"Laisse moi le temps de trouver l'empreinte pour mes pas,
à force de t'avoir cherché j'ai un peu peur de moi".


Pour construire toute relation, qu'elle soit amicale ou sentimentale, il faut se donner le temps de la connaissance de l'autre.
Dans les articles qui émaillent ce journal, je livrerai à votre lecture, voire à vos commentaires :
des extraits de livres qui m'ont plu ou marqué ; ou des citations ; ou encore lorsque le temps me sera moins compté, des billets d'humeur.
Au plaisir donc de retrouver certains d'entre vous à ce rendez-vous. Aléatoire, car j'aime les rythmes aléatoires ; synonyme pour moi de liberté et de spontanéité.
Bien à vous.

J'écoute : de plus en plus de rythmes africains
Je regarde : devant
Je lis : Terre et ciel - Théodore Monod (entretiens avec Sylvain Estibal)
Je joue : avec les mots
Je cite : A personne, sauf à ceux qui y prendront plaisir.
Franz Schubert - 1797-1828 (dédicace de son dernier Trio )
(mis à jour mardi 3 octobre 2006 à 08:58)

09/10/2008

09/10/08 - 11:04

Nouvelle fuite...


Les petits bonheurs, les grosses émotions revécues...
Depuis que je m'installe de nouveau, depuis que ma vieille chaîne hi-fi trône de nouveau au salon, la platine vinyles peut crépiter et emplir la maison de sons anciens, depuis trop de temps éteints. Par manque de place, parce que ce que j'écoutais n'était pas partagé, parce qu'à une époque je ne pouvais, je n'osais vivre mes émotions pleinement, ou alors seul, tout seul, profitant de moments de solitude, même en couple...

Après Léo et son triple album en public 1984, j'ai ressorti une pure source de ces émotions, l'actrice-chanteuse Anna Prucnal. Ses "amours de quarantaine", putain, ça fait si longtemps qu'elles me parlaient sans qu'alors je ne comprisse pourquoi !
Et puis ce poème, pour boucler l'enregistrement, face 2, de ce 33t. Petits bonheurs-émotions qui, va savoir pourquoi, te prennent là, aux tripes et au coeur.



FUITE

C’était cela notre amour ;
il partait, revenait, nous rapportait
une paupière blessée, infiniment lointaine,
un sourire figé, perdu
dans l’herbe du matin ;
un coquillage étrange que notre âme
essayait de déchiffrer à tout moment.

C’était cela notre amour, il progressait lentement
à tâtons parmi les choses qui nous entourent,
afin d’expliquer pourquoi nous refusions la mort
si passionnément.

Nous avions beau nous accrocher à d’autres tailles,
enlacer d’autres nuques, éperdument
mêler notre haleine
à l’haleine de l’autre,
nous avions beau fermer les yeux, c’était cela notre amour…

Rien que le très profond désir
de faire halte dans notre fuite.


Georges SÉFÉRIS (1900-1971)
prix Nobel de littérature 1963


04/10/2008

04/10/08 - 23:58

Lecture en cours...


..."Je lui demande s'il se sent mieux. Il répond "ça va !" sans commentaire. Son silence n'a rien de lourd ni d'oppressant. Il ne refuse pas de parler, simplement il ne parle pas...
Nous restons un moment au soleil, puis il se lève, prend son sac, ses vêtements et dit : "avant de grimper, on pourrait un moment jouir de l'arbre." Et ce mot jouir paraît prendre une proportion inattendue, ambiguë dans la bouche de cet homme sans femme. Nous nous installons sous l'arbre, l'ombre y est tiède et fraîche. Il allume sa petite pipe, en tire de lentes bouffées. Nous avons tous les deux le dos appuyé à l'arbre, nous regardons en face de nous la prairie, les reines-des-prés dominent l'herbe déjà haute du prochain regain. Mais quelle différence entre nous, lui je le sens bien, après l'alerte de tout à l'heure, est complètement détendu, donné à la jouissance de l'ombre, du vent qui souffle à peine et du soleil. Il ne s'adonne pas à un plaisir, il n'éprouve pas la fraîcheur de l'ombre, il y est tout entier. Il est l'ombre comme tout à l'heure il sera le rocher. Quelle différence avec moi tout en pensées, en sensations qui vont dans tous les sens. Je désirais moi aussi l'ombre, maintenant je la reconnais avec mon corps et ma pensée. En somme rien de nouveau, peut-être pas même de vraie connaissance. Toujours j'attends et je retrouve. Je ne suis jamais l'ombre, jamais le soleil. Oui, même dans l'amour, je retrouve, je reconnais, et ce n'est que par surprise que je découvre. Tout se brise sur ce fait, celui qui est l'ombre, celui qui jouit d'elle, qui jouit vraiment, ce n'est pas moi, c'est lui. Ma pensée, mes sensations se brisent, se cassent, se démontent sur ce fait pendant qu'il tire très doucement sur sa pipe puis la vide d'un mouvement souple sur la racine de l'arbre. Je sens qu'il sourit, un instant bref, à son bonheur et une grande joie m'envahit, je suis moi aussi présent à l'arbre, au soleil et au bonheur de Stéphane. Il se lève, à sa manière, d'un seul mouvement, comme mes grands animaux. Il dit : "On y va ?" et nous y allons.



