou les Etats-Unis d'Amérique pourraient s'ouvrir enfin au monde autrement que par désir d'hégémonie...
31/10/2008Et toc ! Y'a pas que les profs qui sont en vacances !
Moi, ça y est ! Hier soir j'ai bien pris la précaution de faire mes courses zalimentaires pour les trois prochains jours, suis rentré à la maison et rideau ! Repos. Plus de radio-réveil pour six matins de purs délices : ne rien faire qui soit imposé, réglé par l'extérieur.
Plus connu ça quasiment depuis un an. Puisque même l'été dernier...
LE PIED !
(Pas fini mon jus de fruit du p'tit déj, vous m'excuserez d'y retourner, vous qui trimez au boulot, d'ac' ?)
27/10/2008Tout en douceur...
Hier, ce fut à deux doigts. Et puis mon homme étant un rien enrhumé, moi pas bien plus frais, nous y avons renoncé. Et pourtant en effet, on aurait presque pu manger dehors, sous les bananiers du jardin ! 20/10/2008Inconsciente fracture ? "Le nom qu'on choisit pour un autre révèle notre disposition d'esprit envers un être d'attachement et la mission qu'on lui assigne pour l'inscrire dans une filiation".
Boris Cyrulnik - L'Ensorcellement du monde, éd Odile Jacob.
Le noyau familial, dans l'acception stricte qui était la mienne (grands-parents, parents, enfants), s'était déjà réduit à peau de chagrin(s) quand mes enfants sont nés.
Est-ce pour cela ? Etait-ce par refus de transmettre ce à quoi je ne voulais croire, puisque ne me connaissant pas encore suffisamment ?
Toujours est-il que, d'un commun accord avec leur mère, elle aussi en rupture d'avec les siens, nos enfants n'héritèrent pas de prénoms d'un aïeul. A l'exception fortuite du second prénom de mon fils. Le hasard de mon choix s'étant porté sur celui de son arrière grand-père maternel.
Ceci étant, ce fut déjà le cas pour mon frère et moi. Seule ma soeur ayant "hérité". Pas sûr que pour les deux autres enfants il ne faille là aussi voir un désir de rupture, déjà, entre les deux générations qui nous précèdent...
Découvrant l'autre jour ces mots chez Boris Cyrulnik, je ne pus m'empêcher d'établir ce raccourci. Ainsi, même inconsciemment, nous agissons et déposons des repères, pour une lecture plus tardive. Quand les yeux pourront voir. Quand le texte sera rendu déchiffrable, le mot devenu audible...
16/10/2008L'homme de sa vie... Hier soir, "abandonné" lâchement par doudou-mio, invité très professionnellement à dîner entre confrères dans une auberge réputée du cru, hier soir donc, je me suis payé une belle tranche de ciné, au salon.
Revu le film de Zabou Breitman, "l'homme de sa vie".
De nouveau les mêmes ressentis qu'à la première projection, en salle. D'où j'étais ressorti avec cette question :
Qui donc est évoqué dans ce titre ?
Qui est l'homme de la vie de qui ?
La même incertitude. Et surtout le sentiment que la scénariste aura su survoler cette tranche de vie et le vécu de tout un clan, chacun s'endormant avec ses propres questions, ses propres visions des choses... Forcément.
Evoqué, le fait de pouvoir parler plus librement quand on pense que l'autre n'entend pas...
"Tu es redoutable" ; "je reviendrai pour que tu m'apprennes les lettres à l'envers..."
Une certitude : Charles Berling possède un pouvoir immense, celui de séduire ou de glacer son interlocuteur. Selon qu'il arbore un sourire éclatant, renversant, ou qu'il se referme sur lui-même.
De la force de savoir sourire...
15/10/2008Pelures... Un jour, un de mes amants de très courte durée (devenu depuis un ami très cher ; il avait d'ailleurs très rapidement décidé pour nous deux que ce serait mieux ainsi, le "salaud" !) m'a déclaré : ce jour-là, ton être et ton coeur ont effleuré mon âme...
Ce qui m'a valu, des années plus tard, de me faire la réflexion suivante en pensant à toutes ces barrières, à tous ces blindages que d'aucuns s'ingénient à empiler, croyant ainsi efficacement se protéger de leurs propres sentiments, de leurs émotions à taire ou à cacher.
