28/04/2008BEAT GOES ON (Hystero Botox Connection Remix feat. DJ UGLY ZAPY)
DON'T SIT THERE LIKE SOME SILLY GIRL
(Pourquoi pas VIEILLE FILLE, tant que tu y es !!!)
IF YOU WAIT TOO LONG IT'LL BE TOO LATE
(L’histoire de ma vie… t’hésites entre la vanille et le chocolat… résultat des courses, il te reste plus que la fraise quand tu t’es ENFIN DÉCIDÉ…)
I'M NOT TELLING YOU SOMETHING NEW
(Non, c’est sûr que t’as rien inventé)
THERE AIN'T NO TIME TO LOSE (NO TIME TO LOOOOOSE)
(Je sais, avant l’heure, c’est pas l’heure… après l’heure, c’est plus l’heure)
IT'S TIME FOR YOU TO CELEBRATE
(Fêter quoi ? Un de plus ? Naaan, naaan… j’me suis arrêté à… t’huit ans… enfin à trente-cinq, on va dire…)
SO GET DOWN, BEEP BEEP, GOTTA GET UP OUTTA SEAT
(Quoi bip-bip ? Hé, y’a pas le feu ! Laisse-moi l’temps d’me préparer psychologiquement…)
GET UP, LITTLE GIRL
(J’y vais, j’te dis… j’ai pas l’intention de faire tapisserie toute la soirée…)
GET DOWN, BEEP BEEP, GOTTA GET UP OUTTA SEAT
IT'S TIME, YOUR WORLD
(Pfft… arrête de me biper, tu me stresses…)
GET DOWN, BEEP BEEP, GOTTA GET UP OUTTA SEAT
YOUR LIFE, YOUR CHOICE
(Et si mon choix, c’était de le regarder le monde, justement, hein ?)
GET DOWN, BEEP BEEP, GOTTA GET UP OUTTA SEAT
IT'S TIME, LIVE IT UP
(Tu me fatigues…)
ON AND ON, ON THE BEAT GOES
(Bon, OK… c’est bien pour te faire plaisir… mais j’ai pas les bonnes chaussures…)
ON AND ON, ON THE BEAT GOES
(Chais pas c’qui s ‘passe… j’ai les Converse qui couinent sur le dance floor)
ON AND ON, ON THE BEAT GOES
(J’allais pas ressortir les Rangers… on est au printemps, merde !)
ON AND ON, ON THE BEAT GOES
(Et si j’dansais pieds nus ou en cho7 ?)
ON AND ON, ON THE BEAT GOES
(Là, ça va mieux… Une fois que t’as le rythme dans la tête, t’as les pieds qui suivent…)
ON AND ON, ON THE BEAT GOES
(Yeaaaaaah, man…)
ON AND ON, ON THE BEAT GOES
ON AND ON, ON THE BEAT GOES
YOU DON'T HAVE THE LUXURY OF TIME
(Et c’est reparti… T’as l’intention de me plomber la soirée ?)
YOU HAVE GOT TO SAY WHAT'S ON YOUR MIND
(Comme si on pouvait dire haut et fort ce qu’on pensait tout bas…)
YOUR HEAD LOST IN THE STARS
(La tête dans les étoiles, les pieds sur terre… l’histoire de ma vie, j’te dis…)
YOU'LL NEVER GO FAR (NO TIME TO LOOOOSE)
(Et alors, si ça me plaît de rester ici, d’abord ? Qu’est-ce tu fous d’mon libre-arbitre ?
IT'S TIME FOR YOU TO READ THE SIGNS
(Ayé, elle va nous refaire le coup de la Kabbale !)
SO GET DOWN, BEEP BEEP, GOTTA GET UP OUTTA SEAT
HERE COMES, MY HAND
(J’en fais quoi de ta main ?)
GET DOWN, BEEP BEEP, GOTTA GET UP OUTTA SEAT
TAKE IT, YOU CAN
(T’inkiète, j’vais pas tomber…)
GET DOWN, BEEP BEEP, GOTTA GET UP OUTTA SEAT
THE TIME, IS NOW
(C’est pas pour critiquer, mais tu radotes…)
GET DOWN, BEEP BEEP, GOTTA GET UP OUTTA SEAT
I'LL SHOW, YOU HOW
(OK, vas-y, j’te suis…)
ON AND ON, ON THE BEAT GOES
(J’vais tester Régénergy 3 D… kenpenstu ?)
ON AND ON, ON THE BEAT GOES
(T’es potesse avec Clive Owen ?)
ON AND ON, ON THE BEAT GOES
(Naaan… passqu’entre botoxés, vous vous causez un brin entre deux piquouzes, j’imagine…)
ON AND ON, ON THE BEAT GOES
(Ben quoi ? Fait pas ta sucrée, Mado… t’as la gueule refaite, franchement….)
ON AND ON, ON THE BEAT GOES
(Et le Clive, sur la pub Lancôme, tu vas pas me dire qu’il est pas photoshopé…)
ON AND ON, ON THE BEAT GOES
(‘tain, c’est quand même 70 reuss le pot, mine de rien…)
ON AND ON, ON THE BEAT GOES
(Ca fait cher la lichette de crème pour avoir bonne mine, moajdis …)
ON AND ON, ON THE BEAT GOES
(En fait, les pattes d’oie, j’m’en fous… Mais c’est la jawline, sweetie darling… tout est dans la jawline… le menton, la mâchoire… t’as beau dire… )
SAY WHAT YOU LIKE
(Si j’dis que notre omni-président est un guignol, ça compte ?)
DO WHAT YOU FEEL
(Facile à dire, mais le p’tit serveur de tout à l’heure… il avait p’têt les yeux qui pétillent et un sourire charmeur… mais il aurait pu être… mon fils… et pis c’est pas parce que j’ai laissé un bon pourboire sous l’œil goguenard de ma commensale, que j’allais lui rouler une galoche sur la place Ste-Catherine ou, plus discret, lui griffonner mon numéro de tél ou mon e-mail au dos de la note…)
YOU KNOW EXACTLY WHO YOU ARE
(Ben ouais, suffit d’me regarder dans la glace… j’me fais peur tous les matins ; j’ai beau me tartiner de Q10, ça repulpe et ça retend que dalle… les bajoues arrivent à grand pas et ça fait ièche…)
THE TIME IS RIGHT NOW
(Chais pas pourquoi j’te raconte tout ça, au juste…)
YOU GOT TO DECIDE
(J’ai décidé d’être niaiseux, ce soir… ça m’rajeunit… enfin, un peu)
STAND IN THE BACK OR BE THE STAR
(Oh, moi tu sais… je suis déjà un travailleur de l’ombre… une resucée de ghost-writer… que dis-je ! un ersatz d’écrivaillon même pas maudit…)
 27/01/2008BACK FROM A BIRTHDAY PARTYNaaan, naaan, terminé, terminé… fini, F.I.N.I. !!! Je ne me ferai plus chier à concocter des compils pour les annivs avec covers et stickers (excusez du peu !) pour qu’on passe à peine trois titres et demie de mon ultimate-special-remix-hyper-méga-top-sélection. Non, c’est vrai, c’est frustrant et pour le moins vexant (moi, susceptible ? euh… ouais, un poil).
J’y ai passé des heures (avec le taff que j’ai !) à fignoler, à doser, à équilibrer, à labelliser « dance-jerk-madison-pop-rock-trip-hop… et j’en passe, afin qu’il y en ait pour tous les goûts. C’est tout juste si je ne précise pas l’année de création du morceau et la marque de baskets du bassiste.
Peine perdue ! L’une des deux maîtresses de céans (la soirée d’anniv ayant lieu chez un couple saphique) avait calé ses MP3’s et en voiture Simone ! Alors que sa copine dont c’était l’anniv m’avait réclamé des compils… histoire de varier l’ambiance. Ben voyons… On s’est tapé deux ou trois fois les mêmes rengaines. Et pas toujours des plus swinguantes !
Par ailleurs, ça démarrait mal : j’m’étais percé un bouton sur la gueule…et vas-y que je te le sèche à mort avec de l’alcool, jour après jour pendant la semaine… Évidemment, il restait une vague trace récalcitrante… oh, ridicule, en fait, mais vous savez c’que c’est ? Ça nous paraît énooooorme et faut toujours que ça nous arrive quand on est invités quelque part. Quand je pense que je n’ai jamais eu de problème d’acné, même quand j’étais djeun… en 1896. Et là, paf ! Un clou sur la joue gauche !
Dès mon arrivée, une fois mon joli-bouquet-rond-de-tulipes-orangées offert à la fille-dont-c’était-l’anniv, je lui demande si elle a du fond de teint. Ce à quoi elle répond par l’affirmative, m’indique la salle de bains et le tube de produit susnommé… destiné à subtilement camoufler mon vieux résidu de pustule faciale.
Mal en a pris au mâle que je suis, lequel ne jure que par Nini Véa depuis belle lune… et qui n’a besoin d’aucun artifice pour avoir bonne mine, en raison de sa carnation naturelle de pêche du Rousssillon… mais non, c’est pas de la couperose !
Je me suis donc tartiné la joue façon Bordeaux Chesnel… j’ai quasiment vidé la boîte de Kleenex en tapotant pour essayer d’estomper, puis j’ai tout rincé à la flotte d’une main rageuse, en optant pour le naturel… défiguré, mais naturel… avant de rejoindre les invités, sourire tendu aux lèvres… non sans lancer un regard mauvais à quiconque osait braquer sur ma gueule l’objectif de son numérique à je-ne-sais-combien-de-millions-de-pixels !
À part ça, rien à dire côté buffet, sauf que pain, fromages, quiches, cakes salés, charcutaille et taboulé (!!!!), ça fait vite étouffe-goy. C’est dingue, les gens ne pensent jamais à ajouter une salade et des crudités. Pour couronner le tout, l’alcool était banni (par solidarité avec l’une des deux maîtresses de céans, pas celle dont c’était l’anniv, mais l’autre… qui entame sa énième cure de désintox… non, je ne juge pas, je constate).
