06/01/2009Convalescence aérienne
Le Messie ne viendra pas
Un ange me l'a soufflé
Veau d'or, en toc
Mont chaud et poussiéreux
J'aime les villes sèches et froides
Les lumières dans la nuit
Le silence des feuilles mortes
Marcher sur un boulevard vide
Je veux de la passion
Pas de fadaises tièdes
Je veux du vrai
Pas d'eau trouble
J'aimerais être sage
J'aimerais être engagé
J'aimerais être éclairé
Parfois, j'ai honte, j'aimerais
Que l'on m'aime, simplement
Personne ne me sauvera
Si je ne le veux pas
Sacré foutu pouvoir
Je suis mais je ne peux pas
Souvent je vais mal
C'est normal
Et soudain je deviens aveugle
Sourd, logorrhée verbeuse
Les sens perdent le sens
Les mots s'envolent
Je veux ma folie douce
Et mon bonheur discret
Je veux retrouver le calme
05/01/2009Pas lourds, gestes gourds. J'ai tenté de cuisiner et tout répandu sur le sol mû par de terribles tremblements, excitation extrême, montée de dopamine. Comme si j'allais connaître l'expérience la plus extraordinaire de ma vie, comme si mon sort en dépendait. Volume sonore puissant, musique rythmée, quelques lumières secondaires, j'avais tout préparé. Soigneusement en suivant méticuleusement le rituel. Cigarettes par dizaines, pas d'alcool. Petite défonce en solitaire, sans plaisir aucun. Je ne cesse de penser aux gens que j'aime, la famille que j'ai choisi, ils me manquent. Et pourtant je suis un ours, je fais rarement les premiers pas. J'attends que le temps assassin me traverse le corps. Pas de dîner, pas faim. Parfois je rêve de refaire le monde avec un ami, longuement, une nuit entière. De toute façon mes nuits sont courtes et agitées, autant les utiliser. Sentiment de frustration que je ne parviens pas à transformer, à dépasser. Angoisses profondes contre lesquelles je ne combats pas, je fuis. Dès qu'il s'agit de m'affronter je suis un froussard. Et pourtant, toutes ces séances, toutes ces heures, tout ce travail... Maigres progrès, dureté de la tâche. Je vais reprendre l'histoire de Simon et de Marie, ça me trotte dans l'esprit depuis un moment, des perspectives commencent à se dessiner. Eux aussi me manquent. Il y a toute une partie de mon monde que je cultive dans le secret, je partitionne, je compartimente. Ici, la contingence nue, à côté l'imagination au pouvoir. Et il arrive quelques fois que les deux se croisent.
La tête qui fourmille, le regard torve, la vue brouillée, il est temps d'achever cette platitude. D'ailleurs Clotilde m'attend.
04/01/2009Angoisse du retour, se retrouver à nouveau seul avec soi, en mieux mais tout de même brisé. Convalescence d'hospitalisation, hibernation forcée. Que sera sera... Débordé par des pensées confuses, mal à l'aise dans l'espace et le temps, je navigue à vue. Cette fois pas de crack boum hue mais des pilules pour tuer l'envie dans l'œuf. La dépression s'est déplacée vers l'ouest mais le ciel reste couvert. J'inaugure une année pleine d'espoirs et de légèreté. Désirs de nouveauté, conjoncture maussade. Ce soir je serai accompagné par la chimie pour retrouver un sommeil apaisé et continu. C'est une idée détestable de constater que son corps réagit en fonction de ces toutes petites choses qui tiennent dans la poignée d'une main et qu'on avale avec un grand verre d'eau. Je vais laisser une veilleuse allumée jusqu'à ce que je puisse entrevoir le jour se lever, émerveillé comme un souffrant qui compte les jours. Les heures, les longues heures qui nous traversent sans rien percuter. Ectoplasme, parfois. Bloc de glace, souvent. Mais derrière se cache ma petite clairière où pousse une herbe fraîche et parfumée. La vie a parfois un goût étrange, amer ou sucré, je ne m'en satisfait jamais. « Utiliser jamais avec parcimonie ». Il y a tout de même des personnes qui m'habitent, peut-être même qu'elles l'ignorent, durablement, avec ardeur et joie. Je brise là pour ce soir, je vais rejoindre la nouvelle inédite de Zweig dans un lit chaud et douillet.