C'est tout cela qui me revient dans la barque qui a repris son équilibre. Ce qui me frappe à ce moment, c'est à nouveau l'idée que Stéphane ne sais pas nager et que s'il tombe à l'eau, l'eau que j'aime tant, il pourrait se noyer. C'est comme si toute la brutale insécurité de la vie m'était révélée plus durement que par la guerre. Chaque étendue d'eau, chaque rivière, chaque fleuve est pour lui une force étrangère et un danger.
Sans doute a-t-il suivi ma pensée, perçu cette douleur qui m'atteint. Il dit : "Tu l'as vu, je ne peux pas !" La vie comme ça, la vie qui est ainsi, qui n'a pas cessé de me heurter depuis ma petite enfance ne le trouble pas, lui. Il y a là une interdiction, un interdit dans son corps, il constate qu'il n'a pas pu. C'est tout, pas de commentaire, pas de conclusion.
.../...


Henry Bauchau, le boulevard périphérique, Actes Sud 2008



30/09/2008

30/09/08 - 09:05

Grandir...


29/09/08

Mes grands chatons, de douces pensées vers vous.
La vie se charge parfois de nous faire grandir bien trop tôt. C'est le cas pour M. et L., mais par ricochet pour vous aussi.
La journée de demain sera difficile. Serai avec vous en pensées et vous embrasse très tendrement...

28/09/2008

28/09/08 - 19:00

A vos agendas !


S'il est programmé dans une salle de cinéma proche (ou pas) de chez vous ; si vous dérisez ou avez besoin de rire comme vous ne l'avez plus fait en salle obscure depuis des années, foncez voir "Rumba" !

Un drame burlesque d'une rare sensibilité et où la salle se laisse aller à des rires en série, non retenus. Un très joli moment, vraiment.

28/09/08 - 11:34

Ecolo, si !


Ils étaient beaux ce matin, dans les rues de la ville...

10 & 20 kms de Tours. Une épreuve écolo 150% : pour "preuve" ? La quasi totalité des sponsors - s'étaient-ils donné le mot ou se sont-ils trouvés un peu couillons ce matin ? - avaient choisi une belle couleur vert amende pour porter les couleurs qui de la ville, qui de la région, ou encore les banques, les gaziers, les pourvoyeurs d'eau... Seuls les pompiers arboraient une tenue orange fluo des plus seillantes ma foi, sur leurs p'tits corps virils... C'était émouvant ce grand élan spontané, toute cette belle communication : je suis vert et je l'affiche. Le reste en s'en fiche, hein ?
Le Grenelle sitôt refermé que toute la publicité était soudain convertie. Y'a que les marchands d'armes tiens, qui ne sont pas passés à l'arsenal vert. Quoique : n'ayant pas accès à la publicité (dommage, je suis sûr qu'ils nous vanteraient avec délices les vertus de leurs programmes)...

La com' c'est bien, et pis ça suffit à faire croire que... Aussi, ce matin, ma vile était-elle verte de chez verte. Un vrai printemps ! Avance, ou retard ? Là... la com' ne l'a pas dit.

Allez, beau dimanche, à la campagne !

26/09/2008

26/09/08 - 15:14

Oui d'accord, mais enfin...




... de là à l'étaler au grand jour, dans la ville, z'auriez peut-être pas dû, m'amour !