Donc j’ai tout bouffé arrosé de cidre doux (le premier qui rigole, je le shoote illico au Champony !) de la quiche au diplomate au chocolat, en passant par les succulents-fromages-pâtés-jambons de pays. J’ai évité les mélanges avec la Buckler sans alcool, le jus de fruits exotiques et le Coca Light… des fois que ça me colle la casquette de plomb au réveil.
Cela dit, vu qu’elle pouvait pas boire, la fille-qu’entamait-sa-énième-cure-de-désintox s’est joyeusement rattrapée sur le shit… non, je ne juge pas, je constate… Toujours le bédo en main. Bon… j’ai bien tiré deux ou trois taffes, histoire de dire, paraît même que ça m’a fait parler (déjà que faut pas me pousser…), mais, bof, sorti de la nicotine, ce truc-là ne m’a jamais franchement émoustillé.
Bref, soirée mi-figue mi-raisin. Des gens qui se connaissaient, d’autres non. Mélange gay-lesbo-hétéroclite qui ne s’opérait pas vraiment. Des qui dansaient, des qui tchatchaient, des qui bouffaient, des qui fumaient (et pas que de l’herbe à Nicot), des qui buvaient (sans alcool)… Des qui disaient rien et devaient plus ou moins s’emmerder. Une vague ambiance, par moments, mais rien de folichon.
Peut-être que ça me saoule de ne pas savoir où s’asseoir dans nos petits apparts cages-à-poule-louées-à-prix-d’or, dès lors qu’il y a une fête avec plus de dix personnes (on devait friser la vingtaine). Bon, d’accord, le balcon offrait une vue superbe sur le Sacré-Cœur, mais fin janvier, on s’y prélasse pas franchement comme fin juillet.
Peut-être aussi que ça me saoule de voir des couples (peu importe leur orientation straight ou LGBT) s’offrir des montres Armani (de toute beauté, portables en toute saison et en toute occasion, plus classe tu meurs…) histoire de compenser… quoi ? la vacuité de leur relation, le faux-semblant d’une amitié vaguement amoureuse, une prétendue complicité de façade… sans doute sexuelle « pour l’hygiène » (selon l’expression consacrée).
Peut-être que ça me fout les boules de voir des gens intelligents, cultivés, a priori censés, se voiler la face et se mettre en ménage bon an mal an pour vivre « mal accompagné(e)s » (selon l’expression consacrée) plutôt que seul(e)s dans une cage-à-poule-de-BOBO-louée-à-prix-d’or mais certes un soupçon plus grande qu’un studio.
Peut-être que je suis une langue de pute sur le retour, qui rejoue maladroitement un sketch ancestral de la Joly.
Peut-être que je suis un viok frustré et naïf qui perçoit le mal-être des couples pas forcément bien assortis, quand il faut y voir sans doute une sorte d’accord tacite de vie-à-deux-même-si-c’est-pas-génial-mais-quand-même-mieux-qu’en-solo… de contrat de… comment dire ? de compagnonnage érotico-amical ? de camaraderie sexually-friendly.
Au retour, en remontant Marcadet avec ma copine Sigmund Fred, alors qu’on devisait allégrement de la soirée qui-nous-avait-tant-soit-peu-barbés, on est passés devant la boîte échangiste qui remplace le café théâtre… (les riverains du bas d’la Butte savent de quoi je parle).
Au même moment, des clients allaient entrer, accueillis par un portier que j’ai aperçu dans la pénombre… C’est marrant mais je ne les trouvais pas assez vioks et ringards pour avoir la « gueule de l’emploi »… encore un préjugé (ben ouais, j’en ai comme tout le monde, j’assume…).
J’ai suggéré à Fred en gloussant (le shit, sans doute) qu’on les suive dans l’antre des mille-et-un-fantasmes à deux balles… Mais bon, ses talons aiguilles étaient chez le cordonnier et mon porte-jarretelles au pressing… ce sera pour une autre fois, dans une autre vie…
Peut-être que j’aurais pas dû fumer du shit. Ça laisse un goût amer au cidre doux…
;-)
21/05/2007HAVING JUST TURNED FIFTY
Bon, alors les cheveux, les poils, c’est fait… Marrant d’ailleurs qu’on naisse quasi chauve pour le redevenir ou tendre vers un blanc immaculé, qui n’est certes plus virginal, à l’automne de sa vie…
Les cernes, les pattes d’oie, les plis d’amertume, le teint gris d’après-fête, la surcharge pondérale, le dos bloqué, les jambes lourdes, on va dire que c’est fait aussi… Là, on a déjà du costaud, le package de base, on va dire. De quoi engraisser en vrac l’industrie cosmétologique, les officines de parapharmacie et son lot de poudres de Perlimpinpin, de formules régénératrices diverses et variées, sans parler du bataillon d’acupuncteurs, ostéopathes et autres chiropracteurs.
La clope ? Ouais, bon, je sais… Mais moi, j’aime ça. Et pis, euh… ça m’détend ! Même si ça coûte la peau des lucioles et qu’à la fin de l’année, ça pourrait me payer un voyage à… Enfin, j’ai pas d’arguments. A chacun ses petits vices, ou ses petits plaisirs. La clope tue, l’alcool aussi, la malbouffe aussi. Bref, on voudrait nous voir mourir en bonne santé… de là à nous faire croire qu’en ne fumant pas, on ne mourra pas un jour… Euh, si j’arrêtais de parler de la mort… sinon je vais plomber l’ambiance. Alors roule ton joint, avale ton Xanax ou ton Prozac ou vide ton verre de whisky, mais fait pas chier le peuple…
Bon, la santé, l’hygiène de vie, c’est fait. Alors, voyons… Les gosses ? Ah oui… j’ai beau chercher dans le placard, sous le lit, dans les tiroirs de la commode ou ailleurs… Ben non, y en a pas. Et y en aura sans doute jamais. C’est pas faute d’en avoir voulu, mais la vie en a décidé autrement. Faut dire que j’ai pas non plus fait le forcing, car, après tout, je n’ai jamais détesté les femmes, loin s’en faut. Mais bon, je ne dois pas être multitâches ou multifonctions, comme ma Toyota… si, je t’assure, elle te fait la boutonnière en une seule manip… et même l’ourlet invisible, mais je ne le maîtrise pas trop, çui-là…
Bon, je m’égare, sans doute parce que le sujet est délicat, sensible, et, qu’en bon écorché vif, j’essaye de trouver une pirouette qui ne vient pas. Oh, c’est pas le « drame » de ma vie, mais c’est sans doute une frustration… celle d’un amour particulier que je ne connaîtrai jamais. Je ne bêtifierai pas sur les premières dents, les premiers pas, la première rentrée à la maternelle, les premiers tours en vélo, les premiers genoux couronnés, les premières amourettes, la première boum, le premier joint… la première rébellion, la première fois qu’il me traitera de viok, parce que c’est dans l’ordre des choses… Ma foi, ça fait toujours une névrose en moins. Soyons positifs. Qu’est-ce que je lui aurais transmis à ce gosse, de toute façon ?... Est-ce que j’aurais été à la hauteur ?... L’histoire ne le dit pas.
Bon, les gosses, c’est fait. Passons au reste…
Les amours ?... Euh… JOKER !
Et si je n’avais jamais vraiment aimé, et si je m’étais fourvoyé, comme beaucoup, à cause des fabuleuses conneries dont on nous a tant abreuvés dans l’enfance… Et si le Prince Charmant chmoutait du clap, et si Blanche-Neige était une salope de première ? À touzer toute la sainte journée avec ses Sept nabots, hein ? Et si ça s’trouve, le P’tit Chaperon Rouge, il a pris un pied d’enfer avec le loup, d’abord ! Même que ce saligaud, y s’est fait la mère-grand dans la foulée. Et hop ! Et vas-y que j’te tire la chevillette et t’as la bobinette en extase ! Boucle d’or, pareil… elle bouffe à tous les râteliers, elle essaye les lits des trois nounours, excusez du peu ! À mon humble avis, c’est pas uniquement pour tester la fermeté du multispires, si tu vois c’que j’veux dire.
Nouvelle pirouette, because sujet sensible. Because la sexualité mâle, c’est compliqué. Le cerveau commande l’entrejambe et le cœur sème la panique en court-circuitant le tout. Le désir seul est souvent fugace, vite rassasié… post coïtum animal triste… et quand la tendresse, l’amour, l’affection, bref… tout le reste n’est pas au rendez-vous, ben c’est nullissime à souhait… en d’autres termes, on s’fait chier comme un rat mort. Tiens, j’vais te dire, j’aime autant faire ça tout seul… au moins, pas besoin de se taper une conversation insipide, inexistante, pour ne pas dire inutile. Et qu’on arrête de me saouler avec cette expression à la con : « c’est pour l’hygiène » ; je ne fais pas l’amour dans un bidet aseptisé ou un lavabo javellisé, et encore moins dans une salle d’op stérile. Enfin, chacun son truc.
Les amours, donc… Peut-être que je ne suis pas outillé pour, que je n’ai pas le bon mode d’emploi, que j’ai raté le coche parfois, que je m’y suis mal pris, que j’ai rien compris au film… et que j’ai trop longtemps refoulé mon penchant pour les garçons, en sublimant des filles que je n’aimais peut-être pas assez… parce que, bon an mal an, j’ai toujours été entouré, et puis je vivais en province, et puis c’était pas la même époque, et puis… à quoi bon chercher à justifier ce qui n’a sans doute pas d’explication…
Peut-être que je suis uniquement fait pour l’amitié, la vraie… celle qui te transporte, qui dure et perdure au fil du temps ; qui te fait chialer ta race, entre deux confidences, à quatre heures du matin et te sentir tellement bien après ; celle qui rime avec convivialité autour d’une bonne table, où tu retardes le moment de payer la note et de rentrer… seul… rejoindre ton lit ; celle qui te fait rire aux larmes au téléphone ou en direct live ; celle qui ne se dit pas, qui se comprend, qui se vit dans un regard, un geste, un simple mot écrit ou prononcé ; celle qui rime avec complicité et qui m’est in-dis-pen-sa-ble ; celle qui transcende l’amour, à tel point que le sexe n’a aucune raison d’être, si bien que l’ambiguïté ne viendra jamais troubler cet accord quasi parfait avec ce frère ou cette sœur qui t’a choisi et que tu as choisi, parce que c’était lui, parce que c’était elle, parce c’était toi… et que dans vingt ans vous rirez encore des mêmes conneries et qu’en dépit de la distance, au fil du temps, vous aurez toujours plaisir à vous retrouver.
