25/06/2004Matin chagrinIl y a des jours comme ça ! Où tu te réveilles bien. Et puis, imperceptiblement, le bleu du petit matin vire tout seul au gris plus ou moins foncé.
Ce matin fut de ceux-là !
Rarement mon cerveau se trouve au repos, mille messages, idées, me traversent l'esprit. Oh ! quelques uns ne font que traverser ; d'autres s'invitent plus longuement, même si poliment je leur demande de passer leur chemin.
L'humain me fascine, l'humain me hante. Sa faculté à ne pas vouloir vivre en harmonie avec son environnement me sidère. Je racontais voilà quelques semaines mes petits plaisirs quotidiens, cet écureuil du matin, le sourire d'une passante que j'avais invitée à emprunter le passage piéton en toute sécurité, en accompagnant mon invitation d'un sourire et d'un geste de la main...
Et puis à côté de ces petits plaisirs, toutes ces altercations stupides, dues à des comportements scandaleusement personnels. Comme si l'espace n'appartenait qu'à eux-seuls ! A la ville comme dans les villages d'ailleurs ! Le facteur ultra urbain n'a pas l'exclusivité du passant à oeillères...
Et puis ces autres nuisances, verbales celles-là. Parce que penser, analyser une idée émise par un autre, c'est beaucoup trop long, trop délicat, trop... Non, la riposte immédiate, souvent démesurée d'ailleurs, voilà un sport national bien souvent pratiqué !!!
En tant que gay, j'aurais espéré nous soyions capables de plus de tolérance. Les attaques dont nous sommes encore parfois victimes, les difficultés de certains pour vivre et assumer pleinement notre vie d'hommes qui aiment les hommes... auraient dû nous permettre de développer une culture de l'ouverture aux autres. Raté !
Mais, même ici dans nos colonnes, se lit quotidiennement l'intolérance. Cette violence qui, je m'en doute, cache des océans de déprime ou d'insatisfaction.
Et si nous étions capables (I have a dream !) de positiver quelque peu notre vie ! Si nous nous donnions la chance de voir ce qui va mieux, ce qui avance dans le bon sens. Si nous ouvrions et nos yeux et nos coeurs ! Je sais, je n'ai fait qu'un rêve.
Pourtant ce matin, alors que tout se présentait plutôt bien, je suis passé comme chaque matin où ils sont chez moi, je suis passé embrasser délicatement mes enfants encore endormis.
Mais depuis quelques jours, une putain d'idée me trotte dans la tête, ne voulant pas sortir.
Un garçon, pas encore adulte vraiment, n'a pas trouvé dans ce putain de monde les couleurs et les saveurs qui lui donneraient l'envie d'y goûter plus longtemps. A-t-il manqué de ce respect si important pour se construire pendant puis au sortir de l'adolescence ? Nul ne saura. Puisqu'il n'a pu changer ce monde, il a changé de monde.
Peut être parce que je suis moi-même papa, je ne peux me sentir éloigné du père de ce jeune homme. Comme de toute sa famille.
Je sais que ce billet d'humeur ne changera rien, ni pour cette famille détruite, ni pour la communauté gay, ni pour la société dans son ensemble. Mais quand les larmes sont trop proches, mieux vaut extirper ce qui fait mal. C'est dit, c'est fait. Le rêve de Martin Luther King n'est pas encore partout réalisé, plus de 40 ans après : puisse le mien être un peu moins long à poindre son museau...
Je vous rends à vos vies, je retourne à la mienne. Pas plus désabusé qu'hier sur l'humanité dans son ensemble. Mais toujours aussi positif quant aux relations à l'individu.
C'était le billet d'humeur d'un utopiste pragmatique ! D'un être tout en paradoxes, un homme, donc... Je le dédie à Martin.  |
| Article 1 - An II
Un an de journal, ça commençait à devenir délicat de s'y retrouver ? Alors deux !! D'où cet INDEX thématique à votre disposition !
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Billets d'humeur
Ambiance, ambiance
Audition, écoute
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Petits plaisirs éphémères
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Sid’amour à mort
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; 2
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Droit d’asile - 1 ; 2 ; 3 ; 4; 5 ; 6
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L'enfant selon Bouddha
Métamorphose & masque
Partir ou rester
Le petit Poucet
Sagesse taoïste 1 ; 2
Schubert
Vérité
Expos, théâtre, cinéma
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J'étais dans la maison...
Soleil vert
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Questions existentielles
Racisme
Taxonomie
Littérature, philo
Alexis - 1 ;
2 ;
3 ;
4.
l'Amant russe
le Bonheur désespérément - 1 ;
2 ;
3 ;
4.
Le Coeur découvert - 1 ; 2
Etat limite.