22/09/2008

22/09/08 - 08:55

Jouissance d'automne...


Bon allez, ça suffit comme ça, on oublie pour de bon sable humide et farniente : c'est l'automne officiel, c'est la rentrée, papier crayon, interro surprise !

Selon Lacan "le plaisir est un frein à la jouissance". Qu'en penser ?

(Vous avez quatre heures !)

21/09/2008

21/09/08 - 09:06

S'adapter au calendrier...


Journées du patrimoine.

J'ai donc décidé de profiter de ce week-end pour enrichir ou tout du moins redonner un rien de faste au mien. Du fait de la livraison de presque tous mes nouveaux meubles, ces heures sont consacrées au rangement, aménagement, mise en place, puis modification des lieux jusqu'à trouver la note juste du moment.
S'adapter quoa !

17/09/2008

17/09/08 - 11:34

Envie de ressortir ces mots, là, aujourd'hui.


"Il nous faut naître deux fois pour vivre un peu, ne serait-ce qu'un peu : il nous faut naître une première fois dans la souffrance d'un accouchement. Il nous faut naître une seconde fois par l'âme, et donc par une prise de conscience de cette naissance. Alors seulement nous pouvons réellement commencer à vivre un peu."

Christian Bobin

Les plus curieux auront déjà lu ceci dans l'un des blocs permanents de ce journal.
Ces mots que je viens de dédier il y a quelques jours à celui qui m'est si cher. Il est tellement facile de passer à côté, de vivre sans en prendre totalement conscience. Je souhaite à tous de vivre un jour une réelle re-naissance.

J'y associe un autre des extraits qui illustrent mon journal en permanence. Ces mots extraits de "Alexis - ou le traité du vain combat" de Marguerite Yourcenar :

"Je cessai de croire que la perfection se trouve de l'autre côté d'un serment.
La sagesse, comme la vie, me parut faite de progrès continus, de recommencement, de patience."


Qui sait, peut-être est-ce un nouveau départ pour nous ? Et j'ose le croire, vraiment. Parce qu'un couple, pour pouvoir durer et continuer d'avancer, se doit de parvenir à franchir le premier gros écueil. Quand cet obstacle a été surmonté, alors les autres s'ils doivent survenir, seront plus faciles à appréhender : au moins on sait que l'un comme l'autre a la volonté de dépasser l'adversité, ensemble.

15/09/2008

15/09/08 - 09:19

Méthode...


Pourquoi, dans les situations où l'affrontement de deux "blocs", de deux pensées si culturellement, si définitivement (?) opposées, pourquoi ne pas reprendre les mots du poète ? Argumenter si l'on ne peut convaincre, voilà bien du temps et de l'énergie perdus. Susciter le débat, en revanche, ou la réflexion...



Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle et lequel guettait en bas

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle cette clarté sur leur pas
Que l'un fut de la chapelle et l'autre s'y dérobât

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle vive et qui vivra verra

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles au coeur du commun combat

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle la sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle l'autre tombe qui mourra

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel a le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle lequel préfère les rats

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle passent de vie à trépas

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle même couleur même éclat

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Il coule, il coule, il se mêle à la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle mûrisse un raisin muscat

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes de Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle la rose et le réséda.


Louis Aragon - La rose et le réséda


13/09/2008

13/09/08 - 14:22

Allez zou, faut pas différer quand c'est comme ça !


Ai décidé de mettre de l'ordre dans ma vie. Et ça commence par le faire dans ma maison. Vendredi prochain une partie du new mobilier sera livrée ; il me faut donc préparer sérieusement le terrain, non ?

Ce matin commencé par le plus fastidieux : Après trois déménagements en cinq ans, les papiers !

11/09/2008

11/09/08 - 08:27

Début "d'explication" ?


"... Toute vie est bien entendu un processus de démolition, mais les atteintes qui font le travail à coups d’éclat - les grandes poussées soudaines qui viennent ou semblent venir du dehors, celles dont on se souvient, auxquelles on attribue la responsabilité des choses, et dont on parle à ses amis aux instants de faiblesse, n’ont pas d’effet qui se voie tout de suite. Il existe des coups d’une autre espèce, qui viennent du dedans - qu’on ne sent que lorsqu’il est trop tard pour y faire quoi que ce soit, et qu’on s’aperçoit définitivement que dans une certaine mesure on ne sera plus jamais le même. La première espèce de rupture donne l’impression de se produire vite - l’autre se produit sans presque qu’on le sache, mais on en prend conscience vraiment d’un seul coup..."