Bon, ben voilà c’est plié. J’ai poussé mon cri il y a cinquante piges à la clinique Mustapha d’Alger… Tu sais quoi ? Même pas mal !
On ne refait pas sa vie, on continue son chemin…
;-)
19/05/2007TURNING FIFTY SOONIl est un matin dans l’existence où, devant son miroir, on n’a plus besoin de contempler ses cheveux gris, ou leur absence, pour songer, nostalgique, au passé. Pourtant, sans doute par crainte du futur, les expressions s’obstinent à maquiller le présent. Ainsi, pour faire plus chic, la tignasse se voit qualifiée de « poivre et sel », de même que les tempes deviennent « argentées ». Comme pour braver le désespoir, on cède à l’ironie en disant qu’on se « déplume », qu’on se « dégarnit »… quand ce ne sont pas les autres, généralement plus jeunes ou déjà atteints de calvitie, qui, non sans une certaine jubilation, usent et abusent de ce genre d’euphémisme.
Il est un soir où le Q 10, les ampoules coup d’éclat au germe de blé et autres anticernes aux peptides sont autant de cataplasmes sur jambe de bois, le temps d’une fête prolongée jusqu’à l’aube, histoire de donner le change à ces agaçants teints frais comme la rosée, même sous la boule à facettes, à ces irritants cheveux drus en pétard, à ces horripilants ventres plats qui flottent dans du 38.
Certes, la cuisse reste ferme et le jarret tonique, mais l’abdomen ne supporte guère la posture de profil, surtout lorsqu’il a fait bombance. Certes, l’épaule est toujours d’équerre ; le reste aussi, en certaines circonstances que la pudeur évitera de préciser plus avant ; le bras ne mollit pas ; les pecs ne subissent pas trop l’attraction terrestre… pas encore, contrairement à d’autres attributs placés plus bas, dont le mouvement de balancier peut se révéler toutefois fort ludique quand Éros est de la partie ; la fesse demeure charnue, un peu trop sans doute, même si la cambrure n’a jamais pu rivaliser avec celle d’un champion du ballon, fût-il ovale ou rond, d’un toréador ou d’un natif de Ouagadougou.
Certes, les fleurs de cimetière ne constellent pas encore la main et les poils de l’avant-bras semblent rester soyeux et sombres, quitte à blondir le temps d’un séjour prolongé au bord de l’océan, quand la carnation écrevisse biafinisée à l’envi laisse enfin la place à un hâle agréable qu’on a la fierté d’arborer, une fois de retour à la capitale.
Et l’on ne se sent pas moins fringant lorsqu’au prix d’une diète suivie sans trop d’écarts, on a le plaisir de resserrer d’un cran la ceinture qui sangle le treillis urbain multi-poches, sous peine de le perdre en foulant le pavé ou le dance floor, et d’enfiler sans complexe un tee-shirt de bon aloi qui tend plus vers le L que le XXL. On peut alors reléguer aux orties la salopette cache-misère ou la chemise informe, quand ce n’est pas la djellaba d’intérieur pour recevoir ses invités à dîner.
Il est une nuit d’insomnie paisible, presque sereine, où l’écriture permet d’évacuer l’angoisse du temps qui passe, à grand renfort d’autodérision. On retrouve alors le sourire au fil des lignes délirantes qu’on a couchées sur le papier et qu’on espère drolatiques pour les éventuels lecteurs, tandis qu’Oscar Wilde vient à notre rescousse pour affirmer : « It’s better to be a has-been than a never was. »
;-)
07/05/2007Clair de lune à Bastille
:-) 26/02/2007MORCEAU CHOISI[...] Le jour où il se rasa le crâne et se fit teindre les poils pubiens en Bobo Réal n°69-Bis « sous-bois automnal », je devinai à sa dégaine qu’il avait remisé ses kilts JPG au grenier de sa propriété solognote et ses tee-shirts Drop Dead & Garbage au Secours populaire.
L’oeil torve et la lippe boudeuse, il tituba vers le comptoir et, Marie-Ségolène, ma première vendeuse, manqua défaillir sous la forte haleine de bourricot des Carpathes andropausé qu’il dégageait, comme il éructa, entre deux hoquets :
— Tu as gagné, mon chou. Seuls tes haillons outrageusement dispendieux sont susceptibles de magnifier ma carnation d’albâtre. Dussé-je me priver de Guerlain et d’ortolans kasher au prochain Hanoukka, désormais, je m’habillerai chez toi. Mais si j’paie en liquide, tu m’fais toujours 30%, hein ?[…]
Tintin Laridondelle, « Fashion Victim », Éd. Rainbow, 2007.
24/09/2006The Kiss
The guy is hot. Definitely. Yet not that kinda bragging straightforward hot that really sucks. He isn’t chatting you up anymore… he doesn’t seem to do so at least. You guess he’s as confused as you are.
At long last both of you have just spent more than a quick chit-chat lunch together. You had a drink somewhere earlier in the evening, then moved away to wine and dine somewhere else. No matter how good the food or the wine was. You don’t even remember what you ate and drank… and perhaps you drank a little bit more than usual. Who cares? You feel like walking in the air right now. Does he feel that way, too?
The night is still young yet both of you must part, and both of you don’t seem to want to… as if neither he nor you would like to spoil the magic of the moment. Everything is possible. Yet neither he nor you want to hurry things. By unspoken agreement you both decide to stroll side by side.
No need to speak anymore. You just walk quietly, exchanging knowing glances and smiles now and then. You guess you’d like to take his hand yet you don’t need to, as if his whole presence were enough to guide you along that paved and rather dark alley.
Round the corner both of you stop and seem to take a deep breath before your eyes meet again. You guess you’d like to drown into that sparkling look of his. Like somewhat shy teenagers, both of you clumsily yet gently hug. You can’t help breathing his smell which is a mixture of tobacco, alcohol, perfume, whatever… it’s been a long time since you haven’t got a whiff of such an exhilarating quality.
With a fairly gentle pressure of his body against yours he kisses your cheek, then turns his head and softly brushes his lips against yours in a kinda smile. You’re at a loss for words. You sort of fluff his hair returning him the peck and the smile. The guy is not yours. And you don’t share. You can’t. And he’s smart enough to know it. Anyway, part of him is already not here anymore. You read it in his eyes.
Needless to say your life presently bears a resemblance to some cheap romance novel. Yet as pathetic as it may sound, that’s no fiction.
Both of you eventually let go of each other as you teasingly entwine fingers before parting for good. “See ya sometime,” he whispers, then goes on his way in a shadow of a smile. “Anytime, anywhere…” you playfully answer as you leave in the opposite direction.
No need to turn back. No need to feel sad. You knew it all along. No need to rush things. Just cherish that precious moment. Then live and let live…
;-)
 30/03/2006VIRE TON COCKRING, SI T’AS CHAUD / 3— ‘tain, heureusement qu’on a eu la réduc’ Queer’s Club, sinon j’le plantais là, c’vendeur de Prisu !
— Ouais, gravissime ! J’ai bien cru qu’il ôterait pas ses pattes de mon jean !
— Et moi qu’tu te laisserais faire jusqu’au bout…
— Arrête de m’prendre le chou. Non seulement, c’est un viok qu’a au moins 35 ans et tu sais bien qu’c’est pas mon type.
— Ouais, mais ton attitude chaudasse, pas vraiment top.
— Et la sienne hyper-relou. Y s’la pète un max dans la boutique, vu qu’son boss est aux Caraïbes. C’est rien qu’une pauv’ tache.
— ‘manière on s’en tape, et c’est le top, vu qu’on a nos Dropdead & Garbage avec 30% de réduc’. Y vont être verts Chez Boys ‘R Us !
— Bon, on va pas faire le réveillon d’ssus. On s’prend un energy drink au Pipe-Hole, j’connais Childéric, le barman… c’est un ex.
— Trop cool. Chuis vanné d’chez vanné. ‘tain, le shopping, ça tue sa race plus que le Gym-Naze-Club !
Glou-glou…
Glou-glou…
Burp !
(sorry)
— ‘tain, hier soir, j’ai maté La Nouvelle Star. Naze de chez naze, les starlettes !
— Sans déc ? J’ai maté aussi ! Ça craint un max, leurs songs.
— Et l’aut’ bimbo qui s’la jouait top-classe, alors qu’elle pouvait pas aligner trois notes sans faire un couac.
— C’est clair, on d’mande pas la fille d’la Callas, mais un minimum, quoi… Enfin… tu vois c’que j’veux dire, quoi…
— C’est qui la Callas ?
— J’hallucine ! Tu connais pas ? C’est l’top ! T’as pas entendu le remix de Carmen par DJ Rollmops sur la compil Operatic Bastringue ?
— Ben, naaan… En tout cas, suffit pas d’être canon… Pareil pour les mecs.
— C’est clair !
— T’imagines l’image qu’ils donnent de not’ génération ? Toujours à chialer leur race dès qu’le Manu Katché leur fait une remarque.
— Hyper-craignos, moi j’dis.
— ‘tain, y sait pourtant d’quoi y cause, quoi !
— Exact… j’veux dire, t’as les good vibes ou tu les as pas.
— C’est clair. Oh fuuuuuuuuuck ! Ça tache le soda mangue sans additif ?
— Chais pas… Mets un peu d’eau, naaan ?
— ‘tain, chuis dég’ de la life ! J’viens d’m’en renverser sur mon D & G tout neuf !