03/01/2009Vingt heures, couvre-feu général. Nous sommes tous refoulés dans nos chambres abandonnés à nos tristes sorts. Étrangement je ressens un certain manque ce soir, une longue frustration que je voudrais absolument étancher. Mais c'est impossible. Le plus fou réside certainement dans le fait que je sais que mes addictions me détruisent mais que je ne peux agir. Pourquoi ne pas atteindre cette étape du pouvoir ? On dit que le cœur choisit toujours et le mien à de mauvais penchants aux dépends de ma raison. Seulement je sors renforcé de ces dernières semaines, j'ai pu lutter vaillamment contre ces pulsions de destruction, contre mes pensées les plus morbides. Hélas ce sera une fois du temps perdu, des semaines qui n'existeront pas dans le cours d'une vie réglée et équilibrée. Oh, croyez-moi, je tends à la joie. D'ailleurs je suis un pessimiste gai. Et ces derniers temps j'apprends même la légèreté que mon esprit psychorigide refoulait à coup de matraque. Je me laisse aller dans un mouvement que je ne contrôle pas, j'expérimente, j'apprends... C'est rare de lâcher prise, de faire confiance au cours de la vie, emporté dans le ruisseau des événements.
Samedi je quitte Meudon définitivement. Et ce sera difficile de tout reconstruire, de rappeler les proches, de reprendre un rythme, de se projeter dans l'avenir. L'avenir, pour moi, c'est un peu comme le mythe de Sisyphe. Adapter ses stratégies, lutter contre ses démons, s'ouvrir au monde. Autant de défis qui me paralysent d'avance. Je suis content de quitter cette clinique évidemment mais paradoxalement je redoute le retour dans un monde qui, je crois, n'est pas fait pour moi. Je suis un inadapté social, un handicapé des sentiments, un malade émotif.
A très vite ! 26/12/2008Le soleil darde le parc rachitique d'une lumière automnale et je l'observe avec plus de clémence. Finalement, je me dis, il a un certain charme dans son manque flagrant d'agencement et d'harmonie. La roseraie tire la gueule mais on peut presque imaginer les prémices d'un jardin à l'anglaise. Quelques herbes folles et plantes grasses disposées ça et là. Aujourd'hui la lumière teinte les arbres d'une magie qui se dévoile à peine, discrète et pudique.
Les vieilles dames s'adonnent au Scrabble avec acharnement. Le kiosque est plein de gens qui s'ennuient ensemble et, exceptionnellement, j'ai choisi de me mêler à eux pour rédiger ma bafouille. C'est une étrange expérience, défoncé à l'Equanil, je tente de tapoter sur le clavier dans mon aquarium. Et je pense que les autres n'existent pas vraiment, qu'ils sont simplement des acteurs postés là pour que je joue à mon tour le rôle de ma vie.
On entend les cloches de l'église proche sonner leur ordre. C'est tellement martial et doctrinal dans le symbole, une cloche. Ça m'a toujours profondément gêné. Ça donne presque envie d'abjurer sa foi afin qu'elles se taisent pour de bon. Enfin certains apprécient, je suis même convaincu que c'est un son orgasmique pour quelques adeptes. Je préfère les religions philosophiques à celles qui sont théologiques, elles ouvrent grand le champ du questionnement et par conséquent d'une certaine forme de liberté.
En ce moment je suis triste et excité mais l'heureuse nouvelle réside dans le fait qu'il ne s'agit pas d'oscillation thymique. J'ai simplement mes humeurs comme tout le monde. Ce n'est pas si courant et je m'en étonne. Et puis il est rassurant d'avoir des réactions presque normales. Même si ce sont dans ces moments où l'on voudrait le plus plier bagages et quitter cette fichue maison de santé.
Mes défauts de concentration me contraignent encore trop pour l'instant. Je lis, j'écris, je vois des films avec difficulté. C'est d'ailleurs une souffrance de se sentir diminué, handicapé, dans les domaines qui me passionnent et qui m'animent. Malheureusement je passe le plus clair de mon temps à le tuer et la bête est coriace.