Francis Scott Fitzgerald, extrait de La Fêlure.



Peut-être que cet extrait, mis en ligne cette nuit par Alain et à qui j'ai emprunté les mots, répond fort à propos à la question que je te posais hier, Nico. Et que depuis longtemps je refuse d'admettre. Non ?

Merci à toi Alain. Discrètement, nous cheminons côte à côte, prenant ce qui est offert à partager, avec nos sensibilités non feintes.

10/09/2008

10/09/08 - 13:40

L'été n'est plus, ce soir...


...Dites-moi, vous l’aviez pourtant le coeur à rire,
dites-moi, vous l’aviez pourtant le coeur aux dents
et puis du coeur aux yeux, tant de choses à dire
que vous auriez bien pu faire un peu mieux vraiment.
Dites-moi, qu’avez-vous fait de tant de saisons ?
Vos jardins, sans façon
vous déchirent le cœur

à grands coups de chardon...

Quelques mots qui reviennent, d'Anne VANDERLOVE ; toujours mots d'adolescence et qui prennent, tant d'années après, la couleur de l'instant.

09/09/2008

09/09/08 - 18:44

Impasse, et manque...


"Le reste n'a pas d'importance ; le reste, c'est notre vie".
Marguerite Yourcenar

Aimé relire ceci chez un qui ne passe plus souvent dans le quartier. A croire que ses "anges" doivent à présent voler sans sa présence. Dommage, mais respect.

Tu auras su, toi seul, m'expliquer certaines choses sur un mode de vie dont j'ignorais tout. Comment donc en suis-je venu à te parler de ça, à toi seul ? A toi qui a connu en ta chair ces mêmes affres dont je ne parviens à défaire un autre. A toi qui a fait vivre ces mêmes difficultés de compréhension à celui qui t'aime et aura pourtant su prendre si longuement patience...

Aujourd'hui, moi, cette patience me fuit, je le crains, je le sens. Et je ne sais si j'aurai assez d'amour en moi pour tenter de poursuivre dans ce qui s'assimile de plus en plus à un attelage dans une impasse, attelage dont je ne maîtrise plus le pas.

Aux mots de madame de Crayencour je rajouterais ceux, universels je crois, de Sénèque. Que tous nous serions bougrement inspirés de faire nôtres au quotidien et surtout quand tout paraît si impossible :

"Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons ;
c'est parce que nous n'osons qu'elles sont difficiles
"...

07/09/2008

07/09/08 - 18:55

Pas glop !


Pas souvent donné l'occasion aux enfants de me voir pleurer...
Bizarrement, mon fils est passé tout à l'heure, me posant une question, en faisant comme si de rien n'était ! A croire que les garçons reproduisent aujourd'hui encore les schémas masculins transmis de génération en génération. Pourtant je n'ai rien transmis de tout ça, il me semble...

Je hais ces moments dits ou non-dits, où un garçon puis un homme, ne peut vivre ses émotions sans référence au socialement correct. Je me suis, en réaction, payé de nouveau tout le concert en public de Léo Ferré 1984 ! Bien fait pour eux, na !

N'empêche, en phase (avec ces textes et musique) et néanmoins effondré, je me demandais s'il me serait utile de préciser ce point essentiel sur mon profil : ne recherche qu'un homme capable de comprendre la poésie de Léo !

04/09/2008

04/09/08 - 23:59

... Et nous voilà, ce soir...


Ce soir, ça résonne comme voilà bien long de temps que ça n'a frappé fort en moi. J'aurais tant souhaité que pour d'autres, pour un autre en particulier, cette enfance passât, éclatât...