Je me disais donc que si certains hommes devaient accepter de se laisser peler comme des oignons, par leur entourage, par leur compagnon, pour parvenir à un coeur à l'état libéré, sans doute alors devait-on se préparer à pleurer bien des fois, encore...
09/10/2008Nouvelle fuite... Les petits bonheurs, les grosses émotions revécues...
Depuis que je m'installe de nouveau, depuis que ma vieille chaîne hi-fi trône de nouveau au salon, la platine vinyles peut crépiter et emplir la maison de sons anciens, depuis trop de temps éteints. Par manque de place, parce que ce que j'écoutais n'était pas partagé, parce qu'à une époque je ne pouvais, je n'osais vivre mes émotions pleinement, ou alors seul, tout seul, profitant de moments de solitude, même en couple...
Après Léo et son triple album en public 1984, j'ai ressorti une pure source de ces émotions, l'actrice-chanteuse Anna Prucnal. Ses "amours de quarantaine", putain, ça fait si longtemps qu'elles me parlaient sans qu'alors je ne comprisse pourquoi !
Et puis ce poème, pour boucler l'enregistrement, face 2, de ce 33t. Petits bonheurs-émotions qui, va savoir pourquoi, te prennent là, aux tripes et au coeur.
FUITE
C’était cela notre amour ;
il partait, revenait, nous rapportait
une paupière blessée, infiniment lointaine,
un sourire figé, perdu
dans l’herbe du matin ;
un coquillage étrange que notre âme
essayait de déchiffrer à tout moment.
C’était cela notre amour, il progressait lentement
à tâtons parmi les choses qui nous entourent,
afin d’expliquer pourquoi nous refusions la mort
si passionnément.
Nous avions beau nous accrocher à d’autres tailles,
enlacer d’autres nuques, éperdument
mêler notre haleine
à l’haleine de l’autre,
nous avions beau fermer les yeux, c’était cela notre amour…
Rien que le très profond désir
de faire halte dans notre fuite.
Georges SÉFÉRIS (1900-1971)
prix Nobel de littérature 1963
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| Article 1 - An II
Un an de journal, ça commençait à devenir délicat de s'y retrouver ? Alors deux !! D'où cet INDEX thématique à votre disposition !
Pourquoi un journal ?
Billets d'humeur
Ambiance, ambiance
Audition, écoute
Choix effrayant
Commentaires ; stop !...
Les Ex
J'aime, j'aime pô
Hier, aujourd'hui, demain
Matin chagrin 1 ; 2
Le pont
Petits plaisirs éphémères
Les poupées russes - 1 ; 2
Quinze ans
Regard triste
Religion
Respirer
Sensualité
Souvenirs d'Afrique
Sublimes angoisses
T'entends pas ?
Tourné vers l'Est, chaque matin
Une vie pourquoi ?
Vivre gay ou lesbienne
Chansons
Daisy Nepsy
La mémoire et la mer
L'enfant d'un autre
J'aurais dû comprendre
Les figures imposées
Pour me comprendre
Sid’amour à mort
Trente ans
Citations
Bory-1
; 2
Michel Butor
Droit d’asile - 1 ; 2 ; 3 ; 4; 5 ; 6
; 7
L'enfant selon Bouddha
Métamorphose & masque
Partir ou rester
Le petit Poucet
Sagesse taoïste 1 ; 2
Schubert
Vérité
Expos, théâtre, cinéma
Guerre
J'étais dans la maison...
Soleil vert
Histoires
Blague belge, une fois...
Dinde au whisky
Existentiel
Goûts et couleurs
MisterBlue
Questions existentielles
Racisme
Taxonomie
Littérature, philo
Alexis - 1 ;
2 ;
3 ;
4.
l'Amant russe
le Bonheur désespérément - 1 ;
2 ;
3 ;
4.
Le Coeur découvert - 1 ; 2
Etat limite.
Famille je vous hais.
Le passage des éphémères - 1
L'Oeuvre au Noir -1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5 ; 6 ; 7 ; 8 ; 9 ; épilogue
André Gide - 1 ; 2
L'Immoraliste - 1 ; 2 ; 3
Les nouvelles nourritures - 1 ; 2
Paradis de tristesse
Parcours personnel
A la rencontre de...
