31/05/2005L'enfant selon Bouddha"Jamais si près les disparus
que quand s’allume la chandelle
qui les fera grandir en nous".
Nouvelle citation empruntée à ce beau recueil "Droit d’asile" de Jean-Vincent Verdonnet.
Lorsque je l’avais notée à Montélimar, voilà de longs mois (février 2004), j’ignorais bien sûr à qui je la dédierais…
A moi-même et à mes proches bien entendu, après la mort de mon père quelques douze ans plus tôt. Une mort survenue trop vite, trop tôt. Surtout à cette époque où mon grand-père, malade lui aussi, ne souhaitait que la fin de ses souffrances… Un décès que j’ai mis plus de dix ans à vraiment accepter !
Une autre absence sera également longue à accepter. Parce que la mort d’un enfant est tout sauf normale. Tout sauf acceptable. Ainsi que je le rappelais à Philippe voilà près d’un an lorsque ce drame aura été le point de départ de nos lourds mais sincères échanges :
« dans la langue française, il existe un mot pour tout dire. Lorsqu’on perd un parent, on est orphelin ; un conjoint, on est veuf, veuve. Il n’existe aucun mot pour qualifier la mort d’un enfant, tant cela n’est pas normal. »
(Léon Schwarzenberg,- J-J. Servan-Schreiber, "changer la mort").
Bienheureux les adeptes du boudhisme. Qui croient non en la résurrection de l’âme, mais en la réincarnation des êtres, sur terre. A chacun, individuellement ou collectivement au sein d’une communauté de pensées, de prières, de trouver les stratagèmes pour faire que la vie présente soit acceptable au pire, soit vécue richement et de manière heureuse au mieux ! La philosophie de vie du boudhisme, ou les préceptes issus de celui-là comme d'autres modes de pensée (taoïsme, zen...) me paressent plus en harmonie avec une réelle approche de la sérénité.
J’ai relevé cet extrait du texte de Olivier Föllmi dans son bel ouvrage "Si loin des Hommes, si près des Dieux – le chemin de la Sagesse" (édition de la Martinière 1997), récit de son voyage initiatique en terres boudhistes dans l’ancien royaume du Zanskar, vallées aux neuf mois de neige par an.
Dans notre civilisation d’origine chrétienne, les textes païens ont de longue date maintenant remplacé les textes bibliques, dans certaines familles touchées par un deuil. Ce texte de Claudel en particulier, dans lequel il nous dit que le disparu, le mort, est juste derrière la porte ; qu’on ne le verra plus mais que lui est là et entend, de la pièce d’à côté. L’image boudhiste est autrement plus positive, je trouve. Pas étonnant que tant d’occidentaux s’y retrouvent...
Un enfant est peuplé de souvenirs
"Un enfant qui vient au monde arrive dans sa nouvelle famille avec le bagage de toutes ses vies passées. Chaque être naît avec son karma, hérité de ses vies précédentes, qu’il va améliorer ou dégrader dans cette vie-ci, forgeant ainsi un parcours plus ou moins harmonieux dans ses vies suivantes. Les parents ne sont que les géniteurs d’un être qui fait escale au sein de la famille. Il ne peut en être entièrement leur fruit, ni leur reflet. Les parents ne développent donc jamais une attitude possessive envers leur enfant. Ils l’aiment tel qu’il est, sans chercher à s’identifier à lui. Leur devoir est de l’aider à mieux s’accomplir dans cette vie-ci en lui procurant suffisamment d’amour, de respect et de confiance. L’enfant compose le karma commun de la famille et le bonheur de tous. Si un enfant est difficile, on ne le blâme jamais car on considère qu’il souffre de l’héritage de son karma. Si un enfant meurt jeune, on estime que, dans le parcours de ses multiples vies, il avait besoin de nous pour une brève rencontre afin de pouvoir mieux vivre ailleurs…"
Pas besoin de dédier cet article, celui à qui je pense se reconnaîtra. Je t’embrasse.
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| Article 1 - An II
Un an de journal, ça commençait à devenir délicat de s'y retrouver ? Alors deux !! D'où cet INDEX thématique à votre disposition !
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Femmes et droit de vote
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Se sentir différent
«... Si on attendait de se connaître pour se faire confiance, on allait jouer des rôles les uns vis à vis des autres ; on allait se montrer avec nos carapaces, et le jour où on souhaiterait se raconter tout, on ne pourrait pas tout à fait le faire parce qu’il faudrait adapter notre vérité avec les petits mensonges qu’on se serait dit pendant des mois sur nos parents, sur notre passé, sur nos fantasmes »...
Merci de m'avoir accordé la transcription de ce texte Mathieu, extrait de ton journal (Matthieux) et plus précisément de la série "les corps fermés" , extrait se situant à la page 14.
La plus belle définition qui soit, à mes yeux, de l'acte de confiance !
"Il nous faut naître deux fois pour vivre un peu, ne serait-ce qu'un peu : il nous faut naître une première fois dans la souffrance d'un accouchement. Il nous faut naître une seconde fois par l'âme, et donc par une prise de conscience de cette naissance. Alors seulement nous pouvons réellement commencer à vivre un peu" Christian Bobin
Au vu de mon parcours de vie, j'ai depuis quatre ans maintenant défini ce parcours actuel comme une re-naissance. Je veux dire par là une prise de conscience du fait que j'avais un peu laissé échapper le réel déroulement de MA vie dans une relation de couple trop fusionnelle (1+1=1). Le fait de reprendre en main le cours de MA vie, je l'ai assimilé à une re-naissance.
On peut donc vivre à crédit, sans aucune prise de conscience de cette vie. Une vie qui se déroule, seule. Et puis un jour (pour ceux qui ont ou auront la chance de la réaliser), c'est LA naissance, conscientisée. Non plus le fait d'avoir été enfanté ; plus cet acte subi. La deuxième naissance.
Merci à Kikoo d'avoir ouvert son journal par un très bel article. Qui m'a amené ce commentaire. Lu dans "le passage des éphémères" de Jacqueline Harpman
J'ai lu dix fois votre lettre - l'autre, c'était trois fois, cela devient une manie ! - pour être sûr(e) d'entendre ce que vous dites sans superposer ce que je pense : peut-être êtes-vous dans l'amour alors que je ne suis que dans l'amourette. On dit que c'est un sentiment plus grave, qu'il s'inscrit dans la durée et aussi qu'il se transforme avec le temps"
Extrait de l'article du 21/04/04, "étalonner les discours"
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"Alexis, ou le traité du vain combat"
Marguerite Yourcenar
Ce livre de Yourcenar aura pour moi été le premier lu à "quatre yeux", comme certains jouent à quatre mains sur les touches de leur piano ! Des émotions qui demeurent, bien au-delà du plaisir solitaire. Même en lecture.
.../...
S'il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d'expliquer sa vie...
Je cessai de croire que la perfection se trouve de l'autre côté d'un serment. La sagesse, comme la vie, me parut faite de progrès continus, de recommencement, de patience.
On dirige quelquefois ses actes ; on dirige moins ses pensées ; on ne dirige pas ses rêves.
Les hommes ne disent pas tout mais lorsqu'on a, comme moi, du prendre l'habitude de certaines réticences, on s'aperçoit très vite qu'elles sont universelles... Ma conscience, mise à nu, me révélait celles des autres... Je finissais par me dire que mon seul tort (mon seul malheur plutôt) était d'être, non certes pire que tous, mais seulement différent.
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31/05/05 - 13:14
:)
blind_lover