Mon enfance passa
De grisailles en silences
De fausses révérences
En manque de batailles
L'hiver j'étais au ventre
De la grande maison
Qui avait jeté l'ancre
Au nord parmi les joncs
L'été à moitié nu
Mais tout à fait modeste
Je devenais indien
Pourtant déjà certain
Que mes oncles repus
M'avaient volé le Far West

Mon enfance passa
Les femmes aux cuisines
Où je rêvais de Chine
Vieillissaient en repas
Les hommes au fromage
S'enveloppaient de tabac
Flamands taiseux et sages
Et ne me savaient pas
Moi qui toutes les nuits
Agenouillé pour rien
Arpégeais mon chagrin
Au pied du trop grand lit
Je voulais prendre un train
Que je n'ai jamais pris

Mon enfance passa
De servante en servante
Je m'étonnais déjà
Qu'elles ne fussent point plantes
Je m'étonnais encore
De ces ronds de famille
Flânant de mort en mort
Et que le deuil habille
Je m'étonnais surtout
D'être de ce troupeau
Qui m'apprenait à pleurer
Que je connaissais trop
J'avais L'œil du berger
Mais le cœur de l'agneau

Mon enfance éclata
Ce fut l'adolescence
Et le mur du silence
Un matin se brisa
Ce fut la première fleur
Et la première fille
La première gentille
Et la première peur
Je volais je le jure
Je jure que je volais
Mon cœur ouvrait les bras
Je n'étais plus barbare

Et la guerre arriva

Et nous voilà ce soir.



Paroles et musique : Jacques Brel - 1967

27/08/2008

27/08/08 - 15:17

Abandonnée...


Ceux qui connaissent ma précision côté horaire, ma relation étroite au temps et donc à l'heure, vont devoir relire ce qui suit, sans doute.

Moi le forçat de la montre-bracelet, qui ne la quitte que le soir en rentrant à la maison (évolution ceci dit, avant c'était au moment d'aller me coucher), moi le quasi obsédé de l'heure, je viens de passer les dix derniers jours sans montre. Parti en vacances sans elle, et plus impensable encore, au bureau ce matin également.

Je parlais de cycle l'autre jour. Nouvelle rentrée et donc prise de décisions, les belles résolutions de rentrée comme chaque année.
Entre autre (mais cela avait déjà germé avant l'été, tant la dernière saison s'était avérée stressante) le souhait de ne plus courir après ce temps. Et bizarrement en ce 17 août, l'oubli (acte inconscient ?) de ma montre chez moi à l'heure de partir pour plusieurs jours. Comme pour me prouver que cet esclavage pouvait cesser sans risque. Bon, les indicateurs sont encore assez présents autour de moi (téléphone portable, PC...) mais tout de même, ce bracelet menotte en moins, c'est déjà quelque part une petite victoire. J'espère que le jour où je le porterai de nouveau, j'aurai déjà emboîté ce nouveau pas plus léger et moins speedé, sans risque de rechute !

Voilà ! C'était là nouvelle de mon p'tit poignet gauche. "Plus" qu'à parvenir à alléger l'ensemble de la carcasse aussi efficacement et tout sera pour le mieux dans mon p'tit monde.
Courage bon à tous ceux qui rentrent, sont rentrés ou ne vont pas tarder à le faire. Et (grrrrr !) bon vent à ceux qui auront eu le courage de résister jusqu'ici avant de profiter de congés bien mérités. (Bon, Michel, tu ne la ramènes pas non plus, siouplé, hein ?)

16/08/2008

16/08/08 - 22:51

Désespérer, une nouvelle fois...


Découvrir des préceptes de vie par la lecture, ou en valider de personnels par ce même biais, ou par des échanges d'expériences humaines, voilà qui est bien.

Valider ensuite des acquis, par la mise en pratique, voilà sans doute qui se révèle plus utile encore.


Ce soir, je viens de valider ma plus belle "conquête", assurément ! Lequel de mes proches n'ai-je bassiné avec ce "bonheur, désespérément" ? Lire : au-delà de l'espoir, quand on a cessé d'espérer pour "uniquement" se consacrer à l'essentiel, VIVRE.

Ce soir donc, je dois entrer quasiment au sein de ces béats de l'Olympe, de ceux qui ont gravi leur Everest, dominé leur peur ultime !

Août 2003. J'écrivais en urgence à mon meilleur ami. 20 ans de complicités, de folies, de vie partagée. Vingt années anéanties sans le moindre mot du simple fait de ma lettre : "Ne venez pas à la maison dans dix jours comme convenu, V et moi nous séparons. Ton statut d'ami fidèle m'oblige à tout t'en dire..."