— Mort de rire ! T’avais pas b’soin d’le garder quand l’vendeur a dit qu’il te f’sait un cul d’enfer…
— C’est ça, marre-toi !… Hé, Childé ! T’aurais pas une carafe d’eau ?
— Si ça s’trouve, ça a même traversé… Bonjour le shorty CK blanc pur coton ! T’as plus qu’à l’fout’ à la poub’ en rentrant…
— Ta gueule ou j’t’inscris d’office à la prochaine Nouvelle Star !
;-)
29/03/2006VIRE TON COCKRING, SI T’AS CHAUD / 2— ‘tain, l’horreur !
— Qu’est-ce t’as encore à chouiner ta race ?
— Ricky Tartine a pris du bide, t’as pas vu les photos avec son mec sur la plage ?
— Naaan ! Sérieux ?
— J’te promets ! Même que l’rédac’chef de Tutu a crisé un max… il en était raide dingue et maint’nant, paraît qu’il a résilié sa Carte Gold au Gym-Naze-Club…
— ‘tain, grave…
— Le blème, c’est qu’il est en dev’nu mutique, genre comme s’il avait vu la Vierge…
— Et nous, tu crois qu’on va couvrir l’événement chez Boys’ R’ Us ?
— Je veux, ouais ! Même que Jason a déjà le titre de l’article !
— Sans déc’ ?
— Ouais… Un… Dos… Graisse !
— Waow ! Ça arrache !
— Mouais, et moi, faut que j’me tape un papier sur Ramonna !
— ‘tain, cette blondasse qui pourrait être not’ grand-mère !
— Mamie Ramonna, Reine du Disco Revival…
— En attendant, elle a la cuisse ferme et pas un poil de bide… elle doit bouffer bio.
— N’empêche, paraît que le look Ricky Tartine, c’est déjà tendance !
— ‘tain, j’ai plus qu’à annuler mon rencard pour m’faire liposucer, alors…
— Ben, j’croyais que Pipo, le magasinier porthos, y t’faisait ça gratos à la réserve…
— Liposucer, j’t’ai dit ! ‘tain, t’es grave !
— Qu’est-ce qu’y’a ? T’as tes ragnes ?
— Exact, c’est ta news qui m’rend vénère…
— Y’a d’quoi, remarque… Paraît même qu’y z’ont déjà reçu des faux bides en silicone chez Goulette ! Genre poignées d’amour amovibles, tu vois ? Sous les marques Funny Tummy et Bulgy Belly… Ça vient des States.
— Pour s’les faire greffer ?
— Naan, y’a une enveloppe de latex couleur chair, c’est réglable avec un scratch dans le dos. T’as même le choix du nombril…avec ou sans poils, dans plusieurs teintes.
— ‘tain, le délire !
— J’te dis, on est complèt’ment out avec nos bides de crevette.
— Et Pubienne Westgood ?
— Ben quoi ?
— Elle a loupé l’marché, c’te chiennasse ? Elle a pourtant cartonné avec ses faux-culs, naaan ?
— Elle l’a pas senti v’nir, j’crois. Pis, on peut pas être au four et au … boudin !
— M’fais pas rire, j’ai les muqueuses qui gercent… Bon, j’vais au distrib’… Tu veux un kawa ?
— Prends-moi plutôt un choc’… Et avec du vrai suc’, hein ? Pas d’Aspartam ! Pis aussi deux croissants beurre et pâte d’amandes.
— Ça marche… J’me prends aussi des doughnuts et des muffins…
— ‘tain, on va éclater…
— C’est clair, mais faut qu’on engraisse.
— ‘tain, qu’est-ce qui faut pas faire pour êt’ hype…
— Remarque, j’vais quand même me rencarder avec mon ex, qui bosse chez Goulette… il a la réduc’ employé.
— Bon plan… manquerait plus qu’on paye plein pot, en plus !
— En attendant, prévois-toi un double cheese frites-mayo pour le déj’…
— ‘tain, j’en ai déjà les molaires qui baignent…
;-)
28/03/2006VIRE TON COCKRING, SI T'AS CHAUD— Ouais, tu sais, les gens, tout ça…’tain, ça me saoule grave, quoi.
— ‘tain, moi pareil.
— Naaan, j’veux dire, ça me gave, quoi..
— Ouais, c’est clair.
— Naaan, tu vois, moi, par exemple, j’ai l’air cool et tout.
— Ouais, ouais…
— ‘fin, j’veux dire, j’fais la fête, tout ça… Y’a pas d’soucis, quoi.
— Ouais, c’est clair.
— M’enfin, euh… bon… euh, j’veux dire les gens, y s’imaginent pas la pression qu’on a dans la s’maine au magazine.
— Exact, y z’ont pas idée…
— Non, j’veux dire, ça fout les boules… pis, y font ièche, Kevin et Chloé avec leurs manifs anti-CPE, tout ça… Y m’ont pris la tête tout à l’heure au bar.
— Ouais, c’est clair. On voit qu’y bossent pas, quoi.
— Y s’imaginent pas c’que c’est qu’d’avoir cette grosse pouffe de rédac’ chef tout l’temps sur le portable… À minuit, l’aut’soir !
— Ouais… ‘tain, on les vole pas nos 3 000 reuss par mois.
— En plus, faut s’taper les vernissages, les avant-premières, tout ça…
— Arrête, tu vas m’filer la gerbe…
— Non, j’veux dire, faut qu’le mental y suive, quoi. Au fait, Rachel Boustifeld, elle t’a filé les invit’s pour les soldes V.I.P. de la collec’ Vintage de l’aut’ naze ?
— Tu parles de Manolo Rastaqueer ? Ben, naaan…
— ‘tain, j’hallucine, elle a encore oublié ! Tu vas voir l’article que j’vais lui torcher, à cette vieille tapiole sur le r’tour !
— Ça lui fera les pattes. S’il s’imagine qu’on va les payer plein pot, ses guenilles made in China !
— Y s’fout l’doigt dans l’œil jusqu’à la prostate !
— Vicelard comme il est, y d’manderait pas mieux…
— Tu m’étonnes… Bon, j’me rentre. T’as la Twingo ?
— Naaan, elle est au garage, j’ai appelé un tacot. D’toute façon, chuis remboursé par Boys’ R’ Us.
— Moi, j’ai le 4X4 de Rolf. Y m’le prête pendant qu’il est en shooting à Saint-Barth.
— Trop cool…
— Après tout, il a bien profité d’mon duplex à Bastille, quand j’étais en stage à NYC.
— C’est clair. J’te vois d’main au cocktail d’Agathe Zeblouze chez Margin ?
— ‘tain, j’allais oublier… Pour la sortie d’la compil groove de l’aut’ tache ?
— Ouais, Lazy Toy… tu parles d’un nom à la con… Paraît qu’y s’appelle Abdul et qu’y vient d’Sarcelles
— Tu m’étonnes… J’espère que le champ’ s’ra pas tiède comme l’aut’ fois.
— Y’a intérêt. Pis tu verras p’têt’ Damien ?
— Laisse tomber, y sort avec Pablo…
— Sans déc’ ? Ce gros nul qui croyait qu’Armani faisait d’la ricotta ?
— ‘tain, chuis dég’ de la life !
— Y’a d’quoi. Bon, je m’arrache…
— Moi pareil… Sinon, va m’falloir trois tubes d’anti-cernes demain matin.
— Tu m’étonnes… Quand j’vois ma gueule, j’pense déjà au Botox. Paraît qu’Jason a un bon plan dans une clinique vraiment top, qui fait des réducs aux moins de trente ans…
— Trop cool, on en r’parle demain.
— Ça marche.
Smack ! Smack !
Smack ! Smack !
;-)

21/03/2006LÂCHE-LA-MOI !(C'est mardi, c'est parodie ;-)
Lâche-la-moi, mon amour, je tombe de sommeil
Lâche-la-moi, ‘tain, j’ai sommeil, tu penses qu’à toi
Lâche-la-moi et n’oublie pas d’met’ le réveil
Lâche-la-moi, grand fou, lâche-la-moi !
Mon amour, tu vois pas qu’je bâille aux corneilles
Mon amour, évite de prendr’ cet air narquois
Mon amour, mais non, chuis pas asexuel !
Lâche-la-moi, grand fou, lâche-la-moi !
Et si, pour changer, tu venais dans mes bras
Pour faire un câlin et des jeux d’mains pas vilains
Je calm’rai tes peurs et tu t’endormiras
Dans le lit moelleux, je me ferai langoureux
J’joue pas les grognons, encore moins les pucelles
On s’amus’ra d’main au p’tit train dans l’tunnel
Le corps tout fiévreux, le front couvert de sueur
On baiss’ra les voiles et on mettra la vapeur !
Lâche-la-moi et ne glousse pas comme une pintade !
T’as la gaule ? Bon ben, OK, mais j’y peux rien
Comme j’te l’dis : Pour te calmer, prends une douch’ froide
Ou branle-toi tout seul dans ton coin !
Lâche-la-moi et, si l’voisin est d’la jaquette,
Va chez lui, pour t’occuper de son biniou :
« Bien l’bonjour, j’ai un problème avec mon mec
Il bande mou, Monsieur, il bande mou ! »
Mais soudain voilà, je m’éveille dans mon lit
Donc j’avais rêvé, oui, car tu me souris
Je sens sous ta main le P’tit Chose se raidir
Et je vois tes yeux qui scintillent de désir
Mais je crois pourtant que ce rêve a du bon
Grâce à lui, j’ai pu parodier une chanson
Chanson de printemps, chansonnette d’humour
Chanson de garçons, chanson de toujours.
Lâche-la-moi, mon amour, je tombe de sommeil
Lâche-la-moi, 'tain, j’ai sommeil, tu penses qu’à toi
Lâche-la-moi et n’oublie pas d’met’ le réveil
Lâche-la-moi, grand fou, lâche-la-moi !
Mon amour, tu vois pas qu’je bâille aux corneilles
Mon amour, évite de prendr’ cet air narquois
Mon amour, mais non, chuis pas asexuel !