Les amants de théâtre
Aimer d'amitié
Association d’idées ?
La bulle
Chansons dédiées - 1 ;
2 ;
3 ; 4
Comme en écho
Communication (ma)
Creux de vague - 1 ; 2
Dop
J’ai tué l’amour
Elle a souri
La plus belle fois qu’on m'a dit...
L'enfance - 1 ; 2
L'ex- 1 ; 2
Le verbe aimer
Message parternel
Paroles de déraciné
Peur de moi - 1 ; 2
Tempête matinale
Va, je ne te hais point
Vie, mort
Vivre
Poésie
Amoureux et savants
Demain
Fidélité sans faille - 1 ; 2
Le lombric
Mélancolique automne
Pierre qui roule
société
Devoir de transmission
Enfant, un droit ?
Femmes et droit de vote
Référendum et politique
Se sentir différent
«... Si on attendait de se connaître pour se faire confiance, on allait jouer des rôles les uns vis à vis des autres ; on allait se montrer avec nos carapaces, et le jour où on souhaiterait se raconter tout, on ne pourrait pas tout à fait le faire parce qu’il faudrait adapter notre vérité avec les petits mensonges qu’on se serait dit pendant des mois sur nos parents, sur notre passé, sur nos fantasmes »...
Merci de m'avoir accordé la transcription de ce texte Mathieu, extrait de ton journal (Matthieux) et plus précisément de la série "les corps fermés" , extrait se situant à la page 14.
La plus belle définition qui soit, à mes yeux, de l'acte de confiance !
"Il nous faut naître deux fois pour vivre un peu, ne serait-ce qu'un peu : il nous faut naître une première fois dans la souffrance d'un accouchement. Il nous faut naître une seconde fois par l'âme, et donc par une prise de conscience de cette naissance. Alors seulement nous pouvons réellement commencer à vivre un peu" Christian Bobin
Au vu de mon parcours de vie, j'ai depuis quatre ans maintenant défini ce parcours actuel comme une re-naissance. Je veux dire par là une prise de conscience du fait que j'avais un peu laissé échapper le réel déroulement de MA vie dans une relation de couple trop fusionnelle (1+1=1). Le fait de reprendre en main le cours de MA vie, je l'ai assimilé à une re-naissance.
On peut donc vivre à crédit, sans aucune prise de conscience de cette vie. Une vie qui se déroule, seule. Et puis un jour (pour ceux qui ont ou auront la chance de la réaliser), c'est LA naissance, conscientisée. Non plus le fait d'avoir été enfanté ; plus cet acte subi. La deuxième naissance.
Merci à Kikoo d'avoir ouvert son journal par un très bel article. Qui m'a amené ce commentaire. Lu dans "le passage des éphémères" de Jacqueline Harpman
J'ai lu dix fois votre lettre - l'autre, c'était trois fois, cela devient une manie ! - pour être sûr(e) d'entendre ce que vous dites sans superposer ce que je pense : peut-être êtes-vous dans l'amour alors que je ne suis que dans l'amourette. On dit que c'est un sentiment plus grave, qu'il s'inscrit dans la durée et aussi qu'il se transforme avec le temps"
Extrait de l'article du 21/04/04, "étalonner les discours"
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"Alexis, ou le traité du vain combat"
Marguerite Yourcenar
Ce livre de Yourcenar aura pour moi été le premier lu à "quatre yeux", comme certains jouent à quatre mains sur les touches de leur piano ! Des émotions qui demeurent, bien au-delà du plaisir solitaire. Même en lecture.
.../...
S'il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d'expliquer sa vie...
Je cessai de croire que la perfection se trouve de l'autre côté d'un serment. La sagesse, comme la vie, me parut faite de progrès continus, de recommencement, de patience.
On dirige quelquefois ses actes ; on dirige moins ses pensées ; on ne dirige pas ses rêves.
Les hommes ne disent pas tout mais lorsqu'on a, comme moi, du prendre l'habitude de certaines réticences, on s'aperçoit très vite qu'elles sont universelles... Ma conscience, mise à nu, me révélait celles des autres... Je finissais par me dire que mon seul tort (mon seul malheur plutôt) était d'être, non certes pire que tous, mais seulement différent.
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