Demain je vois Marie à la maison. Advienne que pourra ! J'ai envie de me pendre mais je vais beaucoup mieux. Marie s'en va. Je suis seul, seul et mal. Idéation confuse, troublée par la chimie. Besoin de cracher des choses, vomir ce qui me tort les tripes. Pas sommeil, musique minimaliste. Il fait noir et nul ne voit mes larmes. Meudon ça pue le calme. Ma tête qui explose et l'ennui qui me ronge. Tourner en rond, patio de prison. Et chaque jour ânonner que je veux partir. Mais on réfléchit à mon traitement, l'alchimie parfaite des pilules du bonheur. Il y a un avant et un après il me dit le docteur. Seulement moi cela fait des années que je stagne, des mois que je chute. Pas sommeil, je suis fatigué. Putains de somnifères qui n'agissent pas. Perturbé, angoissé, triste. Ce soir je ne veux pas mourir. Juste me sentir vivant, effleuré par le souffle d'une impénétrable joie. Si seulement je pouvais être normal, mon rêve, ma névrose, la normalité. M'intégrer dans la société, entretenir des relations, tout ça quoi. Mais non, ils y a ces puissances en moi qui me brisent, qui me plombent. Tudieu comme j'aimerais trouver le sommeil et passer au lendemain ! Mais mon esprit malade qui commande à mon corps de résister. La lutte récurrente de la nature et de l'idée que je me fais de la nature. Je voudrais. Être un promeneur solitaire qui échafaude un monde. Plaire à des gens et pas simplement les troubler. Je suis un trouble-fête. J'aimerais. Croire qu'il est possible d'obtenir ce que l'on veut. Se donner les moyens de construire quelque chose. Participer du développement de l'humanité. Point à la ligne. Les médocs ne m'assomment pas et pourtant, ce soir, il le faudrait. Je vais devoir affronter l'infirmière revêche pour lui demander encore et plus. Donnez-moi tout Madame, que mon esprit trouve le silence. La maladie c'est un long silence, il y a des choses qui se font sans même que nous en ayons conscience. Ça nous bouffe et nous on se tait. Besoin de parler cette nuit. Mais à qui ? Raconter une fois de plus mes pauvres tourments qui ne valent pas un kopeck. Un jour, tiens, j'aimerais refaire le monde, ou juste un mur. Pas sommeil, Adams me stresse mais je ne veux rien écouter d'autre. Morphée et moi avons quelques petits problèmes. Mauvaise entente, coordination. Au fond, on ne s'aime guère. Mais avec ma fichue personnalité je comprends qu'on se refroidisse. Et puis qu'il aille se faire foutre, je ne ferai pas ma catin pour lui. Glass et « Façades », je sens que je vais pleurer. Comme ça. Peut-être parce que ça raconte un moment qui m'appartient. Je vois défiler les images de mes vies paisiblement. Je me dis aussi que j'en use beaucoup. Pas sommeil. Et ce goût de chocolat dans ma gorge, pétasse de Clotilde qui me chatouille. Je suis faible et gourmand, mon seul talent c'est de rater ce que j'entreprends ou ce que je voudrais entreprendre. Bordel mais assommez-moi ! Que je cesse de déblatérer des idioties et que mon corps fasse semblant de se reposer. J'ai soif, aussi. J'aurais dû écouter du Bach, grandeur et harmonie. Mais mon humeur me joue des tours, elle se croit tout permis. Et je n'ai d'autres choix que de lui obéir. C'est aussi pour cela que j'essaie de croire au messie. Mais bon, je peux toujours me gratter. Toujours pas sommeil. Il va me falloir affronter le dragon en pleine partie de sodoku pour lui demander des pilules qui font dormir. Marie s'en va, je lui ai écrit une longue et confuse lettre comme j'en écris parfois à des gens sans leur transmettre. J'ai longuement écrit à N. avant de tout effacer. Je me sentais ridicule d'avoir l'audace de lui infliger ma lecture. Je dialogue donc seul et j'en arrive à des conclusions complexes. Bon, je vais éteindre ce maudit ordinateur et m'allonger quelques minutes. Je vais enfin briser cette passionnante conversation avec moi-même. Et puis, qui sait, je risque de grappiller quelques instants de sommeil. 24/12/2008Je suis seul et triste. Absent à moi-même. Je suis désolé d'écrire des platitudes glauques mais je deviens sec. Aussi sec que ce temps d'hiver qui me gèle les mains quand je sors fumer. J'attends des signes de vie mais en même temps cette vie qui se poursuit au-dehors m'effraie. J'imagine l'oubli, l'abandon et ,pire, l'indifférence. Les malades émotifs sont des paranoïaques en puissance. Le temps se dilate pour n'en plus finir, les journées paraissent si longues qu'on souhaiterait les achever à coups de hache. Mais nous sommes impuissants, moutons de panurge délaissés à leur triste sort. Je m'isole le plus souvent, je voudrais m'échapper, rêver, ressentir des choses agréables. Mais rien ne m'effleure, ne me brûle, ne me chatouille. Il n'y a que les bras de Marie qui me réconfortent. Et les souvenirs qui affluent parfois, les baisers échangés, Clotilde sagement consommée, les partages. Ce soir je dînerai seul face à LCI qui me souhaitera un joyeux réveillon de Noël et la nausée me prendra. Déjà que ces périodes de fêtes me dépriment, là ce sera la Bérézina. Il ne me reste que ma musique et mes lectures fort gaies, les autres ne m'attirent pas. Il n'y a pas cet esprit de corps comme j'ai pu en connaître ailleurs, pas de chaleur commune, pas d'intelligence collective. Il n'y a pas que le parc qui soit rachitique. Et je me dis que je ne tiendrai pas longtemps, déjà près de quatre semaines écoulées comme une gorgée d'eau. Un autre mois de ma vie gâché, les genoux à terre. Et même la Toile demeure mystérieusement muette. Une malédiction en somme. Et un jour il faudra revivre, se relever une nouvelle fois, reprendre espoir.