Lâche-la-moi, grand fou, lâche-la-moââââââ !
;-)
(Pardon à Charles T.)

20/03/2006LA BOUFFAÏSSEVu d’ma f’nêtre, on dirait que le printemps est là, enfin… normalement. Mouais, un peu frisquet, methinks. Même le mimosa est tardif, c’t’année….
M’enfin, pour un peu que le soleil montre son nez plusieurs jours d’affilée, le pavé de Paname va bientôt voir refleurir mollets de coq, baskets et pantacourts… jupes fleuries et sandalettes… tee-shirts et jeans légers du commerce équitable… avec tongs néo-babos aux pieds…
À chaque tribu, son dress-code. Dis-moi comment tu t’habilles, c’que tu manges, c’que t’écoutes comme zik… et j’te dirais qui tu es.
Mouais… et quand on se trémousse sur Madonna, mais qu’on rigole des facéties d’une Anaïs ou d’un Bénabar, ou encore qu’on chiale devant le Stabat Mater de Pergolese, on est qui, on est quoi ?
Quand on se régale avec un kébab et un Coke, mais qu’on apprécie aussi une daube à l’ancienne avec un Côte de Bourg, on est qui, on est quoi ?
Et quand on sait qu’on a dépassé la date de péremption pour faire la couverture de Tutu, qu’on n’en demeure pas moins un garçon sensible, qu’est loin de détester les femmes mais qui préfère s’endormir dans les bras de son mec, si toutefois il existe, le bougre… on est qui, on est quoi ?
Quand on croise rue Sainte-Croix ou ailleurs ces quadra-quinquas libidineux, sanglés dans leurs tee-shirts Petit bateau taille 16 ans, burinés au Point Soleil du coin, roulant des muscles, hypertrophiés à grand coup de Carte Gold au Gymnase-Club… Rambo pathétiques qui, telles des pintades en chaleur, s’ébrouent et remuent du croupion sur le dance-floor en hurlant avec Julie Piétri : « Èèèèèèèèèève, lèèèèèveu-toâââââ ! »
Tiens, quand pas plus tard qu’hier soir, dans une pizzeria au cœur du « quartier pour garçons sensibles et filles bricoleuses »… on n’a sous les yeux que des clones ou presque… Et ces deux-là qu’avaient la même coiffure à l’accroche-cœur subtilement gominé… et ces deux autres avec la même casquette à visière… surtout qu’à 22 h, c’est ‘achement utile, une casquette à visière !…
Et ces deux autres encore qui pouvaient pas bouffer leurs lasagnes sans rester scotchés l’un à l’autre comme des siamois… ‘tain, c’est pas vrai, y va pas lui donner la becquée aussi !…
Et l’autre, seize ans et demie à tout casser… gueule pâlichonne et androgyne, tignasse grasse et Régécolor auburn à la Beatles (furieusement tendance) qui dévisage béatement son commensal… lequel pourrait être aisément son père… que dis-je ? son papy ! P’têt’ que c’était son père, remarque, et qu’il en avait la garde le ouikende… faut pas voir le mal chez tous les mâles, m’enfin quand même…
Et les filles, elles étaient où ? À part les femmes de ma vie à ma table… j’crois qu’on pouvait les compter sur une main à peine dans cette mangeoire où le taux de testostérone au mètre carré battait tous les records…
Et pis, et pis… quand on lit c’qu’on lit à longueur de blogs sur l’affligeante déprime de djeunz bourges même pas trentenaires, gavés de thunes et changeant d’amants au gré de leur renouvellement de shorties Dolce & Gabbana…
Quand on voit défiler à longueur de forums cybernéticommunautaires une foultitude d’absurdités, de contrevérités, de fausses valeurs marketing et maraisiennes, érigées en principes incontournables… quand Cucul la Praloche côtoie sans vergogne Jojo la Provok à deux reuss, et je passe sur le langage SMS devenue monnaie courante… eh bé, eh bé…
Eh bé, on a la bouffaïsse qui nous monteu, té ! comme dirait Mado la Niçoise.
Ou alors, c’est hormonal ?…
Ça doit être la pré-andropause qui m’travaille…
;-(

17/03/2006CINDERELLOCinderello vivait à Sarcelles avec sa belle-mère, une vieille salope de première, et deux demi-frères cailleras qui foutaient rien de leurs dix doigts, passaient leur temps devant la téloche et le forçaient à s’taper toutes les corvées à la baraque. Un jour, on les invita à la soirée « Happy Face » dans le Marais.
Les demi-frères enfilèrent les plus belles fringues qu’ils avaient fauché aux Galeries Farfouillette. « J’peux v’nir ? » demanda Cinderello. « Dans tes rêves ! » beuglèrent les deux lascars.
Alors, Cinderello, dégoûté d’la life, se mit à chialer sa race. Soudain, il entendit une voix lui dire : « T’occupes pas d’ces morveux ! T’iras à la soirée trance-dance quand même ! » C’était sa marraine, la fée Sarah Mitaine qu’avait fait fortune dans le gros et demi-gros, rue d’Aboukir.
Et hop ! D’un coup de sex-toy fluo, Cinderello fut vêtu d’une tenue qui déchire et chaussé de Nike top classe avec une languette à scratch comme sur les Puma, mais ‘achement plus design. « N’oublie pas de ramener ta gueule avant minuit ! Tâche de pas louper le RER ! » lui dit la Sarah Mitaine.
À la Trance-Dance Party, le prince dansa avec Cinderello toute la soirée. Même qu’il l’entraîna au carré V.I.P. et lui fit plein de bisous avec la langue et la main au paquet sur la banquette en skaï, car la backroom du sous-sol était fermée pour rénovation… Pis faut dire que l’prince avait des principes et baisait pas avant d’se pacser.
C’était trop cool, car y’avait DJ Bubble-Boy aux platines et de l’ecsta comme s’il en pleuvait. Au douzième coup de minuit, Cinderello s’écria : « Faut que j’me casse ! » et il courut dans l’escalier. Il se gaufra sur la dernière marche, en perdant une basket qui s’était descratchée.
Le lendemain, le prince voulut le retrouver, mais il n’avait que la Nike. Plusieurs djeunz l’essayèrent, mais en vain. Il se présenta chez Cinderello. Les demi-frères cailleras essayèrent la basket, mais ils chmoutaient velu des pieds. Bien sûr, la Nike alla parfaitement à Cinderello qu’avait les panards qui sentaient bon la rose des sables. « Ayé ! J’t’ai retrouvé ! » s’écria le prince. « Ça t’dirait qu’on s’pacse ? »
« Un peu, mon n’veu ! » répondit Cinderello. « C’est trop d’la balle de quitter cette famille à la con ! » Et ils partirent dans la Twingo Fashion-Vintage du prince, puis vécurent heureux dans un triplex maraisien de la mort qui tue avec poutres app’, et adoptèrent plein de p’tits Coréens et de p’tits Javanais rescapés du Tsunami.
;-)
 22/02/2006EASY COME, EASY GOThe guy was blond and modeling. Well, he was at that time.
His name was Gary… his real one was David actually, and he would take Versace as an alias for chatting on the network.
For all I know he’s designing fashion fabrics now.
Anyway he would describe himself as a Californian blond… though yellow-haired would better fit the picture if you ask me.
He was a bit taller than me, as cool as can be, as straight fair as I was curly dark, as blue-eyed as I was brown-eyed, as hairless as I was hairy, as Anglo-Saxon of partly Swedish descent as I am Latin with a mixture of mostly French, Spanish, whatever… and a dash of British ancestors on my father’s side …Who said opposites can attract themselves at times? Well we must’ve had some things in common, I guess… He was a Gemini like me and claimed we were born on the same day… but that wasn’t true, he was born on the 22nd and I on the 21st…
That was real stupid of him to cheat over it coz I soon discovered the real date when he e-mailed me his résumé a few years later and asked me to translate it. He had cheated a bit over his age as well and would appear much younger, yet the difference between us wasn’t that big actually. So I’ve never been able to figure out why he did so? As it is, he must be on the sunny side of forty by now.
Anyway he lived not very far from me at that time, and we first met on a quite sunny and hot Saturday afternoon in July. We were in the early 90’s, I had been in Paris for several months, and I can remember it quite clearly coz I had a birthday party in the evening to attend to in suburbia and couldn’t stay too long.
We met in a park and I guess I was kinda fascinated when I saw him for the first time. Imagine an ex-Provincial fairly self-conscious French guy awkwardly hugging a tall easy-going Californian model. As far as I can remember he was wearing an unbuttoned red hillbilly shirt over some whitish or beige tee, a pair of jeans, a sweater loosely tied up round his waist, and heavy black boots… well your basic young model in casual wear off the catwalk, I guess… long before some closeted gay cowboys turn up on the silver screen.
Fact is he would epitomize the happy-go-lucky American guy and would often tell me later: “You’re so intense John-Nowel…”, then I would retort: “Gemini are supposed to be, aren’t they?”
We met several times, dined and wined together, went to the movies once, strolled along the Seine, wandered and chatted a lot… always in English… don’t ask an American model to speak French in Paris, he just wouldn’t find it worthwhile coz everybody’s supposed to speak English around him.
“What ‘bout us?” I asked him some day over the phone.
“We’re developing friendship”, he just answered.
I guess I didn’t really belong to his world. Maybe I was too “intense” for him and upsetting his somewhat laid-back attitude towards life in general, yet we would share, communicate and have some fun when we saw each other.
I can still see him staring at me with his kinda sad blue eyes and somewhat muted laugh. He looked a bit like Chris Isaac… with hair on the yellowish side if you see what I mean. I think his real color was “dirty blond” as weird as it may sound. He told me once I made him think of Peter Sellers… so much for my glamorous looks, huh?
