J'écoute : Stan Getz, Kenny Barron : "People time."
Je regarde : Les vanités parisiennes
Je lis : Nostalgie tchèque : Kundera.
Je joue : Putain j'arrive pas à installer Civilization V !!!
Je mange : Ca m'arrive
Je bois : Et je fume.
Je cite : Moi, moi, moi et Spinoza !
Je pense : "sometimes I feel like a motherless child"
Je rêve : J'ai une psy, merci. Même deux.
(mis à jour dimanche 1 janvier 2012 à 18:39)

07/02/2012

07/02/12 - 04:32

Not for sale.

Que fais-tu du temps ? Il s'étire comme un chat sur une corde tendue.
Il ne reviendra jamais, jamais. Tu le défais à loisir, comme une pelote de laine à l'ombre de ta vertu. Moi je ne t'attends pas, j'ai le crabe luisant qui me court après, moi j'ai le souffle court. Et je fanfaronne ici ou là mais je ne paie pas de mine. On est des criminels qui s'ignorent. On est des Christs qui se la donne... Sauf que moi, les clous, c'est pas mon truc. Je préfère porter une bouteille plutôt qu'une croix. D'une c'est moins lourd, de deux ça apaise la soif.
Je dis ça, mais bon, j'écoute une messe, et les Atrides se précipiteront en masse devant un tombeau ouvert pour y cracher leur obole. Parce que chez les Atrides on achète tout, même la mort. On a l'argent en horreur mais pour ses basses œuvres tout est possible.
Le monde se rétracte soudainement. Il y a comme un clair-obscur foutrement insidu. Tu croyais que la vie s'ouvrait à toi mais te voilà plombé, te voilà miné, ratiboisé. Le crabe aura ta peau et la vie est ainsi faite. L'injustice on l'apprend sur le divan, on la pratique dans l'acte. De la parole à l'acte il n'y a qu'un pas.
Amen.

29/01/2012

29/01/12 - 18:12

"Love for sale".

Tu goûtes la robe d'un Brouilly. Parce que les robes ça te connaît, parce que Grand-père disait que la terre ne ment pas, les cépages non plus.
L'amour est fou, l'amour court partout...
Tu as dîné avec cousin G. dont la naissance vous a unis, le temps séparé et les combats parfois réunis. Il te sort un arbre généalogique, tu vides une bouteille, tu prétends ne pas avoir chaussé tes lunettes. Il se fait tard, tu bailles, une poignée de main virile et il te balance « n'oublie pas, l'important c'est la baise ! » Tu ne refoutras plus un pied à Neuilly.
On te demande ce que tu fais ici, si tu cherches une quelconque relation furtive. Tu réponds que le sexe est synonyme de solitude, que tu cherches le Messie. Tout ça en anglais !
Tu souris quand ta sœurette te parle de « notre nom », elle est jeune. Tu racontes Camus, Jaurès, et elle rajoute « notre nom ». Au moins, tu te dis, dans « notre nom » il y a une sorte de « nous ».
Dans le lit d'un Brouilly il y a tant de promesses. Dans les lits aussi. Tu goûtes, tu bois, les lèvres avides, les papilles énamourées. La vie c'est parfois aussi limpide qu'un fond de verre de vin.

28/01/2012

28/01/12 - 16:37

(Nothing but) Flowers.

Le cafard adossé à ta mémoire. Chasser sur des étendues infinies, à court de monture, assis sur une chaise. Quand les monstres viendront tu sortiras l’Évangile que tu brandiras comme une relique d'un passé révolu. Et sur ton lit de mort tu réclameras un prêtre, un prêtre ! Juste pour rire. Tu aimes les rituels, les tabourets et les bonnets. Tu as du sang guerrier mais le nez diplomate. Tu es le fruit d'une douce compromission entre le bras vengeur du prolétariat et le pas feutré des patriciens. Tu es disloqué, pourfendu, entre deux eaux mais tu n'as pas la manœuvre aisée. Que l'on arme cinquante galions !

