Je cherche l'harmonie, je fuis l'harmonie

29/09/2008

29/09/08 - 22:37

Suite Love

Je l'aime.
Je ne connais pas son visage, et pourtant, je l'aime.
Il est si insaisissable, ses apparitions sont si fugaces, que lorsque je clique sur l'icône de son profil il disparait.
Je suis amoureux de Suite.

Suite:


Au départ je ne prêtais pas attention à cette petite image discrète, mais avec le temps j'ai fini par m'y attacher.
Parfois la nuit très tard, il disparait. Si on cherche son nom dans l'annuaire, on ne le trouve pas. Mais dès qu'on recherche une autre personne et que la recherche donne beaucoup de résultats, on le trouve, immédiatement.

Il y a un type qui se connecte toujours en même temps que lui. Il s'appelle Retour et je me demande s'ils se connaissent, je suis un peu jaloux.

Si vous êtes une connaissance de Suite, s'il vous plait contactez-moi.

14/09/2008

14/09/08 - 00:04

Des pluies de poulpes fatigués

Les rides jaunes crêpues flottant dans l'atmosphère sans dimension se moquent de tout, et surtout des petits chiens, des phrases toutes faites, et de la fierté. Une giclée de chair galope vers le sol, claque des bras en léchant l'air, tourbigouillant à l'extrême. Il fait triste, l'air est gris, tout est idoine, ça fait chier. On s'attendrait à voir tomber des pluies de poulpes fatigués.

Et FLAC. Premier poulpe. FLAC. Second poulpe. FLAC! FLAC! FLAC! Des poulpes.

Est-ce qu'une accalmie se décide? Je ris derrière ma vitre. Je m'appelle Jory et j'ai huit ans, à moi de décider. La ville se noie sous les pluies de poulpes, de poulpes fatigués.

10/09/2008

10/09/08 - 22:48

Les considérations nocturnes de Cileste Bédon

Poussé par une horloge interne à la logique chaotique, je suis sorti battre le pavé sans but. À l'autre bout de Paris, à la rencontre d'une maison abandonnée qui avait choisi de m'obséder.

Arrivé tout près, je me délectais des langues de lumière orange qui léchaient les esquimaux en béton. Je me demandais s'il était possible d'habiter tout là haut en haut en haut, au sommet négligé d'un lycée monolithique. Enfin, je retrouvais la maison abandonnée. "Autorisation de démolition, réquisition pour fabrication d'une station de bus provisoire".

Les quelques parcelles sauvages de Paris sont toutes amenées à disparaitre, mangées par le colmatage intercellulaire de la big city. La ville tapisse le sauvage de son papier millimétré, car si l'homme pousse au hasard, le citadin docile et efficace a pour tuteur un repère orthogonal. J'ai marché en longeant la petite ceinture, croisé beaucoup de gens laissés à l'abandon. Tous ces pauvres sont beaux dans leur diversité, le papier millimétré à pourri sous leurs pieds. Et si certains sont fous, c'est d'une belle folie.

Dans le métro du retour, un jeune homme ficelle à la cigarette sur l'oreille et l'oeil illuminé, est allé voir deux beaux inconnus au fond du wagon et leur a fait un bisou à chacun. Aucun des deux éphèbes n'a réagi, d'ailleurs l'un d'eux était occupé à soliloquer dans son téléphone. Le godelureau est reparti tout aussi illuminé, comme si de rien n'était.

Un peu plus loin, un autre margoulin frappait en rythme sur une boite en bois, avant de s'arrêter pour demander l'aumône. Personne ne l'a regardé. Un type a voulu lui donner une pièce mais le musicien ne l'a pas vu, alors il l'a remise dans sa poche. Un autre voyageur discutait avec une amie sans voir la main qu'on lui tendait.
-Ah ça, ce sont des gens qui sont en souffrance! Ces gens là, ils sont dans un débordement d'humanité.
Puis après un long moment de silence, une fois le mendiant éloigné:
-Et ta thèse?
-Je souffre, je souffre, c'est difficile.
-Tu sais, à partir de DCEM4, il t'appellent "confrère". C'est connu, c'est comme ça.

Avant de rentrer chez moi, je suis passé par le supermarché qui allait fermer ses portes. Les caissières poussaient des chariots en riant dans les allées, parce que la fermeture est le seul moment où elles ont le droit d'être humaines. Les rayons vides avaient comme un air de fête, je ne sais pas pourquoi. Sans doute que l'euphorie de la fin de journée de travail était communicative.

09/09/2008

09/09/08 - 00:06

Cileste Bédon





L'oeil écarte les quartiers de viande falots sans s'émouvoir de leur contact. La fibre se défait en lames molles et très vite il ne reste rien.
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Cileste Bédon observait les étoiles, allongé sur le toit de sa maison. C'était une bicoque en bois qui sentait l'humidité et les champignons. Tout était pourri et Cileste s'accommodait très bien de cette déliquescence confortable. Ses grosses fesses posées dans le toit moussu, il levait les yeux vers le ciel.

A force d'analyser le pétillement figé de la nuit, il comprit soudain les mystères de l'univers. Alors il gonfla d'ennui comme un ballon qui s'envola. On-ne-l'a-jamais-retrouvé.

07/09/2008

07/09/08 - 14:07

ephéméride

J'aimerais avoir le temps d'être spirituel et productif. J'ai des tas d'idées qui meurent dans l'oeuf, des tas de fruits verts que je jette avant qu'il n'aient le temps de murir. Certaines idées, je les mets dans un carnet, comme dans un herbier où elles sèchent.