J'en profite pour dire à deux d'entre vous que vous me manquez cruellement. 22/12/2008Je la sens chatouiller mes muqueuses
Elle redescend lentement dans la gorge
Cette catin de Clotilde me baise
J'ai oublié pourquoi
J'ai oublié quand
Mais notre intimité me pèse
Rapport de force inique et malsain
Putain, c'est bon cette merde
Et parfois je me dis « c'est fini »
Mais non, sans cesse, ça recommence
Comme un cauchemar dont on ne se réveille pas
Je suis faible et je pleure de n'être pas grand chose
Un petit chose paumé qui se cherche dans la pénombre des mauvais endroits
Mais j'aime la nuit, le glauque m'attire comme un papillon
Besoin de poussées de dopamine, violentes et sucrées
Envie de tutoyer le Vierge et de lui ôter son voile
Je veux toujours le petit plus qui me fera monter
Là-haut, tout là-haut
Ou en bas, je ne sais pas
Un soir, les jambes lestées, on me retrouvera
Clotilde étendue sur moi, mon corps apaisé
Dernière étreinte, torride et musclée
Du sang partout répandu, les lèvres bleuies
Et le pire, certainement, c'est que ça n'aura aucun sens
Pas de sens, pas de messages, pas de lettres, pas d'excuses
Juste le regret infini d'avoir gâché tant et tant
De n'avoir rien changé dans le cours du monde
C'est peut-être cette idée qui me peine le plus
Mais dans la mort on trouve toujours la vérité
Celle qui perdure depuis des années
Je ne laisserai pas grand monde, pas grand chose
Quelques amours frustrés, quelques amitiés
Et Clotilde rira à mon enterrement, en retrait
Travelling sur les visages effondrés
Philip Glass en fond musical
Pas d'épitaphe, pas de fleurs
Mais tout de même la satisfaction d'avoir parfois eu le sentiment
D'exister, d'être en mouvement, de partager, d'aimer
J'ai été et rien ne me l'enlèvera.
14/12/2008Je suis devant une mer de cendres. J'ai horriblement froid et je pleure. J'ai laissé ma joie jouer avec mon passé et cette négligence me coûte. Bouleversé par le poignant regret j'observe la mer de cendres immobiles. J'aurais très bien pu me trouver au contre-bas d'une falaise, face à la mer, en attendant la faucheuse pour entamer une partie d'échec. Elle m'aurait posé des questions impitoyables, tellement insolubles qu'il m'aurait fallu mobiliser tout mon pauvre esprit pour au moins tenter de les démêler. Malheureusement je suis un piètre joueur et la chance me fait souvent défaut. La faucheuse gagnerait à tous les coups et cette partie inique me révolterait. Je deviendrais si fou de rage que je refuserais qu'elle ne m'emporte. Mon papi disait souvent qu'il fallait plaisanter avec la mort, que le plus grave était de lui donner plus d'importance qu'à la vie.
Mais là je suis face à la mer de cendres et je ne sais pas très bien si je tiens à ma vie. Peut-être que oui puisqu'après tout je souffre, je ressens, je cogite. Et pourtant ce spectacle me désole, me ravage sans que j'ai la moindre prise, il dégage l'odeur d'un espace vide. Et le vide m'attriste, il me fait même parfois peur. Toujours j'ai eu la frayeur d'être abandonné. Je me goinfre pour remplir ce vide, j'avale les nourritures terrestres et les autres, je dévore comme Gargantua. Je m'époumone pour me sentir encore vivant. Et je hurle que je suis. Seulement personne n'entend et je demeure planté devant la mer de cendres comme le tronc rachitique d'un arbre sec. Sécheresse des mots qui se taisent, qui se cachent devant ma mémoire. Tout se dérobe, mon champ de vision rétrécit.
Seulement j'ai pour moi la manie de fumer l'écume des vagues. C'est une mort lente, douce et colorée. Elle sent parfois la menthe fraîche. J'aspire lentement la fumée dense jusqu'à ce que mes yeux se ferment et que mes orteils dansent. Puis c'est un peu comme si je me désincarnais, mon corps abject devient léger, mon esprit s'éveille alors à toutes choses qu'il bloquait auparavant pour s'en défendre. Je fume l'écume des vagues et, quelques fois, j'aperçois le voile de la Vierge. 12/12/2008Meudon 7La reine Clotilde m'a tant et bien baisé
Que mes lèvres sèches en réclament encore
Je lui ai sucé la poitrine dans un doux roucoulement
Et me suis assoupi près de son corps lascif
Deux semaines d'abstinence m'avaient fait chavirer l'esprit
Si bien que j'en devenais fou
Le manque insupportable et la frustration du désir
Ma chaire affamée et mes poumons atrophiés
Reine Clotilde, jouisseuse délictueuse
Friser le danger avec plaisir
Atteindre l'extase en risquant
Trouver la substantifique moelle de la destruction
Ils disent qu'on a le choix
Mais ce n'est plus une lutte, juste le renouvellement quotidien d'un combat
La reine Clotilde a pénétré mon corps en le dilatant
Bouffée délirante et détente ébouriffante
Ca décoiffe, ça décoince
Et mon corps, enfin, qui se détend.