Tu cherches quoi il te demande. A être heureux tu dis.

Le temps opaque et le ciel plombé te minent les traits. Tu voudrais être gracieux, tu voudrais être beau, tu voudrais être riche et brillant. Tu voudrais la gloire mais tu es scribouillard d'officines. Tu voudrais aimer et te laisser faire. Pauvre fou. Quand le soleil darde ses rayons tu plisse les yeux, parce que l'on craint l'astre des astres, parce qu'on lui préfère la lune. Petite, satellite, qui rarement s'emploie à le cacher.

25/01/2012

25/01/12 - 18:15

Les Roches, tu n'étais pas venu depuis longtemps. Temps maussade, nuée menaçante. Tu regardes ces lourds cargo charrier leurs marchandises sans envie, tu n'as pas le pied marin. Le Casino après les Vapeurs, histoire de trouver un autre prétexte pour boire un (autre) verre. Tu as le jeu en horreur, surtout les jeux d'argent. Et ces gens aux machines à sous qui ont le regard pétillant, la main branlante, l'avidité suppurante, ça te dégoûte. Tu as du mal à l'admettre mais ça te dégoûte. Tu voudrais pourtant aimer les gens mais tu aimes l'homme, tu n'es pas le Messie. Beaucoup de parole usée pour le comprendre, encore du travail pour l'accepter.

Maman frémit, on écoute Maxime et sa maison bleue, elle avait dix-sept ans. Elle jetait ses clés, elle faisait pousser de la rhubarbe dans le Larzac, je n'existais pas, Papa oui. Et puis tout est parti, dans les champs tout est parti. C'est beau de revivre un moment agréable, tu te dis. Elle dodeline, elle sourit, elle est toute fringante, une véritable jeune fille.

Les Roches, il pleut enfin. Marge et Marcel hantent les couloirs carrelés. C'est l'aube d'un temps nouveau, parce qu'un vent se lève. Les voiles gonflées d'envies, le corps en émoi, les sens aiguisés. Tu te demandes ce que c'est, tu veux savoir, la vie ce n'est pas comme le vélo...

19/01/2012

19/01/12 - 18:37

On les aura, à la Bastille, aux armes et caetera...
Demain c'est l'espoir, demain on l'inventera.
Petit schtumpf rose, le bras tendu vers le ciel.
D'un poing vengeur tu entonnes ta chanson.
Tu penses aux combattants, aux résistants.
Et d'un salut aux Triplettes du Faubourg.
Tu vas te siffler un verre, arc-en-ciel.
Un Bordeaux vaut mieux qu'une promesse.
Un acte vaut mieux qu’un blabla.
Et même le dimanche tu chantes, tu tends le bras
De ta jeunesse, vigoureux, juché sur sa montagne.
Comme la Geneviève, tu les auras.
Les dimanches sont parfois joyeux.

15/01/2012

15/01/12 - 02:04

Un coup de sax, un coup de violon, je tombe.
Aux bords d'un précipice du sommeil chimique je vacille.
Déséquilibre de la balance, pas balance pour un sou.
Tu comprends bonhomme ? Au départ il y a le manque.
Le sevrage, la souffrance, l'angoisse du vide.
Je vacille, je tombe, je me relève souvent.
Masque social, monstruosité de la société de marché.
Démonétisé, je n'ai plus de valeur, juste des valeurs.
Un peu vieillottes et pas faciles à défendre.
Alors, parfois, je vacille, je me laisse tomber.
Le gouffre ça peut être doux, ça peut être confortable.
Contre le tumulte de la jouissance du monde, j'abdique.
L'affronter, sexe et violence, fouler la terre du pied.

14/01/2012

14/01/12 - 20:05

What the fuck ?!

Ah Dieu, que l'ivresse est douce.