Anyway, people come as easily as they go sometimes… as long as they remain as rather good memories, who cares?…
;-)
 03/02/2006SYMPATHY FOR THE DEVIL?Naaan mais, tu veux bien sortir de là, toâ ? Oui, toâ, avec tes grandes cornes et ta queue fourchue ! Méfie-toi, Méphisto, si j’m’éneeeerve, ça va refroidir pour ton grade ! Comment ça… même pas peur ? Et tu remballes cette fourche, tu veux ? J’donne pas dans le S/M, moâ, Môssieu... Mais c’est qu’il piquerait, en plus ! Et ce rouge, franchement ! C’est d’un goût, mais d’un goût ! Laisse-le aux pompiers, au moins ils sont utiles, eux ! On t’a jamais appris que Black is Beautifolle ? Red is roubignole, ouais, c’est ça… Un peu réchauffé, ton humour… Non, ça m’fait pas rire… C’est c’qu’on appelle un four, mon pote. ‘tain, y fait une chaleur, ici… Bon, tu te casses, hein ? Tiens, cadeau de rupture… Un vieux CD… Tu t’enflammeras dessus, ça t’occupera : « Saaaalsa du démon… Tagada… Tagada… Saaaalsa du démon… »
Euh… t’oublies pas d’vider la poubelle en sortant, hein ? Tu seras un ange, Lulu…
‘tain, c’est l’enfer, ce mec, j’vous jure !…
Vaut mieux en rire, non ? Après avoir lu ça :
http://www.spcm.org/Journal/article.php3?id_article=548
;o)
 01/01/2006HAPPY HANNUKAH!
ISAAC
(Madonna)
Imminilalo Imminilalo
Staring up into the heavens
In this hell that binds your hands
Will you sacrifice your comfort
Find you way in a foreign land
Wrestle with your darkness
Angels call your name
Can you hear what they are saying
Will you ever be the same
[Chorus]
Mmmm mmm mmm
Imminilalo Imminilalo
Mmmm mmm mmm
Imminilalo Imminilalo
Remember, remember
Never forget
All of your life has all been a test
You will find the gate that's open
Ever though your spirit's broken
Open up my heart
Cause my lips to speak
Bring the heavens and the stars
Down to earth for me
[Chorus X2]
Wrestle with your darkness
Angels call your name
Can you hear what they are saying
Will you ever be the same
[Chorus X2] 30/12/2005BREE COLE & RAFFY STOLE
Bon, ben voilà… le comeback s’est fait en douceur, on va dire… C’est pas un palace, même si t’imagines déjà la Divine dans l’escalier, en train de couler un œil de velours sur la frise Art Déco, tout en glissant avec nonchalance le long de la rampe dont la spirale se déroule avec grâce… euh, on va p’têt’ se calmer… C’est jamais qu’un immeuble de 1933 avec chauffage collectif… et eau-gaz-élec’ à tous les étages… déjà, ça fait plus peuple... Ma foi, t’as su « exploiter l’espace », comme dirait quelqu’une de ta connaissance… et faut dire aussi que Kiki Kéa t’a bien aidé à te concocter un nouveau chez-toi de 23 m² avec vue sur cour. Naan, naan, on voit pas les poubelles… c’est caché par l’espèce de grande verrière du studio photo au rez-de-chaussée… même que ça flashe souvent et qu’on pourrait croire qu’y’a du people dans les parages.
T’as retrouvé tes repères, le quartier, la Butte à deux pas, la gouaille qui fleure bon le pavé de Paname, même si les Bobos envahissent l’espace plus vite qu’une nuée de tarlouzes clubbeuses à la sortie du dernier album de la Ciccone (on te l’a filé en MP3, alors ta gueule, le viok !)… même si l’on voit fleurir ici et là de la boutique qui se la pète feng shui, de la sape néo-maraisienne en diable, de la déco pseudo-Chine-toc à en avoir la nausée, de la pompe urbaine chic et choc… (Qui n’a pas les dernières Converse en cuir chocolat ?)… un Beauty Monop’ qui remplace une quincaillerie… Certes, certes… mais on peut encore déguster du kébab sans se ruiner, dénicher des torchons d’vaisselle, des tasses à moka sympas, un couvercle de WC façon coquillage blanc surdimensionné ou un tapis de salle de bains made in India, moyennant quelques euros sonnants et trébuchants dans les bazars du coin… et ces dames de la Mercerie Saint-Pierre remplissent toujours scrupuleusement leurs petites fifiches que tu portes à la caisse pour régler, avant d’te retaper une queue d’enfer (non, c’est tout c’qu’il y a de soft mais d’exaspérant !) pour récupérer ton article… en songeant que ce temple inébranlable des barres, tiges, tringles, embrasses, et autres glands… (Notez au passage le jargon ô combien évocateur pour le décorateur inverti…) est resté scotché dans une sorte de XIXe siècle à la Zola.
Mais puisqu’on en cause, et avant de grimper aux rideaux, encore faut-il les passer dans la tringle susnommée et faire tenir celle-ci à l’horizontale, au moyen de supports scellés à la perpendiculaire dans le mur ! (Vous suivez ?) Et c’est là qu’ça se gâte… parce qu’une fois que t’as réussi à faire tenir le support gauche avec les deux chevilles ad hoc, et après l’avoir fièrement fixé au mur en le vissant à la troisième vis prévue à cet effet qui se dresse en sens inverse (Vous suivez toujours ?)… ben y’a pas moyen de faire tenir le support de droite… Le bout d’mur commence à ressembler à Beyrouth… t’as destroyé toute ta boîte de jolies chevilles multicolores et, perceuse revancharde en main, tu te sens l’âme d’un serial-killer !
Aaaaaaaalors, comme t’es pas plus courgeasse que tout bricolo de base, t’achètes de la Patex qui résiste même à des charges de 60 kg (d’après c’qui est écrit sur le tube) et vas-y que tu en badigeonnes le mur et ce putain de support en bois. Oh, ça tient… vu que tu dois attendre 48h de séchage avant de poser la tringle… Mais quand tu l’installes deux soirs plus tard, cette saaaaaaaaaaaaalope se casse la gueule pour le plus grand plaisir des voisins, qui soubresautent d’effroi devant « Qui veut gratter les morpions du maillon faible » ! Mais t’as pas dit ton dernier mot, Jean-Pierre ! Et y’a plus qu’à recommencer… à remettre une bonne dose d’enduit pour camoufler le désastre… et à acheter un support de type minimaliste, qui tient dans l’mur à l’aide d’une seule cheville.
En attendant, histoire d’amortir tes achats somptuaires au Casto de la Cliche, tu vas t’passer les nerfs sur le mur d’à côté que t’as découvert quasi lépreux, une fois que t’as arraché les deux épaisseurs de papier peint cache-misère… et maintenant qu’il a eu sa sous-couche d’apprêt, tu vas le talocher velu, çui-ci ! Sur l’étiquette de la poudre colorante à mélanger à l’enduit à l’ancienne, y’a marqué : « Terre de Champagne »… Ben, y’a intérêt que ça tienne et que ça fasse une jolie teinte pas beigeasse cradingue, sinon ça va chier des bulles au Réveillon !
;o) 22/07/2005RULE BRITANNIA!Sans doute parce qu’un peu du sang de ce peuple coule en moi, legs d’un aïeul, qui fut le fruit d’amours illégitimes, et dont la mère s’est retrouvée on ne sait trop comment de l’autre côté de la Méditerranée, pour mourir en couche à Alger la Blanche… ou je suis né bien des années plus tard…
Sans doute parce que j’aime l’Earl Grey, les scones, les muffins, les crumpets, le cheese-cake, et les mille et une saveurs du chutney…
Sans doute parce qu’ils ont inventé le music-hall et la pop music, qui n’a pas son pareil pour me donner la pêche et dissiper mon blues des mauvais jours…
Sans doute parce qu’ils osent mélanger les genres musicaux depuis longtemps lors des fameux Promenade Concerts, que nous autres grands compartimenteurs de genres devant l’éternel commençons à copier…
Sans doute parce que j’aime leur langue que je traduis depuis vingt ans, et parce qu’elle me ravit pour son côté synthétique, sa précision, sa musicalité, ses tournures idiomatiques…
Sans doute parce que les frasques de leur famille royale nous amusent, font vendre des tabloïds et attirent le tourisme, mais je ne connais pas d’autre pays où un roi de la pop vient rendre hommage au piano à l’enterrement d’une princesse…
Sans doute parce que leur excentricité, leur flegme, leur humour et leur insularité me laissent pantois, admiratif, m’agacent ou me comblent de joie…
Sans doute parce qu’ils ont la BBC, où les incomparables folledingues French and Saunders peuvent délirer comme jamais on n’oserait le faire sur nos vénérables chaînes publiques…
Sans doute parce que leurs acteurs peuvent passer du rire aux larmes avec une facilité déconcertante… qu’il s’agisse de Helen Mirren, de Stephen Frye, de Daniel Day Lewis, de Terrence Stamp ou de Maggie Smith… et j’en oublie une kyrielle…
Sans doute parce que j’ai envie de retourner un jour pique-niquer dans St. James’s Park, baguenauder chez Liberty’s, Harrod’s, Selfridge’s ou Fortnum and Mason’s, flâner dans Picadilly ou rêvasser dans Chelsea…
Sans doute parce que j’ai entendu ce soir, prononcé par un abruti quelconque sous ma fenêtre : « Pour moi, un bon Arabe, c’est un arabe mort »… même que j’ai failli rétorquer : « Et bon connard, c’est quoi ? »
Sans doute parce que j’ai vu des images de nouveaux attentats à Londres… et que les premières interpellations concernaient déjà des basanés…
Sans doute parce que chaque fois que je franchissais le Channel dans ma jeunesse, les autorités de la Perfide Albion vérifiaient mon nom dans un grand registre, avant de me rendre ma carte d’identité… à moi, le brun frisé au teint blanc, qui aurait sans doute pu passer pour un Kabyle… alors que coule en moi du sang british, espagnol, français et qui sait ?… peut-être juif ou arabe… vu que je ne connais qu’une partie de mes origines…
Sans doute parce qu’on vit dans une monde de cinglés, où des fanatiques frappent des innocents à l’aveuglette, et que je veux garder espoir que la démocratie, dans son imperfection, saura conserver la tête froide et ne pas céder à l’amalgame… dans cette capitale multiraciale et pluriconfessionnelle de quelque huit millions d’âmes…

« Rule Britannia!