Membres et muscles qui s'alourdissent
Et la joie du bienheureux qui sourit à la Vierge
Elle est mystique la reine Clotilde, divine
Mais un jour, c'est sûr, je devrais ne plus être son amant régulier
Ce qui me peine puisque j'ai si peu d'amants
Un jour, j'en aimerais un autre. 11/12/2008Meudon 6Dans ma solitude feutrée je marche à pas lents. Comme ces vieux qui déambulent à travers les pelouses du parc rachitique sans même savoir vers où ils se dirigent. C'est la vie, ici, la pesanteur des événements qui est maîtresse.
Dans ma solitude, je suis perdu. Je perds le sens des réalités d'un monde qui avance trop vite. Et moi je traîne des pieds. Vent sec et froid, vent d'enfer. Mes larmes salées qui coulent joliment sur mes joues.
Harmonie des lieux de soins, tout est réglé, tout est chronométré. Pas de dérogation, pas de folie douce. L'exaltation d'un matin ensoleillé devient suspicieuse. Coucher de poule, levé d'insomniaque. Les nuits, particulièrement, sont interminables.
Rien à faire si ce n'est répéter les gestes qui nous entretiennent, qui nous tiennent. Tarot l'après-midi, sans grande conviction. Cracher son venin sur le clavier pour ne pas sombrer dans l'isolement total. Parfois des visites, plus ou moins nécessaires. Un film par-ci par-là...
Mon ami, mon doux ami, tu me manques. Terriblement tu me manques.
Et puis parfois, surtout le matin, on entrevoit le bout du tunnel, on se dit qu'il y a une perspective de fin. On sourit, on embrasse, on plaisante, on discute, on rassure. On a ce petit goût sucré sur la langue qui fait saliver.
Dans ma solitude il revient doucement, l'espoir. 10/12/2008Meudon 5Excitation des moments factices de liberté absolue
Frustration de la conscience des limites qui nous rabrouent
Le temps qui passe, le temps qui dure, le contourner
L'indigence de l'humeur qui oscille rapidement
Euphorie fugace, abattement plombé
Les nuits courtes dévolues à l'angoisse
Les petits matins secs et froids quand les patients s'éveillent
Cigarette, café, cigarette, café
La sécheresse de l'âme qui effrite le corps
La lassitude qui s'empare de l'esprit
On voudrait que cela cesse
On voudrait guérir mais non, ça n'existe pas
Il y a ceux qui s'indignent, qui se révoltent
Et les autres, qui abandonnent faute de force
Quand la lutte se rabougrit, qu'elle se diminue au combat
Les bras qui tombent, les épaules lâches, les larmes contenues
La douleur, celle qui détruit, comme habitude
Coucher avec la mort, lui embrasser la poitrine
Pénétrer la réalité qui nous fait peur
Plus de plaisir, plus de désir, plus rien
Juste le temps et le son morbide comme des bruits de bottes
Soleil noir et nuages ocres
La pluie sur le parc rachitique qui le rend encore plus mortifère
Et ces images dans ma tête qui cognent les parois de mon crâne
Mes pulsions d'évasion sanglantes
Aller si mal qu'on y comprend plus rien
Quand la raison nous échappe il n'y a rien de plus effrayant
Quand le sens et le questionnement se dérobent
Et le monde tout autour qui continue de tourner en nous oubliant
Solitude salée, souvenirs lointains
Je me souviens parfois d'avoir aimé, si bien
Je me souviens parfois d'avoir été vivant, tant et bien
Mon jardin s'assèche, les plantes interdites meurent lentement
Plus de solutions, plus d'échappatoire, plus de perspectives
Priez tous les saints pour revoir juste une fois le voile de la Vierge
Pitié, donnez-moi la pointe de la Vierge... 08/12/2008Meudon 4La panne sèche. Mes doigts s'hasardent sur le clavier sans trouver le moindre sens. J'ai des envies d'automnes lumineux, de feuilles savamment éparpillées sur le sol, d'un petit vent sec et frais qui fait perler les yeux. Mon esprit s'affaisse, mon corps branle, je faiblis à mesure que les jours passent. Et je suis surpris par la terreur de cette page rageusement blanche qui me crache à la gueule son obscène nudité. Je voudrais l'orner, la chérir, la tutoyer mais rien. Rien. Mes amours me manquent et c'est un affreux déchirement de me les rappeler si bien que je m'emploie de toutes mes forces à les refouler. Le refoulement, l'arme du faible, de l'âme blessée et lassée de lutter contre une envahissante conscience. J'ai besoin, l'impérieuse nécessité, de mes paradis artificiels pour échapper ne serait-ce qu'un instant à cette douleur empoisonnante. Mon jardin fleuri, mon arbre sacré et, surtout, ma calme clairière. Je suis protégé, en sécurité, unique. Férocité de la page blanche, incongruité de l'idée qui se sauve quand je l'appelle. Tétanie angoissante du vide, fébrilité du manque. Il faudrait que je m'évade, défoncé au creux d'un lit pour oublier la misère d'un monde qui me pèse et des relations humaines que je ne comprends décidément pas. Bordel, qu'est-ce qu'on est seul parfois, confiné à l'absurdité du temps qui passe sans crier gare. Et moi je veux hurler, résister aux assauts des contingences de la vie. Je ne veux plus me fondre dans le moule de l'ordre établi, je veux juste un peu de dignité. Besoin d'écrire, d'aligner les mots sans message, sans agencement gracieux. Ce soir je suis d'une parfaite inutilité, fatigué à l'idée même de créer. Besoin de poser mon visage sur une mousse et dormir longtemps, assez pour que la vie reprenne la vitalité d'un sens. 07/12/2008Meudon 3Avaler des pilules et se demander pourquoi