Cinq années de silence. Pas le moindre mot à mes trois lettres, longues, détaillées, redisant mon attachement et ma fidélité à notre relation pure et sans faille.
Cinq ans. Je disais l'autre jour à Nicolas mon encore colère, y repensant. Et puis le renoncement : sans doute Thierry avait-il ses raisons, auxquelles je n'entendais rien (mais avais-je à y entendre ?)

Fin avril dernier, une de ses filles, ma filleule, manifestait le désir profond de reprendre le contact rompu, à 13 ans et quelques 700 kms de distance. Ce fut chose faite par sms, courriel et téléphone. Et, surprise, elle m'a fait savoir hier qu'elle était de passage à Tours. Nous nous sommes donc retrouvés ce matin. Petit bonheur que cette jeune fille...

Et puis ce soir, alors que je terminais tout juste ma journée de chantier, le carillon qui a retenti. Je regarde par la fenêtre de la cuisine. Un homme planté devant la maison, que je ne reconnais pas. Je sors pour m'enquérir de sa demande : c'était lui !

Cinq années, pas le moindre souffle de vie, et il était là !
Nous nous sommes étreints comme des cons, longuement, séparés par la barrière fermée... Il n'en menait pas large le p'tit père, plus angoissé qu'un jeune homme au moment de son coming out parental...
Ma possible colère n'a alors pas trouvé place. Ses sanglots non feints, la tension qui démontrait combien ce geste lui avait coûté, combien aussi, pour des raisons qui lui sont toutes personnelles, il avait redouté cet instant jusqu'à la dernière minute...

Je ne l'espérais plus ; j'avais fait mon deuil de son retour ; avais décidé de vivre coûte que coûte, sans lui et sans ceux qui ne pourraient suivre. Mais il est là, de nouveau là. La longue parenthèse s'est refermée, au moment même où, terminant mes travaux dans ce nouveau chez moi, je suis en train de constater qu'un cycle se clôt, pour donner naissance à un nouveau.

Chez moi, dans tous les domaines, les cycles durent quatre à cinq ans. Août 2003-août 2008 : le compte est bon !

La patience, le renoncement (récent) à vouloir tout comprendre, la mise en principe des préceptes validés : si je n'étais pas un homme heureux ce soir, ce serait... désespérant ! Non ? ;o)

Thierry : je t'aime !

11/08/2008

11/08/08 - 22:20

Précaution simple, d'été ou d'autres saisons tout autant...


Nous sommes sensibles et même demandeurs de mots importants voire rapides. Pourtant, est-ce là l'essentiel ?
Bien sûr si le tout se conjugue, là bien sûr résiderait l'harmonie totale ! Cependant...




Celui qui ne m'a pas parlé d'amour
M'a plus appris m'a plus donné
Que ceux qui m'en ont trop compté

Celui qui ne m'a pas embrassée
M'a plus donné m'a plus appris
Que ceux qui m'ont trouvé jolie

Celui qui ne m'a jamais caressée
M'a révélé plus de splendeurs
Que ceux qui m'ont offert leur coeur

Celui qui ne m'a jamais fait l'amour
M'a mieux comprise et mieux aidée
Que toi qui prétendait m'aimer

Sans faire un geste sans un bruit
Il m'a découvert des pays
J'ai vu des jardins suspendus
À la beauté de ses mains nues
Il n'est pas de plus pur écrin
Que ses mains qui n'exigeaient rien

Celui qui ne regardait pas mes yeux
Mais le monde autour de nous deux
M'a fait voir qu'il est merveilleux

Celui qui ne m'a pas donné d'enfant
M'a fait aimer tous les mendiants
Les solitaires et les errants

Celui qui ne m'a jamais possédée
Qui n'a pas voulu m'enfermer
Pour qui l'amour est liberté

Celui qui ne m'a pas parlé d'amour
M'a plus appris m'a plus donné
Que toi qui prétendait m'aimer


CELUI (paroles : F.Mallet-Joris - musique : M.Grisolia / M.P.Belle)

29/07/2008

29/07/08 - 23:52

Actu de demain...


Bon, pas parce que ce sont les vacances pour nombre d'entre nous qu'il faut se montrer mou du mollet. Certains vont s'en donner à coeur-joie de reprendre qui des extraits de presse, qui des compte-rendus déjà pré-digérés pour nous alimenter le JDI et donc, pour d'autres, l'esprit. Pas donné à tout le monde de penser et de raisonner par soi-même...