Britannia rule the waves.
Britons never, never, never shall be slaves. »
;-)
22/06/2005HEAT WAVE— Bon… tu viens sous la couette ?
— T’es fou ? SUR la couette, tu veux dire ?
— Comme tu veux… T’as envie ?
— Mouais… mais chuis déjà en nage…
— Toujours à t’plaindre…T’es pas l’seul, figure-toi.
— Regarde mes pieds… des p’tits rôtis…
— Moi itou, t’as pris tes gélules de vigne rouge ?
— Ouais… T’as branché le ventilo au moins ?
— T’entends pas ? Regarde !
— Naaaan, n’allume pas ! Y fera encore plus chaud !
— Pffft ! T’as finir de râler ?
— J’râle pas, j’m’exprime…
— OK… Caresse-moi…
— Pffft…
— Qu’est-ce t’as encore ?
— Ça glisse, j’ai pas d’prise.
— J’hallucine…
— ’tain, j’me rappelais plus qu’t’étais aussi poilu…
— N’en rajoute pas, en hiver ça t’arrange…
— Ouais, mais par ce temps, tu pourrais débroussailler un peu, naaan ?
— Bon, laisse-moi faire…
— Y reste pas des glaçons dans le freezer ?
— Naaaan, on a vidé l’pack à l’apéro.
— Dommage, ça rafraîchirait un brin…
— Fallait pas forcer sur la Mauresque.
— Ça t’embête si j’coupe le ventilo ?
— T’as changé d’avis ? Déjà qu’on crève !
— Ouais, mais le bruit m’tape sur les nerfs…
— OK, éteins-le. GRRRR…
— Où tu vas ?
— Tu m’déconcentres, j’vais r’prendre une douche.
— J’te suis, ça m’détendra…
— Y a intérêt…
;-)
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| Nilda Night
Les yeux sont à peine humides, les paupières pas encore assez lourdes pour que j’éteigne l’ordi et retrouve ma couette, là-bas… au bout du couloir.
Bizarre qu’on ait discuté en forum de baroque, des voix angéliques des haute-contre et que j’y aie associé des chansons, des images, des souvenirs… au point d’aller télécharger plein de titres comme un malade… et de vous les envoyer par mail…
Pardon à celles et ceux qui n’apprécieraient pas… faut que je partage, c’est plus fort que moi, mon côté latin, sans doute, trop convivial, trop chaleureux, trop étouffant… ne me demandez pas d’être cyberformaté, je ne le serai pas, je ne le serai plus… definitely… humain, j’espère, sentimental, sûrement… et si d’aucuns me trouvent mièvre, je les renvoie à leurs amours de pacotille, à leurs étreintes à deux sous, à leur « Je t’aime » de quatorze juillet, comme chantait la Môme Piaf…
Les yeux sont à peine humides… I’m back in Toulouse, douze ans plus tôt… Les larmes ne coulent pas… J’ai dû grandir depuis… La voix troublante de Nilda m’enveloppe, me berce…
"Juste une ivresse
Pour que l’on cesse de boire
Une cicatrice
Pour que l’on puisse y voir…"
La nuit est douce et nostalgique… C’est l’histoire d’un trentenaire qui découvre des caresses viriles qu’il avait dû refouler jusque là…
"Juste une audace
Pour qu’on s’embrasse un peu
Une friandise
Pour qu’on attise le feu…"
Un trentenaire paumé qui sanglote au téléphone avec sa sœur fraîchement parisienne et vivant une si belle histoire avec une femme…
"Quand on se dit peut-être
Ce que l’on voudrait être
Juste au-dessus des règles…"
Ce même trentenaire qui enfouira plus tard sa tête dans un oreiller pour retrouver une odeur de chlore de piscine… et qui se passe en boucle Je veux être un homme heureux de William Sheller et qui, plus tard encore, ira en pleine nuit au CHU retrouver ce maître-nageur qui voulait en finir, parce qu’il faisait trop de mal autour de lui…
C’est l’histoire d’une histoire sans fin, ni avec toi, ni sans toi… où le prétendu fort s’imprègne des fêlures du prétendu faible pour se perdre dans le sordide d’une relation aliénante…
"Et quand la mort sera plus belle
Que n'aura été ma vie
Me resteras-tu fidèle
Viendras-tu avec moi ?"
C’est l’histoire d’un trentenaire qui noircit des pages pour dire « Je t’aime » à un mec qui le quitte pour mieux le retrouver, revient pour mieux s’en aller… ni avec toi, ni sans toi…
C’est l’histoire d’un trentenaire qui partira un beau jour à la capitale et se construira peu à peu sa nouvelle vie d’homme qui aime les hommes, en trébuchant… pour mieux se relever… grâce aux femmes, qu’il aime comme ses sœurs, ses complices qu’il a toujours aimées…
"Relevez-moi femmes sauvages
Ouvrez-moi vite cette cage
Relevez moi femmes sauvages
J'aimerais sortir de la page…"
"Relevez-moi femmes trop femmes
Je compte sur vous pour mon programme
Relevez-moi femmes trop femmes
Je suis sur le fil d'une lame…"
Les larmes coulent enfin… libératrices, je vais pouvoir aller dormir… je vous embrasse. Merci d’exister.
;-)
A HEARTFELT LINE OR TWO
(Original Words and Music by Joan Baez, special version by Z@p Early-Poppet)
Though you may not grasp all in this parody
Like in most of the texts I do
Yet it’s clear that no one will ever
Write them quite the way I do
I think tonight I’ll sit down and write
A heartfelt line or two
And if they turn out good enough
I owe every word to you
To the techno kid with a soft husky voice
Whom I call my spiritual son
He worships that singer from Iceland
Though he loves dancing the madison
His deep brown eyes would match his smiles
When he calls me dad at times
Yet he told me once I was cool enough
To his mind my old age was a laugh
To the sweet lonely guy I got on the phone
Who knew what pathos was
Who cheered me up when I was down
And helped me to find the cause
Of why my ego had the blues
And seemed on the verge of tears
I wish you all such a real friend around
For now and countless years
Though you may not grasp all in this parody
Like in most of the texts I do
Yet it’s clear that no one will ever
Write them quite the way I do
I think tonight I’ll sit down and write
A heartfelt line or two
And if they turn out good enough
I owe every word to you
To the tough bitchy guy with mature charms
And Latino as can be
Who welcomed us with opened arms
For our holidays by the sea
We would laugh around in fashion-queen sand
Like a crazy alien band
Believe me this guy is a gentleman
With bottles of wine and flowers in hand
And to the funny girl I loved from the start
As we chatted so cheerfully
We winked at each other when I turned back
As we marched with “le Gay Paris”
We wined and dined and danced all night
In a sweet complicity
And when she left as a true lady
She kissed my hands so blissfully
Though you may not grasp all in this parody
Like in most of the texts I do
Yet it’s clear that no one will ever
Write them quite the way I do
I think tonight I’ll sit down and write
A heartfelt line or two
And if they turn out good enough
I owe every word to you
To the helpless guy who dropped me some lines
As confusing as can be
And then turned his gaze to a much younger one
Who matched him a lot better than me
I can’t blame him for turning me on
As he would clumsily say
"You’ve always moved me in a special way
I didn’t wanna hurt you, hope to see you some day"
To this musician I wish I had known
Who wrote so skilfully
He passed away when he was still young
One night in last January
I hope he’s fine in dreamland now
With his violin and bow
This guy is an angel and my sympathy
Goes to his partner and his memory
And to the gays and lesbians I call friends
Who sort of form my family
We share the same life with ups and downs
In its strange complexities
They have the patience of the saints
When I’ve been down for a spell
I wish it were a whole lot easier
To find the words to wish them well
And though you may not grasp all in this parody
Like in most of the texts I do
Yet it’s clear that no one will ever
Write them quite the way I do
I think tonight I’ll sit down and write
A heartfelt line or two
And if they turn out good enough
I owe every word to you
And if they come out good enough
I owe every word to YOU…
© 1977, 1978 Gabriel Earl Music (ASCAP) TO THE GUY I’LL NEVER SLEEP WITH…
Most of the time, you’re (much) younger than me.
Most of the time you just fancy some vague older guy who’s meant to bring you some security, stability, steadiness… whatsoever. That’s bullshit. I’m not that stable and I sometimes feel like some retarded teenager who’s just making jokes for jokes’ sake.
Most of the time I can feel you just fancy some dad or big bro image you’ve never had at home, some male icon missing in your life as you were becoming an adult. Needless to say I’m no hard-boiled Freudian yet nobody can deny these situations do happen more often than not.
Most of the time you’ve been disappointed with guys your own age. You’re just fed up with cheap easy sex and feel frustrated, dissatisfied, and wanna feel secure in some older protecting arms.
Needless to say you often are a bottom and fancy some great middle-aged dominant top, and supposedly very manly at that. Bullshit. I’m neither top nor bottom, and I don’t give a damn about those stupid gay sex types. Needless to say these macho or bitch attitudes are just borrowed from male-female relationships and they really stink, I guess.
Most of the time I feel flattered and I guess you could easily turn me on. I mean it’s OK, you’re gorgeous, fun and everything, and it seems I just have to pick and choose. OK, let’s have some drinks, do chat me up and let’s go to bed, baby.
And here we go again for a one-night stand, a one-week stand, a one-month stand until it breaks up…? You’ll be fed up before long and I will too.
Most of the time you’re not Mr. Right. OK, you could be Mr. Right-Now but that’s not my scene.
Most of the time when I look at you I can picture the kid that would be mine should have I lived a “normal” straight life, and it just feels fun and weird at the same time.
Most of the time when I look at you I can picture myself when I was younger and it feels weird, coz I hadn’t that cool attitude of yours and you gotta remember gays weren’t that “fashionable” in the mid-seventies.