Perdre le contrôle d'un esprit sournois
Et cette souffrance brutale et mesquine
Et cet enfermement étouffant
Se promener dans un parc destructuré ou meurent quelques chaises en fonte
Quand le vent souffle glacial et humide sur les visages enfumés
Se poser la question de savoir s'il y aura une fin
Je veux dire une fin normale
Lutter démesurément pour vivre, pour rester digne
Admettre en pleurant l'extrême solitude
Passer de longues heures en chambre à ne rien foutre
Tuer le temps qui nous tue
Expérimenter de près la sensation troublante du vide
Tituber, tomber, balbutier
Et parfois abandonner tout espoir
Penser qu'on en crèvera, de ça ou d'autre chose
Parce qu'il n'y a rien de plus usant que de tenter de vivre
Être épuisé de cette humeur cynique
Fatigué de ne jamais lâcher prise
Se sentir lâche en pensant qu'il faudrait que cela cesse, un jour
Parce que plus rien n'a de sens si ce n'est plonger dans le lit d'une rivière
Demain nous réserve toujours la surprise foudroyante de l'incertitude
Avoir envie de mourir quand la vie nous éclate au visage.
Marie, Marie, Marie
Scander ton nom m'assèche la bouche
Et mes lèvres gourmandes te réclament
Inutile de dire ta beauté
Juste j'aime ta poitrine ferme et discrète
Avec toi je me rassemble, mes nerfs lâchent
Je ferme les yeux et j'entends ma respiration apaisée
Marie, Marie, Marie
Quand tu regardes un film je touche ton corps
Une terre qui m'était devenue inconnue
Des lignes qui me sont désormais familières
Mes doigts fébriles sur ta peau
Mes baisers maladroits sur tes lèvres
Et je me fiche de renier un instant mon inversion
Pour toi
Marie, Marie, Marie
Tu as violemment pénétré la petitesse de mon monde
Pour le saccager et le remodeler sous la forme d'une étoile
Car j'ai maintenant l'espoir accroché au coeur que quelqu'un pense à moi
Bientôt nous dormirons ensemble et je me perdrai dans tes bras
Bientôt je serai un peu à toi, comme je peux, comme tu veux
Les marées des sentiments sont violentes
Et c'est un bonheur exquis de s'y laisser prendre. 05/12/2008L'attente sourde et aveugle. Elle s'immisce à travers les pores de la peau, elle ronge les os. L'attente, elle se prend pour une reine déchue à qui l'on doit la révérence. Elle nous balade de bout en bout en torturant les esprits. C'est une vieille putain qui connaît tous les mystères de la vie. L'attente est fourbe, ordonnée, méthodique, presque clinique. Elle fige le mouvement dans un chemin ensablé, elle fait claquer le vent sur le visage où perle des larmes. L'attente, ma catin nocturne qui se pavane dans mon lit quand je deviens fou. De toutes mes tripes je la hais, je lui vomirais toute ma rage sur ses habits trop bien ficelés. Elle me brise les espoirs, elle les découpe en petits morceaux épars, un à un, pour bien me montrer que la vie n'est que désespoir. L'attente, c'est aussi le plaisir qui ne vient pas, le désir frustré qui sonne à ma porte. Elle me fige dans des gestes parfaitement mécaniques et dénués de sens. Elle paralyse l'idée, elle dresse des obstacles entre moi et le monde. Car plus rien n'existe sinon elle. L'attente, c'est une forte dépendance, le grain de sable qui stoppe la machine. Elle m'assomme, me noie, m'engourdit. Je deviens comme ces vieux arbres secs dont les branchages cassent au moindre toucher. Elle me lénifie, l'attente. Impossible de trouver une occupation, de me concentrer, de me distraire, je suis tout entier à elle. Elle me possède et m'abuse. L'attente c'est le viol de l'espoir. Elle broie et déchiquette les pensées les plus nobles, l'envie d'être et d'avoir. J'attends donc je ne suis pas. Mortifié, momifié, emprisonné dans une chape de plomb. Mes nerfs à vifs qui commandent tout. Mon esprit malade qui perd le nord. Et la solitude extrême dans laquelle elle nous plonge, le goût amer du sentiment d'abandon. J'attends des heures durant sans même savoir pourquoi. C'est l'absurdité de la chose, l'inanité de la situation. Parfois, je me dis que j'attends qu'on me sauve mais je sais pertinemment que c'est impossible. Alors, en attendant, je me défonce. J'oublie le motif, je perds la notion du temps, je m'extrais de cet interminable piège qu'est le temps qui se recroqueville sur soi. Je crois que les personnes qui souhaitent mourir attendent plus souvent que les autres, différemment, plus intensément. Il existe cette étrange fêlure dans le rapport au temps, à la vie. J'ai envie de mourir, je ne suis rien, j'attends. Et la vie glisse comme de l'eau salée sur une roche.