14/01/12 - 20:05

Tu te mouches dans la norme. La soie normative. Suave et douce.
Tu ne crains plus les pantins de cire et tu remises au placard ton costume de clown triste.
Et dans le chaos de l'Histoire il est permis d'espérer aux fous plus encore.
Ne pas stigmatiser, ne pas abroger, juste résister.
Ne pas être happé dans le cyphon de l'ère du temps.
On tue le temps, on le tue assurément.
Refuser d'être broyé dans un moule uniforme, unisexe, aseptisé.
Nous sommes des animaux politiques, sensoriels, cognitifs.
S'insurger contre les débonnaires, les « a »-quelque chose.
Les apolitiques, qui brandissent leur piètre bannière pour éviter d'assumer leurs opinions.
Les acculturés, qui frémissent aux bruits des bottes.
Vivre libre est un luxe mais aussi un combat, hérité de de résistants, de valeurs, de morale, de mémoire.
Faire acte d'existence, toujours, pas d'arts appliqués.
Poteler l'avenir plutôt que de se le faire dicter.

14/01/12 - 16:47

Fa, fa, fa, sur une Cantate de Bach on se gondole.
Pour éteindre les incendies, pour dresser les barrages.
Quand tu cries, ça ne sert à rien, ça ajoute.
Au tumulte du monde ça ajoute.
A la peur, à l'angoisse, au vide, ça ajoute.
Alors que faire ? Alléluia.
Se taire ? Amen.
Non.

Construire les routes pour creuser ton lit.
Ta tombe profanée sans être habitée.
Tu erres entre deux eaux.
Pleurer pour verser dans le ruisseau.
Les larmes ça ne sert à rien.
Ça gonfle les flots.
Ça gonfle.
Voilà.

Bon à rien, bête de somme, tu piques du nez.
Dans la poudreuse tout schlousse.
En chasse-neige pour freiner.
Freiner ou le sapin.
Ça sent le sapin.
Le bois jeune.
Ça sent.

14/01/12 - 16:28

What the fuck ?!

What's wrong with you ?

13/01/2012

13/01/12 - 18:49

Tour d'ivoire, cheveux tressés, mon enfant je te vois venir. Sous tes atours et tes détours, ton charme revenir. Tu me souris, moi je reprends mon souffle épuisé. Il n'y a personne qui souffre pour un autre. Prenons un verre, devisons en espagnol, citons quelques vers de ce bon Mallarmé. Entonnons une chanson, la verve au fusil, battant pavillon pirate. Aïe, être deux, en canon, ça fait mal. Alors mon chemin, seul je l'ai choisi, au péril de ma vie. Je fais le café à merveille, à moins que ce ne soit une légende urbaine. Je fais bien peu, il est vrai, mais comme je peux. Et toi, mon mignon, cesse ces regards étranges, ils me rappellent les gens. Qui dans la rue me lapident, me décochent des flèches acides. Les gens moins je les vois mieux je me porte. Enfin c'est longtemps ce que j'ai cru, jusqu'à ce jour funeste, ou bien peut-être était-ce une nuit, où je t'ai croisé enfant sauvage. Et finie ma paresse, et finie ma mélancolie, finit le lit de mes vieilles habitudes. Creuser ma place dans l'histoire, interagir, en toi, créer.

13/01/12 - 17:10

La passion et la Passion, de cheville, te travaillent l'esprit et le corps.

Contre les débonnaires, les lâches tu te bats, tu dresses tes moulins, tu les détruis avec adresse.

Tu as l'oreille d'Anne la Folle et le nez des Atrides.

Tu fais fi de la culpabilité, du déni, tu assumes tes choix, tes opinions.

Aux yeux du monde et à la lueur de la paix de ton âme.

Tu aspires à marcher dans la lumière, vers la lumière.

08/01/2012

08/01/12 - 22:20

« Sister Morphine. »
Donne-moi le chemin, délivre-moi du malin.
Plus d'amis, plus de cocaïne, plus que toi.
Et qu'on me montre un autre jour, différent.
Oh, Sister Morphine, tiens-moi la main.
Dans le Ghetto je suis seul.
Guide-moi vers Chicago ou Dallas.
Parfois on chante, on écrit,
On ignore tout du lendemain.

08/01/12 - 20:50

Pensée.

Le dépérissement est le propre de la lucidité.