I mean the Net didn’t exist then, with all those easy gay chats and sites, and I was living in the Provinces and I just hadn’t come out yet. I guess I just thought it would be easier for me to live a “normal” life with some cool girl I would’ve met at the University. But life proved otherwise and I slept with my first guy in my early thirties, remember?
So how can you expect me not to put things into perspective as far as my so-called “gay life” is concerned?
Sometimes you may be some carefree, happy-go-lucky guy and I definitely don’t deny we may have fun together, especially if you’re not that younger… say early or mid-thirty. And you perfectly know I can fancy you coz you’re full of energy and both our senses of humour often match. And I guess we just love teasing each other even though that game may be dangerous for both of us… well, especially for the older one who may be at a loss for words when things have gone too far…
Sometimes you just suffer from that so-called Peter Pan syndrome that affects thirtyish people, yet believe me… I’ll be fed up with playing Captain Hook before long.
Sometimes when you feel down, you just wanna have that so-called “strong” shoulder to cry upon. It’s OK for sharing some intimacy then, but whose shoulder I’m supposed to rest upon when it’s my turn to feel down? And who’s going to take off when discovering that kinda colossus I’m meant to be has got feet made of clay?
Most of the time I’ve seen guys my age (among my closest friends) being tricked, deceived, disillusioned and eventually let down by thirtyish guys and I definitely don’t wanna experience that pathos.
Aren’t there some exceptions to the rule? May be… maybe not. After all, we’re supposed to be responsible and agreeing grown-ups… provided both of us are adult enough, actually.
I guess it’s OK for both of us to be buddies, even good close friends, sharing a kinda dad-son or big bro-kid bro relationship with fun and mutual support yet excluding sex.
And please, gimme a break, do stop fancy my salt and pepper hair.
Maturity is no universal cure against your own loneliness and your own troubles to live with yourself, actually.
© Z@p Lonely-Poppet, 2003
(Dedicated to B.)
Les Bibiches
(Billet d’humeur)
Partant du principe que, dans la vie, on ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre, le crémier et la crémière en alternance, et si possible sans interférence, tout en offrant à la société majoritairement hétérote une gueule de gendre idéal bien-pensant et bien-baisant plus vrai que nature, j’ai décidé de pousser un coup de gueule, qui va en faire grincer certains z’é certaines, diguedondon, diguedondaine…
Puisque, jusqu’à preuve du contraire, je suis XY et me considère momosessuel depuis une bonne décennie (« C’est mon choix ! » comme dirait Evelyne Thomas) je m’attarderai donc sur ceux que je connais le mieux et qui commencent à me courir sérieusement sur le haricot, à savoir les bibiches mâles ou bibichons (à ne pas confondre avec bidochons… quoique… ou bifidus actifs… voire passifs, mais je m’égare… ) ou encore bibichieurs ; je laisse le soin à une homologue (sans jeu de mots) femelle de gloser sur les bibichettes ou bibichieuses.
Sachant que la momosessualité mâle se fonde en gros sur trois ou quatre grands concepts : honte, frustration, mensonge, et hypocrisie (la dernière ferme la porte), on ne s’étonnera guère que sévisse sur les cyber-réseaux (qui, normalement, nous sont réservés, à nous autres, les momos) la quintessence du faux-cul : le bibichon post-moderne.
À l’heure du PACS, du mariage momo dans certains pays d’Europe, de la dépénalisation de l’acte momosessuel, de l’éradication du susnommé sur la liste des pathologies répertoriées par l’OMS, et alors même que notre belle capitale se voit dirigée par un momo de bon aloi et sans étendard revanchard, eh bien il semble qu’il soit de bon ton et fort branchouille de s’afficher bibiche, tout en passant le plus clair de son temps à draguer les momos qui, eux, n’ont rien demandé, si ce n’est de pouvoir s’aimer en paix et au grand jour, sans faire chier le peuple.
Souvent urbain, célibataire dans sa période post-pubère (mais, plus tard, comme par hasard, cadre marié ou à la colle, histoire de sauver les apparences), le bibichon affiche une liberté à tout crin, une prétendue absence totale de tabous… Tiens donc ! Alors, pourquoi t’enlèves ton alliance, quand tu vas te faire troncher au Dépôt, Ducon-La joie ? Pourquoi tu t’es marié, puisque tu es si libéré que ça, Jojo Lariflette ? N’est-ce pas là le premier de tes tabous ?… Ben oui, tu comprends, au bout d’un certain âge, si on vit seul… à moins d’être veuf ou divorcé, ça fait tache… Ouais, c’est toi la tache, à mon avis… Et si t’es si bien que ça avec lui, pourquoi tu divorces pas, l’ami ? Puisque, quand tu tombes le masque, au bout de trois ou quatre bières, tu avoues que tu ne LA touches plus depuis belle lurette… hein ? Ah, non, ne me dis pas que tu l’aimes encore, c’est grotesque… Non, mais de qui tu te moques, franchement ? Et moi, chuis quoi dans ce merdier ? Un cinq à sept, un coup vite fait su’l’gaz ? Et qui c’est qui fait l’con les week-ends à attendre ton coup d’fil ? Qui c’est qui peut jamais t’appeler ?
Bref, on nage en plein vaudeville écrit par un auteur de seconde zone… Retour au XIXe siècle, alors qu’on attaque le XXIe… Pathétique à pleurer…
Tout ça procède d’un égocentrisme à faire peur. Le bibichon a son toutou momo sous la main, quand la testostérone le démange et qu’il a besoin de prendre l’air, lorsque sa bourgeoise le gonfle trop. Il respecte qui ? Personne. Même pas lui-même. Son maître mot, que j’exècre entre tous, et qui rime avec « planqué », c’est : « discret ».
Ben oui, tu comprends, c’est pas propre, tout ça ; faut se cacher, pis faut surtout pas s’attacher, des fois qu’on y prendrait goût… Non, les momos, c’est juste pour le cul, la vidange burnesque, la gaudriole, … Pour le solide, le compte-épargne, le pavillon de banlieue, la respectabilité… y’a bobonne et les gosses, qui paieront ma retraite. Et quand cette façade honorable s’écroule, qui c’est qui ramasse les morceaux, hein ? Le momo de service… Ben voyons, tu veux pas aussi que je te garde les gosses, pendant la séance de conciliation chez l’avocat… ?
Oh bien sûr, d’aucuns vous diront qu’ils compartimentent tout à merveille, qu’ils contrôlent bien la situation, qu’ils vous ont prévenus dès le départ… Ah bon ? Et depuis quand on maîtrise l’irrationnel, c’est-à-dire les sentiments ? Et qui n’a jamais débuté une histoire dite « de cul » qui se transforme en vraie histoire, dite… (oh je sais bien… ça fait presque vulgaire, ce mot, tant pis… je l’écris…) « d’amour »… ?
Eh oui, le bibichon n’assume pas vraiment de basculer dans la momosensualité à cent pour cent… ? Oui, mais là, c’est plus votre problème, à vous autres momos, qui avez réglé cette affaire depuis belle lune. Vous allez pas, en plus, jouer les psys, quand même ?
Bref, toute cette diarrhée verbale pour vous dire que y’en a ras la casquette d’être sollicités par les bibiches qui ne sont rien d’autres que des refoulés, des honteuses, qui n’ont aucun respect pour quiconque, qui se croient encore aux XIXe siècle (où triomphait la bourgeoisie faux-derche), qui nous prennent pour des sous-merdes, qui veulent tout et ne donnent rien en retour… et qui n’hésitent pas à rouler des mécaniques au bras de l’officielle, à casser de la pédale en paroles, voire en action… des fois que y’aurait des doutes dans leur entourage… Moi ? Ça va pas, mon pote ! Non, j’ai toujours aimé le foot et le rugby, tu sais bien… Sacrée ambiance dans les vestiaires… Et même si l’œil s’attarde un peu trop sur ce qu’il a honte de regarder… ma foi, on pète en chœur sous la douche, et la virilité est sauve…
Honte, frustration, mensonge, hypocrisie… On en crève, je vous dis… Et ça n’évolue guère… On est encore dans les années 50. Et maintenant, y’a l’alibi « bi » de la libido pour mieux brouiller les cartes… et se planquer… et foutre en l’air des années de lutte pour la reconnaissance de notre dignité.
© Z@p Early-Poppet, 2001
Messieurs, vous me saoulez…
Messieurs, vous me saoulez, que dis-je ! Vous me navrez
Avec vos discours nuls qui ne valent pas tripette
Vos sentiments bidons, vos pleurs, vos simagrées
Larmes de crocodile pour cœur de midinette
Votre drague à deux balles, vos romans à deux sous
Vos passions frelatées, vos amours qui bandent mou
Vous ne faites que gémir sur votre triste sort
Sur celui qui vous quitte et l’absence de son corps
Et vous n’avez de cesse de chercher l’âme sœur
Quand, dans votre attitude, vous n’êtes que des baiseurs
Vous sublimez le couple et rêvez du duo
Quand vous n’êtes pas à même de sonder votre ego
Vous confondez désir avec sentiments vrais
Comme si des draps froissés ne pouvaient se tromper
Vous mélangez plaisir et émotions sincères
Pour le premier venu qui a l’heur de vous plaire
Mais ne venez pas geindre, s’il vous ignore ensuite
Foin de glose sur le cœur, quand il s’agit de bite
Videz-vous donc les couilles, profitez de l’instant
Évitez les embrouilles et ne faites pas l’enfant
Si en l’absence d’affect, la chair vous semble triste
Usez de votre main pour les plaisirs fugaces
Dans l’art de la pignole, vous deviendrez artiste
Et vous m’épargnerez votre bêtise crasse
Ne vous méprenez pas sur le sens de mon ire
Je suis votre semblable et j’ai sans doute fait pire
Mais de grâce ! Assumez vos actes, les frangins
Soyez donc plus adultes et un peu moins crétins
Car à force d’atteler charrue avant bestiaux
On perd tout repère, on se fourvoie sans cesse
On pleurniche, on rabâche, on n’est pas rigolo
Et le peuple en a marre de nos histoires de fesses
©Z@p Early-Poppet, 2002
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