Je suis lassé d'attendre, exténué, désespéré. Quand on souhaite ce que l'on ne peut obtenir il y a peu d'illusions, il ne reste que des bribes de vérités, des instants partagés. Et puis il y a ceux qui attendent... Crack boum hue
Clotilde défoncée sur le Pont Neuf
Un chapeau noir vissé sur la tête
Les orteils qui se rétractent de plaisir
Rendez-vous avec le dealer, son ange noir
Crachin frais et touristes lents
C'est souvent lent un touriste
Impression d'aquarium, vision troublée
Les muscles flasques et le cerveau fourmillant
Deux jours sans dormir à fumer ses pipes
Inspiration droite pour développer la cage thoracique
Garder la fumée dense puis recracher
Enfin c'est le buzz, la résonance, le relâchement
Le corps qui se détend et devient lourd
Moment magique d'en-dehors de soi
Clotilde voyage dans des intérieurs obliques
Elle retrace les lignes de la réalité pour les transformer
A sa guise elle bivouaque dans la clairière de l'inconscient
Clotilde, défoncée, parle de n'importe quoi
Elle est drôle et touchante, oubliant ses souffrances
Assise sur le tabouret de sa salle de bain elle se concentre
Préparation minutieuse, rituel immuable
La dope exige un grand sérieux
Une pipe qui roucoule, c'est le bonheur assuré
Le début d'une montée incertaine
Clotilde, défoncée, allongée sur son lit
Un petit sourire sur les lèvres et des rêves plein la tête
Et je me dis qu'un jour je retrouverai le corps inanimé de Clotilde
Comme celui de C. il y a bien longtemps
Je me dis que, bientôt, ce sera mon tour de connaître la fin lamentable des malheureux. 04/12/2008Meudon 2L'interminable crachin lamine le parc rachitique. Il est huit heures. J'essaie d'apprivoiser le temps depuis déjà deux heures. Le sommeil me gagne par intermittence sans que je puisse en profiter d'une traite. Il n'y a pas à dire, l'hiver, c'est endroit est triste. Et je me gèle dès que je sors fumer une cigarette quand je ne me fais pas tremper. A croire que les éléments jouent contre moi. Le matin des amas de patients se regroupent un café à la main pour déblatérer de confondantes banalités. Je reste le plus possible à l'écart tout en faisant preuve d'un intérêt feint et poli. La politesse est mon arme maîtresse, sournoiserie la plus aiguisée.
Depuis ma fenêtre j'observe les autres pavillons qui déploient leur infinie tristesse, j'imagine les gens déambuler à l'intérieur, traînant leur délicieux ennui. L'ennui, sec et froid, celui qui se laisse bouffer par le temps, par la rumination. Oh, bien sûr, il y a toujours la possibilité de participer à l'atelier puzzle ou à l'ergothérapie. Mais ces activités ne trompent pas l'ennui, elles l'alimentent au contraire d'une manière détournée.
J'attends, encore et toujours, espérant une visite, un divertissement ou une inspiration particulière. Mais rien ne vient, je ne suis qu'une ombre, comme eux. Je fume, j'erre, je me substance, je bois du café. Je suis assez pessimiste quant à la suite des événements, il n'y a pas de remède miracle, d'ailleurs il n'existe pas de miracle. Il n'y a que mes disques qui m'accompagnent tout au long de la journée, je pourrais dire que Shostakovich m'est d'un grand secours.