Pour prendre un peu d'avance (bein oui, avec l'âge mes p'tits chéris, faut bien trouver la parade et donc anticiper le départ dans les limites de la disqualification, voici donc ma contribution aux JO pékinois. Sous la baguette de ce maître de la rebellion et de la tendresse entres les Hommes, mon cher Henri Tachan. Paroles et musique - aidé de Jean Lesage pour cette dernière.)



Ce s'rait chouette les Jeux Olympiques,
Tous ces athlètes dans la foulée,
Pour un marathon fantastique
A la seule force du mollet.
Ce s'rait chouette les Jeux Olympiques,
L'émulation sur la cendrée,
Ce s'rait chouette les Jeux Olympiques
Si, nom de Dieu, il n'y avait

Leurs p'tits drapeaux
Leurs p'tits fanions
Couleur kaki
Caca d'oie des frontières
Leurs p'tits drapeaux
Pour chaque nation
Qui claquent au vent
D'une musique militaire.

Ce s'rait chouette les "Souvenez-vous"
Les "N'oublie pas qu'la guerre est conne",
Les recueillements sur les trous
Où les soldats fusillés dorment.
Ce s'rait chouette les "Souvenez-vous",
Les manifestations de paix,
Ce s'rait chouette les "Souvenez-vous"
Si, nom de Dieu, il n'y avait

Leurs p'tits drapeaux
Leurs p'tits fanions
Leurs p'tits tambours
Qui battent la cadence
Leurs p'tits drapeaux
Leurs p'tits fanions
Qui claquent au vent
D'une minute de silence.

Ce s'rait chouette d'aller sur la lune
Dans le scaphandre de Pierrot,
J'y emporterais bien ma plume
Pour vous écrire quelques mots
Ce s'rait chouette d'aller sur la lune
En vacances pour mille étés,
Ce s'rait chouette d'aller sur la lune
Si, nom de Dieu, il n'y avait

Leurs p'tits drapeaux
Leurs p'tits fanions
Pour cette fois ricains
De préférence
Leurs p'tits drapeaux
Leurs p'tits fanions
Leurs p'tites étoiles
La Grande Ourse s'en balance

Ce s'rait chouette si tous les drapeaux
Voulaient bien se donner la hampe,
Ca f'rait des pyjamas très beaux,
Des soutiens-gorge pour les vamps.
Ce s'rait chouette si tous les drapeaux
Finissaient un jour draps de lits.
On y ferait l'amour bien au chaud
Avec les filles de leur pays.

 

Article 1 - An II

Un an de journal, ça commençait à devenir délicat de s'y retrouver ? Alors deux !! D'où cet INDEX thématique à votre disposition !

Pourquoi un journal ?

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Commentaires ; stop !...
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Tourné vers l'Est, chaque matin
Une vie pourquoi ?
Vivre gay ou lesbienne

Chansons
Daisy Nepsy
La mémoire et la mer
L'enfant d'un autre
J'aurais dû comprendre
Les figures imposées
Pour me comprendre
Sid’amour à mort
Trente ans

Citations
Bory-1 ; 2
Michel Butor
Droit d’asile - 1 ; 2 ; 3 ; 4; 5 ; 6 ; 7
L'enfant selon Bouddha
Métamorphose & masque
Partir ou rester
Le petit Poucet
Sagesse taoïste 1 ; 2
Schubert
Vérité

Expos, théâtre, cinéma
Guerre
J'étais dans la maison...
Soleil vert

Histoires
Blague belge, une fois...
Dinde au whisky
Existentiel
Goûts et couleurs
MisterBlue
Questions existentielles
Racisme
Taxonomie

Littérature, philo
Alexis - 1 ; 2 ; 3 ; 4.
l'Amant russe
le Bonheur désespérément - 1 ; 2 ; 3 ; 4.
Le Coeur découvert - 1 ; 2
Etat limite.
Famille je vous hais.
Le passage des éphémères - 1
L'Oeuvre au Noir -1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5 ; 6 ; 7 ; 8 ; 9 ; épilogue
André Gide - 1 ; 2
L'Immoraliste - 1 ; 2 ; 3
Les nouvelles nourritures - 1 ; 2
Paradis de tristesse