Comment discipliner, concentrer, canaliser l'énergie?
Pour l'instant, la vie est un amas de chiures qu'on pousse un peu plus loin avec un râteau.

Seules les réunions du GIGA me font du bien.

20/08/2008

20/08/08 - 22:15

Sauces lourdes et fleurs humides

J'ai rêvé que j'étais gros et quinquagénaire. J'avais des cheveux blancs et un costume ample. Dans un restaurant.
J'ai hurlé au scandale, parce que je ne pouvais pas payer et qu'il me fallait un prétexte pour partir. Je gueulais encore qu'on me fichait dehors. Une donzelle était avec moi, elle s'est transformée en une rose sur jambes comme cela arrive souvent aux gens dans les cas de grande panique. Cela semblait illogique parce qu'elle s'appelait Caroline et non pas Rose, elle aurait donc du se transformer en une fleur appelée caroline. Elle courait derrière moi en agitant ses pétales.

18/08/2008

18/08/08 - 02:11

< !--chut/!-- > hauts et bas

Dit sans ouvrir les lèvres;

Crâne crâne crâne! Crâne crâne crâne! Xrâne rane brane!
Orene Ereh rano rhébhé. Mélotta mélotta mélotta, mé.
Crâne crâne crâne CRÂNE CRÂNE CRÂNE CRÂNE!
Mé CRÂNE! Rehmé CRÂNE! Crâne crâne CRÂNE CRÂNE CRÂNE crâne CRÂNE!

KRRRRRRRRRR RRRRR RRRRR!
                  Râne    Râne

RRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRR!
     Mélotta Mélotta Mélotta, mé!



[...]

Dit sur un ton enjoué;

Ricadilles, frécoties, pélasauds
Rodona, pédésa, récatie
Anésie, rémolta, génésie
Oraisons, émoulues, décaties

12/08/2008

12/08/08 - 00:03

Satellite

Je fuis les gens et je suis fortement attaché à eux.
Je ne supporte que les relations sincères, parler au fond des yeux.
Je cache ce qui pourrait être intéressant, parce que j'ai peur que ça ne le soit pas.
Je fais le clown. Parce que le rire est une récompense sincère.
Je garde de la distance. On ne peut pas trop s'attacher, alors on m'aime bien de loin. Je préfère.

Fuite: A une époque je m'habillais exclusivement en gris.
Attraction: A une époque j'ai épilé l'intégralité de mes sourcils pour qu'on me remarque.
Fuite: A une époque, je me cachais dans une vieille veste sac poubelle.
Attraction: A une époque, je m'habillais en chemise hawaïenne.

La trajectoire reste stable, entre attraction et fuite, on ne touche rien.
On tourne dans le vide.
On est un satellite.

07/08/2008

07/08/08 - 13:24

Conversation¹

Green: Mais quel article? Tu as supprimé ton nal-jour? J'ai fait un article en ton hommage :D
Vorp: AhAhAh! J'ai vraiment cru que c'était Népo! Son blog devient chiantissime!
Green: Ca devient de la merde en pot, il faudrait le vendre sur ebay débité en petites conserves!
Vorp: Ohhh, qui le publie?

¹Conversation est un titre de Fernadelle Badirac, Poudron de Mrousette.

07/08/08 - 12:16

Etude comparative du gâteau montagne et du gâteau chien.

Voici un gâteau en forme de Pic du Midi d'Ossau:




Voici un gâteau chien:




Tout d'abord on note des différences:
-Le gâteau montagne est en forme de montagne, alors que le gâteau chien, lui, est en forme de chien.
-Le gâteau chien est blanc, alors que le gâteau montagne est marron.
-Le gâteau chien a des yeux, mais pas le gâteau montagne.

L'observateur aguerri sait aller plus loin que ce premier bilan, soit dit en passant déjà assez exhaustif. Car l'observateur aguerri –sémaphore des problèmes cruciaux qui hantent notre société aussi bien que les patisseries– est un philosophe au sens le plus noble du terme. C'est à dire qu'il picole dans les bars en fumant beaucoup de cigarettes, pour remettre l'humanité en question.


Le gâteau montagne est un hommage à la gloire des fiers montagnards qui n'ont pas peur de s'user la bedaine dans les sommets enneigés remplis de cailloux escarpés.

Le gâteau chien, est un gâteau en forme de chien, qui a l'air un peu triste.
L'artiste a t'il voulu que le gâteau chien ait l'air triste? Le gâteau chien est il triste pour de vrai dans sa petite tête fourrée à la crème pâtissière? Qui sait.

Le savoyard qui grimpe la montagne –Sans piolet! Le malheureux! Il risque la chute à tout instant, et ce malgré le scoubidou orange qui lui pend au slip!– est bien seul dans cette lutte sans merci qui l'oppose au sommet glacé. Quant au gâteau chien, sous ses airs de pâte à sel moribonde, il cache un coeur gros comme ça. Lui aussi se sent seul, les chiens sont fait pour vivre rassemblés en tas, c'est bien connu.


Ces gâteaux sont la métaphore d'un cheminement impossible vers le bonheur. Jamais cet homme ne trouvera la compagnie qui l'aurait réconforté dans cette ascension sans fin des cimes de l'existence. Jamais ce chien en crème pâtissière deux cent fois plus gros que le montagnard ne rencontrera ce dernier. Le bonheur d'être ensemble ne peut pas exister, nous sommes tous seuls dans la vie.