08/01/12 - 20:40

Tu en crèves d'envie mais ne le dis pas. C'est le top départ de la Bérézina. Tu vas décoller, quitter le sol, exploser. Tu le dis, tu craques, tu rougis.

Allo, ici la Terre...
On capte mal avec vos putains de talkies-walkies...

On a les outils qu'on peut. On s'exprime aussi fort et clair que possible. Mais la technologie de merde, on y est condamnés, je crois.

C'est comme les stups en civils, ils sont aussi discrets que des bergers allemands dans la toundra. Je n'arrive pas à le croire.

Il y avait un garçon, un garçon simple, tout simple. Un jour je l'ai vu puis il a disparu. C'est la plus belle chose que j'ai vue. 'Tain, c'est pourri la vie.

08/01/12 - 19:37

"Désolé, ils n'avaient plus Frédéric Lefebvre..."

07/01/2012

07/01/12 - 23:57

Rencontre lors du Congrès des Jeunesses Progressistes Européennes.

07/01/12 - 23:45

On abuse, on s'use, hein Amy ? On prise, on fume, hein Nina ? Y'a un gouffre, on se soulage, on finit mal. Pas de paix, esprit troublé, humeur martiale. Pas de morale, pas d'ère du temps, pitié... Les trois singes on les emmerde. Tous aveugles, tous sourds, tous muets. L'indifférence est reine du monde.

On trompe l'ennui comme on peut, hein Billie ? On trime, on s'échine, mise en abyme des histoires qui se font puis se défont sans cesse. Gueules cassées, âmes épuisées, soldats de la finitude. Insomniaques, drogués, malades, mis au ban de la société qui avale, qui écrase. Pédés, gauchistes, révoltés, marginaux.

Nous peuplons les nuits, les villes, les rues bruineuses. On boit, on fait ce qu'on peut pour oublier la solitude et ses sbires. On dépense, l'argent sale, on transgresse les lois idolâtres. On souffre, on pue la mort, on déambule. Et les médecins, cette horde toute puissante, nous spolient, nous abrasent, nous gavent, nous enferment. Parce que de nous, on ne sait que faire.

On a nos dealers, nos pharmacies, nos réseaux, nos hôpitaux. Nos médicaments « connecting people », nos artifices, nos lubies et surtout nos phobies. Peur de dormir, peur de se réveiller pour recommencer l'enfer d'une autre journée. Heureusement il y a le verbe et le café.
Et puis parfois, une éclaircie subreptice et apaisante. Parce qu'attendre Godot, ça suffit. Parce qu'on est pas des chiens hurlants sur des plages, hein Margie ?

07/01/12 - 19:13

C'est comme une mélodie, des chants qui implorent le Seigneur, une antienne retenue et dévastatrice. C'est comme une part de soi qui manque, amputée ou bien oubliée. C'est comme un soir entre chien et loup, lorsqu'on peine à émerger de nos excès. C'est comme un enterrement, plutôt techniquement réussi mais finalement assez barbant. C'est comme une messe, trop long, trop ampoulé. C'est comme une cigarette, âpre et apaisant.

Café tiède, « la la la », poudre d'opium.
Jean Jaurès veille derrière toi.
La tête en bonbonnière prête à exploser.
Alors tu cachetonnes, tu gobes.
N'importe quoi... Où cela te mènera ?

03/01/2012

03/01/12 - 22:39

J'ai fait une chanson, une petite chanson pour Maman.
Ma chanson est courte, ma chanson est triste.
J'aurais pu faire un joli poème, c'est vrai, mais non.
Je lui écris de ne pas avoir peur de la vermine.
De ces fanatiques qui ont pignon sur rue.
Je lui demande de croire, encore, trouve la force.
Je lui dis que l'espoir est une source d'apaisement.
Que le renoncement est une mort lente.
Qu'il y aura d'autres collines à gravir.
Pour trouver d'étranges maisons bleues.
Ma chanson c'est un cri, c'est une supplique.
Ma chanson c'est une bouteille.