Partie de tarot, je ne suis pas à ce que je fais. Les cartes défilent sans aucun sens. Je ne sais pas compter, je n'aime pas jouer. J'en suis réduis à cette extrémité pour oublier l'abrutissement, pour oublier les rituels quotidiens qui se répètent comme une litanie. 03/12/2008A la tombée de la nuit j'ai attrapé la fièvre. Elle s'est emparé de mon corps, de mon esprit, ankylosant mes muscles et engourdissant mes pensées. Ce furent d'interminables instants, je me voyais projeté dans cet insupportable état pour une éternité sans que rien ni personne ne puisse me secourir. J'observais l'autre, paisiblement lové dans le lit défait, endormi, me jetant à la figure sa narguante sérénité. Il dormait quand je souffrais. Son corps nu qui suivait le rythme de la respiration. Et dehors, la mer. Des vagues successives qui frappaient la plage. Une mer sombre et gloutonne qui commençait à s'agiter à mesure que ma tension interne croissait. Je demeurais figé sur mon fauteuil un long moment, mes bras agrippés aux accoudoirs tout en haïssant l'autre qui dans sa beauté dénudée avait trouvé le sommeil. Je ne l'aimais pas, non. Il m'était interdit d'aimer. Je ne le désirais pas non plus. J'étais entièrement offert à cette souffrance, mobilisé par la douleur. Je le voyais, lui, j'entendais cette fichue mer qui grondait comme pour me persécuter. Et dans un mouvement lent, décomposé, il se tourna vers moi. Il me souriait avec peine et une empathie malsaine. Tu ne dors pas, il me dit. Non, j'ai mal, je lui répondais. Tu as tout le temps mal et tu ne dors jamais. Jamais, non.
Et je lui ai dit toute ma rage, ma colère de constater la simplicité, la facilité qu'il avait à accomplir les choses les plus naturelles. Je lui ai demandé s'il entendait la mer. Il me dit que oui, comme d'habitude. Je lui répétais la question en précisant combien elle vrombissait, combien elle était menaçante. Mais manifestement il ne comprenait pas, il « n'entendait » pas les paroles de la mer. J'étais donc seul, vissé dans mon fauteuil, en proie à la menace sourde qui s'avançait. Et ma tension, mon angoisse redoublaient. Piégé entre un mal dont les pas résonnaient et la candeur de l'autre, sourd et aveugle. J'avais la fièvre. Troublant ma vision, brûlant mon front, captivant toutes mes capacités. Je m'affaiblissais tandis que l'autre dévoilait sa nudité dans le lit défait. Et la mer, presque noire, crachait ses vagues sur la digue immobile. J'apercevais ça et là quelques bateaux chahutés, quasiment avalés. Et plus loin, à peine visible, un long cargo cheminant péniblement comme un cadavre charrié par les eaux.
L'autre observa la fenêtre comme pour vérifier mes visions sans pour autant y percevoir la moindre manifestation. Il passa tendrement sa main dans mes cheveux dans un geste d'apaisement. Mais Rien. Rien ne me touche sinon la mer, mon angoisse dévorante et ma colère. Je détestais l'autre d'être aussi lisse, aussi imperméable à mes réalités. J'écumais, je râlais, je me perdais. Plus de prise, plus d'équilibre. La fièvre montait, l'autre se vêtissait. Il saisit les billets qui l'attendaient sur la table de chevet puis, après un discret signe d'adieu, s'éclipsa. Je demeurais seul avec ma folie, avec la sensation irrépressible d'une fin proche. 02/12/2008Meudon 1Matin. Le soleil combat la grisaille automnale en baignant le parc rachitique. Paris me manque, les gens aussi. J'attends la visite de mon médecin, le docteur K., aussi revêche qu'élégante. J'attends, c'est ma principale occupation du moment. J'hésite encore à me socialiser avec les autres patients. Je réponds avec une extrême et froide politesse à chaque sollicitation, comme je le fais si bien. Mon traitement me laisse parfois chaos, si bien que je sombre souvent dans un sommeil désagréable et brutal. La douleur, la tristesse, me hantent toujours, je ne parviens pas à trouver un moment de répit, un instant de repos. J'erre dans le parc, je le déteste, pour fumer cigarette sur cigarette en observant les étranges ombres humaines qui se traînent lentement dans les allées gravillonnées. J'écris encore avec grande difficulté, mon ressenti, mon sens de l'observation sont abrasés. J'ai le sentiment d'une collante lisseur qui m'accable en permanence. Je ne suis qu'un de ces fantômes ectoplasmiques qui avalent sagement leurs poignées de pilules en tuant un temps qui se montre interminable. Car chaque minute qui s'écoule semble interminable, chargée du poids de l'insondable et de l'impalpable. J'attends. Et je sens déjà qu'il me faudra m'armer de patience et de courage pour supporter ce séjour. Certains assemblent des puzzles, ça me mortifie, d'autres s'adonnent au tarot avec un sérieux ridicule. Et puis ces âmes éteintes qui fument en déambulant devant les pavillons jusqu'à je ne sais quoi, je ne sais quand. L'ennui s'abat lourdement, insinuement, sur la clinique. Je voudrais m'échapper, quitter mon corps abject, serrer les personnes que j'aime dans mes bras fébrile. Je voudrais trouver l'apaisement dans mes paradis artificiels. Je voudrais ne plus être seul à en crever.  |
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