Parcours personnel
A la rencontre de...
Les amants de théâtre
Aimer d'amitié
Association d’idées ?
La bulle
Chansons dédiées - 1 ; 2 ; 3 ; 4
Comme en écho
Communication (ma)
Creux de vague - 1 ; 2
Dop
J’ai tué l’amour
Elle a souri
La plus belle fois qu’on m'a dit...
L'enfance - 1 ; 2
L'ex- 1 ; 2
Le verbe aimer
Message parternel
Paroles de déraciné
Peur de moi - 1 ; 2
Tempête matinale
Va, je ne te hais point
Vie, mort
Vivre

Poésie
Amoureux et savants
Demain
Fidélité sans faille - 1 ; 2
Le lombric
Mélancolique automne
Pierre qui roule

société
Devoir de transmission
Enfant, un droit ?
Femmes et droit de vote
Référendum et politique
Se sentir différent


«... Si on attendait de se connaître pour se faire confiance, on allait jouer des rôles les uns vis à vis des autres ; on allait se montrer avec nos carapaces, et le jour où on souhaiterait se raconter tout, on ne pourrait pas tout à fait le faire parce qu’il faudrait adapter notre vérité avec les petits mensonges qu’on se serait dit pendant des mois sur nos parents, sur notre passé, sur nos fantasmes »...
Merci de m'avoir accordé la transcription de ce texte Mathieu, extrait de ton journal (Matthieux) et plus précisément de la série "les corps fermés" , extrait se situant à la page 14.

La plus belle définition qui soit, à mes yeux, de l'acte de confiance !

"Il nous faut naître deux fois pour vivre un peu, ne serait-ce qu'un peu : il nous faut naître une première fois dans la souffrance d'un accouchement. Il nous faut naître une seconde fois par l'âme, et donc par une prise de conscience de cette naissance. Alors seulement nous pouvons réellement commencer à vivre un peu"

Christian Bobin

Au vu de mon parcours de vie, j'ai depuis quatre ans maintenant défini ce parcours actuel comme une re-naissance. Je veux dire par là une prise de conscience du fait que j'avais un peu laissé échapper le réel déroulement de MA vie dans une relation de couple trop fusionnelle (1+1=1). Le fait de reprendre en main le cours de MA vie, je l'ai assimilé à une re-naissance.
On peut donc vivre à crédit, sans aucune prise de conscience de cette vie. Une vie qui se déroule, seule. Et puis un jour (pour ceux qui ont ou auront la chance de la réaliser), c'est LA naissance, conscientisée. Non plus le fait d'avoir été enfanté ; plus cet acte subi. La deuxième naissance.
Merci à Kikoo d'avoir ouvert son journal par un très bel article. Qui m'a amené ce commentaire.

Lu dans
"le passage des éphémères"
de Jacqueline Harpman

J'ai lu dix fois votre lettre - l'autre, c'était trois fois, cela devient une manie ! - pour être sûr(e) d'entendre ce que vous dites sans superposer ce que je pense : peut-être êtes-vous dans l'amour alors que je ne suis que dans l'amourette. On dit que c'est un sentiment plus grave, qu'il s'inscrit dans la durée et aussi qu'il se transforme avec le temps"

Extrait de l'article du 21/04/04, "étalonner les discours"


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"Alexis, ou le traité du vain combat"
Marguerite Yourcenar

Ce livre de Yourcenar aura pour moi été le premier lu à "quatre yeux", comme certains jouent à quatre mains sur les touches de leur piano ! Des émotions qui demeurent, bien au-delà du plaisir solitaire. Même en lecture.

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S'il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d'expliquer sa vie...

Je cessai de croire que la perfection se trouve de l'autre côté d'un serment. La sagesse, comme la vie, me parut faite de progrès continus, de recommencement, de patience.


On dirige quelquefois ses actes ; on dirige moins ses pensées ; on ne dirige pas ses rêves.


Les hommes ne disent pas tout mais lorsqu'on a, comme moi, du prendre l'habitude de certaines réticences, on s'aperçoit très vite qu'elles sont universelles... Ma conscience, mise à nu, me révélait celles des autres... Je finissais par me dire que mon seul tort (mon seul malheur plutôt) était d'être, non certes pire que tous, mais seulement différent.