Famille je vous hais.
Le passage des éphémères - 1
L'Oeuvre au Noir -1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5 ; 6 ; 7 ; 8 ; 9 ; épilogue
André Gide - 1 ; 2
L'Immoraliste - 1 ; 2 ; 3
Les nouvelles nourritures - 1 ; 2
Paradis de tristesse
Parcours personnel
A la rencontre de...
Les amants de théâtre
Aimer d'amitié
Association d’idées ?
La bulle
Chansons dédiées - 1 ;
2 ;
3 ; 4
Comme en écho
Communication (ma)
Creux de vague - 1 ; 2
Dop
J’ai tué l’amour
Elle a souri
La plus belle fois qu’on m'a dit...
L'enfance - 1 ; 2
L'ex- 1 ; 2
Le verbe aimer
Message parternel
Paroles de déraciné
Peur de moi - 1 ; 2
Tempête matinale
Va, je ne te hais point
Vie, mort
Vivre
Poésie
Amoureux et savants
Demain
Fidélité sans faille - 1 ; 2
Le lombric
Mélancolique automne
Pierre qui roule
société
Devoir de transmission
Enfant, un droit ?
Femmes et droit de vote
Référendum et politique
Se sentir différent
«... Si on attendait de se connaître pour se faire confiance, on allait jouer des rôles les uns vis à vis des autres ; on allait se montrer avec nos carapaces, et le jour où on souhaiterait se raconter tout, on ne pourrait pas tout à fait le faire parce qu’il faudrait adapter notre vérité avec les petits mensonges qu’on se serait dit pendant des mois sur nos parents, sur notre passé, sur nos fantasmes »...
Merci de m'avoir accordé la transcription de ce texte Mathieu, extrait de ton journal (Matthieux) et plus précisément de la série "les corps fermés" , extrait se situant à la page 14.
La plus belle définition qui soit, à mes yeux, de l'acte de confiance !
"Il nous faut naître deux fois pour vivre un peu, ne serait-ce qu'un peu : il nous faut naître une première fois dans la souffrance d'un accouchement. Il nous faut naître une seconde fois par l'âme, et donc par une prise de conscience de cette naissance. Alors seulement nous pouvons réellement commencer à vivre un peu" Christian Bobin
Au vu de mon parcours de vie, j'ai depuis quatre ans maintenant défini ce parcours actuel comme une re-naissance. Je veux dire par là une prise de conscience du fait que j'avais un peu laissé échapper le réel déroulement de MA vie dans une relation de couple trop fusionnelle (1+1=1). Le fait de reprendre en main le cours de MA vie, je l'ai assimilé à une re-naissance.
On peut donc vivre à crédit, sans aucune prise de conscience de cette vie. Une vie qui se déroule, seule. Et puis un jour (pour ceux qui ont ou auront la chance de la réaliser), c'est LA naissance, conscientisée. Non plus le fait d'avoir été enfanté ; plus cet acte subi. La deuxième naissance.
Merci à Kikoo d'avoir ouvert son journal par un très bel article. Qui m'a amené ce commentaire. Lu dans "le passage des éphémères" de Jacqueline Harpman
J'ai lu dix fois votre lettre - l'autre, c'était trois fois, cela devient une manie ! - pour être sûr(e) d'entendre ce que vous dites sans superposer ce que je pense : peut-être êtes-vous dans l'amour alors que je ne suis que dans l'amourette. On dit que c'est un sentiment plus grave, qu'il s'inscrit dans la durée et aussi qu'il se transforme avec le temps"
Extrait de l'article du 21/04/04, "étalonner les discours"
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"Alexis, ou le traité du vain combat"
Marguerite Yourcenar
Ce livre de Yourcenar aura pour moi été le premier lu à "quatre yeux", comme certains jouent à quatre mains sur les touches de leur piano ! Des émotions qui demeurent, bien au-delà du plaisir solitaire. Même en lecture.
.../...
S'il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d'expliquer sa vie...
Je cessai de croire que la perfection se trouve de l'autre côté d'un serment. La sagesse, comme la vie, me parut faite de progrès continus, de recommencement, de patience.
On dirige quelquefois ses actes ; on dirige moins ses pensées ; on ne dirige pas ses rêves.
Les hommes ne disent pas tout mais lorsqu'on a, comme moi, du prendre l'habitude de certaines réticences, on s'aperçoit très vite qu'elles sont universelles... Ma conscience, mise à nu, me révélait celles des autres... Je finissais par me dire que mon seul tort (mon seul malheur plutôt) était d'être, non certes pire que tous, mais seulement différent.
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26/06/04 - 12:38
Un matin chagrin bien exprimé, un matin chagrin qui me touche beaucoup.
liberte (visiteur)